Cercle Frédéric Bastiat - Les dîners-débats
LA MAINMISE DES TROTSKISTES SUR L'ÉDUCATION NATIONALE
Lumières Landaises n° 65.
Pourquoi le plus grand nombre obéit-il aux ordres de quelques uns? Si tous les gens qui paient l’impôt sur le revenu et toutes les entreprises qui collectent les impôts indirects cessaient du jour au lendemain de payer ou de collecter l’impôt, le Pouvoir ne pourrait plus être exercé, car il ne pourrait plus payer la fidélité du corps d’exécutants qui le soutient. Nous serions débarrassés de toutes les nuisances que cette « classe » de prédateurs nous impose pour satisfaire ses intérêts propres.
Comme l'explique Etienne de la Boétie dans son "Traité de la servitude volontaire", le pouvoir pur réside dans notre passivité ou notre obéissance servile à ceux qui commanditent la spoliation légale et à ceux qui l’exécutent. Cette passivité ou cette obéissance servile est la conséquence de notre ignorance, de la brume dont s’entourent les hommes d’Etat pour nous empêcher de voir la réalité brutale de leurs actions; et du soin pris par cette classe de prédateurs à former nos croyances dès le plus jeune âge pour nous convaincre de la « légitimité » de leurs actions.
De façon ultime, le pouvoir pur réside dans la légitimité que l’opinion publique accorde aux hommes politiques et à leurs exécutants. Conquérir l’opinion publique, c’est conquérir le pouvoir. D’où l'importance que le Pouvoir - mais aussi tous ceux qui aspirent à prendre le pouvoir - attachent à la formation des esprits, à commencer par ceux des enfants et des jeunes gens lorsque ces derniers sont entre les mains de l'Education Nationale. Entre 17 ans et 23 ans (première et terminale au Lycée et trois premières années d’université), les jeunes vont avoir l’esprit contestataire et simultanément s'ouvrir à la compréhension du monde dans lequel ils vont vivre. Après cet âge ils seront absorbés par l’acquisition de compétences leur permettant d’avoir un métier, ils n’auront plus le temps de réfléchir et 20 ans après ils vivront encore avec les croyances qu’ils auront adopté dans cette période unique de leur vie. L’enjeu pour former les croyances de cette génération est alors formidable. En effet cette génération arrivera au pouvoir une vingtaine d’années après ses études et contrôlera ce pouvoir au moins pendant une vingtaine d’années avant qu’une autre génération la remplace.
L'UNEF
L'UNEF, Union nationale des étudiants de France, est le principal syndicat étudiant. On se souvient qu'au moment de la discussion du projet de loi sur le CPE, il a réussi à bloquer nombre d'universités et même de lycées par l'intimidation de la majorité qui voulait travailler. L'origine de ses dirigeants est remarquable.
- Bruno Julliard, président depuis 2005. Sa mère, Arlette Arnaud Landau, est maire socialiste du Puy-en-Velay depuis 2001. Son beau-père est militant communiste. Il a rejoint Alternative socialiste, le courant "dur" d’Henri Emmanuelli.
- Yassir Fichtali, président de 2001 à 2005. Il a rejoint le "Nouveau Parti Socialiste", qui englobe dorénavant Alternative Socialiste.
- Karine Delpas dernière présidente du syndicat étudiant UNEF-SE (de 1998 à 2001). Elle a conduit ce dernier à la fusion avec l'UNEF-ID, dont la réunification devint l'UNEF. Karine Delpas a fait partie du premier bureau de La mutuelle des étudiants, en tant que deuxième vice-présidente. Elle est membre du Conseil National du PCF depuis le début des années 2000.
- Philippe Darriulat, président de l'Unef-ID de 1986 à 1988. Il entre dans le militantisme alors qu’il n’est que lycéen.. Il adhère à l'Union des cercles lycéens, une association liée à l’OCI (Organisation Communiste Internationale), une organisation trotskiste. Dans ce parti, l’usage veut que l’on prenne un pseudonyme. Il devient donc « Crimso ». Il est aujourd’hui l'un des cadres du Parti socialiste.
- Julien Dray, vice président de l’UNEF ID de 1980 à 1984. Lorsqu’il entre à l’université, Julien Dray rejoint le syndicat étudiant de prédilection de la Ligue Communiste Révolutionnaire, le MAS (Mouvement d'action syndicale). S'impliquant de plus en plus dans la politique et le syndicalisme, il devient responsable du secteur jeunesse de la ligue. En 1977, lorsque la LCR devient majoritaire au MAS, Julien Dray est élu au poste de secrétaire général. En 1980, le MAS participe à la création de l’UNEF-ID. À l'UNEF-ID, il organise la Tendance LEAS (Luttes étudiantes ! Action syndicale !). À l’automne 1981, Julien Dray quitte la LCR pour le Parti socialiste.
- Jean-Christophe Cambadélis, fondateur de l'UNEF-ID qu'il dirige de 1980 à 1984. Il adhère vers 1971 à l'Alliance des jeunes pour le socialisme (AJS), la structure jeune de l'Organisation communiste internationaliste (OCI), puis Parti communiste internationaliste (PCI)), deux organisations trotskistes. Son surnom est Kostas. Il a été condamné pour corruption dans l'affaire de la MNF avec d'autres membres de l'OCI. Ils avaient progressivement pris le contrôle de la mutuelle, en compagnie notamment d’Olivier Jospin (alias " Camus "), frère de Lionel (alias " Michel ").
Nous n'avons pas voulu lasser le lecteur en remontant au-delà de 1980, mais la tendance des dirigeants de l'UNEF était bien la même.
Les actions édifiantes d'une minorité active.
Du côté des enseignants, on retrouve les mêmes méthodes sournoises voire violentes de la part d'un certain nombre d'acteurs. Nous en donnons quelques exemples ci-dessous. Ces acteurs appartiennent pour la plupart au SNESUP, le syndicat de l'enseignement supérieur, qui ne représente que 14.5% des enseignants du supérieur, mais qui est majoritaire au Conseil National des Universités (CNU), ce qui lui permet de contrôler les recrutements pour les sièges soumis aux votes. Voici quelques exemples de ces méthodes.
- A l'Université, pour contrôler l’enseignement du premier cycle, il suffit d’éliminer les professeurs de rang magistral des deux premières années pour supprimer toute hiérarchie de grades et donc aussi d’autorité ou de pouvoir sur le contenu des cours. Une fois cette étape franchie, on décide en assemblée le contenu du cours à la majorité ( des mains levées).
Dans les années 69-72, l'Université Paris-Dauphine, où j'enseignais, a recruté un certain nombre d’assistants dont la majorité était gauchiste. Ils ont alors attaqué les professeurs en assemblée générale, les insultants de vive voix ou par des campagnes de graffiti sur les murs de l’université. Ces profs étant minoritaires, ils ont abandonné le premier cycle aux marxistes pour échapper à ces assauts. Ce qui était très exactement l‘objectif de ces militants.
Pendant de longues années le marxisme a été enseigné en premier cycle. La plupart de ces assistants n’ont jamais progressé dans la carrière universitaire faute de thèse. Aussi quand Jospin est devenu Ministre de l’Education Nationale, ils ont fait pression sur lui pour être intégrés dans la fonction publique. Ce qu’ils ont obtenu.
- Nombre de maîtres de conférence, voire de professeurs, exercent une activité annexe rémunérée pour arrondir leurs fins de mois, ou parce qu'ils sont sollicités en raison de leur compétence. Pour cela, ils doivent bénéficier d'une autorisation délivrée par leur administration. Nos collègues socialistes à la direction des enseignements supérieurs ont utilisé cette loi pour autoriser les cumuls à leurs amis et pour les refuser à leurs adversaires ou à ceux qu’ils considéraient à tort ou à raison comme leurs adversaires
- En 1986, Henri Lepage et moi-même avons créé un cycle de conférences entièrement libre que nous avions intitulé séminaire « Ethique et liberté ». Ce séminaire a duré jusqu’en 1996-1997.
Lors d’une conférence sur l’avortement , des étudiants socialistes ont enregistré secrètement le débat et ont ensuite fait une campagne d’affichage sur les murs demandant mon exclusion de l’université en m’assimilant à Le Pen –ce qui en disait long sur le niveau de leur culture politique : ils n’avaient pas bien compris ce qu’étaient les libéraux Mais en voulant faire le mal , ils nous ont rendu un grand service, car après cette publicité inattendue, la fréquentation du séminaire a doublé.
Pour abattre un enseignant dont ils n’apprécient pas les thèses, certains étudiants socialistes n’hésitent pas à imputer à l’enseignant des propos qui tombent sous le coup des lois Gayssot. J’ai eu droit à deux lettres de dénonciation d’étudiants adhérents au parti socialiste auprès du Président de l’Université de Paris Dauphine pour des propos jugés racistes ("aux USA les hommes noirs préfèrent épouser des femmes blanches que des femmes noires"), ou contre la loi sur l’avortement (délit d’entraves à l’IVG) et pour le droit de porter des armes (apologie d’une infraction), posant la question de mon exclusion. Fort heureusement la Présidence de Dauphine a fait la sourde oreille. Mais pour une fois les lettres de dénonciation n’étaient pas anonymes et les auteurs m’en ont envoyé une copie, sans doute pour m’intimider. Ce qui en dit long sur la faiblesse de leurs cerveaux.
- J’ai voulu publier mon cours intitulé: « Microéconomie: théorie et applications » chez l’éditeur De Boeck. Celui-ci avait été très intéressé et nous avions signé le contrat. Comme toute publication l’ouvrage était revu par deux référés choisis par l'éditeur, des collègues français. Or ceux–ci ont exercé un chantage auprès de l’éditeur : ou vous publiez Lemennicier et on boycotte votre collection en France, ou vous ne le publiez pas et on fait la promotion de votre collection. L'éditeur m'a dit qu'il était désolé de ne pouvoir s’affranchir de ce chantage car il attaquait tout juste le marché français.
Je remercie ces bons collègues, car sans eux je n'aurai sans doute pas publié en entier ce manuel sur Internet ni pensé à convertir cet investissement de plusieurs années de travail en un produit de e-learning sous forme de CDROM, qui rapporte plus de droits d’auteur que les droits prévus dans le contrat de l’éditeur De Boeck.
- Les lecteurs de ce bulletin se souviendront de l'épisode du concours de l'agrégation d'économie, que Jacques de Guenin a décrit longuement dans le N° 51. Résumons en l'essentiel.
La présidence du Jury est traditionnellement donnée au professeur le plus ancien dans le grade le plus élevé de la discipline, qui se trouvait être Pascal Salin en 2004. Coïncidence heureuse, car Pascal Salin est un des très rares économistes français connu et recherché dans les universités étrangères. Il a été président de la Société du Mont Pèlerin, la plus prestigieuse Société d'économistes dans le monde, qui ne compte pas moins de 8 prix Nobel dans ses rangs. Mais Salin est libéral, comme d'ailleurs la plupart des économistes de renom à l'étranger. C'en était trop pour la camarilla des professeurs marxisto-keynesiens, qui constitue l'immense majorité des économistes français, dont très peu ont la moindre notoriété internationale : on leur doit l'incroyable perversion de l'enseignement de l'économie en France, autre exception française. Cette camarilla avait l'habitude de voir les présidences du jury d'agrégation leur échoir, et ils l'exerçaient de façon à éliminer systématiquement les libéraux. D'où leur colère.
Le coup d'envoi des hostilités a été donné, dès le début du concours, par l'adoption d'une motion par la section des sciences économiques du CNU (à une voix de majorité et à un moment où certains membres du CNU, à l'esprit notoirement libre, étaient absents). Il y était dit en particulier que la composition de ce jury « ne répond pas aux attentes de la profession des enseignants-chercheurs. Il lui semble notamment que la représentation du caractère pluriel des sciences économiques n'y soit pas pleinement assurée » et que le CNU « regrette la déconsidération qui pourrait ainsi affecter notre profession ». Ce faisant, le CNU sortait totalement de son rôle puisqu'il a pour seule mission de gérer les carrières des professeurs et des maîtres de conférences et qu'il n'a nullement vocation à se prononcer sur la composition d'un jury de concours – qui, par définition, est souverain – ou d'en contrôler les décisions.
La deuxième phase de l'opération a consisté à faire circuler sur Internet un texte dénonçant les orientations libérales de certains membres du jury et de certains candidats. Il est particulièrement choquant que des collègues se soient permis de mettre nommément en cause des candidats au concours et de les clouer au pilori avec, à l'appui, des citations tronquées, alors même que le concours était en train de se dérouler. Par cette opération soigneusement orchestrée et contraire à toutes les traditions universitaires, ces collègues jetaient le trouble parmi les candidats
L'opération prit toute son ampleur lorsqu'elle fut relayée par les journaux. Ainsi, Libération citait dans un long article (« OPA ultralibérale sur l'agrégation d'économie », 24 février 2004) l'opinion de Thomas Piketty, directeur d'études à l'EHESS, selon laquelle « on est en face d'un énorme scandale » (sic), tandis que Le Monde du 26 février 2004 publiait un très long article sous le titre « Des universitaires jugent le jury d'agrégation 2004 d'économie trop libéral et peu compétent ». Charlie-Hebdo, France Inter, Paris-Match, France Culture, etc. se sont ensuite emparés de cette affaire.
Concluons par une note optimiste : l'acharnement des trotskystes contre les libéraux est un peu un hommage. Ils ne se donneraient pas autant de mal s'ils ne les jugeaient pas dangereux pour leur propre credo.
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