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Climatologie africaine

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Climatologie africaine

En Afrique, le  postulat du « réchauffement climatique global dû à l’homme » est contredit par cinq disciplines scientifiques majeures :

1) Les paléoclimatologues ont, en analysant les « carottes » obtenues lors de forages continentaux et marins, montré que, durant tout le Quaternaire, c’est-à-dire depuis 2,5 millions d’années, l’Afrique a connu des alternances de périodes froides et chaudes, sèches et humides. Les australopithèques et les premiers hominiens en seraient-ils responsables… ?

2) Les paléoenvironnementalistes ont mis en évidence les modifications de la végétation africaine résultant de ces changements climatiques intervenus en dehors de toute intervention humaine.

3) Les climatologues tropicalistes ont démontré que l’actuel  et réel réchauffement est un phénomène à la fois naturel -même si la suicidaire démographie africaine aggrave la désertification-, et de longue durée  puisqu’il s’inscrit dans un cycle ayant débuté il y a  5 000 ans. Toujours sans responsabilité humaine.

4) Les archéologues nous apprennent que sur les quinze derniers millénaires, ce furent ces changements climatiques qui, du nord au sud et de l’est à l’ouest, conditionnèrent la mise en place des populations africaines.

5) Les historiens ont mis en évidence le synchronisme existant entre changements climatiques et grandes séquences de l’histoire du continent[1].

Il a donc été démontré que, depuis des millions d’années, les changements climatiques africains se font selon des cycles naturels connus, décrits, analysés et indépendants des activités humaines.
Et pourtant, tels de nouveaux messies, les « ayatollahs verts » imposent leurs prophéties hallucinatoires à des populations frappées de panurgisme, cependant qu’ à travers un matraquage orwellien de plus en plus inquisitorial, ils tentent de réduire au silence les « hérétiques » ne croyant pas à leurs « révélations ».

Cette mise au point est destinée à fournir un argumentaire aux « sceptiques » à travers la mise en évidence des véritables raisons des changements climatiques africains.

Développements :

I) La chronologie climatique africaine

La chronologie climatique montre qu’il y a 60 000 ans, débuta en Afrique, au nord de l’équateur, une période froide et aride qui connut un pic entre -18 000 et -15 000 ans (Leroux, 2000). Ce fut la période de l’Hyper aride saharien. Elle apparut, puis elle disparut sans action de l’homme.

Au pic de la phase d’aridité maximale, soit entre -18000 et -15000, les étendues désertiques, et les formations dunaires empiétaient sur les zones soudaniennes. Plus au sud, le peuplement forestier avait quasiment disparu, n’étant plus confiné que dans des positions refuges proches de l’équateur, abritées (notamment par le relief) des vents forts et secs du nord et du sud.

La région saharo-sahélienne connut ensuite un nouveau changement climatique associé à une plus grande humidité. Cette période est désignée sous le nom de Grand Humide holocène[2] ou Optimum climatique holocène.

a) Le Grand Humide holocène  ou Optimum climatique holocène

Le phénomène débuta selon les régions entre -10.000 av. J.C. et -7000 av. J.-C. et il dura jusque vers 4000 av. J.-C., avec un pic vers 6000 av. J.-C. (Leroux, 1994 : 231). Cette période de chaleur et d’humidité, présente des différences régionales :

En Afrique du Nord la végétation méditerranéenne colonisa l’espace vers le sud jusqu’à plus de 300 km de ses limites actuelles. Plus à l’est, jusque vers 7000-6000 av. J.-C., la région du Nil fut une zone de répulsion en raison de l’effarant niveau des crues qui noyaient périodiquement la vallée.
Au centre du Sahara, les massifs de l’Aïr, du Hoggar et de l’Adrar des Iforas donnèrent naissance à une multitude d’ouadi (pluriel d’oued), alimentant un fleuve aujourd’hui disparu, l’Azawag, long de 1 600 km. Le Ténéré était une savane arborée. Plus à l’ouest, dans la région de l’actuelle Mauritanie et dans tout l’ouest du Sahara occidental, les dépressions et les cuvettes étaient devenues des lacs.
Dans la région tchado-nigériane, le lac Tchad s’étendait peut-être jusqu’aux contreforts du Tibesti.
Dans la région du Sahel les savanes remontèrent de 500 à 1 000 km vers le nord, faisant reculer d’autant le désert du Sahara.

Lors de sa phase d’humidité maximale, entre -9000 et -6000, le Sahara, parsemé de lacs et de marécages, recevait des pluies relativement abondantes d’origine à la fois méditerranéenne et tropicale. Ce fut alors le domaine des éleveurs. Plus au sud, la reconquête végétale fit que la forêt dépassait alors très largement son étendue actuelle.

Après le Grand Humide holocène  ou Optimum climatique holocène, les changements climatiques  se succédèrent à travers des séquences de plus en plus brèves et dans un contexte général de réchauffement, toujours indépendamment de toute intervention humaine.

b) L’Aride mi-Holocène (ou Aride intermédiaire ou Aride intermédiaire mi-Holocène)

qui succéda au Grand humide holocène, s’inscrit entre deux périodes humides. Il s’agit d’un bref intermédiaire aride qui dura un millénaire au maximum et qui se situe chronologiquement entre 6000 et 4500 av. J.-C. selon les régions.

c) Le Petit Humide ou Humide Néolithique

qui succéda à l’Aride mi-Holocène et qui s’étendit de 5000/4500 av. J.-C. à 2500 av. J.-C., est nettement moins prononcé que le Grand Humide Holocène. Il donna naissance à la grande période pastorale saharo-sahélienne durant laquelle le Sahara, steppe subdésertique – et non « verte prairie » -, vit sourdre de nombreuses sources débitant les pluies de la période du Grand Humide Holocène.
Cet épisode humide ne fut cependant qu’une parenthèse dans un processus d’assèchement continu qui ne cessa plus jusqu’à nos jours, et cela, en dépit d’oscillations humides constituant autant de rémissions dans une évolution allant du semi-aride vers l’aride absolu.

d) L’Aride post-néolithique est compris entre 2500 et 2000-1500 av. J.-C.

Durant cette période, le nord du Sahara connût une accélération de la sécheresse, avec pour conséquence le départ de la plupart des groupes humains. C’est ainsi que les populations noires semblent abandonner définitivement les parties du Tassili, du Hoggar et de l’Acacus dans lesquelles elles vivaient. À partir de cette époque, ces régions semblent n’être peuplées que par des groupes proto-Berbères et par les ancêtres des actuels Harratins, derniers survivants du peuplement noir antérieur. Dans la partie méridionale, à partir de 2000 av. J.-C., les hommes se replièrent vers le fleuve Niger (Le Quellec, 1998 : 189). Plus au sud, la savane qui était « remontée » vers le nord durant la période climatique précédente  réoccupa « sa » zone antérieure. Encore plus au sud, dans la zone forestière, ce fut à partir de 1500 av. J.-C, que le climat actuel commença à se mettre en place.

Vers 1000  av. J.-C et jusque vers 800 av. J.-C, un nouveau changement climatique permit le retour bref et limité des pluies. Puis le niveau des nappes phréatiques baissa, les sources disparurent et les puits tarirent. Désormais, au centre du Sahara, l’habitat permanent se concentra dans les grandes oasis où, pour trouver de l’eau, il fallut creuser le sol. A l’ouest, le Sahara occidental, de l’oued Draa à l’actuelle Mauritanie se transforma en steppe.

L’homme n’étant à l’évidence pour rien dans ces changements climatiques, quelles sont alors leurs causes ?

II) Les vraies causes des changements climatiques en Afrique

En 1992, dans une publication datant donc d’avant l’apparition de la notion de « réchauffement climatique global dû à l’homme », deux des plus grands climatologues tropicalistes mondiaux, les Français Yves Tardy et Jean-Luc Probst ont expliqué en quelques lignes lumineuses de clarté les raisons des changements climatiques successifs dans la partie sahélo-saharienne de l’Afrique depuis un siècle :

« Le climat en Afrique suit la position du FIT (Front Intertropical) ou ITCZ (Intertropical Convergence Zone). On peut distinguer deux scénarios :

1) Lorsque le FIT est maintenu en position méridionale, soit parce que les anticyclones polaires mobiles, originaires du Pôle Sud, sont moins actifs que de coutume, soit parce que leurs homologues septentrionaux venus du Pôle Nord sont au contraire plus longtemps et plus fortement actifs, le déficit pluviométrique est généralisé sur le Sahel d’Afrique de l’Ouest […] C’est le cas des années 1942,1944,1948,1970,1971,1972 et 1973 […].

2) Lorsque le FIT remonte haut vers le nord sous la poussée des anticyclones mobiles originaires du Pôle Sud, on enregistre un excédent pluviométrique sur l’Afrique sahélienne de l’Ouest […].

Ainsi, avec les mouvements du FIT qui sont sous l’influence de la montée vers le nord des masses d’air polaire venant du Pôle Sud ou de la descente vers le sud des masses d’air polaire venant du Pôle Nord, on saisit aisément la relation qui peut exister entre les fluctuations de température et celles de l’humidité, ainsi que l’effet de compétition entre Hémisphère Nord et Hémisphère Sud » (Tardy et Probst, 1992 :26).

Les recherches actuelles ont intégré les variations contemporaines du FIT dans des cycles plus anciens. Dans sa thèse consacrée aux changements climatiques africains depuis 165.000 ans, Mathieu Dalibard (2011) écrit ainsi :

« Les changements climatiques  globaux à l’échelle du Quaternaire (période qui débute il y a 2,5 millions d’années) résultent de l’interaction de divers facteurs agissant de façon plus ou moins cycliques à court ou long termes. Les grands changements climatiques comme les cycles longs dont la période est supérieure à quelques millénaires sont dus à des variations de mouvement et de position de la Terre par rapport au soleil. Si ces cycles influencent les changements climatiques à grande échelle que sont les phases glaciaires et interglaciaires, d’autres cycles de durée plus courte jouent également un rôle sur les fluctuations environnementales » (Dalibard, 2011 :30).

Ces cycles climatiques longs sont au nombre de trois :

1) Ceux dépendant de la variation de l’orbite terrestre ont pour nom « cycles de l’excentricité » et ils fluctuent entre 400 000 et 100 000 ans.

2) Ceux dépendant de l’inclinaison de l’axe terrestre sont les « cycles de l’obliquité » et ils fluctuent entre 54 000 et 41 000 ans.

3) Ceux dépendant de la variation de l’axe de rotation de la Terre sont les « cycles de précession » et ils fluctuent entre 23 000 et 19 000 ans.

On chercherait en vain une quelconque action humaine dans la succession de ces cycles… La réalité est que, durant ces trois cycles, l’interception des rayonnements solaires par la Terre varie et cela pour une raison simple : les paramètres orbitaux changeant, la quantité d’énergie solaire reçue par la Terre est automatiquement affectée, d’où des changements climatiques qui se produisent selon des périodicités principales d’environ 100.000, 40.000 et 20.000 ans qui comportent de nombreuses variations internes.

Nous voilà loin à la fois du jargon du GIEC et des hallucinations catastrophistes des ayatollahs « verts » avec de leur « écologisme » punitif et culpabilisateur.

Conclusion

L’actuel processus de réchauffement de l’Afrique n’est pas la conséquence des activités humaines puisqu’il a débuté il y a environ 5 000 ans, à l’époque dite de l’Aride post-néolithique, soit entre 2500 et 2000-1500 av. J.-C.,  dans une Afrique encore très peu peuplée.
Ce cycle se prolonge aujourd’hui, entrecoupé de rémissions et de sécheresses parfaitement identifiées:

– Durant la période moderne, les principaux pics d’aridité dont nous avons connaissance se produisirent au XVIIe siècle avec un sommet entre 1730 et 1750.

– Le XXe siècle a connu quatre grandes sécheresses entre 1909-1913, 1940-1944, 1969-1973 et 1983-1985 (Retaille, 1984 ; Ozer et alii, 2010 ; Maley et Vernet, 2013).

– Au cours des années soixante, période «chaude» de l’Optimum climatique contemporain, une brève pluviométrie en augmentation fit remonter la zone sahélienne vers le nord, empiétant ainsi sur le désert.

– Depuis 1972, la pluviométrie décroit de nouveau. Conséquence, le désert s’étend. Quant au Sahel, les isohyètes moyennes descendant de 100 à 150 kilomètres vers le sud, nous avons l’explication des sécheresses les plus récentes (Carré et alii, 2018). Leurs conséquences sont naturellement aggravées par la pression démographique, la surcharge des pâturages, l’ébranchage, la destruction des boisements de tamaris  transformés en bois de feu destiné à alimenter les fours des boulangers afin de nourrir une population à la démographie suicidaire, l’abandon des rotations trisannuelles traditionnelles. Tout cela entraîne un épuisement des sols, phénomène qui va aujourd’hui en s’accélérant. Mais ce massacre du milieu par l’homme n’est pas en lui-même la cause du réchauffement cyclique de l’Afrique.

Le problème avec les  tenants du « climatiquement correct », notion étroitement cantonnée aux pays  « riches », est qu’ils confondent origine et influence, deux notions scientifiques pourtant différentes. Mais, comme ils exercent le monopole médiatique et politique, ils peuvent donc tout à loisir formater les jeunes générations afin de les couler dans le moule universaliste du « village terre » qu’il importe de protéger afin de « sauver la planète ».
Adhérant avec enthousiasme ou suivisme à ce nouveau messianisme, l’homme blanc est décidemment incurable.

Mise au point de Bernard Lugan

Visitez le site de Bernard Lugan

Bibliographie

– Bouquet, Ch., (2017) « Le Sahara entre ses deux rives. Éléments de délimitation par la géohistoire d’un espace de contraintes ». Géoconfluences, décembre 2017, en ligne.
– Carré, M et alii., (2018) « Modern drought conditions in Western Sahel unprecedented in the past 1600 years ». En ligne.
– Dalibard, M., (2011) Changements climatologiques en zone intertropicale africaine durant les derniers 165.000 ans. Thèse de paléontologie climatique, Université Claude Bernard, Lyon 1.
– Le Quellec, L., (1998) Art rupestre et préhistoire du Sahara. Paris.
– Leroux, M., (1994) « Interprétation météorologique des changements climatiques observés en Afrique depuis 18 000 ans. ». Geo-Eco-Trop, 1994,16, (1-4), pp. 207-258.
– Leroux, M., (2000) La dynamique du temps et du climat. Paris.
– Maley, J et Vernet, R., (2013) « Peuples et évolution climatique en Afrique nord-tropicale, de la fin du Néolithique à l’aube de l’époque moderne ». Afriques, débats, méthodes et terrains d’histoire, vol 4 (en ligne).
– Ozer, P et alii., (2010) « Désertification au Sahel : historique et perspectives ». BSGLg, 2010, 54, pp 69-84.
– Retaille, D., (1984) La sécheresse et les sécheresses au sahel, L’Information géographique, 1984, 48, pp 137 à 144.
– Tardy, Y et Probst, J-L., (1992) « Sécheresses, crises climatiques et oscillations téléconnectées du climat depuis cent ans ». Sécheresse, 1992 ; 3 : 25-36

[1] Ce thème du synchronisme constitue le cœur de mon livre « Les guerres du Sahel des origines à nos jours ».
[2] L’Holocène, étage géologique le plus récent du Quaternaire, débute il y a 12 000 ans environ et voit l’apparition des premières cultures néolithiques.v

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