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Conférences

Le monopole public cause de tous nos maux

Pour traiter ce sujet, nous pouvons nous poser ces quatre questions : pourquoi ? Combien ? Jusqu’où ? Jusqu’à quand ?
Et y apporter ces réponses : pour rien ; beaucoup trop ; jusqu’à la ruine ; jusqu’à la reconquête libérale

Pourquoi ?

Le monopole public en France n’a aucune légitimité. Il provient d’une double hérésie, économique et juridique. Le monopole est le contraire de la concurrence. Le monopole public est protégé par l’État. La France est le pays des services publics. Karl Marx écrivait déjà en 1879 : « En France, le pouvoir exécutif dispose d’une armée de fonctionnaires de plus d’un demi-million de personnes et tient, par conséquent, constamment sous sa dépendance la plus absolue une quantité énorme d’intérêts et d’existence. L’État enserre, contrôle, réglemente, surveille et tient en tutelle la société civile, depuis ses manifestations d’existence les plus vastes jusqu’à ses mouvements les plus infimes, de ses modes d’existence les plus généraux jusqu’à la vie privée des individus ». Et pour conclure : « L’étatisme est le stade suprême du socialisme ». Le concept de monopole public vient de notre histoire étatiste. Nulle part ailleurs que dans les pays communistes l’État a une telle importance et le public a écrasé le privé.

Combien ?

Les monopoles publics se sont multipliés : transports (SNCF, RATP, AirFrance) ; énergie ; monnaie ; banques centrales ; sécurité sociale. La SNCF, par exemple, est obligée par la réglementation européenne de faire voyager sur ses rails des trains italiens, belges, espagnols etc., mais les créneaux qu’elle met à leur disposition sont en général entre 1h et 5h du matin. La monnaie aussi est sous monopole public et ce depuis le Moyen Age. Le monopole de la Sécurité sociale quant à lui a été extrêmement protégé en France. En 1992, une directive européenne prescrit la libre concurrence des assurances, qui peuvent couvrir n’importe quel risque, y compris les maladies. Mais en France, le texte a été mal interprété, preuve en est de l’arrêt Garcia (1996), sur un travailleur indépendant français qui refusait de payer ses cotisations sociales. Le tribunal a estimé que les organismes de sécurité sociales étaient en dehors du champs d’application de la directive 92/49. Donc, en France, tout le monde doit être en concurrence, sauf les organismes publics, ce qui est une interprétation fallacieuse du texte. Bruxelles accepte seulement depuis 2017 que la Sécurité sociale ne soit pas soumise à la concurrence en matière d’assurance maladie.

Cet important monopole public conduit à la ruine.

Jusqu’où ?

Jusqu’à la ruine économique, et peut-être encore plus grave, jusqu’à la ruine morale.
Ruine économique : un monopole public n’a pas de comptes à rendre, même pas à la Cour des comptes. Il est impossible économiquement de contrôler le fonctionnement de ces monopoles publics. Il est possible de comparer avec ce qui se passe à l’étranger, mais ces monopoles rendant tellement service aux Français, pourquoi leur demander des comptes ? Le monopole public ne peut pas faire faillite, il y aura toujours quelqu’un pour payer (i.e. le contribuable). Cette ruine est à cheval entre l’économie et la morale.
Ruine morale : quand la loi du profit régit les choses, on sait qu’il y a des gens qui contrôlent et qu’il y a une gouvernance d’entreprise. On sait également si une entreprise fonctionne ou non de manière correcte parce qu’il y a une possibilité d’avoir des comptes-rendus, d’avoir des actionnaires qui sont exigeants, qui sont désireux d’avoir du profit. Bref, c’est la marche au profit. Mais cette dernière permet à l’entreprise d’embaucher, de créer et d’investir, et c’est aussi la marque d’une bonne gestion. Le monopole public donne une impression d’irresponsabilité. Dans Les Harmonies économiques (1850), sur l’évolution des sociétés de secours mutuels, qui s’étaient créées dans les Landes, Bastiat écrit : « Supposez que le gouvernement intervienne. Il est aisé de deviner le rôle qu’il s’attribuera. Son premier soin sera de s’emparer de toutes ces caisses sous prétexte de les centraliser; et pour colorer cette entreprise, il promettra de les grossir avec des ressources prises sur le contribuable car, dira-t-il, n’est-il pas bien naturel et bien juste que l’État contribue à une œuvre si grande, si généreuse, si philanthropique, harmonieuse et humanitaire ? Ensuite, sous prétexte d’unité, de solidarité (que sais-je ?), il s’avisera de fondre toutes les associations en une seule soumise à un règlement uniforme. Mais, je le demande, que sera devenue la moralité de l’institution quand sa caisse sera alimentée par l’impôt ; quand nul, si ce n’est quelque bureaucrate, n’aura intérêt à défendre le fonds commun ; quand chacun, au lieu de se faire un devoir de prévenir les abus, se fera un plaisir de les favoriser ; quand aura cessé toute surveillance mutuelle, et que feindre une maladie ne sera autre chose que jouer un bon tour au gouvernement ? » Il continue sa description et conclue ainsi : « Mais alors, on s’apercevra qu’on est réduit à compter avec une population qui ne sait plus agir par elle-même, qui attend tout d’un ministre ou d’un préfet, même la subsistance, et dont les idées sont perverties au point d’avoir perdu jusqu’à la notion du Droit, de la Propriété, de la Liberté et de la Justice. ». Un monopole public ne peut déboucher que sur l’irresponsabilité et l’indignité, et c’est très grave d’un point de vue moral que d’asservir la population. L’assistance détruit la conscience, détruit le mérite. D’un point de vue moral, cela peut aussi aller vers la tricherie : la tricherie morale, sous forme de privilèges (lois particulières pour les gens des monopoles publics), mais aussi la corruption (plus il y a de services publics dans un pays, plus il y a de corruption), le clientélisme etc.

Jusqu’à quand ?

Les bénéficiaires du système espèrent que cela durera longtemps. Mais ils sont menacés de l’extérieur, car la concurrence, qu’on le veuille ou pas, est une exigence permanente. La concurrence est un magnifique processus de découverte, qui amène continuellement dans de nouvelles directions dans un souci de se démarquer des autres. Selon Adam Smith, le marché est un regard sur les autres. Il n’y a rien de plus solidaire que le marché. Ce n’est pas le triomphe de l’égoïsme. Il faut s’aligner sur les meilleurs.
Il faut aussi que les citoyens prennent conscience du danger que représentent les différents monopoles. Le monopole a pour conséquence la fuite des capitaux mais aussi la fuite des jeunes à l’étranger, ce qui est dramatique. Le pays vieillit et désespère les jeunes qui vont chercher ailleurs ce que leur pays ne peut leur offrir.
Il faut aller vers la reconquête libérale. Il faut faire la pédagogie du libéralisme. D’abord, ne pas se focaliser sans cesse sur le socialisme, quitte à en oublier de proposer les alternatives. De nombreux pièges sont à éviter : la compromission, en créant un libéralisme social, progressif etc. Nous nous battons pour la liberté parce que nous avons des principes : dignité personnelle, subsidiarité, égalité dans la possibilité de progresser dans l’échelle sociale. Notre libéralisme n’est pas qu’utilitaire. Il faut montrer aux gens qu’ils peuvent changer leur vie en étant des partisans de la liberté. En arrivant à cette reconquête, nous en aurons fini avec les gaspillages, les corruptions, les privilèges, bref avec les monopoles publics.

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