Cercle Frédéric Bastiat

2017-12-18 10:52:24

Le fiasco des énergies dites "renouvelables"

Conférence donnée par Yves Durand-Raucher Ingénieur des Ponts et Chaussées Honoraire lors du 7ème Weekend de la Liberté

, par Yves Durand-Raucher

Se jeter à corps perdu dans les énergies "renouvelables" revient à pratiquer le saut à l’élastique avant d’avoir inventé le latex : La mort sans phrases

Le fiasco total des énergies nouvelles du soleil et du vent, dites renouvelables

Face à l’omniprésente communication d’Etat, qui soutient ad nauseam les intérêts de la filière des énergies « renouvelables », le citoyen est bien en peine de démêler le vrai du faux.
D’autant qu’il n’a souvent pas le bagage scientifique nécessaire pour appréhender les multiples aspects de la question et se prémunir d’un mensonge d’Etat abondamment relayé.
Et que, s’il se hasarde hors de la « troupe de manœuvre » hautement majoritaire, il sera renvoyé au tribunal du futur et accusé, dès maintenant, de déviance.

Statistiques officielles en main, la réalité est pourtant tout autre.
Du point de vue de la capacité à produire l’énergie électrique nécessaire à la vie de la nation, l’éventail des techniques de production d’énergie électrique « renouvelable » actuellement disponibles pêche par leurs tares congénitales : leurs nuisances très conséquentes, leur production imprévisible et leur coût excessif.
Seule l’énergie des barrages est pilotable (utilisable sans délai, lorsqu’on en a besoin). Grâce à quoi l’énergie hydraulique assure 91 % de l’énergie renouvelable française, alors que l’éolien plafonne à moins de 4% et le solaire aux environs de 3%. (1) Mais nos barrages équipent pratiquement tous les sites idoines : leur capacité de développement reste très limitée.
Le vent s’arrête et revient, avec des pointes haut et bas en un quart d’heure sur toute la France (et même en mer, contrairement à ce que l’on dit partout) . Les périodes anticycloniques sans aucun souffle d’air utilisable peuvent être très longues (et étendues à l’Europe entière), aussi bien en hiver, lorsque le chauffage est sollicité à fond, qu’en été, lorsque c’est le tour de la climatisation...
Le solaire produit surtout entre midi et deux heures (2)... et pas du tout la nuit, cher Watson !
Les courants marins s’affaiblissent et s’inversent quatre fois par jour, à des heures que l’annuaire des marées et la lunaison connaissent, mais qui n’ont aucune raison de correspondre aux jours et aux heures de grande consommation.

Comme on ne dispose pas, à l’heure actuelle, de méthodes économiquement raisonnables de stockage à grande échelle de l’énergie (malgré plus de 50 ans de recherche), se jeter à corps perdu dans les énergies renouvelables revient à pratiquer le saut à l’élastique avant d’avoir inventé le latex : la mort sans phrases !
C’est pourtant ce que l’on fait hardiment, au nom d’une idéologie délétère, qui prend la forme d’un constant bourrage de crâne.

On voit bien que la décorrélation de leur production intermittente et de la consommation, industrielle et domestique, est presque totale et en bonne partie imprévisible. Il est donc nécessaire que leurs insuffisances puissent être compensées sans délai par des centrales à gaz, les plus rapides à chauffer, dont la puissance totale doit égaler la puissance cumulée des sources nouvelles "renouvelables" pour se prémunir de l’arrêt de celles-ci et être prêtes à les suppléer.

Personne n’explique, bien sûr, que les machines du vent et du soleil fonctionnent, en réalité, quand on regarde le dessous des choses... au gaz ! (3)
Ainsi, ces centrales d’appoint à gaz qui, elles, ne seront jamais renouvelables (ni rentables) grèvent le bilan CO2 du pays (4) , alors que la justification initiale des « énergies nouvelles renouvelables » était d’essayer de « sauver le climat ».
Sans que le grand public n’en ait vraiment conscience, on obtient donc, exactement l’inverse de l’objectif prétendument recherché. Fier résultat ! (5)

Résumons-nous : Les énergies nouvelles "renouvelables", à cause de leur intermittence, ne peuvent fonctionner qu’avec une "béquille" d’appoint (6)
Le "renouvelable" est, à proprement parler, une imbécillité
Le coût est à l’avenant : Extravagant.

Et les responsables de cette hérésie se gardent bien de faire les simples règles de trois qui rendraient évidentes les données du problème et l’inanité de sa « solution ».
En effet, les « promoteurs », qui font des fortunes indécentes, bénéficient de prix de rachat artificiels deux fois (7) ou même cinq fois pour l’éolien maritime (8) plus élevés que le prix moyen de l’électricité française et de la garantie générale d’achat prioritaire pendant dix à quinze ans – y compris lorsqu’on n’en a pas besoin et qu’il faut l’exporter d’urgence, quelques fois à prix négatif (on paye pour s’en débarrasser...), pour soulager le réseau de transport. Ce sont des conditions absolument léonines que l’Etat a accepté, dans l’enthousiasme, de faire supporter aux usagers.

Le stockage de l’énergie excédentaire, par exemple par transformation en hydrogène à stocker dans des gazomètres adaptés, puis à retransformer en électricité, a un rendement de cycle qui plafonne à 30%.
Le kilowatt-heure électrique récupéré en fin de course reviendrait donc à plus de 3 fois le prix d’achat en sortie d’éolienne terrestre. Si c’est une machine en mer, cela reviendrait à 12 fois le prix moyen : On VOUS fait marcher sur la tête, car c’est tout un chacun qui paye ce surcoût, pour un total de plus de 9 milliards d’euros par an aujourd’hui, via des taxes cryptiques (9) qui représentent actuellement aux alentours de 20 % des factures d’électricité de tous les ménages et qui n’arrêteront pas d’augmenter.

Tout ceci aggrave la précarité énergétique des plus pauvres.

Pour faire passer la pilule, la sémantique est habilement convoquée.
On parlera de « parcs » ou de « fermes » éoliennes, de « champs » de panneaux solaires... Que c’est bucolique et « vert » ! On y emmène les enfants, maîtresse en tête.
Alors qu’il s’agit, purement et simplement, de vulgaires zones industrielles, de « forêts d’acier » ou d’« étendues de verre feuilleté », qui créent la zizanie dans les villages et le désespoir des riverains, à 500 mètres de ces mastodontes de 180 mètres de haut et plus, qui produisent un quart du temps..., écrasent définitivement le paysage, banalisent l’environnement, ruinent la France (toutes systématiquement importées avec leur personnel de montage, ces éoliennes coûtent plus de 2 millions d’euros l’une... sans vraiment créer d’emploi fixe notable en France, contrairement à ce qu’affiche la propagande des promoteurs et de leurs soutiens officiels) et ruinent également son tourisme, national et international, car qui viendrait
vivre ou se reposer au pied de ces machines à la vue et au bruit obsédants, nuit et jour ?
Cimetière d'éoliennes en Californie

Ce n’est pas la première fois, me direz-vous, que l’on ment au peuple…

(1) EDF n’ose même pas afficher ces chiffres ridiculement bas sur ses factures
(2) Heure solaire locale
(3) Elles doivent fonctionner au ralenti 24 heures sur 24, pour être prêtes à prendre le relais des « renouvelables ». En Allemagne, elles fonctionnent au charbon et largement au lignite (pire pour l’émission de CO2)
(4) Le "bilan carbone" de l’Allemagne, qui dispose d’éoliennes et de photovoltaïque en très grande quantité, a empiré dans des proportions catastrophiques, quatre fois plus qu’avant. Par ailleurs, le chassé-croisé de l’électricité éolienne terrestre et maritime proche de la mer du Nord et de l’électricité photovoltaïque de la Bavière impose de multiplier par sept la capacité de transport d’électricité Nord-Sud et Sud-Nord, par rapport à avant le "renouvelable". Les paysans et ruraux allemands étant aussi opposés que leurs homologues français à ce que des pylônes parsèment leurs terres, l’Allemagne est très en retard par rapport à ses objectifs
(5) Et autant dire que les lobbies du "renouvelable" ne s’en vantent pas
(6) "béquille", en latin becillus, a donné imbecillus, estropié : "qui ne peut marcher sans béquille"
(7) Le prix moyen du kilowatt x heure électrique est, en France, voisin de 5,5 centimes d’euro ; le kilowatt x heure éolien terrestre est acheté entre 8 et 9 centimes d’euro, soit deux fois plus cher que le prix moyen de notre kilowatt x heure
(8) L’éolien maritime - que l’on appelle "offshore"- ça fait plus chic, plus technologique, mais c’est encore plus cher : 20 à 24 centimes d’euro ! soit 5 fois plus cher que l’éolien terrestre. Il n’y a vraiment pas de quoi en être fier. C’est aussi bête que l’avion et la route électriques
(9) La CSPE, Contribution au Service Public de l’Electricité, n’a plus rien du « social » du début. Au contraire, elle fait porter sur l’ensemble des ménages le surcoût du prix d’achat des « renouvelables » qui est versé à leurs promoteurs.