Loading...
Conférences

Bien des Français rêvent le communisme…moi, je l’ai vécu

Lors de l’élection présidentielle de 2017, sur 11 candidats, 9 se réclamaient des idées marxistes. Il existe encore en France un parti communiste alors que, dans pratiquement tous les pays d’Europe de l’Est, y compris en Italie, ce parti n’existe quasiment plus et il a aussi changé de nom. Des gens en France ont la nostalgie du communisme, et des membres du Parti socialiste ont celle du marxisme, sentiment extraordinaire si on regarde ce qui s’est passé à l’est de l’Europe.

Il existe encore aujourd’hui des pays communistes, comme la Corée du Nord, Cuba et le Vénézuela, qui forcent l’admiration de beaucoup de politiques français.
J’ai vécu dans la Roumanie communiste jusqu’à sa chute en 1989. J’avais 20 ans à l’époque et j’ai connu la période la plus noire et la plus sombre du communisme en Roumanie. Avant de continuer, j’aimerai rappeler quelque chose : dans les pays qui ont connu le communisme, ce dernier n’est jamais arrivé par la voie démocratique mais a toujours été imposé par la force, soit par intervention militaire étrangère, soit par coup d’état, comme ce fut le cas en Roumanie. En 1947, date du coup d’état, il y avait moins de 1000 communistes dans le parti. Personne ne savait d’ailleurs qu’il existait un parti communiste. La Roumanie était une monarchie. Le roi renversé, le régime communiste fut instauré parce que l’Union soviétique avait occupé le pays. Ce communisme fut stalinien, donc très dur, dans les années 1950. Avec l’arrivée au pouvoir de Ceausescu en 1965, il y eut une sorte de dégel, ou plutôt de « faux » dégel. Derrière l’attitude d’indépendance par rapport à Moscou se cachait l’instauration de son pouvoir personnel, à partir de 1970-1971 et les thèses du congrès du Parti socialiste, inspirées par le modèle nord-coréen. La dictature fut de plus en plus dure par la suite.

La lecture du programme politique de Mélenchon, omniprésent dans les médias avec son équipe, est effarante. Il ressemble à tout ce que j’ai connu à l’époque, avec la volonté d’imposer une mainmise totale de l’État sur toute la sphère économique et sociétale de la France : nationalisation, interventionnisme à outrance etc.
Pour en revenir à la Roumanie, cette mainmise dictatoriale de Ceausescu fut semblable à celle de tous les pays avec dictateur : meurtres, crimes de masse, pénuries etc.
Mon père était un intellectuel qui s’était engagé contre le régime. Il était professeur de littérature française à l’université, et il avait le courage d’avoir des relations avec des lecteurs français, alors qu’il était interdit d’entretenir des liens avec les étrangers. A l’époque de mes 13 ans, je me rappelle qu’un jour la Securitate, la police politique, vint perquisitionner chez nous à 6h du matin ; mon père avait glissé dans mon cartable des documents de contestation compromettant qui auraient conduit à son arrestation si la police les avait trouvés. En faisant semblant d’aller à l’école, je sortit ces documents de la maison et me rendit chez un ami qui les brûla immédiatement. Je n’oublierai jamais cet épisode, qui m’a donné l’impression de participer un peu à la chute du régime, même si c’était en 1983.

Dans les années 1980, à cause de la pénurie, il n’y avait plus rien. Nous faisions la queue, avec le risque de ne rien trouver au bout. Pour avoir du lait par exemple, ma grand-mère laissait son sac dans la queue pour aller dormir et pouvoir reprendre sa place le lendemain. Nous avions aussi des tickets de rationnement qui donnaient droit à 1kg de viande par mois, 1kg de farine et 1 kg de sucre. Il fallait survivre. C’était aussi une économie de troc. Les lecteurs français qui venaient voir mon père étaient effarés. Pour l’anecdote, l’un d’entre-eux nous dit une fois qu’il arrivait à s’habituer à toutes les pénuries du pays, bien qu’il eût lui-même accès à des magasins un peu plus fournis réservés aux étrangers, mais que ce dont il souffrait le plus, c’était le papier hygiénique si particulier (souvent remplacé par du papier journal), qu’il ne supportait pas.
A l’école en hiver il n’y avait pas de chauffage. Nous écrivions avec des gants tant il faisait froid et je me rappelle avoir aussi souffert de la faim. Les horaires allaient de 8h à 14h, avec une petite pause.

Je fis mon service militaire, mais je connus aussi ce qu’on appelait à l’époque le travail patriotique, à savoir l’obligation pour les élèves d’aller travailler dans les champs.
Beaucoup d’intellectuels français ont soutenu ces régimes. Ils sont coupables, et si ces régimes ont résisté au temps, c’est aussi à cause d’eux et de tous ceux qui les ont soutenus. Il ne faut pas oublier de les condamner, surtout quand en France il existe un homme tel que M. Mélenchon.

Retrouvez la vidéo de l’intervention de Bogdan Calinescu

One comment
  1. zelectron

    le communisme est une aberration ! Le marxisme est un mode d’emploi pour conquérir le pouvoir et ne plus le lâcher et ce au détriment des idiots utiles qui ont porté les prétendants au sommet.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.