Cercle Frédéric Bastiat - Les dîners-débats

Art et Liberté



Les "spécialistes" de l'art ont coutume d'opposer la création artistique et la création de richesses. Mais peut-on se fier à ces experts qui, bénéficiant des rentes de l'Université monopolistique, peuplent les commissions d'achat des fonds régionaux d'art contemporain ? N'ont-ils pas bâti leur réputation sur le seul commentaire d'œuvres qui ne sont pas sorties de leurs mains ? Alors que l'entrepreneur, à l'instar de l'artiste, n'existe que par le biais de ses œuvres vives...

La liberté d'entreprendre, celle d'échanger et enfin celle de créer et de s'exprimer reposent sur le même droit inaliénable à la propriété, propriété de soi comme des fruits de son travail. Comme le souligne Bastiat, dans son discours de 1847 sur la propriété intellectuelle, "On naît avec la propriété de sa personne et de ses facultés. C'est donc la propriété de la personne qui entraîne celle de leur produit. Il en résulte que la propriété est aussi naturelle que l'existence même de l'homme".

Il n'est pas de création pensable sans responsabilité, sans "signature" d'un auteur. Depuis la Renaissance, on ne connaît pas de chef-d'œuvre collectif. La notion de patrimoine, comme de propriété collective des œuvres d'art a-t-elle alors un sens ? L'art véritable n'est possible que si la propriété individuelle prime sur les monopoles imposés par les États-nations. Ceux-ci ont intérêt à accréditer l'idée d'un art national, légitimant toutes les spoliations, et notamment celle des collectionneurs privés.

On ne saurait parler d'art sans donner à voir. Aussi l'exposé de Michel Leter s'appuiera-t-il sur un commentaire esthétique d'œuvres d'art modernes et contemporaines. Il ne s'agira pas tant d'illustrer un propos que de démontrer que le paupérisme culturel, loin de n'être qu'un phénomène politique, affecte jusqu'aux formes artistiques. En analysant la période actuelle où "l'art contemporain" peut être envisagé comme le stade suprême du socialisme, Michel Leter tentera de mettre en lumière l'indivisibilité entre l'innovation artistique et ce que Bastiat appelait le libre-échange.






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