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Billet du président

La crise dite des Urgences

Cette crise est en pratique celle des services d’accueil des urgences médicales. Cela fait plusieurs mois que ces services, ainsi que les pompiers qui font aussi partie des services d’urgences, sont en conflit avec le gouvernement.

Le problème de base est que les Urgences sont engorgées.  » 21 millions de passages aux urgences, hausse quasi permanente depuis 20 ans  » https://www.lequotidiendumedecin.fr/actus-medicales/sante-publique/21-millions-de-passages-aux-urgences-hausse-quasi-permanente-depuis-20-ans

En médecine une urgence est un problème pour lequel doit être trouvé une solution rapide. La plus grave est l’urgence vitale qui met en jeu la vie de la personne dans les minutes ou les heures qui suivent. L’engorgement tient au fait que les Urgences reçoivent bien d’autres cas que les  » urgences « . Il n’en fut pas toujours ainsi.

L’ordre spontané (ou presque…)

J’ai commencé mes études de médecine en 1977. Quand j’étais étudiant, puis quand j’étais jeune médecin, n’arrivaient aux Urgences que … les urgences ! Étonnant, n’est-ce pas?

Au CHU de Bordeaux, au service  » Petits blessés « , aux côtés des infirmières et aides soignants, les Urgences étaient assurées pour la partie médecins, par d’abord l’externe, puis l’interne, puis le chef de clinique en fonction des compétences nécessaires. Chaque service par exemples orthopédie, neurochirurgie, envoyait ses médecins. À l’Hôpital des Enfants, les services étaient ceux de médecine pédiatrique ou chirurgie pédiatrique. Il faut reconnaître que, s’il y avait du travail, nous n’étions pas débordés et nous pouvions faire face sans difficulté autre que de manger en retard, voire de sauter le repas.

La spécialité de médecin urgentiste n’existait pas.  » Capacité daide médicale urgente (CAMU 1986-98), la capacité de médecine durgence (CMU depuis 1998), puis le DESC de médecine durgence (depuis 2004 et pendant encore 3-4 ans pour les générations dinternes davant 2017)

La médecine durgence est devenue officiellement une spécialité médicale à part entière le 13 novembre 2015 [1] avec la publication de larrêté qui a créé le diplôme détudes spécialisées (DES) de médecine durgence [2]. Mais cest lannée 2017 qui verra la première génération dinternes qui choisiront demblée la médecine durgence à lexamen classant national (ECN). « 

Ann. Fr. Med. Urgence DOI 10.1007/s13341-017-0710-z

 

Les médecins généralistes, en ce temps-là, étaient fréquemment sollicités pour les Urgences. Selon l’endroit, nous étions appelés pour des accidents de voiture, de tracteur, de machine, des chûtes de toit, d’escabeau ou d’échelles, des accidents domestiques, des plaies et des traumatismes divers, entorses graves et fractures, etc.

Nous prenions aussi en charge des syndromes coronariens aigus, des œdèmes aigus du poumon, des accidents vasculaires cérébraux, des crises d’asthme sévère, des douleurs abdominales aiguës, des pertes de connaissances, des troubles graves du comportement etc….

Nous n’envoyions que rarement des personnes aux  » urgences « . Seulement celles que nous ne pouvions prendre en charge à domicile.

Il faut avoir conscience qu’alors, la Sécu remboursait les maigres frais déplacement qu’elle autorisait au médecin, même si l’état de santé du patient aurait pu lui permettre de venir jusqu’au cabinet médical. La conséquence était qu’à l’époque, en milieu rural et semi-rural, nous faisions beaucoup de visites. Très souvent un déplacement permettait de prendre en charge plusieurs personnes (en termes de nomenclature, donc comptable, cela voulait dire une visite et x consultations, donc un seul déplacement facturé).

Chaque médecin s’organisait pour être facilement joignable. Par exemple en donnant le planning de ses visites avec les heures prévues. Il suffisait à la personne en charge de recevoir les appels patients, de téléphoner au domicile de la personne prévu en visite à l’heure dite, pour joindre le docteur. Pour ceux qui s’en souviennent c’était l’époque de la CB. certains médecins avaient opté pour un système de radio communication privé, composé de une base et d’un mobile par médecin. Une CB personnelle en quelque sorte pour laquelle il fallait acquérir une licence spécifique.

Le grand nombre de visites avait un avantage pour la prise en charge des urgences : nous étions très mobiles donc très réactifs. Nous pouvions interrompre à tout moment la  » tournée  » pour nous rendre auprès d’une personne nécessitant une intervention rapide du docteur.

Les patients prévus dans la  » tournée  » ne se plaignaient quasiment jamais du retard du médecin. Même s’ils connaissaient l’heure habituelle de son passage ils ne l’attendaient pas vraiment. Ils vaquaient à leurs occupations et savaient que le docteur pouvait être retardé à cause d’une urgence. Ils lui étaient souvent reconnaissants de passer les voir, bien qu’il ait beaucoup de travail. Ils savaient que, la prochaine fois, ce serait peut-être eux qui auraient besoin d’une intervention urgente du médecin… et qu’il viendrait. Cela créait des liens de confiance.

Comme chez beaucoup de médecins, mes consultations étaient alors sans rendez-vous. Chacun passait dans l’ordre d’arrivée. Tous attendaient patiemment. Il était aisé au médecin d’intercaler une urgence. Il lui était aussi facile de quitter le cabinet médical en cas de nécessité.

En ce qui concernait la nuit, les week-ends et les jours fériés, les médecins du secteur avaient créé une association pour organiser les gardes et des séances de formation médicale continue indépendantes des laboratoires pharmaceutiques. Grâce à ce système il y avait un médecin de garde pour un secteur d’environ 22000 habitants. Le journal local publiait le nom et le numéro du médecin de garde. Ces renseignements étaient aussi sur les répondeurs, ils étaient affiché sur les pharmacies, les gendarmes les connaissaient. Les gens étaient parfaitement rodés. Les gardes étaient chargées. Une petite garde comprenait une soixantaine d’actes, une grosse garde dépassait les cent. Il s’agissait essentiellement de visites à domicile. Les pathologies comprenaient quelques urgences vitales et beaucoup de pathologies aiguës ne mettant pas en jeu le pronostic vital. Il n’est pas inutile de préciser que, beaucoup de personnes avec des traumatismes liés aux activités sportives du week-end, attendaient le lundi matin pour voir leur médecin.

Il était beaucoup plus facile qu’aujourd’hui de joindre par exemple un chirurgien, un cardiologue et de lui adresser directement la personne sans passer par les Urgences, qui d’ailleurs n’existaient qu’à l’hôpital. Le spécialiste la prenait aussitôt en charge à son arrivée.

L’inexistence d’un médecin traitant déclaré à la Sécu rendait les médecins très accessibles. Les gens savaient parfaitement qui étaient leur médecin traitant, ou quel médecin ils choisiraient en cas de besoin. Ils savaient aussi qu’aucun médecin ne refuserait, sauf s’il ne pouvait vraiment faire autrement, de les prendre en consultation. En cas d’impossibilité il était facile de trouver un confrère ayant une  » petite place  » disponible. Il arrivait que le médecin momentanément surchargé, appelle lui même son confrère.

Ces années là, bien que les problèmes de la Sécu aient surgis dès sa création, « Remarquons en passant qu’en 1952 (…) Antoine Pinay (…) avait déclaré qu’étant donné les grandes difficultés de la France, il avait préparé les textes d’une réforme de la Sécurité sociale (…). Il reste que face à l’augmentation – continue depuis l’origine – des « dépenses de maladie », le ministre des Affaires sociales de l’époque, M. Gazier, doit dès 1957 préparer un projet pour soi-disant les « maîtriser » https://www.amazon.fr/sécurité-sociale-comment-sen-sortir/dp/2848800291. il n’y avait encore que très peu de contraintes, hors l’art médical proprement dit. Mais cela commençait à changer. La tâche était lourde, les responsabilités importantes, mais le plaisir de soigner était prédominant. Les conditions de travail étaient agréables. Les tâches administratives étaient réduites au minimum. La Sécu ne se mêlait quasiment jamais de notre travail. La qualité des relations humaines crées dans ce contexte de travail étaient extraordinaires.

Comment en est-on arrivé à la situation d’aujourd’hui ?

 

L’ordre beaucoup moins spontanément

La médecine générale assassinée

Il est admis que la médecine générale est la médecine de premier recours. Les insuffisances de la permanence des soins en médecine générale ( appelée fréquemment médecine de ville, bien que comprenant un important volet rural. ) sont parmi les causes retenues de l’engorgement des Urgences.

Nous avons vu, qu’il y a plusieurs années, l’insuffisance de la permanence des soins n’existait pas. Si la France en est arrivée là c’est que ses gouvernements successifs ont fini, à force d’interventionnisme, par détruire ce qui existait et par stériliser toute initiative. Il y a eu, il y a toujours, une volonté délibérée de briser la médecine générale, voire la Médecine elle même, en saucissonnant les pratiques, en multipliant les normes, en lui interdisant de prendre des initiatives pour innover, pour faire jouer la concurrence en terme d’organisation des cabinets et de service rendu à la population.

 » Pour Mathias Mattalah, spécialiste des questions de santé,  » Cette crise des urgences est d’abord une crise de la médecine de ville.  »  » Les médecins doivent déléguer davantage de tâches pour alléger leur charge de travail. » https://www.lemonde.fr/sante/article/2019/09/10/cette-crise-des-urgences-est-d-abord-une-crise-de-la-medecine-de-ville_5508548_1651302.html Malheureusement, depuis des années et des années, c’est le contraire qui est fait. Les politiciens assomment les médecins de tâches, non médicales, imaginées et appliquées par des technocrates, non médecins, ignorants du terrain. Il est fondé d’appeler cela la  » démédicalisation  » de la médecine qui consiste à utiliser les praticiens pour autre chose que le soin,

 Frédéric Bastiat écrivait au XIXème siècle :

Dans la sphère économique, un acte, une habitude, une institution, une loi n’engendrent pas seulement un effet, mais une série d’effets. De ces effets, le premier seul est immédiat ; il se manifeste simultanément avec sa cause, on le voit. Les autres ne se déroulent que successivement, on ne les voit pas ; heureux si on les prévoit.

Entre un mauvais et un bon Économiste, voici toute la différence : l’un s’en tient à l’effet visible ; l’autre tient compte et de l’effet qu’on voit et de ceux qu’il faut prévoir.

Mais cette différence est énorme, car il arrive presque toujours que, lorsque la conséquence immédiate est favorable, les conséquences ultérieures sont funestes, et vice versa. — D’où il suit que le mauvais Économiste poursuit un petit bien actuel qui sera suivi d’un grand mal à venir, tandis que le vrai économiste poursuit un grand bien à venir, au risque d’une petit mal actuel.

Cette crise dite des urgences ne saurait être dissociée de la faillite de notre système de soins. Elle n’en est qu’une preuve supplémentaire. A condition d’ouvrir les yeux et de bien vouloir considérer la réalité comme factuelle et non pas la rejeter comme non conforme à un monde imaginaire planifié. Autrement dit admettre que ce n’est pas la réalité qui a est fausse.

Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas (1850)

Il y a ce qu’on voit : pour faire de économies, les gouvernements successifs ont multiplié les contraintes et alourdi la charge de travail des médecins généralistes. Ils ont accablé les médecins de tâches administratives, ils les ont  » fliqués  » et leur ont imposé un nombre sans cesse croissant de contraintes. Il y a ce qu’on ne voit pas : la disparition des incitations productives.

Il y a ce qu’on voit : pour faire des économies les médecins ont vu leur rémunération gelée pendant des années, ne leur permettant pas d’embaucher pour les aider, ni pour équiper leur cabinet comme il devrait l’être au XXIème siècle. Il y a ce qu’on ne voit pas : encore la disparition des incitations productives. Il y a une autre raison pour maintenir les honoraires bas. Il s’agit de contraindre les généralistes, s’ils veulent avoir des revenus décents compte tenu de leurs responsabilités, à voir beaucoup de patients. L’État espère compenser ainsi le manque de praticiens. ( » En même temps  » le paiement à l’acte est critiqué comme entraînant une inflation des actes, donc des coûts pour la Sécu. )

Il y a ce qu’on voit : l’encadrement rigide de la pratique médicale pour faire des économies et sauver la dite Sécu. Il y a ce qu’on ne voit pas: le blocage de l’évolution des cabinets médicaux de médecine générale. Ces derniers n’ont que très peu, pour ne pas dire quasiment pas, de moyens matériels, ni humains, pour assurer leurs missions. Aujourd’hui ils ont aussi peu d’équipement et pas beaucoup plus de personnel, qu’en 1977, voire 1957. À titre d’exemple, il y a en France seulement un cabinet de médecine générale sur trois où travaille une secrétaire. Celle-ci effectue le secrétariat pour trois médecins en moyenne. Les conditions de travail des généralistes n’ont rien à voir avec celles des autres pays européens comparables.

Il y a ce qu’on voit : économiser quelques euros, en ne remboursant plus systématiquement le déplacement du médecin. Il y a ce qu’on ne voit pas : la Sécu a rompu un équilibre. Les gens sont obligés de se déplacer à la consultation. Leur nombre impose des rendez-vous et le système du rendez-vous, couplé à la salle d’attente pleine empêche, en pratique, le médecin de quitter son cabinet médical. Il ne facilite pas non plus l’accueil des urgences au cabinet. Quant à la possibilité de déplacement en urgence du médecin il est, sauf exception, inenvisageable. Les médecins, dans la  » vraie vie « , sont « scotchés » à leur cabinet. Ils ont perdu réactivité et mobilité.

Il y a ce qu’on voit : économiser quelques euros en  » rationalisant  » le parcours de soins par l’obligation de déclarer un médecin traitant, sous peine de mauvais remboursement. Il y a ce qu’on ne voit pas les médecins qui choisissent la qualité de vie (la féminisation et les 35 heures n’y sont pas non plus pour rien), et limitent leur nombre de patients. Il s’en suit l’aggravation de la pénurie par la diminution de l’offre. Diminution de l’offre toujours, pour faire des économies les gouvernements n’ont autorisé la formation que d’un nombre insuffisant de médecins (numerus clausus). Les politiciens français ont réduit l’offre espérant réduire la demande.

Enfin il faut mentionner la culpabilisation des médecins généralistes. Aujourd’hui on dirait plutôt stigmatisation. Ils sont accusés d’être vendus aux laboratoires pharmaceutiques, d’être de mauvais prescripteurs : trop de médicaments, trop de kinésithérapie, trop d’arrêts de travail, trop de transports. Ils sont accusés d’être peu disponibles, d’être responsables des déserts médicaux à cause de leur liberté d’installation, d’ailleurs régulièrement mise en cause.

Tout cela crée de très mauvaises conditions de travail, où le temps administratif dévore le temps de soin. Mais surtout ces mauvaises conditions détruisent la motivation des médecins. Très peu de jeunes médecins choisissent la médecine générale et beaucoup de généralistes aguerris dévissent leur plaque.

Comment voulez-vous, dans ses conditions, trouver des généralistes pour cette médecine de premier recours?

L’hôpital public affamé

L’hôpital public est l’enfant chéri du régime collectiviste. Malgré, ou à cause, de cela il rencontre de nombreuses et lourdes difficultés, en particulier financières. C’est donc de l’intérêt de l’hôpital d’accueillir les urgences massivement. Si les Urgences sont gratuites pour ceux qui s’y rendent, cela contribue à l’afflux, elles ne le sont pas pour la collectivité qui paie le prix fort.

Il faut savoir que tout passage, quel qu’il soit, lui rapporte de l’argent :  » En 2016, le coût moyen pour l’assurance maladie, quel que soit le degré de gravite de la pathologie du patient, d’un passage aux urgences sans hospitalisation en UHCD, a été de 148 € 183. Si l’on considère les coûts assurance maladie lies aux passages correspondant a des consultations simples (CCMU 1), il a ete de 115 € en journée, 150 € la nuit et 134 € le week-end184 dans les établissements publics et prives a but non lucratif185. Par comparaison, une consultation en ville est revenue, pour l’assurance maladie, a 25 € en journée, a 71 € la nuit et a 54 € le week-end, et la visite a domicile a 84 € en journée et 104 € la nuit (compte tenu du forfait d’astreinte). » https://www.ccomptes.fr/system/files/2019-02/08-urgences-hospitalieres-Tome-2.pdf

Le docteur Jean-Paul Hamon, président de la FMF, dans son livre : La fin de notre système de santé? paru en 2015, avait retenu le chiffre de 250 euros par passage aux Urgences. Il proposait que ces 250 euro soient versés aux médecins généralistes, pour chaque patient vu en urgence, afin de les remotiver. https://www.amazon.fr/Fin-notre-système-santé-heureux/dp/2226312803/ref=sr_1_1?__mk_fr_FR=ÅMÅŽÕÑ&keywords=jean+paul+hamon&qid=1573144167&sr=8-1 200 à 250 euros par passage est aussi la valeur retenue par le Chirurgien Bernard Kron. https://www.sudradio.fr/programme/andre-bercoff-dans-tous-ses-etats/

 

Un système socialiste

La crise des Urgences traduit une pénurie. Quand on entend pénurie, on pense manque de moyens.

Or, cette crise des Urgences ne peut être réduite à un manque de moyens. Quand on connaît le montant des dépenses sociales en France, l’argument ne tient pas. En dépenses sociales, « Avec près de 32% du PIB, soit de la richesse nationale, la France arrive en tête des 28 états de l’UE en 2017. (…) Elle prend en charge 15% des dépenses sociales mondiales, pour un pays qui compte mois de 1% de la population mondiale et dont le PIB correspond à 4% du PIB mondial. »   http://www.economiematin.fr/news-france-depenses-sociales-etats-providence « En 2018, la consommation de soins et de biens médicaux (CSBM) est évaluée à 203,5 milliards d’euros (tableau 1), soit 3 037 euros par habitant. » soient 8,6% du PIB. https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/cns2019.pdf

Le souci est que ces dépenses colossales sont effectuées en dépit du bon sens.

  • Parce que l’information des prix n’existe pas. Aucun prix n’est libre dans ce secteur d’activité. Les coûts des dépenses de santé ne sont que des tarifs administratifs et des marqueurs politiques.
  • Parce que la concurrence, qui est le libre choix, n’existe pas non plus. La Sécu est un monopole dont les Français ne peuvent sortir pour trouver mieux ailleurs. Ils n’ont pas le libre choix de leur assurance maladie et c’est l’État qui détermine les pathologies pour lesquelles ils seront pris en charge… ou pas. L’absence de concurrence interdit de trouver la meilleure solution au meilleur prix.

Pas d’information fiable, pas de concurrence, choix politiques entraînent ce que l’on appelle le « mal-investissement. » https://www.wikiberal.org/wiki/Mal-investissement typique d’un système socialiste. Voici ce qu’est le  » socialisme » pour Frédéric Bastiat : « C’est ce qui est arrivé. La chimère du jour est d’enrichir toutes les classes aux dépens les unes des autres; c’est de généraliser la Spoliation sous prétexte de l’organiser. Or, la spoliation légale peut s’exercer d’une multitude infinie de manières; de là une multitude infinie de plans d’organisation: tarifs, protection, primes, subventions, encouragements, impôt progressif, instruction gratuite, Droit au travail, Droit au profit, Droit au salaire, Droit à l’assistance, Droit aux instruments de travail, gratuité du crédit, etc. Et c’est l’ensemble de tous ces plans, en ce qu’ils ont de commun, la spoliation légale, qui prend le nom de Socialisme. » La Loi 1850 https://www.bastiat.net/citations/. Le « mal-investissement » entraîne d’énormes gaspillages. Dans un système capitaliste vrai, c’est à dire qui ne soit pas du capitalisme de connivence, les dépenses sont effectuées avec discernement et les moyens alloués là où ils sont les plus utiles et efficaces. Il n’y pas de gaspillage structurel et le gaspillage accidentel est vite corrigé.

À ce stade il faut parler des fraudes, qu’il ne faut pas confondre avec les gaspillages. La lutte contre les fraudes qui sauvera la Sécu, est un marronnier. En réalité ces fraudes arrangent bien du monde. C’est peut-être pour ça qu’elles sont énormes et persistantes. Elles sont un bouc émissaire facile aux problèmes de Sécu. Cela évite de poser les questions de fond et de remettre en cause le système lui même. Elles servent au politicien à acheter des voix, voire la paix sociale. Elles sont aussi révélatrices d’un système socialiste.

Agnès Buzyn n’a donc rien compris quand elle dit vouloir “mettre de l’argent dans des solutions qui vont régler le problème” comme si l’argent réglait tout. Cela dit il n’y a rien d’étonnant. Nos gouvernants sont des matérialistes, cela leur évite de remettre en cause leur idéologie délétère. Quel que soit le problème les gouvernements successifs, les syndicats concernés, de nombreux médias et bien d’autres ont toujours une même explication : le manque de moyens. Pour ces gens là, n’importe quel problème ne peut avoir qu’une solution matérielle.

Cela prouve que, dans un État-providence, seul le matériel compte, l’humain est secondaire. À moins qu’ils ne considèrent les personnes que comme du « matériel humain ».

« Il suffit d’ouvrir, à peu près au hasard, un livre de philosophie, de politique ou d’histoire pour voir combien est fortement enracinée dans notre pays cette idée, fille des études classiques et mère du Socialisme, que l’humanité est une matière inerte recevant du pouvoir la vie, l’organisation, la moralité et la richesse; ou bien, ce qui est encore pis, que d’elle-même l’humanité tend vers sa dégradation et n’est arrêtée sur cette pente que par la main mystérieuse du Législateur. (…) Et que sont les hommes en tout ceci? La machine qu’on monte et qui marche, ou plutôt la matière brute dont la machine est faite!  »

Frédéric Bastiat, La Loi (1850)

Cela prouve que dans la social démocratie qui est la nôtre, l’objectif est d’obtenir de l’État une part plus importante de la « spoliation légale » ou d’essayer d’y échapper. Frédéric Bastiat a raison quand il écrit :

« L’État, c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde. » L’État (1848).

De même qu’elle ne peut être limité au côté matériel, la  » crise des Urgences  » ne peut se limiter aux seules  » Urgences « . Cet événement n’est qu’une des parties émergées de la faillite de notre système de santé. La vérité est que cette faillite démontre l’échec de la conception de notre système de protection sociale, lui même n’étant qu’un témoin de l’échec de la conception de notre organisation sociale qui date de 1945. Issues du programme du Conseil National de la Résistance ( CNR ) https://fr.wikipedia.org/wiki/Programme_du_Conseil_national_de_la_Résistance les Ordonnances de 1945, 4 octobre https://www.legislation.cnav.fr/Pages/texte.aspx?Nom=ORD_4510_04101945 et 19 octobre, https://www.legislation.cnav.fr/Pages/texte.aspx?Nom=ORD_452454_19101945 ont fait de la France un pays socialiste.

Voici les buts de la Sécurité Sociale :

« L’Assurance Maladie protège durablement la santé de chacun – dans sa vie personnelle ou professionnelle – en agissant auprès de tous. C’est sa raison d’être. Concrètement, elle accompagne 60 millions d’assurés tout au long de leur vie, en prenant en charge leurs soins quels que soient leurs ressources, leur situation ou leur état de santé.

Elle garantit ainsi un accès universel aux droits et elle permet l’accès aux soins. » https://assurance-maladie.ameli.fr/qui-sommes-nous/action/mission-generale/mission-generale

 » Les ordonnances des 4 et 19 octobre 1945 créent une organisation de la Sécurité sociale qui fusionne toutes les anciennes assurances (maladie, retraite…) et garantit à chacun qu’en toutes circonstances il disposera des moyens nécessaires pour assurer sa subsistance et celle de sa famille dans des conditions décentes. «  https://assurance-maladie.ameli.fr/qui-sommes-nous/histoire/histoire

Force est de constater que les missions confiées à la Sécurité Sociale ne sont pas remplies. Le principe :  » chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins  » n’est pas respecté non plus. Dans l’archipel de ce fiasco on trouve les pénuries de médecins, d’infirmières, d’aides-soignants, la misère des EHPAD, la pénurie de lits révélatrice de l’inadaptation du tissu hospitalier Médecine, Chirurgie, Obstétrique. (MCO) et psychiatrique. L’État confisque l’argent des Français pour, dit-il, qu’ils puissent se faire soigner. En fait il ne les rembourse que s’ils lui déclarent officiellement un médecin traitant et suivent le  » parcours de soins « . Cela s’ajoute à tous les déremboursements et non remboursements qui ne sont que le reflet de l’arbitraire étatique. En réalité, les actions de la Sécu sont concentrées de plus en plus sur le soin lourd, laissant les soins courants à la charge des personnes ou des mutuelles.

La politique de santé est, avec l’écologisme, le domaine de prédilection de la manipulation de l’opinion par la peur. Les thuriféraires du système, dont les politiciens qui ont le pouvoir, affirment  » si la Sécu n’existait pas vous ne seriez pas soignés « . Or les politiciens ont des impératifs propres. Ils veulent être élus. Ceux qui sont intéressés se reporteront avec profit à la Théorie des choix publics.  https://www.wikiberal.org/wiki/École_du_Choix_Public Pour un politicien, la politique de santé est un outil très efficace pour l’achat de voix grâce à la redistribution, l’alibi est la solidarité, difficile d’être contre. Le système de santé est la clé de voûte de la spoliation légale. Or aujourd’hui toute la politique de santé est organisée autour de : gérer la pénurie, diminuer l’offre, diminuer la responsabilité individuelle et le libre choix, systématiser la pseudo gratuité.

En France la médecine libérale n’a de libéral que le nom. Le secteur de la santé est extrêmement dirigiste, rigide, ce qui détruit, nous l’avons vu, les incitations à l’innovation et les incitations productives. Le corps médical, comme les patients, sont tenus de se conformer aux directives de la Sécu, de l’Assemblée, du gouvernement. Ce conformisme tue la Médecine. Tout cela entraîne l’inadaptation au XXIème siècle, la pénurie et le rationnement des soins. Les Urgences n’y échappent pas.

 

La réponse du gouvernement et ce qu’il faudrait faire

La réponse gouvernementale

Agnès Buzyn veut résoudre le problème de l’affluence aux Urgences par la mise en place de son plan de 750 millions sur trois ans.

Ce que prévoit ce plan consiste à réinventer l’eau tiède, à singer le marché. Soit organiser ce qui auparavant se faisait spontanément, ou qui aurait pu se faire si la liberté de travail avait existé.

 » Mais la grande nouveauté est à trouver du côté de la mise en place d’un « tout nouveau service public » d’ici à l’été 2020 avec la création d’un « service distant universel » dont le but est de « répondre à toute heure aux demandes de soins » des Français. Son nom : le « service d’accès aux soins » (SAS). En clair, ce « service » aux contours encore flous qui doivent être éclaircis en novembre prochain, offrira aux patients des “conseils”, une “téléconsultation” ou encore des “télésoins”… Et permettra aux patients de prendre rendez-vous avec un médecin généraliste dans les 24 heures en fonction des troubles rapportés par le patient. L’objectif : venir à bout des 43% de passages aux urgences présentés comme évitables si ces patients avaient su à qui s’adresser pour se faire soigner, peut-on lire dans le dossier de presse présentant ces mesures. Les détails de ce “service d’accès aux soins” (SAS) seront annoncés au mois de novembre. Une mutualisation des numéros de téléphone d’urgence (15, 18, 112, 116, 117) pourrait également voir le jour. https://www.marianne.net/societe/crise-des-urgences-un-gros-plan-pour-de-petites-avancees Un  » service public  » pour sauver un  » service public  » c’est le serpent qui se mord la queue.

Le ministre veut aussi « renforcer l’offre de consultations médicales sans rendez-vous », et donc pour désengorger les services d’urgences, le plan d’Agnès Buzyn entend par exemple s’appuyer sur les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), dispositif né en 2016, destiné à regrouper les professionnels de santé d’un territoire autour d’un projet médical pour assurer des soins de base. La nouveauté, à en croire la ministre, réside dans son déploiement « ambitieux » : « L’objectif étant de 1.000 CPTS en 2022 ». https://www.marianne.net/societe/crise-des-urgences-un-gros-plan-pour-de-petites-avancees Or librement organisés, il y avait toujours une place pour une consultation urgente ou non.

 » concernant l’élargissement des « compétences » aux professionnels non-médecins pour prendre en charge certains patients. Concrètement, des « protocoles de coopération » pourront voir le jour fin 2019 pour permettre d’une part aux masseurs-kinésithérapeutes de prendre en charge les lombalgies et les entorses de la cheville et d’autre part aux pharmaciens et aux infirmiers de s’occuper des « pathologies simples ». Par ailleurs, les pharmaciens pourront également « renouveler ou adapter » des ordonnances prescrites. Soit autant de dispositions déjà initiées par la réforme de l’hôpital de 2009 et réaffirmé par la loi Santé votée au mois de mars dernier.  » https://www.marianne.net/societe/crise-des-urgences-un-gros-plan-pour-de-petites-avancees

On entre là dans la délégation de tâches. Cette partie du dossier ne peut être traitée si l’on oublie que le médecin, aujourd’hui en France, est noyé dans des tâches non médicales et sous une paperasse sans cesse croissante. Quant à la  » création  » du métier d’assistant médical, sa mise à disposition en tout petit nombre et sous conditions ne résoudra pas grand chose. https://www.ameli.fr/medecin/actualites/des-assistants-medicaux-pour-retrouver-du-temps-medical

Ce métier existe depuis belle lurette en Suisse, pour tous les cabinets et avec d’autres équipements que nos pauvres cabinets de médecine générale https://www.egora.fr/actus-pro/billet-de-blog/46252-generaliste-en-suisse-j-ai-teste-les-assistants-medicaux-et-j-en-suis?nopaging=1

Bref, ce sont des réponses techniques à un problème qui est politique, parce que les choix en matière de santé sont faits sur des critères politiques.

Ce qu’il faudrait faire

Il y a pénurie. Si la cause n’est pas clairement identifiée et traitée, la pénurie persistera. Nous aurons une pénurie subventionnée, mais une pénurie quand même. C’est la même chose pour la pauvreté, que le socialisme induit, puis abreuve d’aides sociales. Les pauvres sont toujours pauvres, mais aidés. Or l’objectif devrait être qu’il n’y ait plus ni pénurie, ni pauvres.

La Sécu n’est plus qu’une entité administrative dont le but est de survivre.  » Il faut sauver la Sécu  » est le B.A-BA de la politique de santé en France alors que, pour le plus grand bénéfice des Français, cela devrait être : prendre  » en charge leurs soins quels que soient leurs ressources, leur situation ou leur état de santé. » comme rappelé supra dans les rôles dévolus à la Sécu.

Le système social français repose sur une erreur anthropologique qui consiste à croire que l’être humain est incapable de choisir avec discernement. À partir de là les gouvernants ( qui sont pourtant des êtres humains ) décident pour lui. Ils lui enlèvent son libre arbitre et sa responsabilité . Ce faisant les gouvernants détruisent son humanité.  » Ce n’est pas un moindre inconvénient à eux de détruire le principe de la responsabilité ou du moins de la déplacer. La responsabilité! Mais c’est tout pour l’homme: c’est son moteur, son professeur, son rémunérateur et son vengeur. Sans elle, l’homme n’a plus de libre arbitre, il n’est plus perfectible, il n’est plus un être moral, il n’apprend rien, il n’est rien. Il tombe dans l’inertie, et ne compte plus que comme une unité dans un troupeau.  » Frédéric Bastiat, Services privés, service public (1850)

 Il n’est pas possible de corriger plus de 70 ans d’errements politiques sans aller plus loin que  verser 750 millions pour solde de tout compte. Depuis 70 ans l’État a montré non seulement son incapacité à assurer une protection sociale pour tous mais aussi sa propension à aggraver le problème. Le modèle social de 1945 est en faillite. Disparition des incitations productives, nombre insuffisant de médecins formés, tout cela entraîne des pénuries dont les Urgences, pour ce qui nous occupe aujourd’hui, ne sont qu’une des victimes. Les pénuries entraînent des rationnements. Nous l’avons vu, mal-investissement, pénuries et rationnement sont des signes caractéristiques, pathognomoniques dirait un médecin, d’un système socialiste.

Pour venir à bout de la pénurie il faut créer l’abondance et la prospérité. Il faut donc sortir du socialisme et faire le choix d’un autre modèle social. Il faut revenir sur le système des droits sociaux qui sont de faux droits. Ce ne sont que des droits de tirage sur la société, des droits-créances sur le travail d’autrui. Il ne faut plus bâtir la société sur le vol, eut il le fabuleux alibi de la solidarité. La première chose à faire sera de revenir aux Droits naturels : rendre la liberté et respecter de la propriété privée.

Ce choix de société doit revenir aux Français directement grâce à la liberté de choisir le service qui leur convient le mieux. C’est le  » pouvoir d’achat « . Cela veut dire que l’État doit se retirer pour qu’une protection sociale, qu’un accès au soin de meilleure qualité, soit être mis en place.

C’est pourquoi, chaque fois que nous ne voulons pas qu’une chose soit faite par le Gouvernement, il en conclut que nous ne voulons pas que cette chose soit faite du tout. Nous repoussons l’instruction par l’État; donc nous ne voulons pas d’instruction. Nous repoussons une religion d’État; donc nous ne voulons pas de religion. Nous repoussons l’égalisation par l’État; donc nous ne voulons pas d’égalité, etc. C’est comme s’il nous accusait de ne vouloir pas que les hommes mangent, parce que nous repoussons la culture du blé par l’État.

Frédéric Bastiat, La Loi (1850)

Pour que les Français exercent leur  » pouvoir d’achat  » ils doivent disposer de l’intégralité de leurs ressources. Cela veut dire, pour le salarié, recevoir son salaire complet https://www.bastiat.net/salaire-complet-une-puissante-reforme/, pour un pensionné l’intégralité de ses pensions, pour un non salarié conserver l »intégralité de son chiffre d’affaire diminué des frais nécessaires à l’exercice de sa profession. Ce dispositif est complétée par une imposition simple, faible et proportionnelle pour remplacer le fatras étouffant actuel. https://ml2d.fr/

À partir de là, la protection sociale ne sera plus un monopole étatique mais sera ouverte à la concurrence. Les Français auront la liberté de choisir entre la Sécu, les Mutuelles ou les assurances. Ils n’auront qu’un interlocuteur Sécu, ou assurance, ou mutuelle au lieu de deux actuellement, Sécu plus mutuelle. Chacun choisira le contrat qui lui convient et il pourra librement en changer. Bien entendu personne ne sera, et ne pourra, être exclu pour raison de santé. Il existera une grande souplesse dans les contrats. Puisque les assurances et les gens seront liés par des contrats ils seront obligatoirement respectés. Là est le rôle de l’État. Alors qu’aujourd’hui aucun contrat ne garantit au Français qu’ils seront remboursés. Le remboursement dépend du caprice du législateur.

Le prix des services médicaux sera libre. Les médecins organiseront leur cabinet comme ils l’entendent en horaires, personnel et matériel. Ils ne seront plus soumis à des contrôles comptables, ni victimes de délits statistiques. Le contrôle qualité sera fourni, par exemple, par les Sociétés Savantes. Grâce aux vertus de la responsabilité et de la concurrence, si le service rendu par le médecin convient, les honoraires demandés seront acceptés. Si le service ne convient pas la personne trouvera ailleurs le service qui lui convient, ou les honoraires seront revus à la baisse.

La responsabilité, c’est l’enchaînement naturel qui existe, relativement à l’être agissant, entre l’acte et ses conséquences; c’est un système complet de Peines et de Récompenses fatales, qu’aucun homme n’a inventé, qui agit avec toute la régularité des grandes lois naturelles, et que nous pouvons par conséquent regarder comme d’institution divine. Elle a évidemment pour objet de restreindre le nombre des actions funestes, de multiplier celui des actions utiles. 

Frédéric Bastiat, Responsabilité (1850)

La médecine générale comme la médecine hospitalière retrouveront leur attractivité. Les besoins seront satisfaits par la merveilleuse loi capitaliste qui veut que si un besoin existe quelqu’un y pourvoira dans un échange libre, pour un prix satisfaisant les parties. Dans ce contexte, à partir du moment où un besoin de prise en charge des urgences existe il sera pourvu, au meilleur prix et sans gaspillages, et les médecins innoveront pour y répondre.

 

Docteur Patrick de Casanove

Président du Cercle Frédéric Bastiat

 

Pour plus de détails : https://www.bastiat.net/sante-retraites-comment-eviter-la-catastrophe-sociale/

ou Sécu : comment faire mieux https://www.amazon.fr/Sécu-comment-faire-Patrick-Casanove/dp/2917617675/ref=sr_1_2?__mk_fr_FR=ÅMÅŽÕÑ&keywords=sécu+comment+faire+mieux&qid=1573482130&sr=8-2

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