Loading...

Catégorie : Initiation libéralisme

L’ÉCHEC DE LA DÉMOCRATIE FRANÇAISE Troisième partie

Dans le chapitre sur les manifestations des Gilets jaunes, Todd prend nettement parti en leur faveur. C’est un événement qu’il considère comme majeur.

En considérant l’augmentation de la taxe sur l’essence et le gasoil conformément aux engagements écologiques de la France comme « une attaque venue du haut de la société », il limite l’écologie à un objectif de l’aristocratie stato-financière. L’analogie avec la taxe sur les poids lourds refusée par les Bonnets rouges en 2013 est évidente. Cela pose la question de l’acceptation de la politique écologique de la France par les classes populaires : comment expliquer le vote écologique en attribuant à l’aristocratie stato-financière la responsabilité de la hausse des taxes ?

Cette hausse est, comme il l’explique, une ponction sur le budget des Français des catégories plutôt défavorisées, qui sont obligés d’utiliser leur voiture pour se déplacer et le fioul pour se chauffer. Effectivement, le prélèvement supplémentaire résultant de cette taxe peut atteindre plusieurs centaines d’euros annuels sur les ressources d’un foyer, et le gouvernement a montré dans cette décision au mieux son ignorance des conditions de vie des Français, au pire son manque d’intérêt pour eux. Je penche personnellement pour la première hypothèse.

L’ÉCHEC DE LA DÉMOCRATIE FRANÇAISE Deuxième partie

Todd rappelle tout d’abord que son objectif final est de répondre à la double question : « pourquoi l’échec économique de l’euro peut-il s’accompagner d’une acceptation de plus en plus forte de ses conséquences ? Pourquoi cette acceptation de la monnaie unique n’a-t-elle pas mené à l’émergence d’une société pacifique mais au retour de la lutte des classes ? »
Étant donnée la baisse du niveau de vie des Français, « ce n’est pas le succès de l’euro qui conduit à son acceptation, mais son échec. » Triomphe du conformisme, peur de quelque chose de pire, fatalisme : le concept durkheimien d’anomie cesse de fonctionner et explique la baisse des taux de suicides : « on n’attend plus rien de nouveau d’une société frappée d’immobilité. »

Pour Todd, l’immobilité est donc la conséquence du traité de Maastricht. En ce qui me concerne, c’est celle de la lutte des classes qui empêche toutes les réformes indispensables pour appliquer ce traité et moderniser la France.

L’ÉCHEC DE LA DÉMOCRATIE FRANÇAISE première partie

Emmanuel Todd dresse en quelque sorte l’état des lieux de la France actuelle. Il part toujours du principe de l’appauvrissement de la France, de sa perte d’indépendance et de la disparition de la démocratie française. Cette hypothèse est le fil conducteur de toute sa réflexion. « La vérité ultime du moment est sans doute que la société française n’a jamais été aussi homogène dans son atomisation et ses chutes. Avec, au sommet, une caste de vrais riches. » L’expression « homogène dans son atomisation » est un oxymore qui a du sens. S’il a raison, comme je le crois, le déclin de la France est largement commencé.

Initiation au libéralisme

Quatre idéologies humanistes dominent actuellement la pensée politique dans les démocraties occidentales : le libéralisme, le socialisme, la social-démocratie, le conservatisme. Le premier est fondé sur la liberté individuelle, le second sur l’organisation collective de la société, le troisième est un compromis entre libéralisme et socialisme. Enfin, le conservatisme défend la tradition qui est supposée garante de la paix sociale. Elles revendiquent toutes un régime démocratique, et mettent le pouvoir politique sous l’autorité du peuple souverain.
Le discours public tenu par un certain nombre de responsables politiques et sociaux et de journalistes français actuels montre leur méconnaissance du libéralisme, réduit au capitalisme et à la mondialisation, accusé de promouvoir la recherche effrénée de la richesse et de la consommation, d’empêcher les progrès sociaux, de permettre et même de générer des injustices sociales insupportables, d’accorder aux individus une liberté sans entrave au détriment les uns des autres, et de négliger ou de contester les problèmes environnementaux. Cette image est diffusée largement par les journaux, les télévisions, les réseaux sociaux, les partis politiques.