Loading...
Billet du président

La Suisse Pays prospère et apaisé

La Suisse est le pays le plus économiquement libre en Europe et le 3ème dans le monde. Elle a une longue tradition d’ouverture sur le monde mais garde jalousement son indépendance et sa neutralité. La Suisse n’a rejoint les Nations Unies qu’en 2002. Par deux fois l’adhésion du pays à l’Union Européenne a été rejetée à une large majorité lors de référendums. En 1992 les Suisses, consultés refusaient l’entrée dans l’Espace Économique Européen. (L’Espace compte aujourd’hui 31 membres mais toujours pas la Suisse. La Suisse a depuis signé plusieurs accords bilatéraux avec l’Union Européenne). Cela n’empêche pas une grande liberté des échanges et une très bonne imbrication dans le commerce mondial. Les droits de douanes effectivement appliqués sont souvent de 0%. Il existe quelques barrières non tarifaires au commerce. Le pouvoir et les administrations sont exempts de corruption significative. Les droits de propriétés sont profondément respectés. 

Il n’y a pas de hasard cette situation a des conséquences économiques très positives. Les Suisses bénéficient de revenus parmi les plus élevés au monde et d’un taux de chômage parmi les plus bas. De plus « La Suisse croule sous les excédents budgétaires « Le chiffre peut paraître martien pour beaucoup d’autres pays : la Suisse boucle son budget avec 9 milliards de francs suisses d’excédents (NDLR: 7,5 milliards d’euros). Il comprend les performances des entreprises publiques de la Confédération. Il n’en est pas moins spectaculaire (…) il faut remonter au début des années 2000 pour trouver un budget en déficit.».

 

Les conséquences positives ne sont pas qu’économiques. La Suisse est un pays apaisé.

Le système cantonal Suisse entraîne une large dispersion du pouvoir. Les Suisses ont gardé entre leurs mains une énorme partie du pouvoir de décider de leur vie. Ils ont intériorisé le fait qu’il vaut mieux donner peu de pouvoir à beaucoup de monde que beaucoup de pouvoir à peu de monde.

Les conflits sociaux à la française n’y existent pas. Le partenariat social est un des piliers de la Suisse. En moyenne entre 2006 et 2015 la France a perdu 123 jours de travail (Hors secteur public) pour 1000 employés pour fait de grève et la Suisse seulement 2.

En France les décisions se prennent du haut et de manière arbitraire. La discussion parlementaire est fictive. Quant à ce que l’on appelle « les négociations », elles n’ont lieu qu’entre des oligarques à casquette différentes. Ces décisions, qui viennent du haut, ne reflètent que le nouveau rapport de force au sein du système de spoliation légale qui prévaut dans notre pays. Peu de choses relèvent du libre choix, beaucoup du bon vouloir de l’État. L’équilibre de la vie quotidienne, toujours précaire dans ce mode de fonctionnement, est rompu à chaque élection. Les cartes de la spoliation légale sont rebattues. La vie des Français s’en trouve modifiée. Les Français le subissent, de là un sentiment d’injustice. Sentiment d’autant plus criant que les gouvernants répètent à l’envie qu’une réforme a des gagnants et des perdants. Or chacun a l’impression de perdre et personne ne voit jamais d’issue. Il ne peut en être autrement tant que dure la spoliation légale.

Il n’y a pas, comme en Suisse, de réel contre pouvoir, les individus n’ont pas voix au chapitre, la situation est figée pour longtemps. Il n’y a aucune porte de sortie sauf à s’emparer des leviers de la spoliation légale lors des prochaines élections et d’en modifier les bénéficiaires. La situation est bloquée, personne n’écoute plus personne. C’est pourquoi des conflits éclatent. L’actualité en apporte encore une fois la preuve, si besoin était. Pour ne signaler que les conflits nationaux nous avons : la grève à la SNCF et à Air France, les blocages et l’agitation universitaire, le conflit violent de Notre Dame des Landes. Compte tenu des circonstances la situation française, structurellement conflictuelle, durera aussi longtemps que durera la spoliation légale. Il y aura des trêves autour d’un état d’équilibre provisoire que d’autres gouvernements ou groupes de pression remettront en cause.

Laissons la conclusion à François Garçon, dont vous lirez le compte rendu de la conférence dans Lumières Landaises n°107 et sur ce site. : « Quelles leçons la France pourrait-elle ainsi tirer de l’exemple suisse ? La plus importante est sans doute l’efficacité des droits populaires comme facteurs de stabilité politique, comme instrument du consensus social et, comme en témoigne l’état général du pays, générateurs de prospérité »

Bonne lecture !

Regardez aussi la vidéo de cette conférence sur notre chaîne YouTube.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.