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Billet du président

Vive la culture libre

 

Du temps de Frédéric Bastiat le mot « culture » était moins utilisé qu’aujourd’hui. C’est pourquoi Bastiat parle des « arts ». Le Larousse donne, entre autres, cette définition de la Culture : « Enrichissement de l’esprit par des exercices intellectuels ». Les arts sont les supports de cet enrichissement spirituel. Aujourd’hui il en existe dix, quatre de plus qu’au XIXème siècle : l’architecture, la sculpture, les arts visuels (peinture, dessin.), la musique, la littérature et la poésie, les arts de la scène (théâtre, danse, mime cirque), le cinéma, les arts médiatiques (radio, télévision, photographie), la bande dessinée, les arts numériques. https://fr.wikipedia.org/wiki/Sept_arts

Pour bien des gens la Culture est une référence dite « de gauche ». Seules ses élites sont suffisamment détachées du matériel pour avoir une vie intellectuelle riche. Cette Culture est présentée comme désintéressée et dégagée des liens de l’argent. Ce que l’on appelle « la droite » est considérée comme totalement insensible aux finesses culturelles, sauf si celles-ci peuvent rapporter quelque chose. Mais, à cause de ce lien financier, le culture « de droite » ne peut être qu’avilissante.
Pour les étatistes, il faut que, pour rester pure, la culture soit vraiment sans connexion avec le marché. La loi de l’offre et de la demande pourrait empêcher la création d’œuvres nouvelles que le vulgaire ne pourrait comprendre et qui, par conséquent, n’auraient pas de marché donc n’existeraient pas. Cela témoigne du mépris des « élites » pour les gens, supposées incapables d’apprécier certaines œuvres et de choisir par eux même selon leurs goûts. Pour que que l’artiste soit libéré des contingences matérielles, pour pouvoir créer, il faut donc le subventionner avec l’argent du contribuable. Pour bien des Français la culture subventionnée par la collectivité est la seule et unique bonne solution pour soutenir la création. Pour le prestige des détenteurs du pouvoir, n’importe quel petit État, local on national se doit d’avoir sa politique culturelle d’où des dépenses considérables d’argent public.

Qui paie commande. Seul est subventionné ce qui convient à l’État. Les arts subventionnés reflètent les goûts de subventionneurs. D’où des cahiers des charges mono-morphes. L’artiste ne doit pas non plus contrarier son donneur d’ordre. Ne nous y trompons pas. La culture est un enjeu important dans la vie en société. Même si l’on se limite aux arts, elle façonne les esprits. Ce faisant elle influence la vie quotidienne bien au delà de son domaine propre. Contrôler la Culture est un moyen de contrôler les esprits. Contrôler la création est un moyen efficace non seulement de tuer dans l’œuf les innovations, mais aussi de formater les esprits à ne pas innover. Cela favorise le conformisme, détruit la création et sa diversité bien au delà de la Culture stricto sensu.

Quant au libéralisme, beaucoup de personnes pensent qu’il se limite à l’économie et par conséquent que toute ouverture artistique lui est totalement étrangère. Il est réduit à une prétendue brutalité du capitalisme et du marché, à la loi de la jungle, au « renard libre dans le poulailler libre ». Or le libéralisme est une éthique de vie. Il défend la Liberté, la Personnalité, la Propriété. Droits naturels essentiels pour l’épanouissement personnel, donc pour la vitalité culturelle et artistique. Vouloir que la culture ne soit pas étatique n’implique pas que les libéraux ne veulent pas de culture du tout. Bien au contraire, libéré des liens étatiques, du politiquement correct, l’artiste n’entre pas dans un moule et peut alors librement innover.

« Le Socialisme, comme la vieille politique d’où il émane, confond le Gouvernement et la Société. C’est pourquoi, chaque fois que nous ne voulons pas qu’une chose soit faite par le Gouvernement, il en conclut que nous ne voulons pas que cette chose soit faite du tout. Nous repoussons l’instruction par l’État; donc nous ne voulons pas d’instruction. Nous repoussons une religion d’État; donc nous ne voulons pas de religion. Nous repoussons l’égalisation par l’État; donc nous ne voulons pas d’égalité, etc. C’est comme s’il nous accusait de ne vouloir pas que les hommes mangent, parce que nous repoussons la culture du blé par l’État. Frédéric Bastiat La loi (1850)

Le Larousse donne aussi cette autre définition de la Culture : Connaissances dans un domaine particulier. La culture économique par exemple.  Il est admis que la culture économique des Français est notoirement insuffisante. C’est une fait que la culture libérale est quasiment absente dans notre pays. Cela permet à l’État de manipuler des foules sans repères.

 

Enfin on lit dans La Toupie :
« La culture est l’ensemble des connaissances, des savoir-faire, des traditions, des coutumes propres à un groupe humain, à une civilisation. Elle se transmet socialement, de génération en génération et non par l’héritage génétique, et conditionne en grande partie les comportements individuels. » La toupie http://www.toupie.org/Dictionnaire/Culture.htm
Or depuis des années nos hommes politiques travaillent à la mise à mort de la culture générale et à la déculturation de la France.

« Dès que la satisfaction d’un besoin devient l’objet d’un service public, elle est soustraite en grande partie au domaine de la liberté et de la responsabilité individuelles. L’individu n’est plus libre d’en acheter ce qu’il en veut, quand il le veut, de consulter ses ressources, ses convenances, sa situation, ses appréciations morales, non plus que l’ordre successif selon lequel il lui semble raisonnable de pourvoir à ses besoins. Bon gré, mal gré, il faut qu’il retire du milieu social, non cette mesure du service qu’il juge utile, ainsi qu’il le fait pour les services privés, mais la part que le gouvernement a jugé à propos de lui préparer, quelles qu’en soient la quantité et la qualité. Peut-être n’a-t-il pas du pain à sa faim, et cependant on lui prend une partie de ce pain, qui lui serait indispensable, pour lui donner une instruction ou des spectacles dont il n’a que faire. Il cesse d’exercer un libre contrôle sur ses propres satisfactions, et, n’en ayant plus la responsabilité, naturellement il cesse d’en avoir l’intelligence. La prévoyance lui devient aussi inutile que l’expérience. Il s’appartient moins, il a perdu une partie de son libre arbitre, il est moins progressif, il est moins homme. Non seulement il ne juge plus par lui-même dans un cas donné, mais il se déshabitue de juger pour lui-même. Cette torpeur morale, qui le gagne, gagne par la même raison tous ses concitoyens; et l’on a vu ainsi des nations entières tomber dans une funeste inertie. » Frédéric Bastiat Services privés, service public (1850)

C’est pourquoi, tous les hommes libres et qui veulent le rester ne doivent pas sous estimer le pouvoir de la Culture. Il ne doivent pas la laisser aux mains de l’État mais en investir tous les domaines.

Cercle Frédéric Bastiat, la Liberté guide nos pas.

Patrick de Casanove
Président du Cercle Frédéric Bastiat

Retrouvez la conférence de Bertrand Allamel

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