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Billet du président

Du confinement évitable au déconfinement problématique. Partie 2

 

Du confinement évitable

au déconfinement problématique.

Partie II : au déconfinement

En finir avec le confinement

Il n’est pas inutile de rappeler ici que le confinement, par lui même, n’a pas pour but de sauver des vies. Le confinement a pour but d’écrêter le pic épidémique, en limitant la circulation du virus, pour pouvoir prendre en charge correctement toutes les personnes atteintes. Plus spécifiquement, pour ne pas faire exploser des services hospitaliers s’ils sont insuffisamment équipés. L’objectif de masquer/dépister (barrière/tests) est le même. L’avantage de masquer/dépister est que cette approche permet à la vie sociale et économique de se poursuivre.
Sauver directement des vies est lié aux traitements disponibles en abondance. Traitements médicaux donnés précocement et traitements de réanimation pour les cas qui le nécessitent.
Au point de vue sanitaire limiter la circulation du virus entraîne qu’une grande partie de la population est indemne de contamination. Le risque est que l’épidémie flambe ou perdure à la sortie du confinement, ou à la fin des mesures masquer/dépister, parce ce que le seuil de protection naturelle de la population, qui consiste à ce que la grande majorité d’entre elle soit immunisée (70% environ), n’est pas atteint.
L’épidémie s’arrêtera quand ce seuil sera atteint. Elle peut s’arrêter avant si les mesures barrières/tests empêchent, matériellement et toujours, les virus de passer d’une personne à l’autre. Dans ce cas une partie inconnue de la population sera naïve d’infection SARS-coV2. Dès lors en attendant que le seuil soit atteint, ou qu’une vaccination existe, ou que ce virus disparaisse pour des raisons inconnues, il faudra s’attendre à ce que ce virus fasse régulièrement parler de lui.
Il est clair que nous devrons alors nous habituer à vivre certaines périodes de l’année avec barrières/tests. Gestes barrières qui de toutes façons protégeront la population de beaucoup d’infections, même celles que nous connaissons bien et qui ne nous font plus peur, comme la grippe saisonnière ou les gastro-entérites épidémiques.
Laisser l’épidémie évoluer naturellement est difficilement défendable au point de vu moral avec le SRAS-coV2, contrairement à la varicelle par exemple. Par conséquent l’attitude barrières/tests est la meilleure. Elle est fiable, efficace, supportable, durable, peu coûteuse et très peu pénalisante.

Ne pas confiner et déconfiner nécessitent les mêmes conditions :

Si elle avait bien réagi, un pays comme la France n’aurait jamais dû être confinée. Déconfiner au plus tôt sera le mieux.
« Nous aurons à partir du 11 mai une organisation nouvelle pour réussir cette étape. L’utilisation la plus large possible des tests et la détection est une arme privilégiée pour sortir au bon moment du confinement. (…) Et que nous puissions continuer de mobiliser partout tous les moyens de faire des tests, c’est-à-dire tous les laboratoires publics et tous les laboratoires privés.
(…) Les personnes ayant le virus pourront ainsi être mises en quarantaine, prises en charge et suivies par un médecin. (…) l’État à partir du 11 mai en lien avec les maires devra permettre à chaque Français de se procurer un masque grand public. Pour les professions les plus exposées et pour certaines situations, comme dans les transports en commun, son usage pourra devenir systématique.
Ce sera possible grâce à nos importations et grâce à la formidable mobilisation d’entrepreneurs et de salariés partout sur le territoire pour produire massivement ce type de masques. »

Bien sûr ce que dit Emmanuel Macron n’est pas parfait. Il faut dépister et tester bien plus largement. Il faut masquer bien plus systématiquement. Mais les principes semblent acquis. Il était temps. En effet nous retrouvons là ce qu’il aurait fallu faire pour éviter le confinement, à savoir masquer, dépister, isoler individuellement, traiter.
Les conditions nécessaires pour déconfiner sont celles qui sont nécessaires pour ne pas confiner. Si ces conditions sont réunies demain le déconfinement complet peut avoir lieu demain. Elles nécessitent abondance et responsabilité individuelle.

Malheureusement nous avons :

La contrainte :

Le confinement est un enfermement. L’enfermement est une privation de liberté. C’est une punition. La privation de liberté relève en France d’une décision de justice. Ce n’est pas ce qui s’est passé pour le confinement.
Nous avons le centralisme. Nous lui devons la cacophonie, la désorganisation, le manque de réactivité. Mais attention, hors de l’État point de salut sous peine de sanctions

La pénurie :

Au début nous n’avions ni masques, ni tenues de protection, ni gels hydroalcoolique, ni gants, ni tests en quantité suffisante, ni suffisamment de respirateurs etc … Malheureusement la pénurie perdure aujourd’hui. Quand on compare ce que coûtent ces produits qui ont fait et font encore défaut, à ce que coûtera la crise planétaire, délibérément déclenchée par les mesures étatiques prises, on reste ébahi.
Nous touchons du doigt la défaillance gravissime de l’État français. L’annonce des premiers cas de pneumopathie à Wuhan par les Chinois date du 31/12 2019. L’alerte de l’OMS date du 10 janvier 2020. Les premiers cas Français du 24 janvier. Nous avions entre 2 et 4 semaines pour nous préparer. Nous ne l’étions pas. Le 25 avril nous aurons eu 12 semaines de plus. Nous ne serons toujours pas prêts. Le 11 mai nous ne serons pas prêts non plus, ce qui obligera à un déconfinement au compte goutte. Cette incapacité à rattraper le retard est très inquiétante.

La contrainte et la pénurie sont caractéristiques d’un régime socialiste.

La panique :

Si l’on a comme élément pour juger la gravité d’une épidémie : la réaction étatique consistant à enfermer la population, la litanie quotidienne des morts, la place de l’épidémie dans les médias et sur les réseaux sociaux, on ne peut être que convaincu de la gravité de COVID-19. Cela perturbe ou empêche tout raisonnement rationnel.
Or c’est de rationalité dont nous avons besoin pour remettre le pays sur pied. .

Remettre la France sur les rails :

Nous sommes entrés dans une spirale infernale. Pour s’être trompés au départ, pour n’avoir pas voulu corriger leurs erreurs, les politiciens ont délibérément précipité la France dans une catastrophe sanitaire, sociale, financière, économique et humaine sans précédent. Nul n’en connaît l’issue. Or autant le gouvernement a été lent et toujours en retard dans la gestion de l’épidémie, autant il est parti comme un V2 pour tirer des plans d’accompagnement et de sortie de crise, avec un délire étatiste comme la France en a rarement connu. Ce que l’on peut dire dores et déjà, c’est que les remèdes décidés par les États pour traiter cette crise ne feront qu’aggraver le mal.

Voler 48% de la richesse des Français, en dépenser 57%, dont une très grandes parties en dépenses sociales, dont de soins, « Les dépenses de santé en 2018 – édition 2019 mettent en évidence qu’en 2018, la consommation de soins et de biens médicaux (CSBM) est évaluée à titre provisoire à 203,5 milliards d’euros. »  pour en arriver à cette situation… c’est lamentable.
Le moins que l’on puisse dire est que la protection sociale n’est pas, en France, un problème d’argent. Le problème est que les Français, contrairement aux Allemands, n’en ont pas pour leur argent.

Cela doit ouvrir un vaste débat avec une mise à plat du système, sans « vaches sacrées » à protéger. Tout doit être mis sur la table.

La France doit en finir avec les incohérences.

Il est totalement incohérent de reprocher aux Français de tout attendre de l’État et de leur interdire toute initiative quand l’État est défaillant.
Il est complètement incohérent de reprocher aux Français de tout attendre de l’État et de leur interdire de prendre leurs responsabilités en choisissant librement leur assurance santé, leur prévoyance retraite, leur prévoyance dépendance, l’enseignement pour leurs enfants etc…

Les Français, les entreprises françaises, ont montré durant cette épidémie qu’ils savaient faire preuve d’initiative, d’innovation, d’entre-aide. Il serait opportun qu’ils ne l’oublient pas à l’heure du bilan, quand le gouvernement va les rejeter dans leur statut d’incapables à gérer leurs vies. Les Hommes de l’État vont vouloir continuer à décider et agir à leur place, comme si rien ne s’était passé. Il faut l’éviter.

Les Français doivent retrouver la responsabilité de leur protection sociale. Le libre choix et la prévoyance doivent se substituer au monopole de l’État. Choisir permet de changer si le service n’est pas rendu. Aujourd’hui le service n’est pas rendu, mais les Français ne peuvent pas changer de prestataire à cause du monopole étatique.

Devant la faillite de l’État il est même permis de se poser la question de l’assurance et de la prévoyance vis à vis des risques épidémiques. Assurance et prévoyance allant des moyens immédiatement disponibles, prêts à être mise en œuvre, jusqu’aux indemnités qui pourraient être attribuées.

Tout cela implique une société avec peu de prélèvements obligatoires et beaucoup moins de réglementations.
C’est aux Français de prendre concrètement leur destin en main et ne plus le déléguer à l’État.

« Le Socialisme, comme la vieille politique d’où il émane, confond le Gouvernement et la Société. C’est pourquoi, chaque fois que nous ne voulons pas qu’une chose soit faite par le Gouvernement, il en conclut que nous ne voulons pas que cette chose soit faite du tout. Nous repoussons l’instruction par l’État; donc nous ne voulons pas d’instruction. Nous repoussons une religion d’État; donc nous ne voulons pas de religion. Nous repoussons l’égalisation par l’État; donc nous ne voulons pas d’égalité, etc. C’est comme s’il nous accusait de ne vouloir pas que les hommes mangent, parce que nous repoussons la culture du blé par l’État. » Frédéric Bastiat La Loi (1850)

Parvenir à l’harmonie économique :

Aucune épidémie n’a, à ce jour, provoqué de « collapsus social ». L’épidémie COVID-19 n’avait aucune chance d’en provoquer un. Hélas les décisions inappropriées des gouvernements risquent bien de nous faire connaître ce type de catastrophe. Un peu comme en 1940 quand la France c’est effondrée de manière inattendue.

Réparer l’économie, aux sens contemporain, n’est pas tout. Il faut réparer l’économie au sens de Frédéric Bastiat : la vie. « L’Échange, c’est l’Économie politique, c’est la Société toute entière; car il est impossible de concevoir la Société sans Échange, ni l’Échange sans Société. » Frédéric Bastiat, Harmonies économiques, l’Échange (1850) Il faut le rappeler sans cesse c’est une erreur d’opposer l’économie et la santé. L’un et l’autre sont indissociables.

Cette crise aura des conséquences sociales et humaines importantes. Il est capital que ces conséquences soient positives. Positif ne veut pas dire contrition et repentance pour nos modes de vie, anthropomorphisme vis à vis de Gaïa et SARS-coV2, écologisme et misanthropie. (À ce propos SARS-coV2 n’est pas une punition divine, il ne discute ni avec son papa ni avec Dieu. C’est une saloperie qui tue les gens )
Nous entendons par conséquences positives celles qui nous permettront d’aboutir à l’harmonie économique. C’est l’harmonie des vies, où chacun est libre d’accomplir son projet de vie, sans que l’État intervienne autrement que pour protéger les Droits Naturels Individuels. C’est la prospérité économique et la concorde sociale. C’est une société apaisée où les uns ne vivront pas aux dépens des autres et vice versa.

Harmonies économiques est l’ouvrage majeur d’économie politique de Frédéric Bastiat « C’est dans ce livre qu’il développe et défend la thèse selon laquelle les intérêts de tous les membres de la société sont en harmonie dans la mesure, et pour autant que les droits de propriété y sont respectés – c’est à dire, en langage moderne, dans la mesure où y fonctionne un marché véritablement libre, dégagé de toute intervention de l’État. » Guido Hülsmann, « L’héritage économique de Frédéric Bastiat »

« Tous les intérêts légitimes sont harmoniques. (…) Tous ceux donc qui adopteront ce point de départ : Les intérêts sont harmoniques, seront aussi d’accord sur la solution pratique du problème social : s’abstenir de contrarier et de déplacer les intérêts. » Frédéric Bastiat, Harmonies économiques, Introduction, À la jeunesse française (1850)

« Ainsi, je le répète, dans ce livre harmonie ne répond pas à l’idée de perfection absolue, mais à celle de perfectionnement indéfini… » Frédéric Bastiat, Harmonies économiques Responsabilité (1850)

Cette crise dont le départ a été le COVID-19 révèle bien que
– c’est l’intervention inadéquate de l’État en France qui a généré une catastrophe.
– la société a besoin de perfectionnement, donc d’harmonies et par conséquent de moins d’État.

« Se conserver, se développer, c’est l’aspiration commune à tous les hommes, de telle sorte que si chacun jouissait du libre exercice de ses facultés et de la libre disposition de leurs produits, le progrès social serait incessant, ininterrompu, infaillible. »  Frédéric Bastiat La Loi (1850)

Patrick de Casanove
Président du Cercle Frédéric Bastiat


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