Cercle Frédéric Bastiat

2017-05-21 18:51:45

CO2, montée des eaux, « catastrophes » météorologiques ... la science est-elle établie ?

Conférence de Gilles Granereau lors du 7ème Weekend de la Liberté

, par Gilles Granereau

« CO2, montée des eaux, « catastrophes » météorologiques ... la science est-elle établie ?  »
Par Gilles Granereau.

Peut-on accorder du crédit aux informations qui nous sont distillées sur le sujet du climat ? Peut-on croire en ces « vérités » scientifiques qui nous prédisent la catastrophe climatique dans quelques décennies si l’on ne fait rien pour limiter un supposé réchauffement de la biosphère attribué à l’Homme ? Nous sommes bien ici dans un sujet cohérent avec les thèmes développés lors du Week-End de la Liberté, où les intervenants présentent des thématiques ayant comme mot d’ordre « ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas ». Et justement, sur le sujet du climat, on nous assure que les annonces faites, notamment à l’issue de la COP 21 qui s’est tenue à Paris fin 2015, sont tout à fait fondées au plan scientifique, et que nous devons tout faire pour limiter le « changement climatique ». Il n’y a pas de débat, la science est établie. C’est « ce qu’on voit ».

« Ce qu’on ne voit pas », c’est l’agacement de nombreux scientifiques et personnalités avisées, face aux positions largement médiatisées, visant à affirmer la responsabilité de l’Homme dans ces supposées modifications du climat. En tant que citoyen « climato-réaliste », j’ai écrit « l’Affaire climatique » qui résume dans un langage compréhensible (enfin, je l’espère !) cette affaire du réchauffement – changement ou dérèglement climatique. Une affaire sans débat, car il semblerait qu’un dogme, une idéologie, une pensée unique s’imposent, allant jusqu’à mettre au ban de la société ceux qui ne sont pas « d’accord » avec la thèse dominante. Si on interdit aux scientifiques et aux citoyens avisés de prendre la parole en montrant la réalité des faits, c’est bien la liberté d’expression, mais aussi la liberté de l’accès à l’information qui sont menacés. Le climat constitue un bel exemple : en effet, ceux qui doutent du bienfondé de la pensée dominante font l’objet d’une forme d’ostracisme à peine voilée. Frédéric Bastiat aurait certainement dénoncé cette « affaire climatique » !

Le doute constitue une valeur scientifique, ainsi que le soulignaient certains Grec comme Pyrrhon d’Elis. Les climato-réalistes sont porteurs de ce doute, dans la mesure où la réalité des climats n’est pas à ce jour établie, alors que le discours dominant affirme : « science is settled » - la science est établie – ce qui constitue une anomalie au plan de la rigueur scientifique.

On affirme donc que le climat se réchauffe sous l’action de l’Homme. Ceux qui nient cette « réalité » sont considérés comme des « négationnistes », et sont les victimes d’agressions verbales ou textuelles dans les médias. Pour exemple, Nathalie Kosciusko-Morizet a traité les climato-sceptiques de « connards », Corinne Lepage suggère de mettre en place une liste de climato-sceptiques en vue de les traduire devant un tribunal international de l’environnement (dont la création est proche), un journaliste scientifique [autoproclamé] insulte un chercheur du CNRS en lui faisant comprendre qu’il n’a pas le droit de s’exprimer comme climato-sceptique et apostrophe le présentateur en lui donnant l’injonction de ne pas laisser la parole à ces « gens »...

Outre atlantique, Obama a ouvert une liste de 160 personnalités climato-sceptiques, et invite les lecteurs à les appeler pour les insulter ; AVAAZ a placardé durant la COP 21 à Paris des affiches dénonçant des « criminels climatiques » (avec leur nom, leur portrait…) sans que cela ne déclenche la moindre gêne chez nos politiques qui seraient, parait-il, attachés à la démocratie.

Nous pourrions citer d’autres exemples, mais penchons-nous plutôt sur le fond de la question : pourquoi donc les climato-réalistes suscitent-ils autant de « haine » ?
C’est peut-être qu’ils ne sont pas loin de la vérité, et que la chute de la Pensée unique briserait bien des carrières…et des entreprises. Attachés aux preuves, nous allons en examiner quelques-unes.

Commençons tout d’abord par les températures. « Ce qu’on voit » à travers les médias, c’est un réchauffement accéléré des températures, provoquée par l‘augmentation du CO2. « Ce qu’on ne voit pas » c’est la relativité des variations des températures. Par le passé, elles ont fluctué, et l’on peut noter deux évènements significatifs depuis le Moyen-Age : d’une part, l’Optimum Médiéval, dont on considère qu’il a été plus chaud que notre époque. D’autre part, c’est le Petit Age Glaciaire où la froidure a été la cause de grands mouvements sociaux, et de mortalités élevées. D’autres périodes chaudes se sont produites à l’Holocène (Minoen, Période Romaine…). Dans tous ces cas avérés, le CO2 ne peut être mis en cause.

Au XXe siècle, trois grandes phases d’évolution des températures sont connues : entre 1910 et 1940, une forte montée des températures, suivie jusqu’en 1980 d’une stagnation, voire d’une régression de cette hausse. On considère que le dioxyde de Carbone a sensiblement progressé depuis 1950. Par conséquent, on ne peut attribuer la hausse des températures entre 1910 et 1940 au CO2 ! Puis, paradoxalement, et alors que le CO2 augmente rapidement entre 1950 et 1980, les températures stagnent… Seconde incohérence. Mais la nouvelle hausse qui s’est produite entre 1980 et 1998 rend pertinente la relation CO2/Températures. C’est à cette époque qu’a d’ailleurs été développée la thèse du « réchauffement climatique anthropique ». Une thèse qui prend du plomb dans l’aile à partir du début du XXIe siècle : en effet, on constate une nouvelle stagnation de l’évolution des températures, alors que la plus grande partie du CO2 a été émise durant cette période ! Troisième incohérence… Et l’on pourrait rajouter que les deux phénomènes El Nino de 1998 et 2015/2016, qui ont engendré une forte et rapide hausse des températures, permettent de rejeter objectivement la théorie du CO2 comme facteur de réchauffement. On ne peut pas imaginer qu’un élément dont la hausse reste constante, puisse induire ponctuellement des variations aléatoire et significatives sur un autre élément : il existe donc un autre moteur !

Nous venons de voir que les degrés Celsius ne sont pas influencés, ou si peu, par le CO2. C’est gênant, car la thèse du réchauffement climatique (anthropique) pourrait bien s’effondrer. Alors, on découvre le « changement », voire le « dérèglement » climatique, fondé sur la théorie fort ancienne du « on n’a jamais vu ça ! » : catastrophes, hausse du niveau de l’océan, tempêtes, inondations, fonte des glaces, réfugiés climatiques (le dernier en date à être sorti du chapeau de alarmistes climatiques). Alors que l’on cherche toujours ces « réfugiés climatiques », il est facile de confronter la réalité aux affirmations excessives et catastrophistes de certains.
Pour exemple, le niveau de l’océan : qu’il s’agisse des données marégraphiques ou satellitaires, aucune ne fait ressortir de corrélation avec l’augmentation du CO2, et pas plus d’accélération de la hausse du niveau de l’océan, à l’instar de celle des températures… L’inexorable engloutissement de certaines îles du Pacifique ne se produit pas, et les faits sont là pour le prouver malgré les annonces des insulaires dont l’intérêt serait effectivement d’adhérer au « système » pour bénéficier d’aides et justifier leur label de victimes du climat…

Pour les tempêtes, cyclones, ouragans… les statistiques ne montrent pas d’augmentation, ni de la fréquence, ni de l’intensité, contrairement à ce que l’on entend constamment, y compris lors du passage de l’Ouragan Matthew, qui aura hélas fait son lot de victimes outre-Atlantique. Faisons remarquer ici que l’urbanisation menée de façon inadéquate conduit toujours à une amplification des dégâts et du nombre de victimes, comme on a pu le voir avec la tempête Xynthia ou les inondations dans le Sud-Est (ou ailleurs). Ceci étant, un groupe d’assureurs (AON) a présenté en 2015 un rapport qui montre que les montants des indemnisations des évènements naturels (y compris liés à la météorologie) ne sont pas en accroissement, ce qui est paradoxal, puisque la population augmente, et que l’urbanisation dans les zones à risques se développe !

Bien entendu, nous développerons plus le sujet dans les actes du colloque.
Mais avant de conclure, on pourrait s’interroger sur cette affaire climatique, dont les fondements sont bien fragiles, alors que toute la politique alarmiste et catastrophiste repose sur des modèles (établis sur des données insuffisantes, par conséquent) dont la fiabilité est affirmée comme quasi-absolue, à l’échéance d’une centaine d’années ! Autre paradoxe, puisqu’aujourd’hui, on ne parvient à prévoir le « temps » météorologique qu’à trois jours d’échéance avec une bonne fiabilité… N’est-ce pas là une façon de faire croire que les moyens mis en œuvre et leur complexité pour l’étude du climat futur suffisent à justifier et fonder une sorte d’idéologie du dérèglement climatique ? Jean-Henri Fabre a écrit : « Lorsqu’il me tombe sous les yeux une page hérissée de locutions barbares, dites scientifiques, je me dis : - Prends garde, l’auteur ne possède pas bien ce qu’il dit sinon, il aurait trouvé dans le vocabulaire qu’ont martelé tant de bons esprits, de quoi formuler nettement sa pensée ».

Concluons avec De La Rochefoucauld : « Il vaut mieux employer notre esprit à supporter les infortunes qui nous arrivent qu’à prévoir celles qui nous peuvent arriver ».