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Opinions

Ces chiffres qui ne reflètent pas la réalité

Ces chiffres qui ne reflètent pas la réalité

La gestion d’un pays nécessite que l’on mette en place un suivi de l’évolution de différents indices ou statistiques qui devraient permettre d’apprécier l’efficacité des mesures prises par nos gouvernants.

C’est un outil de gestion indispensable et régulièrement utilisé dans le privé, principalement pour une entreprise.

Le choix de tout tableau de bord devant avant tout être pertinent et surtout il doit être renseigné avec justesse et objectivité, ce qui en général est réalisé en entreprise au risque sinon de fortes déconvenues si elles ne sont pas précises.

L’entreprise privée joue donc sa crédibilité et surtout sa survie, ce n’est malheureusement pas toujours le cas avec la politique qui trop souvent exige des chiffres élogieux, leur but premier étant de se faire élire ou réélire !

Avant l’avènement de l’informatique et des réseaux sociaux c’est Winston Churchill qui résumais le mieux l’absence de rigueur dans ce domaine en déclarant « Je ne crois aux statistiques que lorsque je les ai moi-même falsifiées ».

Aujourd’hui c’est plus compliqué pour les « enjoliver » car l’information, lorsque l’on a écarté les Fake News, est facilement contrôlable par le publique en allant sur « Google ».

Mais une autre solution permet, en restant sincère sur les chiffres, de les rendre plus acceptable par un public pas toujours expert en en modifiant les critères, j’en donnerai donc quelques exemples :

L’ENDETTEMENT

Le chiffre de bientôt 3000 Mds€ est régulièrement cité par nos hommes politiques et une majorité des médiats, chiffre qui donne une moyenne de 44 000 € par habitant, nouveaux nés y compris, est déjà en soi une somme colossale.

Pourquoi occulter la dette dite « sociale » ou « hors bilan » qui, comme je l’ai déjà dénoncé dans un précédant article (La France prise au piège de sa dette, Contrepoints du 23/08/2021) que l’on peut estimer, là aussi, à 3000 Mds€.

L’endettement du gouvernement français serait donc de 240% et non pas de 115% comme annoncé par Bruno Le Maire.

Et si l’on parle de l’endettement de la France, ne faudrait-il pas y rajouter celui des entreprises et des Français eux même.

Le chiffre de 1900 Mds€ (endettement des entreprises) évoqué lors de mon précédant article est contredit à ce jour par les données de la banque des règlements internationaux ( graphique la dette des entreprises) qui donne le chiffre de 169% du PIB (en comparaison de 73% pour l’Allemagne) ce qui porterait la dette des entreprises à 4200 Mds€ à laquelle il faut rajouter la dette des Français de 1600 Mds€.

Suivant donc cette source internationale le total endettement de la France et des Français avec 11800 Mds€ atteindrait 475% donc 4 fois ce qui est indiqué.

LE TAUX D’ENDETTEMENT

Là encore, lorsque l’on parle de taux d’endettement d’un citoyen français, c’est toujours par rapport à ses revenus, il est actuellement limité à 30% dans les critères bancaires pour obtenir un nouveau prêt.

Alors pourquoi choisir pour un Etat un pourcentage par rapport à son PIB alors qu’il serait plus sérieux de le faire par rapport à ses recettes !

Elles sont pour 2020 estimées à 250,7 Mds€ auquel il faut rajouter 41,2 Mds€ pour les collectivités territoriales et 21,5 Mds€ pour l’Europe (www.économie.gouv.fr recettes de l’Etat)

Pour être objectif se rajouterons également 534,4 Mds€ pour les rentrées dites sociales (www.urssaf.org budget Urssaf chiffres clés Accos).

C’est donc un total des recettes de 847,80 Mds€ qui doit être pris en compte ce qui donne un endettement réel de 353%, plus de dix fois ce qui est autorisé pour le Français lambda.

Ne pas chiffrer correctement les choses c’est ne pas prendre les mesures sérieuses pour y remédier.

LE REMBOURSEMENT DE LA DETTE

Pour les adeptes de la « dette sans limite » celle-ci ne coûterait pratiquement rien, voir pourrait nous faire gagner de l’argent avec les taux négatifs.

C’est vrai à deux détails près :

+ Que les taux restent au niveau où ils sont actuellement, soit inférieur à 1%. L’inflation qui pointe son nez, et non pas provisoirement comme souvent annoncée, peut faire déraper son coût jusqu’à devenir insoutenable pour notre Pays.

+ Qu’en plus des taux d’intérêts il ne faut pas oublier le capital qui lui, quoiqu’on fasse, devra être remboursé à 100 %.

LE TAUX DE CHÔMAGE

Les demandeurs d’emploi sont classés en 5 catégories A, B, C, D et E pour un total de 5,5 millions.

Seule la catégorie A est comptabilisée dans le taux de chômage à Pôle Emploi et s’élève à 3,544 millions.

En catégorie Bet C il s’agit de personnes en activité réduite inférieur à 78 heures/mois pour B et supérieur pour C, ces travailleurs partiels ne sont donc pas à comptabiliser comme chômeur.

La catégorie E ce sont des personnes pourvues d’un emploi donc également hors statistique

En catégorie D c’est un peu plus compliqué, ils sont demandeurs d’emploi mais principalement soit en formation, soit en maladie et alors on ne comprend pas pourquoi ils ne rentrent pas dans le taux de chômage, les mêmes qui sont en CCD ou CDI n’étant eux pas retirés.

Avec les personnes en formation l’Etat peut donc « améliorer » les chiffres du chômage en augmentant à sa convenance le nombre.

En 2020 16% des sans-emplois étaient en formation (enquête Emploi INSEE) soit environ 650 000 et le chiffre augmente rapidement puisqu’il est de 355 000 pour le 1er trimestre 2021 (https://statistiques.pole-emploi.org entrée en formation des demandeurs d’emploi) donc le nombre de chômeur devrait être plus proche des 4,5 millions si on extrapole les chiffre du premier trimestre.

La logique voudrait également que l’on exclue l’effectif des fonctionnaires puisqu’ils ne cotisent pas pour le chômage.

Ce qui reviendrait à 4.5 millions de chômeurs pour environ 35 millions en état de travailler.

Le taux réel serait donc non pas de 7,6% mais de près de 13 % !

L’ATTRACTIVITÉ DE LA FRANCE

Cocorico, la France est restée le premier pays d’investissement d’entreprises étrangères ! Et notre Président tient à le faire savoir haut et fort : C’est grâce à sa politique et les chiffres bruts lui donnent raison.

Notre Pays a attiré en 2020, selon le Cabinet EY, 985 projets contre 975 pour le Royaume Uni et « seulement » 930 pour nos voisins allemands dont acte.

Mais comme souvent le « diable se trouve dans les détails » et cela mérite une analyse plus approfondie de ces chiffres (https://www.ifrap.org attractivité de la France) :

+ Avec 985 projets c’est tout de même une baisse de 18% par rapport à l’année dernière contre 12% en Angleterre et seulement 4% en Allemagne.

+ Les investissements liés à la production industrielle ont à eux seuls reculés de 38% c’est dire si les incantations de notre ministre des finances B. Le Maire pour un retour des productions industrielles sur notre sol aura du « plomb dans l’aile »

+ Un autre critère à considérer c’est le nombre total d’emplois créés par ces investissements et là nous ne sommes pas bon du tout : Royaume Unis 59 500, Espagne 47 800, Allemagne 44 600 et France en 4ème place avec seulement 33 500 !

+ Dans le même registre la valeur totale de ces investissements où nous sommes devancés par l’Allemagne 36 Mds$, la Suède 26 Mds$, le Royaume Unis 20 Mds$, la France elle se situe à 18 Mds$.

Le seul investissement TESLA, dans une méga usine de batterie en Allemagne, sera supérieur à l’ensemble des investissements étrangers en France.

Comme quoi on peut faire dire aux chiffres tout et son contraire !

CONCLUSION

On pourra me rétorquer que la France n’est pas la seule à « optimiser » ses chiffres, ce n’est pas une raison pour ne pas dire la vérité aux Français, car un jour la réalité nous rattrapera et nos gouvernants déplorerons une nouvelle perte de confiance de ses citoyens.

C. GOUDRON


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