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Moratoire de la dette africaine : silence, on fraude !

Car pendant que nous discutons, nous observons sur le terrain la génération spontanée, dans des conflits d’intérêts politico financiers à peine déguisés, d’entreprises et d’intermédiaires sulfureux qui se voient accorder des droits exorbitants et discrétionnaires d’importation de tous matériels sanitaires et autres produits bénéficiaires du plan d’aide, ainsi que la création de « véhicules financiers » de toutes sortes, prêts à recevoir sans aucun contrôle tiers tous les dons de la terre. On passera également sur l’origine de dons privés généreux par des personnalités publiques de sommes considérables qui s’apparentent à du recel humanitaire de biens mal acquis.

Ceci est connu de toutes les parties prenantes, qui ont chacune des raisons (dont leur mauvaise conscience) de ne rien faire pour le dénoncer et encore moins de l’empêcher, au nom de l’urgence et d’un prétendu « intérêt général » supérieur. Le directeur général de l’Agence Française de développement (AFD) déclarait hier (4) : « Pas de corona-morale en Afrique ! Ce n’est pas le moment de conditionner les aides ! ».

Ce slogan pousse-au-crime est sidérant, vicieux et injustifiable, alors que la conditionnalité des aides et le contrôle-sanction de leur réel usage est la clé des problèmes et des solutions des populations africaines. Finalement, ce ne serait jamais le moment de conditionner des aides, jamais le moment d’exiger réellement des comptes ni d’assainir la gouvernance publique. On attend de savoir ce qu’en pense la Chine, le principal créditeur de l’Afrique.