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Conférences

Bastiat « À la jeunesse française ». Conférence donnée lors des journées du patrimoine 2020.

 

Bastiat « À la jeunesse française »

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Conférence du 19 septembre 2020, donnée lors des Journées du Patrimoine.

Introduction :

Frédéric Bastiat est un économiste Français né à Bayonne en 1801. Il considérait les Harmonies économiques comme son œuvre majeure, l’œuvre de sa vie, l’aboutissement de sa pensée. Il était atteint de la tuberculose. Il se savait malade, Il était très important pour lui de terminer l’ouvrage. Malheureusement il est mort avant de finir. Les Harmonies économiques ont été achevées, pour les derniers chapitres, après sa mort à partir de ses brouillons. C’est pourquoi le style n’est parfois pas aussi étincelant ni lumineux que dans ses Sophismes, Pamphlets ou Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas. En lisant les Harmonies économiques on sent parfois son empressement à délivrer son message, avant que la mort ne le rattrape.

Les Harmonies économiques sont en quelque sorte son testament philosophique. Il est donc très significatifs et émouvant qu’il en ait nommé l’introduction « À la jeunesse française »

« Amour de l’étude, besoin de croyances, esprit dégagé de préventions invétérées, cœur libre de haine, zèle de propagande, ardentes sympathies, désintéressement, dévouement, bonne foi, enthousiasme de tout ce qui est bon, beau, simple, grand, honnête, religieux, tels sont les précieux attributs de la jeunesse. C’est pourquoi je lui dédie ce livre. C’est une semence qui n’a pas en elle le principe de vie, si elle ne germe pas sur le sol généreux auquel je la confie. « 

On remarquera que les attributs de la jeunesse ne sont pas tout à fait les mêmes aujourd’hui.

Dans son introduction Bastiat écrit à l’intention de la jeunesse française :

« La liberté n’a qu’une forme. (…) La contrainte peut se manifester, au contraire, par des formes et selon des vues en nombre infini. »

« Tous les intérêts légitimes sont harmoniques. Tous ceux qui adopteront ce point de départ : les intérêts sont harmoniques, seront aussi d’accord sur la solution pratique du problème social : s’abstenir de les contrarier et de déplacer les intérêts. Il ne faut pas étendre artificiellement la solidarité de manière à détruire la responsabilité ; en d’autres termes, il faut respecter la liberté. » À la jeunesse française (1850)

« Tous les intérêts légitimes sont harmoniques. » à condition qu’ils respectent les Droits Naturels Individuels. Les Droits Naturels sont le socle de la philosophie de Frédéric Bastiat.

1 Les Droits Naturels

« Personnalité, Liberté, Propriété, — voilà l’homme.

C’est de ces trois choses qu’on peut dire, en dehors de toute subtilité démagogique, qu’elles sont antérieures et supérieures à toute législation humaine.

Ce n’est pas parce que les hommes ont édicté des Lois que la Personnalité, la Liberté et la Propriété existent. Au contraire, c’est parce que la Personnalité, la Liberté et la Propriété préexistent que les hommes font des Lois.

Qu’est-ce donc que la Loi? Ainsi que je l’ai dit ailleurs, c’est l’organisation collective du Droit individuel de légitime défense.

Chacun de nous tient certainement de la nature, de Dieu, le droit de défendre sa Personne, sa Liberté, sa Propriété, puisque ce sont les trois éléments constitutifs ou conservateurs de la Vie, éléments qui se complètent l’un par l’autre et ne se peuvent comprendre l’un sans l’autre. »

Frédéric Bastiat La Loi (1850)

1-1 La Liberté :

« La propriété, le droit de jouir du fruit de son travail, le droit de travailler, de se développer, d’exercer ses facultés, comme on l’entend, sans que l’État intervienne autrement que par son action protectrice, c’est la liberté » Propriété et loi (1848)

« Il est évident que la Concurrence, c’est la liberté. Détruire la liberté d’agir, c’est détruire la possibilité et par suite la faculté de choisir, de juger, de comparer; c’est tuer l’intelligence, c’est tuer la pensée, c’est tuer l’homme. » Harmonies économiques, Chapitre X, Concurrence (1850)

C’est « faire ce que l’on veut avec ce qu’on a » dit Henri Lepage.sans porter atteinte aux Droits Naturels d’Autrui.

1-2 La Propriété :

« J’entends par propriété le droit qu’a le travailleur sur la valeur qu’il a créée par son travail. » Propriété et loi (1848). Plus largement chaque Homme est propriétaire de son projet de vie.

1-3 La personnalité :

Chacun est unique, responsable de ses actes, acteur de son projet de vie. Personne n’est un rouage interchangeable de la mécanique sociale réglée par une autorité centrale.

Ces Droits naturels sont indissociables. Porter atteinte à l’un détruit les autres.

2 Ces Droits Naturels impliquent :

2-1 la Responsabilité individuelle :

« Leur écueil naturel est dans le déplacement de la Responsabilité. Ce n’est jamais sans créer pour l’avenir de grands dangers et de grandes difficultés qu’on soustrait l’individu aux conséquences de ses propres actes. » Des Salaires (1850)

« La responsabilité, c’est l’enchaînement naturel qui existe, relativement à l’être agissant, entre l’acte et ses conséquences; c’est un système complet de Peines et de Récompenses (…) Elle a évidemment pour objet de restreindre le nombre des actions funestes, de multiplier celui des actions utiles. » Harmonies économiques, chapitre XX, Responsabilité (1850).

2- 2 L’échange libre :

« L’échange est un droit naturel comme la Propriété. Tout citoyen qui a créé ou acquis un produit, doit avoir l’option ou de l’appliquer immédiatement à son usage, ou de le céder à quiconque, sur la surface du globe, consent à lui donner en échange l’objet de ses désirs. Le priver de cette faculté, quand il n’en fait aucun usage contraire à l’ordre public et aux bonnes mœurs, et uniquement pour satisfaire la convenance d’un autre citoyen, c’est légitimer une spoliation, c’est blesser la loi de justice. » Association pour la liberté des échanges(1846)

« Tous les intérêts légitimes sont harmoniques. » :

3 Pourquoi y a t-il harmonie :

Parce qu’il n’y a pas de contrainte. Il y a libre volonté, libre choix. Chaque homme est considéré en tant que Personne unique porteuse d’un projet de vie propre. La richesse de l’espèce humaine, sa variété, est variété de l’espèce humaine est respectée.

« Si les hommes, comme les colimaçons, vivaient dans un complet isolement les uns des autres, s’ils n’échangeaient pas leurs travaux et leurs idées, s’il n’opéraient pas entre eux de transactions, il pourrait y avoir des multitudes, des unités humaines, des individualités juxtaposées; il n’y aurait pas de Société. Que dis-je? Il n’y aurait pas même d’individualités. Pour l’homme, l’isolement c’est la mort. Or, si, hors de la société, il ne peut vivre, la conclusion rigoureuse, c’est que son état de nature c’est l’état social. » Frédéric Bastiat Harmonies économiques L’échange

Ceux qui confondent libéralisme avec individualisme ou égoïsme devraient méditer cette phrase.

« L’isolement est quelque chose de pire que ce qu’il y a de pire dans l’État social, j’avais raison de dire qu’il met nos besoins, à ne parler que des plus impérieux, tout à fait au-dessus de nos facultés. Comment l’Échange, renversant cet ordre à notre profit, place-t-il nos facultés au-dessus de nos besoins? » Frédéric Bastiat. Harmonies économiques. L’échange.

Il faut donc remarquer que l’échange et la coopération spontanée sont naturels à l’homme. Si tel n’était pas le cas nous en serions restés à quelques tribus primitives, voire même nous aurions disparu. Nous aurions été éliminés par nos conflits, la famine et des prédateurs naturellement mieux armés que nous.

« Essayerai-je de peindre l’état de misère, de dénûment et d’ignorance où, sans la faculté d’échange, l’espèce humaine aurait croupi éternellement, si même elle n’eût disparu du globe? » Frédéric Bastiat Harmonies économiques, L’échange (1850)

« L’Échange, c’est l’Économie politique, c’est la Société toute entière; car il est impossible de concevoir la Société sans Échange, ni l’Échange sans Société. » Frédéric Bastiat Harmonies économiques, l’Échange.(1850)

Non seulement tout le monde y gagne, mais il y a plus à gagner.

« la vraie puissance de l’échange. Ce n’est pas (…) qu’il implique deux gains, parce que chacune des parties contractantes estime plus ce qu’elle reçoit que ce qu’elle donne. Ce n’est pas non plus que chacune d’elle cède du superflu pour acquérir du nécessaire. C’est tout simplement que, lorsqu’un homme dit à un autre: « Ne fait que ceci, je ne ferai que cela, et nous partagerons, » il y a meilleur emploi du travail, des facultés, des agents naturels, des capitaux, et, par conséquent, il y a plus à partager. »

« Dans l’isolement, nos besoins dépassent nos facultés.
Dans l’état social, nos facultés dépassent nos besoins »

Pour comprendre la vraie nature de la liberté, et l’harmonie engendrée par l’échange libre, il faut écouter Le crayon jaune par Milton Friedman https://www.youtube.com/watch?v=SDUB4Pw39sg

3 En France aujourd’hui :

Nous allons nous pencher sur les atteintes aux Droits Naturels. Nous allons nous limiter à 4 thèmes d’actualité :

3-1 La dette, les impôts et le déficit

Dette et déficit ont connu un accroissement spectaculaire avec la crise économique dans laquelle nous a plongé le gouvernement et que l’on appelle, fort injustement, « crise du coronavirus ».

Si les Anciens nous ont légué la Liberté, payée au prix de leur sang, nous léguons à nos descendant les « acquis sociaux » qui, au final,sont pour eux l’obligation d’être légalement pillés, pour payer nos retraites et les dettes que nous avons contractées.

Ce que les politiciens appellent la solidarité intergénérationnelle c’est faire payer les dépenses d’aujourd’hui par nos enfants et petits-enfants et faire en sorte que ces derniers puissent en faire autant avec les leurs.

C’est un esclavage, ils travaillent pour nous sous la contrainte. C’est porter atteinte à leur Propriété, à leur liberté, hypothéquer leur projet de vie et fouler au pied notre Responsabilité personnelle, qui est d’assumer nos dettes.

« Que faut-il donc, faire?

Voici ma pensée. Je la formule dans toute sa naïveté, au risque de faire dresser les cheveux sur la tête à tous les financiers et praticiens.

Diminuer les impôts. — Diminuer les dépenses dans une proportion plus forte encore.

Et, pour revêtir cette pensée financière de sa formule politique, j’ajoute:

Liberté au dedans. — Paix au dehors. » Paix et liberté le budget républicain 1849

Le déficit budgétaire 2020 prévu à 93,066 milliards d’euros sera finalement (?) de 222,4 milliards. Soit quasiment l’intégralité des ressources nettes du budget général (250,667 milliards). 88,7% du budget de la France n’est pas financé. C’est autrement plus parlant qu’un déficit de 11,4% du PIB.

Autrement dit quasiment aucune dépense du budget n’est financée. Quand on enlève les remboursements et dégrèvements, la charge de la dette, le déficit, seuls 74,801 milliards sont financés.

Bien que les taux d’intérêts aient diminué régulièrement la mission « Engagements financiers de l’État » constitue, d’après le projet de loi de finances pour 2020, la troisième mission du budget général en termes de crédits de paiement, hors remboursements et dégrèvements. Ces engagements financiers sont constitués essentiellement de la charge de la dette.

«Nous n’avons pas le droit, nous, Banque centrale européenne ou Banque de France, d’annuler les dettes que nous détenons. Mais par contre, il faut gérer la dette dans le temps. Il faut peut-être cantonner la dette héritée du Covid», a tenu à nuancer jeudi François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, au micro de France Inter. https://www.lefigaro.fr/economie/la-dette-du-coronavirus-sera-t-elle-remboursee-nbsp-20200710Il Il est faux de dire que une partie de la dette est due au coronavirus. Elle est due à l’irrationalité de la gestion gouvernementale

À cela s’ajoutent les « eurobonds », le plan de relance européen qui crée une perte de souveraineté supplémentaire et une nouvelle dette, qu’il faudra payer un jour d’une manière ou d’une autre. S’ils avaient pu endetter les Martiens ils l’auraient fait, en prétendant que nous n’aurions rien à payer.

3-2 Le capitalisme de connivence

Malheureusement les Français ne connaissent que celui là. Le Capitalisme comme le Libéralisme, par ailleurs très proches, leur sont totalement inconnus, étrangers.

Le capitalisme de connivence respecte la propriété privée des moyens de production. Or le capitalisme n’est pas seulement la propriété privée des moyens de production. C’est « quel service puis-je rendre à mon prochain pour en tirer profit? » En respectant les Droits Naturels évidemment.

Le capitalisme de connivence oublie le service à autrui, détruit l’harmonie des échanges.

3-2-1 La spoliation légale aux profit de quelques uns, ici de quelques entreprises :

Il est plus facile de demander à l’État de neutraliser la concurrence, de donner des subsides, des aides, des subventions que de gagner des parts de marché, de l’argent par son propre mérite.

Le capitalisme de connivence détourne à son profit la « spoliation légale » en échange de voix ou de services pour assurer l’élection, ou la réélection, du politicien.

L’éolien, les subventions vont directement dans la poche des industriels pour une filière ni mûre, ni pertinente, ni rentable.

L’industrie pharmaceutique et le vaccin contre le Coronavirus pour lequel les États versent des sommes gigantesques pour un produit qui n’est pas sûr, dont on ne connaît pas l’efficacité et qui n’est pas forcément utile.

Le protectionnisme Droits de douane et les normes qui peuvent bloquer des concurrents extérieurs comme intérieurs

Les monopoles garantis par l’État etc… les exemples sont multiples.

On est dans « ce qu’on voit »mais pas dans le « ce qu’on ne voit pas » : ses dégâts, le surenchérissement des produits, la mise à mal de l’innovation, le détournement de fonds vers des buts inutiles (mal investissement). Autant d’atteintes aux Droits Naturels…

À ce propos il ne faut pas confondre un patron du CAC 40 ou d’une grande entreprise issu des Grandes Écoles, donc du sérail du capitalisme de connivence, et un entrepreneur ou un vrai « patron ».

« L’homme ne peut vivre et jouir que par une assimilation, une appropriation perpétuelle, c’est-à-dire par une perpétuelle application de ses facultés sur les choses, ou par le travail. De là la Propriété.

Mais, en fait, il peut vivre et jouir en s’assimilant, en s’appropriant le produit des facultés de son semblable. De là la Spoliation.

Or, le travail étant en lui-même une peine, et l’homme étant naturellement porté à fuir la peine, il s’ensuit, l’histoire est là pour le prouver, que partout où la spoliation est moins onéreuse que le travail, elle prévaut; elle prévaut sans que ni religion ni morale puissent, dans ce cas, l’empêcher.

Quand donc s’arrête la spoliation? Quand elle devient plus onéreuse, plus dangereuse que le travail.

Il est bien évident que la Loi devrait avoir pour but d’opposer le puissant obstacle de la force collective à cette funeste tendance; qu’elle devrait prendre parti pour la propriété contre la Spoliation.

Mais la Loi est faite, le plus souvent, par un homme ou par une classe d’hommes. Et la Loi n’existant point sans sanction, sans l’appui d’une force prépondérante, il ne se peut pas qu’elle ne mette en définitive cette force aux mains de ceux qui légifèrent.

Ce phénomène inévitable, combiné avec le funeste penchant que nous avons constaté dans le cœur de l’homme, explique la perversion à peu près universelle de la Loi. On conçoit comment, au lieu d’être un frein à l’injustice, elle devient un instrument et le plus invincible instrument d’injustice. On conçoit que, selon la puissance du législateur, elle détruit, à son profit, et à divers degrés, chez le reste des hommes, la Personnalité par l’esclavage, la Liberté par l’oppression, la Propriété par la spoliation.

Oui, tant qu’il sera admis en principe que la Loi peut être détournée de sa vraie mission, qu’elle peut violer les propriétés au lieu de les garantir, chaque classe voudra faire la Loi, soit pour se défendre contre la spoliation, soit pour l’organiser aussi à son profit. La question politique sera toujours préjudicielle, dominante, absorbante; (…)

Est-il besoin de prouver que cette odieuse perversion de la Loi est une cause perpétuelle de haine, de discorde, pouvant aller jusqu’à la désorganisation sociale? » Frédéric Bastiat La Loi (1850)

« Car il y en a de deux sortes. Il y a la spoliation extra-légale et la spoliation légale.

Quant à la spoliation extra-légale, celle qu’on appelle vol, escroquerie, celle qui est définie, prévue et punie par le Code pénal, en vérité, je ne pense pas qu’on la puisse décorer du nom de Socialisme. Ce n’est pas celle qui menace systématiquement la société dans ses bases. D’ailleurs, la guerre contre ce genre de spoliation n’a pas attendu le signal de M. de Montalembert ou de M. Carlier. Elle se poursuit depuis le commencement du monde; la France y avait pourvu, dès longtemps avant la révolution de février, dès longtemps avant l’apparition du Socialisme, par tout un appareil de magistrature, de police, de gendarmerie, de prisons, de bagnes et d’échafauds. C’est la Loi elle-même qui conduit cette guerre, et ce qui serait, selon moi, à désirer, c’est que la Loi gardât toujours cette attitude à l’égard de la Spoliation. »

Malheureusement ce n’est plus vrai aujourd’hui. Nous y reviendrons au chapitre sur l’insécurité.

« Mais il n’en est pas ainsi. La Loi prend quelquefois parti pour elle. Quelquefois elle l’accomplit de ses propres mains, afin d’en épargner au bénéficiaire la honte, le danger et le scrupule. Quelquefois elle met tout cet appareil de magistrature, police, gendarmerie et prison au service du spoliateur, et traite en criminel le spolié qui se défend. En un mot, il y a la spoliation légale, et c’est de celle-là sans doute que parle M. de Montalembert. »

3-2-2 Le producteur au détriment du consommateur.

Bastiat a mis en évidence le rôle du consommateur. Aujourd’hui c’est le grand oublié.

Dans un système de marché libre rien ni personne n’empêche un consommateur d’acheter cher un service quelconque au prix qu’il veut, si tel est son souhait et sa philosophie. Par exemple un produit alimentaire. Il peut organiser librement des filières s’il le désire AMAP, Mon-Producteur.com etc…

Dans le capitalisme de connivence les lois sont faites au profit des producteurs :

Par exemples

– la loi agriculture et alimentation La loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et une alimentation saine et durable, issu des États généraux de l’alimentation, a été promulguée le 1er novembre 2018.

Elle poursuit trois objectifs :

  • Payer le juste prix aux producteurs, pour leur permettre de vivre dignement de leur travail.
  • Renforcer la qualité sanitaire, environnementale et nutritionnelle des produits.
  • Favoriser une alimentation saine, sûre et durable pour tous.

Permettre aux agriculteurs d’avoir un revenu digne en répartissant mieux la valeur.

  • L’inversion de la construction du prix : le contrat et le prix associé seront proposés par les agriculteurs, en prenant en compte les coûts de production. Ils pourront peser dans les négociations grâce à un regroupement en organisation de producteurs et au renforcement des interprofessions.
  • Destruction des informations véhiculées par les prix libres.
  • https://www.gouvernement.fr/action/la-loi-agriculture-et-alimentation

– la loi sur la transition énergétique au profit des producteurs éoliens

D’abord l’obligation d’achat à un tarif élevé, puis à partir de 2016 le complément de rémunération À partir de 2017 : Mise en place d’appels d’offres pluriannuels pour les grandes installations et refonte du dispositif de soutien pour les installations de plus petite taille.

https://www.ecologie.gouv.fr/eolien-terrestre

La loi transition énergétique croissance verte.

  • Réduire les émissions de gaz à effet de serre et la consommation énergétique du bâtiment ;
  • Accélérer la rénovation énergétique des logements ;
  • Lutter contre la précarité énergétique des ménages ;
  • Favoriser le recours aux énergies renouvelables et aux matériaux durables pour la construction ; En vérité cela favorise certains secteurs du bâtiment, certains secteurs industriels, cela oriente les choix des consommateurs vers ce que veut le gouvernement au détriment de ses choix propres. C’est le consommateur l’individu qui au final paiera,

https://www.ecologie.gouv.fr/loi-transition-energetique-croissance-verte

Avec le protectionnisme l’État prend parti pour les producteurs au détriment des consommateurs contraints de dépenser davantage d’argent pour un produit équivalent.

L’intérêt du consommateur est absent de ces lois même s’il est mis en avant. Ce genre d’élément s’appelle du capitalisme de connivence.

On peut trouver « bien » que les producteurs puissent vivre « décemment » du fruit de leur travail. C’est de la morale individuelle. Mais le moyen consistant à contraindre le consommateur à payer plus cher un service, à se restreindre ailleurs, au détriment de son projet de vie et d’autres producteurs, n’est pas le bon. Parce que c’est du vol et le vol est immoral. Le bon moyen s’appelle la Liberté économique qui va bien au delà de l’économie. C’est à dire qu’il faut enlever les poids, chaînes et entraves que l’État impose aux producteurs et laisser les producteurs et les consommateurs échanger librement.

3-2-3 Pourquoi détourner la loi au profit du producteur ?

Dans un système sain et libre les entreprises ne sont pas gênées dans leurs actions, dans leur vie. Les entrepreneurs sont propriétaires de leur bien, ils travaillent en coopération avec des associés, des actionnaires si besoin, des salariés. Parce qu’une entreprise est un ensemble de contrats.

Dans un système qui porte atteinte aux Droits naturels les entreprises ne peuvent travailler, vivre qu’en passant sous les fourches caudines de l’Etat. Cela se traduit pas une pression fiscale énorme, des règlements étouffants, une insécurité juridique etc… Autant d’entraves à leur développement à l’intérieur comme à l’extrieur D’où la nécessité pour beaucoup d’avoir recours au capitalisme de connivence et de demander des faveurs à l’État pour s’en sortir. L’État est ravi.

Cela ressemble au système des niches fiscales.

3-3 La légitime défense

L’insécurité :

« La fonction publique, la fonction privée ont toutes deux en vue notre avantage. Mais leurs services diffèrent en ceci, que nous subissons forcément les uns et agréons volontairement les autres; d’où il suit qu’il n’est raisonnable de ne confier à la première que ce que la seconde ne peut absolument pas accomplir.

Pour moi, je pense que lorsque le pouvoir a garanti à chacun le libre exercice et le produit de ses facultés, réprimé l’abus qu’on en peut faire, maintenu l’ordre, assuré l’indépendance nationale et exécuté certains travaux d’utilité publique au-dessus des forces individuelles, il a rempli à peu près toute sa tâche.

En dehors ce cercle, religion, éducation, association, travail, échanges, tout appartient au domaine de l’activité privée, sous l’œil de l’autorité publique, qui ne doit avoir qu’une mission de surveillance et de répression. » Frédéric Bastiat, Profession de foi électorale de 1846

« Homicides, viols, agressions…chronique d’un été meurtrier » titrait p16 Valeurs Actuelles dans son numéro du 27 août au 2 septembre qui avait en une  » Ensauvagement. 60 jours dans la France des nouveaux barbares. »

C’est un fait, depuis la fin du confinement l’insécurité, la violence occupent le devant de la scène. Aucune personne, aucun lieu n’est épargné. Les Bayonnais se souviennent du meurtre sauvage du chauffeur de bus Philippe Monguillot.

Il s’agit d’une multiplication des atteintes aux biens et aux personnes. Cela a commencé il y a plusieurs dizaines d’années. Certains disent que cela débuta avec mai 68, la culture de l’excuse et du délinquant victime de la société. Ce qui est à proprement parler un reversement des valeurs civilisationnelles humaines puisque la victime devient coupable.

Là aussi il y a atteinte à la Liberté, la Propriété, la Personnalité, la Vie

Bastiat écrit :

« Chacun de nous tient certainement de la nature, de Dieu, le droit de défendre sa Personne, sa Liberté, sa Propriété, puisque ce sont les trois éléments constitutifs ou conservateurs de la Vie, éléments qui se complètent l’un par l’autre et ne se peuvent comprendre l’un sans l’autre. »

« Si chaque homme a le droit de défendre, même par la force, sa Personne, sa Liberté, sa Propriété, plusieurs hommes ont le Droit de se concerter, de s’entendre, d’organiser une Force commune pour pourvoir régulièrement à cette défense. »

« Le Droit collectif a donc son principe, sa raison d’être, sa légitimité dans le Droit individuel; et la Force commune ne peut avoir rationnellement d’autre but, d’autre mission que les forces isolées auxquelles elle se substitue.

Ainsi, comme la Force d’un individu ne peut légitimement attenter à la Personne, à la Liberté, à la Propriété d’un autre individu, par la même raison la Force commune ne peut être légitimement appliquée à détruire la Personne, la Liberté, la Propriété des individus ou des classes. »

« La Loi, c’est l’organisation du Droit naturel de légitime défense; c’est la substitution de la force collective aux forces individuelles, pour agir dans le cercle où celles-ci ont le droit d’agir, pour faire ce que celles-ci ont le droit de faire, pour garantir les Personnes, les Libertés, les Propriétés, pour maintenir chacun dans son Droit, pour faire régner entre tous la Justice. »

Frédéric Bastiat La Loi (1850)

Conséquences de la perversion de la loi : « La première, c’est d’effacer dans les consciences la notion du juste et de l’injuste. (…)

Aucune société ne peut exister si le respect des Lois n’y règne à quelque degré; mais le plus sûr, pour que les lois soient respectées, c’est qu’elles soient respectables. Quand la Loi et la Morale sont en contradiction, le citoyen se trouve dans la cruelle alternative ou de perdre la notion de Morale ou de perdre le respect de la Loi. » Frédéric Bastiat La Loi (1850)

Ce qui veut dire en clair que le Droit de vous défendre si quelqu’un porte atteinte à vos Droits naturels vous appartient. Il ne peut vous être enlevé. Ce n’est pas l’État qui vous délègue ce droit, c’est l’inverse. C’est vous qui le déléguez. Dans nos sociétés il est délégué essentiellement aux forces de police, de gendarmerie et à la justice. Très peu aux services privés. Pourtant pour Bastiat le recours aux services privés est tout à fait légitime.

Pour Bastiat, la Sécurité (Police, armée, justice qui sont intimement liés) est le devoir essentiel, sinon unique, d’un pays envers ses habitants.

On ne peut évoquer l’insécurité sans évoquer l’immigration.

Bien que les statistiques ethniques soient interdites en France il est de notoriété publique qu’un grande partie des délinquants est  » issue de la diversité  » comme on dit en Novlangue. C’est à dire qu’ils sont issus de l’immigration légale ou non et que beaucoup sont musulmans. Bien entendu cela ne veut pas dire que tous les immigrés ou tous les musulmans sont délinquants. Mais cela veut dire qu’il y a un problème et ne pas le nommer ne le résoudra pas. Il n’y a plus assimilation mais communautarisation.

La cause du problème est l’étatisation de l’immigration. C’est à dire que c’est l’État qui décide d’ouvrir les frontières, de comment et à qui les ouvrir. Donc il décide de priver les gens du libre choix et de disposer de la Propriété des Français de toutes origines, pour en détourner une partie au profit des nouveaux arrivants.

Le grand oubli de toutes les analyses de ce problème est que les Droits Naturels sont liés. La liberté de circulation des personnes (qui inclut la liberté d’émigrer qui est un droit fondamental ) nécessite l’accord du propriétaire du bien, où vont aller ces personnes. Ce Droit Naturel de Propriété implique le Droit de dire non.

« La liberté des échanges ne signifie pas qu’on peut m’obliger à acheter ou à lire un livre que je ne veux pas lire (même si une majorité « démocratiquement élue » considère que j’ai tort…). Elle consiste à dire qu’on est libre de me le vendre (ou de refuser de me le vendre) et que je suis libre de l’acheter (ou de le refuser). Il en est de même pour ce livre vivant qu’est un immigrant: il doit être libre d’offrir ses services de travail, s’il le souhaite, n’importe où dans le monde; et les autres doivent être libres de les accepter ou de les refuser, quelles qu’en soient les raisons. La liberté de migration ne signifie donc pas qu’un « étranger » a le droit d’aller là où il veut, mais qu’il peut aller librement là où on veut bien le recevoir. (…)

Dans un système de propriété privée, les droits de chacun sont conditionnels : on entre dans la propriété d’autrui à condition d’en respecter les règles et de payer le prix éventuellement demandé. Ainsi que nous l’avons vu, le droit de propriété se définit comme la liberté d’exclure autrui de l’usage du bien que l’on possède, quelles que soient les motivations de l’exclusion. « 

On ne peut qu’inciter à la lecture du texte de Pascal Salin  » L’immigration dans une société libre «  publié sur le site du Cercle et extrait du Chapitre 11 du livre « Libéralisme » de Pascal Salin (Odile Jacob, Paris, 2000)

En pratique, regarder les flux migratoires de manière individuelle, avec une Responsabilité personnelle pour les migrants et les hôtes, avec la liberté de dire « non » pour les hôtes, change la donne.

Il peut être « bien » d’accueillir l’étranger, surtout s’il est en détresse. Mais cela appartient à la liberté de chacun et relève de la morale individuelle.

3-5 La COVID-19,

C’est un test de résilience de nos sociétés.

Contrairement à ce que beaucoup de personnes croient, la crise dite « du COVID-19 » n’est pas due à la maladie COVID-19. Elle est due à cette classe dirigeante qui nous a délibérément envoyé nous fracasser contre un mur.

Prenant prétexte d’une épidémie comme l’humanité en a déjà connu et en connaîtra d’autres, peu meurtrière quand bien prise en charge, l’État a porté atteinte aux Droits Naturels des Français.

3-5-1 L’État a détruit la Liberté. C’est gravissime et mérite que l’on s’y arrête.

« Liberté, égalité, fraternité » est la devise de la république française. Liberté est en premier.

L’État a trahi cette devise en confinant la population. Il a trahi la Constitution et son Préambule

« Parmi les « droits naturels, inaliénables et sacrés de l’homme », la Déclaration de 1789 reconnaît la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression (art. 2)  » https://www.vie-publique.fr/parole-dexpert/270306-preambule-de-la-constitution-de-la-ve-republique-francaise

Article Préambule Le Peuple français proclame solennellement son attachement aux Droits de l’Homme et aux principes de la souveraineté nationale tels qu’ils ont été définis par la Déclaration de 1789, https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000571356/2019-07-01/

Il y a un peu plus de 70 ans, des millions de gens en Occident se sont battus et sont morts pour vivre libres. Aujourd’hui toute une population accepte sans broncher d’être enfermée. Ce qu’aucun envahisseur n’avait osé, le gouvernement élu d’un pays démocratique, réussit à l’imposer légalement grâce à l’État d’Urgence sanitaire

Il est d’abord important de préciser que le confinement n’a jamais eu pour but de sauver des vies. Son but véritable, écrit noir sur blanc, était de lisser le pic épidémique pour éviter l’engorgement des urgences.

Il porte atteinte à la Liberté mais aussi à la Propriété puisque chacun ne peut plus disposer de ce qui lui appartient : restaurant, entreprise, sa vie et ses risques

– Il porte atteinte à la Personnalité : celle ci est niée puisque toute personne est tenue pour incapable d’agir rationnellement, de choisir librement de prendre des risques et des responsabilités Bref chacun n’est considéré que comme un rouage de la machinerie sociale.

Il porte atteinte à la vie puisque beaucoup de gens sont morts alors qu’ils n’auraient pas dû : du SARS-coV2, de privation de soins ou d’isolement

La Distanciation sociale et non pas « distanciation physique » dit bien ce qu’elle veut dire : délitement voulu du lien social, de la société

Avec cette crise l’État nous assomme de règlements. Tout règlement est un parapluie qui détruit la Responsabilité, la Liberté et crée un délit.

La valeur suprême qu’est la Liberté irrigue, vivifie sublime toutes les autres. En effet si l’on peut mourir en défendant la Personne ou la Propriété mourir, pour la Liberté est un élan transcendant universel qui soulève l’Humanité.

Il fut un temps où en Occident la Liberté était première, absolument sacrée, inattaquable. Le sacrifice de la vie, le don de sa vie était parfois nécessaire pour défendre sa Liberté ou celle des autres. Cela ne se discutait même pas.

« Plutôt mourir debout que vivre à genoux » « Plutôt mort qu’esclave ».

Aujourd’hui c’est d’abord vivre, ou plutôt rester physiologiquement non mort, sans souffrance physique, le plus longtemps possible. La joie, le plaisir de vivre, l’accomplissement de son destin, de son projet de vie sont secondaires. D’où « d’abord la santé », au sens physique de « non malade organiquement », à n’importe quel coût même sa liberté. Devenir un esclave triste n’est pas grave.

3-5-2 L’État a détruit la Responsabilité individuelle, la liberté de peser et prendre ses risques.

La question est : que vaut une vie sans la Liberté (que vaut la santé ? ) Qu’est ce qu’un risque : naître est un risque, naître c’est commencer à mourir. Il n’y a pas de vie sans risque. C’est notre vie, nous n’en avons qu’une. Ce n’est pas à un État d’agir à notre place. C’est à chacun de nous de définir et de prendre ses risques, d’être audacieux ou non.

Quel intérêt y a t-il à vivre prisonnier dans un monde désinfecté, stérile ? Pourquoi vivre s’il n’est pas possible de vivre pleinement, d’embrasser ses enfants, ses petits enfants, ses parents ses amis, de patager des moments de convivialité, d’accompagner les êtres chers en fin de v ie et dans leur dernière demaure etc…?

L’État soumet et manipule les gens. En leur interdisant toute initiative. Il les considère comme incapables et prend les décisions à leur place dans tous les secteurs de la vie éducation de leurs enfants, santé, retraite, succession etc…En leur déniant la possibilité de prendre leurs responsabilités les politiciens les asservissent, les rendent dépendants.

L’État et ses organisations parallèles ont tissé une énorme filet qui enserre la population. Les mailles sont de plus en plus petites. La COVID-19 a été un prétexte pour resserrer encore le filet dans des éléments de la vie privée qui jusque là échappaient encore à l’État. Les Français qui le voudraient ont de plus en plus de mal à en sortir. Les plus dynamiques, entreprises ou particuliers, fuient la pays. Les autres sont traités comme des gamins irresponsables.

Dans la vie, les enfants attendent tout de leurs parents. L’État ayant infantilisé les Français ces derniers n’ont pas d’autre choix que d’attendre tout de l’État. Le résultat est que :

« Le déplacement de la responsabilité a faussé l’opinion populaire. Le peuple, accoutumé à tout attendre de l’État, ne l’accuse pas de trop faire, mais de ne pas faire assez. Il le renverse et le remplace par un autre, auquel il ne dit pas: Faites moins, mais: Faites plus; et c’est ainsi que l’abîme se creuse et se creuse encore. » Harmonies économiques, Services privés, service public (1850)

La preuve en est qu’ils demandent sans cesses des lois et des lois alors qu’ils devraient demander moins de lois et encore moins de lois. Inutile de préciser que l’État se délecte!

Il est nécessaire de préciser aussi que les politiciens refusent d’assumer la responsabilité des conséquences délétères du confinement. D’ou une fuite dans une épidémie qui ne doit jamais s’arrêter.

3-5-3 Pour Bastiat la vie sans la Liberté n’était pas la vie.

Sans être pessimiste c’est la fin d’une civilisation

La liberté a un coût, un prix. Il est cher. Elle se mérite. La soumission c’est la facilité.

Pour Bastiat vivre esclave ce n’est pas vivre, puisque la Personne, la Liberté, la Propriété « sont les trois éléments constitutifs ou conservateurs de la Vie. » L’esclavage détruit, nie la Personnalité, l’humanité. Il « chosifie ». « Détruire la liberté d’agir, c’est détruire la possibilité et par suite la faculté de choisir, de juger, de comparer; c’est tuer l’intelligence, c’est tuer la pensée, c’est tuer l’homme. » Harmonies économiques, Chapitre X, Concurrence (1850)

« Méditer la mort, c’est méditer la liberté ; celui qui sait mourir, ne sait plus être esclave » Sénèque

Ce que la conduite du gouvernement révèle : les Français ne sont plus prêts à défendre les Valeurs fondamentales de leur culture :

Personne ne veut mourir, mais il faut parfois savoir mourir. Les Européens ne savent plus mourir. Peut être parce qu’ils ont renié ces valeurs, qui ne se sont pas imposées du jour au lendemain, mais qui ont fait la grandeur de leur civilisation (Courage, audace, honneur, sacrifice, liberté, travail, individu, piété, l’humilité, fidélité, vertu (courage physique et force d’âme, vaillance,) Ces valeurs traduisaient un élan vital, une soif de vie!…

Ils ne l’ont plus. Ils se sont laissé enfermer priver de Liberté. Ils ont laissé l’État porter atteinte à leur Propriété, décider pour eux de son usage, nier leur Personnalité.

Pour les Européens la liberté est celle du canari dans sa plus ou moins grande cage.

Cette liberté, cette paix, dans laquelle ils se prélassent aujourd’hui sont des acquis. Ils n’en connaissent plus ni le sens, ni le prix. Ce sont les Anciens qui l’ont payé pour eux, de leur sang ou de leur sueur. Ils l’ont oublié. Ils ont oublié les vertus nécessaires pour mériter la Liberté. Parce que la liberté se mérite.

La gestion de la COVID-19 a été totalement irrationnelle.Les Occidentaux ne sont plus des guerriers mais des peureux gouvernés par des couards. Notre volonté de nous défendre a disparu, notre volonté de vivre libres a disparu. C’est flagrant quand on regarde ce qui s’est passé avec le SARS-coV2. On a demandé au Français de se terrer en attendant que la vague épidémique passe et en esprérant survivre. Bien entendu il est toujours possible de se terrer face à n’importe quelle épreuve épidémie, crise économique, catastrophe naturelle, etc… Nous n’avons pas fait face. Nous ne nous sommes pas battus avec tous les moyens du XXIème siècle. Nous avons brûlé nos vaisseaux, détruit l’économie et nous nous sommes terrés effrayés. Ce qui est étonnant c’est l’intensité de la peur pour une maladie qui bien prise en charge est peu meurtrière. Il est permis de se demander comment les gens réagiront face à une épidémie bien plus grave.

À partir du moment où pour une civilisation, une nation, une culture, la Liberté passe en n-ième position, et n’est plus la valeur première à défendre c’est une civilisation, une nation, une culture perdue. Elle ne se défendra pas. C’est ce qui c’est passé pour la COVID-19. Les Français comme les Européens n’ont plus la volonté de vivre libres. Si l’on va plus loin à quoi bon se défendre, à quoi bon une armée, une police. La légitime défense n’a plus sa place dans nos sociétés.

Aujourd’hui nous sommes rentrés dans le relativisme du tout se vaut et à partir de là rien ne mérite d’être défendu. C’est l’irrationnalité totale. C’est ce dans quoi nous avons été plongés et dans quoi nous continuons à baigner.

3-5-4 Notre système de soins

Nous savons tous qu’il est peu performant, cher et injuste. Il engendre la pénurie qu’il gère par les déremboursements et la file d’attente. Bref les Français se font confisquer leur Propriété, leur argent et ne peuvent en disposer pour se faire soigner. Exemple : vous avez mal aux jambes, vous cotisez mais les veinotoniques, efficaces sur la douleur ne vous sont pas remboursés.

Avec le SARS-coV2 nous avons atteint le sommet de l’incurie. l’État a interdit aux Français, qui pourtant cotisent, d’être soignés. Il leur a déconseillé d’aller consulter cher leur médecin traitant parce que c’était « plus dangereux que d’acheter une baguette de pain. » Il a interdit au médecins de soigner les gens infectés par SARS-coV2 avec de l’HCQ. Il a interdit aux pharmaciens de délivrer ce médicament. Il a exclu les médecins de famille de la prise en charge de l’infection au profit des service d’urgence et hospitaliers dont beaucoup se sont retrouvés saturés.. Il a mis à l’arrêt les 3/4 du système de santé français privant de soins un très grand nombre de gens.

Cela dit le système de santé français n’est pas le thème de mon intervention aujourd’hui. Le 24 novembre à UTL de Saint-Jean de Luz j’en parlerai plus longuement dans une conférence consacrée à la Résilience des systèmes de soins.

4 Conclusion

4-1 Les pays les plus prospères et les plus pacifiques sont ceux qui respectent le mieux les Droits Naturels au travers de la liberté économique

Elle va bien au delà de l’économie. Elle est définie dans l’Index of Economic Freedom d’Heritage Foudation. https://www.heritage.org/index/

« C’est la partie de la liberté qui concerne l’autonomie matérielle de l’individu. Un individu est économiquement libre quand il peut entièrement contrôler son travail et sa propriété. (…)

La liberté économique est la liberté de produire, échanger, distribuer, consommer des biens et des services, contracter avec des tiers. La forme la plus élevée de liberté économique implique un droit de propriété absolu, la liberté de mouvement : du travail, du capital, des marchandises et une absence totale de coercition de l’État,(…)En d’autres termes, dans un régime de liberté économique, les individus sont libres de travailler, produire, consommer, et investir de n’importe qu’elle manière qui leur plaît, sans intervention de l’État, et cette liberté est protégée par l’État. »

4-2 Les pays qui se sont le mieux sortis de l’épidémie sont les pays qui, dans la prise en charge, ont le mieux respecté les Droits Naturels de leurs habitants. (Liberté de soins, pas de confinement ou spécifique, personnalisé )

Ce ne sont pas les plus riches. Les pays bien plus pauvres que les pays européens ont des taux de mortalité très inférieurs. Ils ont laissé les médecins utiliser l’HCQ, il ont isolé spécifiquement ou au pire peu confiné.

C’est presque totalement corrélé avec les pays qui ont une plus grande liberté économique. https://www.heritage.org/index/ranking Maisi l y a quelques exceptions.

Par exemples :

Le Royaume Uni 7ème est plus libre que la Géorgie 12ème a porté atteinte aux Droits Naturels et a eu plus de décès,

La France 64ème qui est plus libre que la Grèce 100ème qui a moins porté atteinte aux Droits Naturels et a eu moins de décès

Cela confirme le fait que, quand les sociétés ont une culture de liberté économique, les Droits Naturels sont spontanément mieux pris en compte. Cela veut dire que les respect des Droits Naturels Individuels a des effets bénéfiques tellement puissants que chaque fois qu’ils sont respectés dans un secteur, un lieu, un temps donné, les résultats bienfaisants sont spectaculaires pour ce secteur, ce lieu et ce temps donné. Donc plus leur domaine d’application est vaste plus les résultats positifs sont larges et pérennes

Quel a été le résultat de ces atteintes aux Droits Naturels pour les Français :

Une épidémie plus meurtrière que dans beaucoup de pays, des décès qui n’auraient pas dû avoir lieu. Une économie à terre, des liens sociaux brisés, l’abadon des personnes âgées à leur solitude et des relations humaines mises à mal. Sans compter les violences.

4-3 L’économie, science des échanges, est la vie.

Il est irrationnel d’opposer la santé et l’économie. Personnalité, Liberté, Propriété,  » sont les trois éléments constitutifs ou conservateurs de la Vie, éléments qui se complètent l’un par l’autre et ne se peuvent comprendre l’un sans l’autre.  » La Loi (1850) « Détruire la liberté d’agir, c’est détruire la possibilité et par suite la faculté de choisir, de juger, de comparer; c’est tuer l’intelligence, c’est tuer la pensée, c’est tuer l’homme. » Harmonies économiques, Chapitre X, Pour l’homme, l’isolement c’est la mort. Or, si, hors de la société, il ne peut vivre, la conclusion rigoureuse, c’est que son état de nature c’est l’état social. » Concurrence (1850) Assigner les gens à résidence au prétexte d’une épidémie, mettre l’économie à l’arrêt pour prétend t-on privilégier la santé est d’une insondable et dangereuse stupidité.

4-4 L’État par ses interventions détruit cette harmonie.

Il introduit la « spoliation légale », « L’État, c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde. » L’État (1848)

C’est à dire qu’il prend parti. Il prend aux uns pour donner aux autres, il interdit aux uns pour autoriser aux autres etc. La conséquence est que la société ne peut être que conflictuelle et plus l’intervention de l’État est importante plus la société est violente, froide, en deux mots totalitaire et inhumaine. Il suffit de regarder les pays qui sont ou qui ont été communistes : la Corée du Mord, l’URSS, la Chine, Cuba, le Cambodge des Khmers Rouges, le Viet-Nam etc…Malheureusement les exemples abondent.

La France est en train de prendre ce chemin.

4-5 Les Harmonies économiques :

Peut être est-il nécessaire, comme Bastiat, de s’adresser à la jeunesse parce que, force est de constater, que les générations aux affaires aujourd’hui ont complètement oublié son message. Pire, elles l’ont discrédité et ont consciencieusement lavé le cerveau de notre jeunesse.

Il est donc indispensable que la jeunesse, et les autres, redécouvrent cet économiste Français.

Son legs est respectez la Personnalité, respecter la Liberté, respectez la Propriété, respectez la Responsabilité individuelle.

Ne cherchez pas l’unanimité, ne cherchez pas à imposer quoi que ce soit à autrui, cherchez et bâtissez les Harmonies économiques

« Tous les intérêts légitimes sont harmoniques » est l’enseignement final que Bastiat a souhaité léguer.

Patrick de Casanove

19 septembre 2020


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