Cercle Frédéric Bastiat

2017-05-23 14:16:36

Le développement économique et l’emploi, la libre entreprise

Conférence donnée Par Nicolas Lecaussin IREF lors du 7ème Weekend de la Liberté (Transcription par nos soins)

, par Patrick de Casanove

Le sujet est vaste, et difficile à traiter. Il nécessiterait aussi le point de vue d’un chef d’entreprise. Les entrepreneurs se heurtent à de nombreux problèmes qui les conduisent à quitter la France, à choisir l’exil. Ils ont entre 40 et 50 ans, et grâce à la mondialisation, ils font le choix d’investir dans d’autres pays plutôt que de rester en France.

Panorama de la situation de l’emploi en France

En d’autres termes, le chômage en France. Officiellement, on compte 10,3% de chômeurs. Mais le vrai taux de chômage est de 25,58%, obtenu en enlevant le nombre de fonctionnaires (à peu près 7 millions) de la population active. L’État suffoque la société française et donne de mauvaises informations. La France fait partie des quelques pays à avoir un seul institut ayant le monopole de la statistique, à savoir l’INSEE, qui est une agence étatique.
Le taux de chômage en France est 2 fois plus élevé qu’en Allemagne, qu’au Royaume-Uni et 3 fois plus qu’en Suisse. Partout le taux de chômage a baissé ces dernières années depuis la crise de 2008-2009. Même au plus fort de la crise, le taux de chômage américain n’a pas atteint le taux de chômage français. La France bat des records dans ce domaine depuis des années. Il n’est descendu sous les 8% qu’une seule fois sous Sarkozy. Depuis les années 1980, le taux de chômage ne baisse pas. Le taux d’emploi est de 63,6%.
La France bat aussi des records pour le taux de chômage des jeunes, qui s’élève à 24,7%. C’est significatif de l’échec de l’Éducation nationale. Phagocytée par les syndicats et les enseignants de gauche, elle a aussi fait faillite concernant la formation des jeunes. Ceux qui sortent sans diplôme sont perdus. En France, c’est l’Éducation nationale qui s’occupe de l’apprentissage. Dans d’autres pays comme l’Allemagne, ce sont des entreprises qui décident ce qu’il faut comme apprentissage.
Petite parenthèse : dans le domaine de l’éducation, la France, qui dépense plus que les autres pays (environ 7% du PIB) est très mal classée (15ème sur les 30 pays de l’UE).
Ce problème du taux de chômage est aussi lié à une certaine absence de flexibilité. Les pays où il y a plus de flexibilité des marchés sont les pays où il y a le moins de chômage. Là où le SMIC est le plus bas c’est aussi là où le taux de chômage est le moins élevé.
Enfin sur le taux d’emploi, la Suisse est en tête avec 80% de sa population ayant un travail, et ce pour plusieurs raisons, notamment des impôts bas et une industrie très développée.

Situation des entreprises en France

Selon le classement Duing Business, la France est 31ème sur 122 pays. S’il est difficile de monter une entreprise en France, il est encore plus difficile de la développer. Beaucoup de personnes créent des entreprises mais celles-ci n’ont pas de salariés. On peut trouver plusieurs causes à l’étouffement des entreprises : la réglementation, les charges, la bureaucratie, les impôts... Le capital est taxé 5 fois plus que le revenu. Plus de la moitié des très petites entreprises n’ont aucun salariés. On parle alors d’auto-entrepreneurs. Mais plus de 90% de ces auto-entrepreneurs gagnent très peu ou pas du tout et ils sortent des chiffres du chômage. Le problème n’est pas forcément la création d’entreprises, mais le fait qu’elles n’embauchent pas. Sur 3 millions d’entreprises, seulement 5 milles dépassent les 10 salariés et seulement 52% de ces entreprises sont encore en activité 5 ans après leur création. Les ETI (Entreprises de Taille Intermédiaire ou « gazelles ») sont 2 fois moins nombreuses en France qu’au Royaume-Uni et qu’en Allemagne.

Autre problème : les entreprises sont anciennes. On ne crée pas de nouvelles grandes entreprises. Ces sont les mêmes depuis des années (Total, L’Oréal etc).
La France est le seul pays qui n’ a pas réformé l’État après la crise de 2008. C’est aussi le seul pays qui n’a pas baissé l’impôt sur les sociétés (IS). Le Royaume-Uni vient d’annoncer une nouvelle baisse. Plus le tôt de l’IS est élevé, moins il y a de rentrées fiscales. Si on compare avec l’Irlande, où l’IS est de 12,8%, sachant qu’en France il est 3 fois plus élevé, l’État irlandais gagne plus que l’État français. Il faut baisser les impôts pour que plus d’argent rentre dans les caisses de l’État.
Entre 2010 et 2015, David Cameron a baissé le nombre de fonctionnaires au Royaume-Uni de 630 000. En France, nous avons 1600 000 fonctionnaires de plus que la moyenne OCDE. Pour un emploi public supprimé entre 2010 et 2015, le privé aura créé 4 emplois au Royaume-Uni.
Pourquoi cette situation en France ? Les causes sont multiples : 57% de dépenses publiques, 47% de prélèvements obligatoires, des records au niveau du nombre de fonctionnaires, des taxes, le coût du travail...

Quelles solutions ?

• L ’école
D’abord, pour réformer la France, il faudrait réformer l’école en instaurant la concurrence, l’autonomie au sein des écoles, en donnant de vrais pouvoirs aux chefs d’établissements. Voir les réformes faites au Royaume-Uni avec les Academy Schools, qui donnent beaucoup de libertés aux écoles et aux chefs d’établissements pour embaucher les enseignants, les licencier, trouver de l’argent, auprès des entreprises notamment, etc.
Ensuite, changer les manuels d’économie : quelle est la place de l’entreprise dans ces manuels ? La plupart d’entre-eux critiquent l’entreprise et les chefs d’entreprises. Il faut donner envie aux élèves de devenir entrepreneurs et de se lancer, leur donner des modèles d’entrepreneurs.
Enfin, l’apprentissage devrait être entièrement réformé.

• SMIC et chômage
Quelques proposition :
• plus de flexibilité : en Allemagne, les entreprises de moins de 10 salariés ont une liberté totale de licencier.
• le SMIC est tueur d’emplois et créateur de chômage. Le problème vient surtout du montant du SMIC par rapport au salaire médian. Il faudrait instaurer plusieurs SMIC en France, comme c’est le cas au Royaume-Uni par exemple, à défaut de le supprimer.
• le chômage : ouverture à la concurrence de l’assurance chômage et de Pôle Emploi (voir les job centers au Royaume-Uni), contrôle des chômeurs ;

• Code du travail et fiscalité
Le Code du travail aurait besoin d’être cassé. En Allemagne par exemple, il n’y a pas vraiment de code du travail, mais des accords par branches. Du point de vue de la fiscalité, instaurer la flat tax à 2 et 15%, l’IS à 25% pour être dans la moyenne européenne... Ce sont des réformes à minima.

• L’État et les syndicats
D’abord et évidemment, moins d’État, en réduisant le nombre de fonctionnaires. D’autre part, on sait que les Énarques sont partout : ce sont eux qui décident des impôts, ils sont à Bercy au Ministère des Finances, ils sont à l’Éducation nationale, ils décident des réglementations, mais ne savent rien de l’entreprise. A Bercy, seulement 10% des hauts-fonctionnaires sortis de l’ENA connaissent le monde de l’entreprise. En comparaison aux États-Unis, plus de 60% des hauts fonctionnaire sont passés par l’entreprise.
Ensuite, mettre fin au paritarisme, fléau français, ou dialogue social. La « discussion », qui tient plutôt lieu du monologue, avec les syndicats, devrait être supprimée. La France est le suel pays à appliquer encore le paritarisme. Même des pays très fortement syndiqués y ont renoncé et fait des réformes sans les syndicats. Exemple de la réforme des retraites dans les années 90 en Suède : les syndicats n’étaient pas à la table des négociations, bien qu’ils sont très représentatifs, puisqu’il y a près de 80% de syndiqués en Suède (en France, il y a 4% de syndiqués).

Comme autres solutions possibles, on peut aussi ajouter la suppression des aides aux entreprises car il y en a trop. Il faut donner de l’air, créer des fonds de pension, qui apporte de l’emploi.