Cercle Frédéric Bastiat

2016-09-23 18:08:36

La France et les flux migratoires.

, par Patrick de Casanove

Les êtres humains ont toujours migré et pour les Libéraux la libre circulation des biens et des personnes dans le respect des Droits naturels individuels est un droit fondamental.

Pendant longtemps l’Europe fut une terre d’émigration. Depuis un certain temps déjà l’Europe, comme la France, est plutôt une terre d’immigration pour différentes raisons. L’immigration non européenne ne date pas d’hier. La nouveauté est que, depuis peu de temps, le nombre de ces immigrants est devenu brutalement massif. Cet afflux a des conséquences importantes pour l’Europe et ébranle beaucoup de nos concitoyens.

Ce texte ne traitera pas des politiques étrangères aux conséquences désastreuses qui sont en lien plus ou moins direct avec le phénomène, mais se concentrera sur ce que les politiciens font subir aux Français depuis plusieurs décennies et les conséquences de ces politiques aujourd’hui.

Après avoir dans le passé brisé les cultures régionales au nom de l’unité nationale, les politiciens demandent aux Français d’oublier la cohésion nationale, acquise dans la douleur, pour faire de la place à une société multicommunautaire. Mais ce multi communautarisme est bien plus « étranger » à la nation que ne l’était le poly culturalisme régional. Pour parvenir à leur objectif les politiciens se sont ingéniés à détruire méthodiquement ce qui structure la société française et à mettre à mal la culture de notre pays. Les politiciens européens ont renoncé aux racines chrétiennes de l’Europe, les politiciens français ont renoncé aux racines chrétiennes de la France. Ils lui ont demandé d’abandonner toute fierté nationale hormis dans le sport, à l’Eurovision et en économie avec le « achetez français ». Ils ont méprisé la famille traditionnelle. Ils ont gravement fissuré le sentiment d’identité nationale. Ils ont introduit le sentiment de culpabilité dans l’appartenance à notre nation. Outre le politiquement correct ambiant, des lois historiques ont défini l’histoire officielle et les politiciens ont cédé à la mode de la repentance. Des lois sociétales et comportementales complètent le dispositif. La contrainte légale est mise au service de cette entreprise délétère.

Or pour intégrer ou assimiler des migrants de culture différente à la nôtre il est inutile et dangereux de détruire les fondations de notre culture. Au contraire, il faut des assimilateurs en nombre suffisant mais surtout confiants, fiers de leur pays, de son histoire, la connaissant suffisamment pour en assumer l’héritage, bon ou mauvais et la transmettre à d’autres qui la feront leur.

Il est bien difficile pour un peuple affaibli par des causes endogènes de faire face à une immigration. L’immigration est essentiellement perçue en France comme devant être conflictuelle entre des « groupes » cela parce que le modèle social français repose sur la spoliation légale qui divise les français en catégories. Ce vol légal engendre des divisions et des haines entre les différentes classes de population selon qu’elles bénéficient ou subissent plus ou moins cette spoliation. Bâtir une société sur le vol est une injustice. Une injustice ne peut qu’avoir des conséquences néfastes. La crise économique n’en finit pas, le chômage est structurel. Les SDF, les mal-logés, les nouveaux pauvres, les travailleurs pauvres se chiffrent en millions. La Sécu coûte de plus en plus et rembourse de moins en moins, les retraites se réduisent comme une peau de chagrin. Les déficits chroniques, les dettes abyssales entravent l’économie et obèrent notre politique étrangère en la soumettant à nos débiteurs.

Les Français qui ont l’impression de tirer profit de la spoliation légale voient d’un mauvais œil ces immigrants avec qui ils devront la partager. Les Français qui subissent la spoliation légale s’inquiètent de devoir être spoliés davantage au nom de la « solidarité » ou de la « justice sociale ». Tous subissent.

On ne peut clore ce chapitre sans aborder le problème de l’islam qui est la religion de la plupart de migrants aujourd’hui. C’est une religion communautaire, fière, prosélyte, sûre de son bon droit, régissant tous les secteurs de la vie, qu’ils soient privés, économiques ou politiques. L’islam a vocation à dominer le monde à son profit. Tous les moyens étant bons pour y parvenir. Les hommes de l’État se présentent comme des remparts à « l’islamisme ». Ils se disent fermes à extérieur et à l’intérieur parce qu’ils affirment combattre le terrorisme.

Mais ils ne sont pas des remparts à l’islamisation du pays au contraire. Le scrutin majoritaire donne en France un pouvoir absolu. À cause de sa perversité et de la nécessité d’acheter les voix de minorités significatives, les politiciens doivent se dédouaner de toute « islamophobie ». De culture collectiviste, ils ne raisonnent qu’en termes de communautés. Ils favorisent donc le communautarisme d’une religion qui l’est déjà et sa diffusion, sous cette forme, dans notre société.

Ils oublient que les musulmans sont des individus. Ils oublient que les migrants sont des personnes. Même de cultures différentes les individus ont les mêmes moteurs, Frédéric Bastiat insiste là-dessus. Les hommes de l’État oublient que seul le marché libre fait coopérer spontanément des individus qui ne se connaissent pas et qui pourraient se détester. Individus qui sont de culture différente, de religion différente, de pays différents, de continents éloignés. Le résultat final est profitable à tous. La qualité des gens qui constituent les migrants, les échanges qu’ils peuvent engendrer, les richesses qu’ils peuvent créer sont masquées par le collectivisme.

Cette analyse met en évidence que le problème est d’abord Français. L’immigration brutale met à nu l’état de déliquescence de notre pays que le Pouvoir voudrait occulter. La société française avec son organisation sociale, ses mode de décisions sont collectivistes, totalitaires par essence et reposent sur la spoliation légale. C’est le socialisme au sens de Bastiat et pas l’immigration qui crée le chômage, la misère et le délabrement moral de la population d’accueil.

Pour approfondir le sujet le Cercle Frédéric Bastiat a invité Madame Catherine Wihtol de Wenden (CNRS, CERI Sciences Po), qui n’est pas libérale, à donner une conférence sur le thème "L’Europe, la France, les "migrants" : sortir de l’impasse". Le Cercle Frédéric Bastiat est bien conscient du côté passionnel de ce sujet brûlant. C’est un problème important, venez nombreux !

Patrick de Casanove
Président du Cercle Fréderic Bastiat.

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