Cercle Frédéric Bastiat

2017-05-24 18:41:37

Santé retraites : comment éviter la catastrophe sociale

Conférence donnée par Patrick de Casanove lors du 7ème Weekend de la Liberté les 23, 24 et 25 septembre 2016

, par Patrick de Casanove

Introduction

Certains individus croient en l’incapacité des êtres humains à choisir librement leur vie. Ils imaginent leur monde idéal puis veulent l’imposer par la loi à l’ensemble de l’humanité. En France le système de santé comme le système de retraite procèdent de cette philosophie.
Ils sont les piliers de la spoliation légale. Au prétexte d’aider les plus démunis l’État pille tout le monde. Le premier vol est celui de la vie des gens, par des réglementations étouffantes et intrusives il détruit le libre choix des individus. Le second est celui de leurs ressources par plus de 360 prélèvements obligatoires.
Ils jouent sur la peur des gens de ne pas être soignés, de ne pas avoir de ressources pour leurs vieux jours, d’être abandonnés. C’est sur ces faiblesses que l’État bâtit son pouvoir.
Ils instaurent l’inégalité devant la loi avec les régimes spéciaux qui sont autant de lois privées. Par la lutte des classes certaines catégories sociales ont obtenu des politiciens des lois en leur faveur au détriment d’autrui.
Ils entraînent des gaspillages : payer plusieurs fois le même service, entretenir des organismes redondants, créer l’inadéquation de l’offre et de la demande.
Ils ont pour but de survivre tout comme les organisations dont ils sont la vache à lait. Pour y parvenir ils se servent de la loi. Ils ne sont pas tenus de fournir les meilleures prestations aux meilleurs coûts. Fournir les meilleures prestations aux meilleurs coûts pour survivre face à la concurrence est le lot d’une entreprise privée.

Objectifs :

Ce qu’on voit :
En ce qui concerne les retraites, c’est mettre les gens à l’abri du besoin quand leurs capacités physiques, diminuées par l’âge, ne leur permettront plus d’assurer leur existence matérielle,
En ce qui concerne l’assurance maladie c’est permettre aux gens de se faire soigner quand la maladie et le handicap les atteindront.

Ce qu’on ne voit pas : Le contrôle et la soumission des populations.

A la Libération tout était à reconstruire. Le CNR aurait pu choisir la responsabilité individuelle et le libre choix. Étatiste il a choisi le monopole public afin de restaurer l’État. Quand un organisme quelconque veut asseoir son pouvoir et soumettre sans violence physique les populations, il prend le contrôle de la protection sociale. L’État les prive des moyens de choisir librement, d’être indépendantes, de s’opposer à lui. L’alibi est parfait : la solidarité.
C’est une réussite telle que les Français ont intériorisé leur infantilisation. Ils pensent que seul l’État est capable de leur porter assistance en cas de détresse. Ils ne peuvent pas imaginer une autre organisation sociale. Ils se contentent de changer de maître à chaque élection. Ils abandonnent des pans entiers de leur vie à l’arbitraire étatique :

Conséquences :

Pour les individus :

Les prestations et les cotisations varient sans cesse, à la baisse pour les prestations à la hausse pour les cotisations. Contrairement au privé et aux assurances il n’y a pas de contrat. Tout dépend des caprices du législateur.

Quelqu’un qui toute sa vie s’est vu imposé des prélèvements forcés pour être, lui a-t-on dit, soigné, ne sera pris en charge que pour les pathologies que l’État a décidées dignes d’être prises en charge et selon les modalités qu’il aura fixées unilatéralement.

Quelqu’un qui toute sa vie a subi les prélèvements obligatoires de dizaines de milliers d’euros se retrouve au moment de partir en retraite avec …rien. Sa retraite ne sera versée que si la spoliation légale perdure. Il n’aura alors que le peu que l’État aura décidé de lui donner en spoliant ses enfants et petits-enfants.

Un prélèvement obligatoire forcé dans une pyramide de Ponzi n’est en aucun cas une épargne. Les sommes encaissées sont immédiatement dépensées pour servir des prestations aux personnes qui sont dans le système. À cause de cela, le monopole d’État, par répartition, obligatoire ne peut tolérer aucune fuite sous peine de s’effondrer. Les Français sont prisonniers.

C’est de l’assistance généralisée mais rien n’est sûr, rien n’est garanti. C’est l’insécurité législative.

La solidarité forcée est-elle de l’esclavage moderne ? Si oui se serait un « esclavage » tournant. Ceux qui travaillent aujourd’hui sont les « esclaves » des générations à la retraite et pour pouvoir toucher une retraite ils devront à leur tour mettre en « esclavage » les générations qui suivent. Pour sauver le système les étatistes ont recours à l’immigration. Ainsi des « esclaves » étrangers travailleront pour payer nos retraites etc. Cela entraîne un changement de la structure humaine et culturelle de notre société.

Pour Sécu comme pour les retraites nous avons un système de pénurie et injuste.
Pénuries de médecins, déserts médicaux (inadéquation de l’offre et de la demande de soins) même dans les grandes villes, spécialités désertées ; files d’attentes, déremboursements. Désormais, en ce qui concerne la Sécu, la pénurie est gratuite ! L’objet des systèmes de retraites et de la Sécu est de gérer la pénurie soit : rationner.
Injuste parce qu’il repose sur la spoliation. L’État ne crée aucune richesse. Il confisque la richesse produite par les individus. La Sécu soigne les uns aux dépens des autres l’un sera déremboursé pour que l’autre soit remboursé, l’un se verra confisquer ses ressources pour les affecter à un autre etc.

Pour l’économie :

Chaînes et boulets réglementaires et financiers qui détruisent notre compétitivité. Si nous ne sommes pas performants dans la « mondialisation » les causes sont là.
L’économie se finance par la planche à billets et pas par l’épargne parce qu’il n’y en a pas en France contrairement à ce qu’affirment les étatistes.
Ce système déséquilibré induit des dettes immenses qui pèsent sur notre économie. C’est une fuite en avant que paieront nos enfants et petits-enfants. La dette nous rend dépendant de nos créanciers Qatar, Arabie…

Pour la société :

Le monopole d’État obligatoire pour le système de santé et de retraite a des conséquences dramatiques bien au-delà du faible montant des retraites versées, des soins de moins en moins pris en charge, d’une défiance vis-à-vis de la médecine. Il modèle la société en profondeur vers le totalitarisme, il contient en germe la guerre civile parce qu’on ne peut bâtir une société juste et apaisée sur le vol. Les conflits sont exacerbés, c’est la guerre de tous contre tous pour obtenir la plus grosse part de la spoliation légale ou s’y soustraire.

L’État classe les individus en communautés, il les dresse les unes contre les autres, il détruit le lien social. Il détruit la responsabilité individuelle, l’entraide libre et gratuite, la prévoyance. La société est sans espoir ni idéal, limitée à du matérialisme socialiste : « droits », prélèvements subventions, cotisations, prestations. Une masse énorme de règlements et de lois contraint les individus, enraye les initiatives individuelles, empêche les innovations et l’épanouissement personnel. Cette société fermée et de pénurie rejette les plus faibles dans la solitude, la misère

Comment éviter la catastrophe sociale :

Le libéralisme est une éthique de vie qui offre plus que de meilleures retraites pérennes, qu’une meilleure prise en charge des soins pour tous et tout le temps, qu’une meilleure aide aux démunis, peu nombreux parce que la société est prospère. Il offre une société pacifiée et unie, donc florissante, parce que personne ne vole légalement personne.

Le salaire complet, l’intégralité du CA moins frais nécessaires à l’exercice de la profession pour les non-salariés
L’impôt proportionnel et minimum : un seul sur les personnes remplace tous les impôts et taxes
La retraite par capitalisation en libre choix, Compté épargne retraite, transmissible, récupérable
Le compte épargne santé, Transmissible, récupérable, couplé à :
Les assurances santé en libre choix, concurrence, meilleur rapport qualité prix, péréquations entre petits et gros risques
Le panier de soin : par exemple ce que prend en charge la Sécu aujourd’hui, pas de sélection à l’entrée.
Le filet de sécurité pour les plus démunis. Chèque santé, retraite, éducation. Aide à la personne, remplace toutes les aides. Un pauvre sait choisir. Il y a un accord universel autour du fait que personne ne doit renoncer à un soin ou à des chances de guérison uniquement parce qu’il ne pourrait pas en supporter lui-même les frais.
Liberté des prix et des services. Sans liberté des prix on se prive d’informations fiables ce qui est source de gaspillage et de mauvais investissements d’où pénurie et déserts médicaux…Sans liberté des services on se prive de la concurrence qui est le libre choix du consommateur meilleur service au meilleur prix et qui incite à l’amélioration pour le producteur

Le système de santé libre c’est le colloque singulier : personne n’intervient entre le patient et son médecin, ni Sécu, ni assureur, ni bureau d’étude. Le secret médical est respecté. Il s’adapte à toutes les situations .

Ce qui permet le soin c’est la prospérité, l’avancée technologique, l’existence des moyens, Nous sommes à l’aube d’une révolution : le transhumanisme Aujourd’hui il est de bon ton de dire que le coût de la « santé » va inéluctablement augmenter à cause des nouveaux traitements de plus en plus chers et du vieillissement de la population. Or le coût des traitements baisse au fur et à mesure et ce n’est pas l’âge qui compte mais l’état de santé. De plus ces nouvelles technologies vont réparer les gens avant qu’ils soient malades et les guérir quand ils le seront. juste et efficace : responsabilité et libre choix, le contrat remplace la loi.

Conclusion

La protection sociale juste repose sur le libre choix et la responsabilité individuelle. Elle retisse le lien social, elle permet à chacun d’avoir un idéal, de trouver un destin, de poursuivre son épanouissement personnel, de donner un sens à sa vie, de ne plus être un numéro, de ne plus être un enfant mais de devenir quelqu’un.

Cette organisation sociale a une haute valeur morale puisque chacun assume la responsabilité de subvenir à ses besoins, à sa dépendance et ne se décharge pas sur autrui. Autrui qui bénéficie bien sûr d’aide en cas « d’accidents de la vie ».