Cercle Frédéric Bastiat

2016-10-01 17:10:02

L’obscurantisme

, par Henri Dumas

L’obscurantisme

Evidemment exclusivement en usage chez les autres, l’obscurantisme est défini par le Larousse de la façon suivante : “Opposition à la diffusion de l’instruction, de la culture, au progrès des sciences, à la raison, en particulier dans le peuple”.
On comprend de cette définition qu’il y aurait d’un côté les gouvernants, initiés à la vérité, la détenant, et de l’autre nous, les pauvres mecs, à qui l’on cacherait tout. Si nous étions une société obscurantiste… Mais évidemment ce n’est pas le cas… Pas nous… L’obscurantisme ne touche que les autres, les sous-hommes.
Est-ce si sûr ?
Car, en réalité, il ne s’agit pas d’une philosophie ou d’un processus de raisonnement, mais du résultat, de la conséquence, d’une façon de penser et d’organiser la société.
Tout commence par une exclusion, et un interdit, qui vont partager l’espace social en au moins deux parties, l’une acceptée, l’autre refusée, voire détestée.
Dans la première partie, la culture, les sciences et l’instruction officielles seront largement répandues, obligatoires et inculquées de force au “peuple”. C’est-à-dire aux non initiés, aux esclaves dépendants du pouvoir.
Tout ce qui pourrait venir de la deuxième partie sera au moins soupçonné de faux, ou plus habituellement tout simplement stigmatisé, ridiculisé, banni, in fine interdit et détruit.
Vu sous cet angle, l’obscurantisme n’est pas une fantaisie décalée, privilège de sociétés arriérées, mais un travers de plus ou moins grande intensité qui touche irrévocablement toute organisation ayant établi un espace refusé, non intégré.
On y voit plus clair.
Le seul fait de refuser la présence de l’autre et de sa pensée, pour quelque cause que ce soit, va générer à terme une attitude d’obscurantisme par rapport à lui, à sa réalité, à sa culture, à son savoir. A contrario, le seul fait d’accepter l’autre inclut l’acceptation de ses particularités et crée ainsi une ouverture intellectuelle qui fait échec naturellement à l’obscurantisme.
Venons-en aux faits.
Toute structure politique qui prétend détenir la vérité et qui exclut ceux qui n’adhère pas à cette vérité finit à un moment ou à un autre dans la nasse de l’obscurantisme. C’est-à-dire dans la négation du savoir, du progrès, de la raison, de l’autre.
Reste un détail : l’autre n’existe pas. Il n’y a aucune différence entre lui et nous, sauf ce mur de l’exclusion établit par certains. L’autre et nous sommes le même homme, pris sous des angles de vie et de temps différents, propres à chacun de nous.
Les socialistes
Ils croient dur comme fer à leurs fumeuses théories, alors que — comme toute théorie — celles-ci ne peuvent être que relatives. Du même coup ils excluent de leur champ de réflexion ceux qui n’adhèrent pas à leurs hypothèses de société, ils cherchent à les chasser de leur pensée et de leur vison.
En eux vit le poison de l’obscurantisme, qui se déchaîne si par malheur ils captent l’intégrité du pouvoir, ce qu’ils n’ont de cesse d’exiger.
Les libéraux
Ils acceptent le monde et les hommes tels qu’ils sont. C’est là que, d’une part ils détiennent un avantage existentiel déterminant, d’autre part ils sont la hantise des socialistes, qui s’acharnent sur eux sans ménagement et sans cesse.
L’économie
Ce secteur de la vie n’est pas toute la vie, sous réserve de ne pas l’affaiblir au point qu’il vienne à manquer si cruellement que le déséquilibre créé entraine la mort. Cette situation extrême est rare.
Il se trouve que l’économie ne va pas avec l’obscurantisme, c’est un espace où la lucidité et l’ouverture d’esprit sont essentielles. Même si l’économie échoue à être ce que parfois elle prétend, c’est-à-dire le seul vecteur organisationnel de la société, elle suscite l’attention de toute organisation sociale.
Les libéraux, inaccessibles à l’obscurantisme par définition, sont donc naturellement plus aptes à s’épanouir en cette activité. Tant est si bien que les socialistes, dans leur rage obsessionnelle à imposer leur pensée totalitaire et à en exclure tout ce qui ne pense pas comme eux, décrivent les libéraux comme des maniaques de l’économie et les assimilent au capitalisme qu’ils vilipendent.
Il faut reconnaître que ce procès d’intention de la part des socialistes n’est pas agréable à porter à longueur de commentaires, d’articles ou de livres, leur obscurantisme à ce sujet est parfaitement désagréable.
Les libéraux ne sont pas tous capitalistes, mais tous respectent les autres qu’ils soient capitaliste ou rêveurs, en eux ils prennent en compte la dimension de l’homme, que personne ne peut enfermer dans une vérité imposée, révélée, inévitablement erronée et obscurantiste.
Et, même si l’inverse n’est pas possible, les libéraux peuvent comprendre et laisser vivre les socialistes, tout en regrettant le mal qu’ils se font à eux-mêmes, et aux autres peut-être sans le vouloir.

Bien cordialement.

H. Dumas
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