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Frédéric Bastiat

Qui était Frédéric Bastiat ?

Qui était-il ?

Frédéric Bastiat est né à Bayonne en 1801, et mort à Rome en 1850. Mais sa famille était originaire de Mugron, dans les Landes, où il vécut la plus grande partie de sa vie, et où se trouve aujourd’hui sa statue.

Économiste d’une grande clarté et d’un humour dévastateur, il a renouvelé l’Économie Politique en la traitant du point de vue du peuple et du consommateur. Il s’est fait l’avocat de la liberté des échanges et des choix économiques par les individus, sans contraintes ni subventions. Ses œuvres n’ont pas pris une ride et ses prévisions sur l’évolution des sociétés se sont révélées d’une extraordinaire lucidité.

Philosophe, il a été l’apôtre de la liberté individuelle (ce qui implique le respect de la liberté des autres), et de son corollaire incontournable, la responsabilité.

Humaniste, il a milité contre l’esclavage, la peine de mort, et les lois interdisant les coalitions ouvrières. Il a déploré que la Rome antique, dont la richesse provenait des guerres et de l’esclavage des vaincus, soit donnée en modèle dans l’enseignement secondaire.

Juge de paix, il a été un modèle d’efficacité et d’équité. Il mettait souvent les plaideurs d’accord en une seule séance ! Il lui arrivait même d’être sollicité comme arbitre par des plaideurs extérieurs à son aire de juridiction.

Homme politique d’une grande clairvoyance, il a préconisé le désengagement de l’État des activités pour lesquelles ce dernier ne peut pas être efficace. Il s’est battu pour la diminution des dépenses publiques engagées pour satisfaire des intérêts particuliers. Il a fait le procès des expéditions coloniales. Il a milité pour la séparation des pouvoirs, et notamment pour la séparation des fonctions de ministre et de député, un siècle avant qu’elle ne soit inscrite dans notre constitution. Il a souhaité la participation des femmes à la vie politique.

Si Saint Vincent de Paul est le Landais le plus célèbre en France, Frédéric Bastiat, cet autre Landais, jouit depuis 150 ans d’une réputation encore plus grande dans de très nombreux pays : aux États-Unis, son pamphlet “La Loi”, qui a été tiré à près d’un million d’exemplaires, continue à se vendre au rythme d’une quinzaine de milliers d’exemplaires par an. Chaque année, un peu partout dans le monde, il paraît un ou plusieurs livres sur lui, ou une traduction d’une de ses œuvres. Ses œuvres les plus célèbres sont “La Loi”, “L’État”, “Sophismes Économiques”, “Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas”, “Harmonies Économiques”.

Bibliographie

Cette bibliographie a été préparée avec l’aide de Jean-Claude Paul-Dejean. (Certains de ces écrits sont disponibles en-ligne)

  • 1851. Gustave de Molinari : Frédéric Bastiat (Journal des Economistes)
  • 1852. Jules Martinelli : Harmonies Et Perturbations Sociales. Esquisse des oeuvres de Frédéric Bastiat.
  • 1853. F. de la Farelle : Notice sur Frédéric Bastiat (Mémoires de l’Académie du Gard)
  • 1856. P. Paillotet : Frédéric Bastiat (Dictionnaire de l’Economie Politique)
  • 1856. A. Darimon : Frédéric Bastiat (Courrier de Bayonne)
  • 1857. Frédéric Passy : Biographie de Frédéric Bastiat (Journal des Économistes)
  • 1858. L. Reybaud : Frédéric Bastiat (Revue des deux Mondes)
  • 1860. G. Humbert : Frédéric Bastiat (Revue de Toulouse)
  • 1862. R. de Fontenay : Notice sur la vie et l’œuvre de Frédéric Bastiat (Introduction aux Œuvres complètes)
  • 1869. Pascal Duprat : Frédéric Bastiat
  • 1870. L. Couture : Frédéric Bastiat (Revue de Gascogne)
  • 1878. Edouard Bondurand : Discours prononcés lors de la cérémonie du 28 avril devant le monument érigé à Mugron (Bulletin de la Société de Borda)
  • 1878. Léon Say : Frédéric Bastiat (Journal des Economistes)
  • 1879. de la Farelle : Notice sur Frédéric Bastiat (discours de rentrée de la cour d’appel de Paris, 4 novembre)
  • 1879. P. Gardelle : Frédéric Bastiat
  • 1879. A. Bondinand : Frédéric Bastiat
  • 1879. A Bouché de Belle : Frédéric Bastiat et le libre échange
  • 1880. F. Lassale : Capital et Travail : M. Bastiat.
  • 1882. Mgr Baunard : Frédéric Bastiat (La Foi et ses Victoires)
  • 1887. L. Laborde : Frédéric Bastiat (Revue des Basses Pyrénées et des Landes)
  • 1888. A. Cointan : Notice sur Bastiat (Journal des Economistes)
  • 1889. A. de Toville : Frédéric Bastiat (Introduction aux Œuvres Choisies)
  • 1901. Société d’Economie Politique (sous la présidence de Frédéric Passy) : Centenaire de la naissance de Frédéric Bastiat.
  • 1901. A. Cavalier : Frédéric Bastiat (“Les contemporains”)
  • 1901. C. Sentroul : Les Harmonies Économiques de Frédéric Bastiat (l’association catholique)
  • 1904. Hermann von Leesen : Frédéric Bastiat : sa vie, sa propagande libre-échangiste et ses vues sur l’économie sociale (Traduction française du livre publié à Munich)
  • 1905. P. Ronce : La vie et l’œuvre de Frédéric Bastiat
  • 1905. G. de Nouvion : Frédéric Bastiat, sa vie, son œuvre, ses doctrines
  • 1906. François Bidet : Frédéric Bastiat, l’homme, l’économiste
  • 1906. E. Le Senne : Frédéric Bastiat et l’extension du rôle de l’Etat
  • 1911. Royer : Bastiat et le protectionnisme
  • 1913. C. Imbert : Frédéric Bastiat et le socialisme de son temps
  • 1931. L. Bruel : Bastiat et Libre échange
  • 1962. L. Baudin : Frédéric Bastiat (librairie Dalloz, Paris)
  • 1987. Rencontres de Sorèze : Un libéral : Frédéric Bastiat
  • 1991. M. Basle et G. Geledan : Frédéric Bastiat – 1801-1850 – Théoricien et militant du libre échange (L’économie politique en France au 19ème siècle, sous la direction de Y. Breton et M. Lutfalla, Economica, Paris)
  • 1993. Arnaud Pellissier-Tanon : Hédonisme et propriété chez Frédéric Bastiat. Essai sur les critiques portées sur son libéralisme par deux catholiques économistes ses contemporains (Journal des Economistes et des Etudes Humaines. Vol IV, numéro 4)
  • 1993. A. Beraud et F. Etnet : Bastiat et les libéraux : existe-t-il une école optimiste en économie politique ? (Revue d’économie politique, vol 103, numéro 2, mars-avril.
  • 1993. Jacques de Guenin : Universalité de Frédéric Bastiat (Bulletin de la Société de Borda 118ème année, 2ème trimestre, N° 430)
  • 1995. J.Ph Feldman : Bastiat précurseur de Hayek ? (Journal des Economistes et des Etudes Humaines. Vol VI, numéro 4)
  • 1995. Jacques de Guenin : Frédéric Bastiat aujourd’hui (Actes du congrès de Bayonne sur Frédéric Bastiat et le libéralisme).
  • 1996. Jacques de Guenin : Bastiat précurseur de Laffer (Journal des Economistes et des Etudes Humaines. Vol VII, numéro 1)
  • 1997. Jean-Claude Paul-Dejean : Les années de formation de Frédéric Bastiat (in “Aux Sources du modèle libéral français”, sous la direction d’Alain Madelin, Perrin, Paris).
  • 2000. Arnaud Pellissier-Tanon : Valeur travail et justice sociale. L’enseignement des critiques portées par les catholiques sociaux à la doctrine de Bastiat (Journal des Economistes et des Etudes Humaines. Vol XI, numéros 2-3)
  • 2000. P. Solal et A. Zouache : Ordre naturel, raison, et catalactique : l’approche de Bastiat (Journal des Economistes et des Etudes Humaines. Vol XI, numéro 2-3)
  • 2001. Georges Lane : Bastiat, l’aversion pour l’incertitude et la loi sur l’association (Journal des Economistes et des Etudes Humaines. Vol XI, numéros 2-3)
  • 2001. Guido Hülsmann : L’héritage économique de Frédéric Bastiat (institut Euro 92)
  • 2001. Jacques Garello (sous la direction de) : Aimez-vous Bastiat ? (éditions Romillat, Paris)
  • 2002. Jacques de Guenin : Cobden et la Ligue
  • 2004. Gérard Ménart : Frédéric Bastiat, le croisé du libre-échange (éditions l’Harmattan, série Krisis)
  • 2010. David Todd : L’identité économique de la France (éditions Grasset)

À voir aussi :

  • Nos sections bibliographiques en anglais et en d’autres langues (que le français ou l’anglais).
  • Notre section biographique.

Biographies

On trouvera, en cliquant sur les liens indiqués (vers d’autres sites), des biographies de Frédéric Bastiat :

• “Chronologie de la vie et des œuvres de Frédéric Bastiat”, par Jean-Claude Paul-Dejean (2000).
http://www.archivesbastiat.net/fr/biographie/chronologie.html

• “Bastiat ou la passion de la liberté” par Jean-Claude Paul-Dejean (1997).
http://www.archivesbastiat.net/fr/biographie/Bastiat_passion_liberte.html

• “Notice sur la vie et les Écrits de Frédéric Bastiat” par R. de Fontenay (1862).
http://bastiat.org/fr/sur_bastiat.html

• “Frédéric Bastiat, Cobden et la Ligue” par J. de Guenin (2002).
http://www.archivesbastiat.net/fr/biographie/Biographie_Cobden_ligue.html

Chefs d’oeuvre

Des chefs d’œuvre de Frédéric Bastiat sont édités par le Cercle sous forme de brochures :

- La Loi
- Propriété et Loi
- L’État
- Justice et Fraternité
- A MM les électeurs de l’arrondissement de Saint-Sever
- Trois textes sur le chômage et la solidarité
- Trois textes sur le protectionnisme
- Le Capital

Ces brochures sont vendues 2 Euros pièce au cours des dîners-débats du Cercle. On peut se procurer celles que l’on désire en les demandant à :

M. Gérard Dupuy, 10 Jardins Millazka, 64500 Saint-Jean de Luz.

Le demande doit être accompagnée d’un chèque de 2 Euros multiplié par le nombre de brochures plus 3 Euros pour frais d’envoi.

Citations

Le socialisme

« C’est ce qui est arrivé. La chimère du jour est d’enrichir toutes les classes aux dépens les unes des autres ; c’est de généraliser la Spoliation sous prétexte de l’organiser. Or, la spoliation légale peut s’exercer d’une multitude infinie de manières ; de là une multitude infinie de plans d’organisation : tarifs, protection, primes, subventions, encouragements, impôt progressif, instruction gratuite, Droit au travail, Droit au profit, Droit au salaire, Droit à l’assistance, Droit aux instruments de travail, gratuité du crédit, etc. Et c’est l’ensemble de tous ces plans, en ce qu’ils ont de commun, la spoliation légale, qui prend le nom de Socialisme.  » Frédéric Bastiat La Loi

La protection sociale

Frédéric Bastiat a prévu la Sécurité sociale et ce qu’elle deviendra.

« Sans doute le salaire arrive avec certitude à la fin d’un jour occupé ; mais quand les circonstances, les crises industrielles ou simplement les maladies ont forcé les bras de chômer, le salaire chôme aussi, et alors l’ouvrier devrait-il soumettre au chômage son alimentation, celle de sa femme et de ses enfants ?
Il n’y a qu’une ressource pour lui. C’est d’épargner, aux jours de travail, de quoi satisfaire aux besoins des jours de vieillesse et de maladie. (…) De là les sociétés de secours mutuels, institution admirable, née des entrailles de l’humanité (…). J’ai vu surgir spontanément des sociétés de secours mutuels, il y a plus de vingt-cinq ans, parmi les ouvriers et les artisans les plus dénués, dans les villages les plus pauvres du département des Landes. (…) Dans toutes les localités où elles existent, elles ont fait un bien immense (…). Ce n’est jamais sans créer pour l’avenir de grands dangers et de grandes difficultés qu’on soustrait l’individu aux conséquences de ses propres actes.(…)
Supposez que le gouvernement intervienne. Il est aisé de deviner le rôle qu’il s’attribuera. Son premier soin sera de s’emparer de toutes les caisses sous prétexte de les centraliser ; et pour colorer cette entreprise, il promettra de les grossir avec des ressources prises sur le contribuable. « Car, dira-t-il, n’est il pas bien naturel et bien juste que l’État contribue à une œuvre si grande, si généreuse, si philanthropique, si humanitaire ? Première injustice faire rentrer de force dans la société et par le côté des cotisations, des citoyens qui ne doivent pas concourir aux répartitions de secours. Ensuite, sous prétexte d’unité, de solidarité, (que sais-je ?), il s’avisera de fondre toutes les associations en une seule soumise à un règlement uniforme.
Mais, je le demande, que sera devenue la moralité de l’institution quand sa caisse sera alimentée par l’impôt ; quand nul si ce n’est quelque bureaucrate, n’aura intérêt à défendre le fonds commun, quand chacun, au lieu de se faire un devoir de prévenir les abus, se fera un plaisir de les favoriser ; quand aura cessé toute surveillance mutuelle, et que feindre une maladie ce ne sera autre chose que de jouer un bon tour au gouvernement ? Le gouvernement, il faut lui rendre cette justice, est enclin à se défendre ; mais ne pouvant plus compter sur l’action privée, il faudra bien qu’il y substitue l’action officielle. Il nommera des vérificateurs, des contrôleurs, des inspecteurs. On verra des formalités sans nombre s’interposer entre le besoin et le secours. Bref, une admirable institution sera, dès sa naissance, transformée en une branche de police.
L’État n’apercevra d’abord que l’avantage d’augmenter la tourbe de ses créatures, de multiplier le nombre de places à donner, et d’étendre son patronage et son influence électorale. Il ne remarquera pas qu’en s’arrogeant une nouvelle attribution, il vient d’assumer sur lui une responsabilité nouvelle, et, j’ose le dire une responsabilité effrayante. Car bientôt qu’arrivera-t-il ? Les ouvriers ne verront plus dans la caisse commune une propriété qu’ils administrent, qu’ils alimentent, et dont les limites bornent leur droit. Peu à peu, ils s’accoutumeront à regarder le secours en cas de maladie ou de chômage, non comme provenant d’un fonds limité préparé par leur propre prévoyance, mais comme une dette de la société. Ils n’admettront pas pour elle l’impossibilité de payer, et ne seront jamais contents des répartitions. L’État se verra contraint de demander sans cesse des subventions au budget. Là, rencontrant l’opposition des commissions de finances, ils se trouveront engagés dans des difficultés inextricables. Les abus iront toujours croissant, et on en reculera le redressement d’année en année, comme c’est l’usage, jusqu’à ce que vienne le jour d’une explosion. Mais alors on s’apercevra qu’on est réduit à compter avec une population qui ne sait plus agir par elle même, qui attend tout d’un ministre ou d’un préfet, même la subsistance, et dont les idées sont perverties au point d’avoir perdu jusqu’à la notion du Droit, de la Propriété, de la Liberté, et de la Justice. »

Frédéric Bastiat en 1848, dans« Harmonies économiques. Des Salaires »

 

La perversion de la loi

” Comment cette perversion de la Loi s’est-elle accomplie ? Quelles en ont été les conséquences ?

La Loi s’est pervertie sous l’influence de deux causes bien différentes : l’égoïsme inintelligent et la fausse philanthropie.

Parlons de la première.

Se conserver, se développer, c’est l’aspiration commune à tous les hommes, de telle sorte que si chacun jouissait du libre exercice de ses facultés et de la libre disposition de leurs produits, le progrès social serait incessant, ininterrompu, infaillible.

Mais il est une autre disposition qui leur est aussi commune. C’est de vivre et de se développer, quand ils le peuvent, aux dépens les uns des autres. Ce n’est pas là une imputation hasardée, émanée d’un esprit chagrin et pessimiste. L’histoire en rend témoignage par les guerres incessantes, les migrations de peuples, les oppressions sacerdotales, l’universalité de l’esclavage, les fraudes industrielles et les monopoles dont ses annales sont remplies.

Cette disposition funeste prend naissance dans la constitution même de l’homme, dans ce sentiment primitif, universel, invincible, qui le pousse vers le bien-être et lui fait fuir la douleur.

L’homme ne peut vivre et jouir que par une assimilation, une appropriation perpétuelle, c’est-à-dire par une perpétuelle application de ses facultés sur les choses, ou par le travail. De là la Propriété.

Mais, en fait, il peut vivre et jouir en s’assimilant, en s’appropriant le produit des facultés de son semblable. De là la Spoliation.

Or, le travail étant en lui-même une peine, et l’homme étant naturellement porté à fuir la peine, il s’ensuit, l’histoire est là pour le prouver, que partout où la spoliation est moins onéreuse que le travail, elle prévaut ; elle prévaut sans que ni religion ni morale puissent, dans ce cas, l’empêcher.

Quand donc s’arrête la spoliation ? Quand elle devient plus onéreuse, plus dangereuse que le travail.

Il est bien évident que la Loi devrait avoir pour but d’opposer le puissant obstacle de la force collective à cette funeste tendance ; qu’elle devrait prendre parti pour la propriété contre la Spoliation.

Mais la Loi est faite, le plus souvent, par un homme ou par une classe d’hommes. Et la Loi n’existant point sans sanction, sans l’appui d’une force prépondérante, il ne se peut pas qu’elle ne mette en définitive cette force aux mains de ceux qui légifèrent.

Ce phénomène inévitable, combiné avec le funeste penchant que nous avons constaté dans le cœur de l’homme, explique la perversion à peu près universelle de la Loi. On conçoit comment, au lieu d’être un frein à l’injustice, elle devient un instrument et le plus invincible instrument d’injustice. On conçoit que, selon la puissance du législateur, elle détruit, à son profit, et à divers degrés, chez le reste des hommes, la Personnalité par l’esclavage, la Liberté par l’oppression, la Propriété par la spoliation. “

Frédéric Bastiat La Loi

Voilà l’Homme

” Nous tenons de Dieu le don qui pour nous les renferme tous, la Vie, — la vie physique, intellectuelle et morale. Mais la vie ne se soutient pas d’elle-même. Celui qui nous l’a donnée nous a laissé le soin de l’entretenir, de la développer, de la perfectionner.

Pour cela, il nous a pourvus d’un ensemble de Facultés merveilleuses; il nous a plongés dans un milieu d’éléments divers. C’est par l’application de nos facultés à ces éléments que se réalise le phénomène de l’Assimilation, de l’Appropriation, par lequel la vie parcourt le cercle qui lui a été assigné.

Existence, Facultés, Assimilation — en d’autres termes, Personnalité, Liberté, Propriété, — voilà l’homme.

C’est de ces trois choses qu’on peut dire, en dehors de toute subtilité démagogique, qu’elles sont antérieures et supérieures à toute législation humaine.

Ce n’est pas parce que les hommes ont édicté des Lois que la Personnalité, la Liberté et la Propriété existent. Au contraire, c’est parce que la Personnalité, la Liberté et la Propriété préexistent que les hommes font des Lois.”

Frédéric Bastiat La Loi (1850)

 

L’État

” L’État, c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde.

Car, aujourd’hui comme autrefois, chacun, un peu plus, un peu moins, voudrait bien profiter du travail d’autrui. Ce sentiment, on n’ose l’afficher, on se le dissimule à soi-même; et alors que fait-on? On imagine un intermédiaire, on s’adresse à l’État, et chaque classe tour à tour vient lui dire: « Vous qui pouvez prendre loyalement, honnêtement, prenez au public, et nous partagerons. » Hélas! l’État n’a que trop de pente à suivre le diabolique conseil; car il est composé de ministres, de fonctionnaires, d’hommes enfin, qui, comme tous les hommes, portent au cœur le désir et saisissent toujours avec empressement l’occasion de voir grandir leurs richesses et leur influence. L’État comprend donc bien vite le parti qu’il peut tirer du rôle que le public lui confie. Il sera l’arbitre, le maître de toutes les destinées: il prendra beaucoup, donc il lui restera beaucoup à lui-même; il multipliera le nombre de ses agents, il élargira le cercle de ses attributions; il finira par acquérir des proportions écrasantes.” L’État (1848)

 

Demain la révolution …avec Frédéric Bastiat ! Bastiat 2022

“L’Étatc’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde.” L’État 1848

La France va mal et les Français sont en perte de repères. Bien des gens manipulés par des dizaines d’année de mensonges sont persuadés que le pouvoir politique en France est libéral, voire “ultra libéral”, si tant est que ce mot ait un sens.

Non tout n’a pas été essayé pour sauver la France. Oui tout a été systématiquement entrepris pour la détruire. La politique suivie depuis plus de 70 ans est une politique “socialiste” au sens de Bastiat.« C’est ce qui est arrivé. La chimère du jour est d’enrichir toutes les classes aux dépens les unes des autres; c’est de généraliser la Spoliation sous prétexte de l’organiser. Or, la spoliation légale peut s’exercer d’une multitude infinie de manières; de là une multitude infinie de plans d’organisation: tarifs, protection, primes, subventions, encouragements, impôt progressif, instruction gratuite, Droit au travail, Droit au profit, Droit au salaire, Droit à l’assistance, Droit aux instruments de travail, gratuité du crédit, etc. Et c’est l’ensemble de tous ces plans, en ce qu’ils ont de commun, la spoliation légale, qui prend le nom de Socialisme. » La Loi (1850)

Les politiciens qu’elle que soit leur étiquette électorale pour appâter l’électeur ont appliqué avec constance cette politique désastreuse. La gestion de la COVID en est l’aboutissement logique ou une Autorité Centrale entourée de quelques “”conseils” s’empare de tous les pouvoirs et gère par l’idéologie, la peur et le mensonge une épidémie qui est un problème médical. Ce n’est pas une “dictature sanitaire”.  C’est du totalitarisme. Les politiciens Français ont parachevé leur œuvre destructrice des Droits Naturels Individuels Universels « Personnalité, Liberté, Propriété, — voilà l’homme ». La Loi (1850)

 

Tout espoir n’est pas perdu. 

Ceux qui veulent connaître ce qu’est vraiment le Libéralisme trouveront en Bastiat une source extraordinaire d’enseignement. Son bon sens détonne avec l’irrationalité, la panique et l’émotionnel qui prévalent dans notre société aujourd’hui.

À partir de son œuvre il est possible d’extraire quelques principes et propositions très simples mais fondamentaux. Ils sont libres de droits et le Cercle les mets à la disposition de tout parti politique ou de toute personne qui désirerait les adopter, les travailler, afin de les mettre en œuvre :

Principes :

La loi (1850), Services privés, service public (1850).

– Ils répondent à la question jamais tranchée en France : qui fait quoi ? Ils précisent ce qui appartient à l’État, et ce qui appartient aux gens.

– L’État ne se disperse pas. Il se concentre sur ses fonctions régaliennes. Il réprime les atteintes à la Liberté, à la Propriété, à la Personnalité.

– Bastiat a révolutionné l’économie politique en la concevant du point de vu du consommateur. Pour parvenir à cet État limité à ses fonctions régaliennes il faut laisser la parole aux « consommateurs » des services publics. Chacun doit avoir le libre choix de solliciter la structure qui lui convient et dont il attend un service.

Les ressources des gens :

La loi (1850), Justice et Fraternité (1848), Paix et Liberté. Le budget républicain (1849).

– Pour que les gens puissent choisir librement ils doivent rester maîtres de leur ressources. D’où :

La libre disposition de l’intégralité des revenus pour tous. Pour le salarié il s ‘agit du salaire complet. Pour le non salarié c’est le chiffre d’affaire diminué des frais nécessaires à l’exercice de la profession.

– Une fiscalité simple, un seul impôt strictement proportionnel aux revenus.

La baisse des impôts est première. C’est elle qui, en permettant le libre choix, (services privés ou service public) aux personnes, entraînera la baisse des dépenses publiques. L’augmentation du pouvoir d’achat est financière mais consiste aussi à un plus grand choix de services offerts à la libre décision de l’individu. C’est le « pouvoir d’acheter un service », par exemples retraites, santé…

La Prévoyance et la solidarité :

Des salaires (1850), Justice et fraternité (1848).

– La prévoyance personnelle et défiscalisée pour permettre de s’assurer soi-même auprès de l’assurance de son choix contre la maladie et pour préparer sa retraite.

– Un filet de sécurité : une seule aide à la personne les remplaçant toutes. Le chèque assurance-santé pour les personnes démunies. Le chèque scolaire pour rendre aux parents la liberté de choisir l’éducation donnée à leurs enfants. Le chèque logement pour les personnes en difficultés etc. Grâce à cela les personnes pauvres conservent leur libre arbitre et leur dignité. Être pauvre n’est pas synonyme d’être incapable de décider et choisir.

La liberté économique et la vie privée :

La loi (1850), Propriété et loi (1848), Association pour la liberté des échanges (1846) ,

L’échange (1850), À MM. Les électeurs de l’arrondissement de Saint-Sever (1846),

– L’autonomie des établissements d’enseignement.

– La non intervention de l’État dans la vie des entreprises et dans les échanges producteurs consommateurs.

– La liberté des relations propriétaireslocataires.

L’autorisation de construire reposant sur le droit de Propriété, avec comme seul critère l’absence de nuisance au voisinage.

– La liberté religieuse dans le respect des Droits naturels individuels.

La sécurité intérieure et extérieure, la justice et la paix :

La Loi (1850), l’État (1848), Le licenciement (1850), Le percepteur (1848),

Les armements en Angleterre (1848), Paix et liberté ou le budget républicain (1849)

Le libre échange et la paix : l’un étant la condition sine qua non de l’autre

– Les citoyens partie prenante de leur sécurité, la légitime défense redéfinie.

– L’armée : puissante, respectée, bien équipée, bien entraînée.

– La police et la Justice débarrassées des faux délits engendrés par les faux droits, concentrées sur la protection des biens et des personnes, impartiales, égalitaires, elles ont la confiance des Français. Elles bénéficient de moyens matériels, humains et législatifs suffisants.

L’amour de la France :

Cette notion mérite que l’on s’y attarde. La France est de nos jour calomniée et son histoire est réécrite dans un sens péjoratif. Cette histoire ne fait plus connaître, respecter, ni aimer la France. La repentance en résulte. L’effondrement des sociétés, des civilisations, quand on y réfléchit, a toujours des causes endogènes qui parfois confinent à l’élan suicidaire. Bastiat ne s’est pas étendu sur la question de l’amour du pays, ni dans un sens ni dans un autre. Parce que à son époque cette question ne se posait pas. (La question de l’islam ne se posait pas non plus.) L’idée de nation était forte. – « Assurément, dans le cercle des relations privées, le caractère français n’a pas de comparaison à redouter, en ce qui concerne l’indépendance et la fierté. À Dieu ne plaise que je diffame mon pays, encore moins que je le calomnie. » Paix et liberté ou le budget républicain (1849)

Le pardon :

Ce n’est pas un signe de faiblesse, ce n’est pas l’oubli. C’est un acte volontaire envers ceux qui ont mis en place et fait fonctionner la spoliation légale, ruinant ainsi le pays. C’est un acte volontaire envers ceux qui ont fuit cette spoliation légale d’une manière ou d’une autre. Il recrée l’harmonie sociale. Il ne sera pas possible de « rebâtir la France » en laissant croupir des haines recuites, de vielles rancœurs, des conflits mal éteints. La remise à zéro des compteurs permet de faire preuve de fermeté et de détermination.

Patrick de Casanove

Président du Cercle Frédéric Bastiat.

Iconographie

Dessin de Frédéric Bastiat
Dessin de Frédéric Bastiat
Gravure de Bastiat
Gravure de Bastiat
Buste de Bastiat à Mugron
Buste de Bastiat à Mugron

Histoire de ce buste :

En 1866, un comité se forma à Mugron afin de faire ériger une statue de Bastiat sur la place principale. Son exécution fut confiée au sculpteur Vital Dubray. La statue, reproduite ci-dessous, fut inaugurée le 23 avril 1878. Elle comprenait le buste de Bastiat en bronze au sommet du monument, avec à ses pieds une statue de femme, également en bronze représentant la Renomée, qui éEn 1866, un comité se forma à Mugron afin de faire ériger une statue de Bastiat sur la place principale. Son exécution fut confiée au sculpteur Vital Dubray. La statue, reproduite ci-dessous, fut inaugurée le 23 avril 1878. Elle comprenait le buste de Bastiat en bronze au sommet du monument, avec à ses pieds une statue de femme, également en bronze représentant la Renomée, qui écrivait sur le marbre les principales oeuvres de Bastiat. crivait sur le marbre les principales oeuvres de Bastiat.

En 1942, les Allemands, à la recherche de métaux non ferreux, démolirent la statue pour s’emparer du bronze. Heureusement, il existait encore un moule du buste, pris et confié à la garde de la municipalité, ce qui en permit la reconstitution.

Statue en la mémoire de Frédéric Bastiat à Mugron
Statue en la mémoire de Frédéric Bastiat à Mugron

Quelques photos de la maison de Frédéric Bastiat

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Histoire de cette propriété :

La famille de Frédéric Bastiat était originaire de Laurède. Propriétaire terrien, l’arrière grand-père avait émigré à Mugron, après son mariage, pour y fonder un négoce. Il occupait la maison de la place Frédéric Bastiat qui est devenue aujourd’hui la perception. Il aura neuf enfants. L’un d’entre eux, le grand père de Frédéric, alla s’établir à Bayonne pour y ouvrir une succursale de la maison landaise. Il s’y maria en 1770, et il eut 8 enfants. Il se créa alors une résidence secondaire près de Mugron, à Souprosse, en acquérant après la révolution le domaine de Sengresse, classé bien national et qui avait appartenu au comte de Béthune-Charrost. Ce domaine, comprenait une belle maison de maître et plusieurs métairies.

Son fils aîné travaillait dans l’affaire familiale avec l’un de ses frères et l’un de ses beaux frères, M. de Monclar. Il se mariât vers 1800 avec une jeune fille de Bayonne. De cette union va naître Frédéric, en 1801, puis une sœur qui mourra en bas âge. Mais les parents de Frédéric sont atteints de tuberculose. Sa mère meurt en 1808, alors que Frédéric n’a que 7 ans. En 1810, il perd sa grand mère. Son grand père se retire alors avec sa fille Justine dans la maison de Mugron, emmenant avec lui Frédéric et son père, qui va mourir à son tour la même année. Frédéric va être élevé par sa tante, Mlle Justine Bastiat. Elle l’enverra faire ses études à l’excellent collège de Sorèze, dans le Tarn.

A la fin de ses études, il sera embauché dans la maison de commerce de Bayonne par son oncle de Monclar.

En 1825, alors qu’il a 24 ans, son grand-père meurt. Il hérite de la gentilhommière de Sengresse, où il va s’installer, et de 3 métairies. Pendant quelques années, il va s’y consacrer entièrement. Son objectif était de remplacer l’assolement triennal, qui laissait un tiers des terres en jachère, par la culture alterne. Dans un premier temps, il décida d’enlever du domaine dix hectares de terre pour y faire des cultures expérimentales. Pour cela il prit avec lui des jeunes de dix à quinze ans pour travailler avec lui. Mais ces expériences se soldèrent par un échec, et il laissa ses métayers s’occuper tous seuls de leurs terres.

Bastiat, qui n’avait pas de descendant direct, avait légué Sengresse à sa tante Saubade Victoire Bastiat, qui était mariée à Henry de Monclar, ancêtre des Gavardie de Monclar. La maison a été longtemps habitée par le fils aîné de la famille Dufaur de Gavardie de Monclar. Depuis 2004, elle est habitée par un couple d’anglais, M.et Mme Mc Lusky, qui n’avaient jamais entendu parler de Bastiat auparavant, mais qui se sont fait un point d’honneur de venir nous faire une visite au Cercle Frédéric Bastiat.

Tombe de Bastiat située dans l’église Saint-Louis de Français à Rome.

Texte de la tombe :

ICI REPOSE

FREDERIC BASTIAT

REPRESENTANT DU PEUPLE A L’ASSEMBLEE NATIONALE
CORRESPONDANT DE L’INSTITUT DE FRANCE
NE A BAYONNE EN 1801
MORT A ROME LE 24 DECEMBRE 1850

L’ASSEMBLEE NATIONALE REGRETTE EN LUI UN REPRESENTANT
AUSSI ECLAIRE QUE CONSCIENCIEUX
L’ECONOMIE POLITIQUE, UN INTERPRETE EMINENT
DE SES PLUS PURES DOCTRINES ET DE L’HARMONIE DE SES LOIS
ET SA FAMILLE NE SE CONSOLE D’UNE SEPARATION SI DOULOUREUSE
QUE PAR LE SOUVENIR DE SA MORT CHRETIENNE
in pace