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Conférences

L’éducation, en finir avec une politique coûteuse et inefficace

Il y aurait beaucoup à dire sur l’éducation. Chaque gouvernement, qu’il soit de gauche ou de droite, en a fait sa priorité, et cependant, ce domaine ne cesse d’aller plus mal. Dans un texte de 1850, Baccalauréat et socialisme, Frédéric Bastiat cite Thiers et écrit : « L’éducation publique est l’intérêt peut-être le plus grand d’une nation civilisée, et, par ce motif, le plus grand objet de l’ambition des partis ». Depuis cette époque, plus l’éducation a été la priorité du gouvernement, moins elle a été réformée.
L’éducation est, avec le chômage, l’un des deux grands échecs français. On bat des records de taux de chômage et des records du nombre d’illettrés, c’est-à-dire de personnes qui sortent du système sans savoir ni lire ni écrire. Plus grave encore, les dernières élections ont montré que plus de 50% des jeunes ont voté pour Mélenchon et Le Pen, donc pour des programmes étatistes et « marxisants ». Quant aux enseignants français, ils ont pratiquement toujours voté en masse pour le parti socialiste. Aux dernières élections, ils ont plutôt voté pour Mélenchon et Macron, puisque ce dernier a siphonné le parti socialiste. L’Éducation nationale est l’endroit où l’on vote le plus à gauche mais aussi l’endroit où les syndicalistes sont les plus forts. L’éducation est une arme utilisée par les politiques, surtout par la gauche, pour se faire élire (seulement 7% des enseignants ont voté pour Fillon au premier tour des élections présidentielles de 2017).
Paradoxalement, on dépense énormément d’argent sur cette question : l’éducation représente 7% du PIB, beaucoup plus que dans les autres pays. Par exemple, la France dépense tous les ans environ 140 milliards d’euros de plus que l’Allemagne. Et cependant, plus on dépense, moins il y a de résultats.
Sur l’université française, le seul constat a faire est qu’elle est en chute libre. Les étudiants préfèrent partir à l’étranger, comme en Allemagne, au Royaume-Uni ou au Canada. L’université n’a plus de rayonnement.
Le taux de chômage des jeunes est extrêmement élevé. Le slogan du Medef, « Si l’école faisait son travail, j’aurais un travail », qui a fait beaucoup de bruit, a une part de vérité. L’éducation est là aussi pour apprendre ce qu’il va se passer dans la vie, donner confiance en l’entreprise etc., ce qu’elle ne fait pas.

Quelles sont les grandes tares de l’éducation en France ?

Le système éducatif est phagocyté par l’État et les syndicats
Le corps enseignant se méfie du monde de l’entreprise et des libertés économiques
Le dogme de l’égalitarisme. Le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer a dit qu’il fallait lutter contre l’égalitarisme. L’idée est bonne, mais dans le même temps il augmente les budgets. L’école française n’a pas besoin de plus de moyens mais de plus de libertés, d’autonomie et de concurrence.
Le « bourdivisme ». Beaucoup d’enseignants ont été nourris aux thèses du sociologue Pierre Bourdieu. Le corps professoral a été infecté par ses idées et il faudra plusieurs générations pour que les choses changent. Il y a beaucoup de travail à faire sur la formation des maîtres.
Le statut de fonctionnaire des enseignants. Il faudrait le supprimer. L’enseignant devrait être soumis à la concurrence. C’est ce que que font les universités américaines par exemple, raison pour laquelle elles sont très bien classées.
Les programmes, en particulier ceux concernant l’économie. Ils viennent de l’État, de même que l’apprentissage. Ce dernier pourrait être confié aux entreprises, comme c’est le cas en Allemagne, ce qui fait qu’il y a beaucoup moins de chômage chez les jeunes dans ce pays. En France, les manuels d’économie méprisent les entrepreneurs. En faisant une comparaison entre différents manuels d’économie de 1ère et de Terminale, l’IREF a constaté entre autres qu’il n’y a aucun portrait d’entrepreneurs. Rien n’est fait pour donner aux jeunes l’envie d’entreprendre. Les chefs d’entreprise devraient être conviés à la rédaction de ces manuels.

Quelques chiffres

La première réforme concrète menée par le gouvernement a été la baisse du nombre d’élèves par classe. Dans le classement Pisa, ce ne sont pas les pays qui ont le moins d’élèves par classe, mais ceux qui ont le plus d’élèves par classe, qui arrivent en tête. La Corée du Sud est première, avec 30 élèves par classe. Ce n’est donc pas ça qui compte, d’autant plus qu’en France, d’après la Cour des Comptes, il y aurait 200 000 enseignants sans classe, donc sans travail, mais payés quand même.
L’IREF a lancé un index de l’efficacité de la dépense publique. Plus de 30 pays ont été comparés dans le domaine de l’éducation et de la santé. La France est classée 12ème avec 7% du PIB consacré à l’Éducation nationale, ce qui est très mauvais. Les pays qui précèdent la France dans ce classement sont ceux où il y le plus d’autonomie et le plus de concurrence, où l’école privée joue un rôle plus important, comme aux Pays-Bas. La Roumanie quant à elle est dernière. En mettant en relation dépenses publiques et classement Pisa, on se rend compte que ce ne sont pas ceux qui dépensent le plus qui sont les mieux classés.

Quelques mots sur les universités françaises

Il faudrait instaurer la sélection à l’entrée. L’université n’est pas un droit, il faut la mériter, travailler. La France a un des plus forts taux d’échec en licence. Les universités françaises sont très mal classées depuis des années, mais il n’y a aucun changement.

Quelles solutions ?

On peut les trouver dans les autres pays. 3 exemples : les Pays-Bas, la Suède et le Royaume-Uni. Les Pays-Bas pour la liberté éducative et parce qu’ils sont toujours extrêmement bien placés dans le classement Pisa. 75% minimum des élèves y sont scolarisés dans un établissement privé. En Suède, les chèques éducation existent depuis les années 90. On donne aux parents un bon pour qu’ils mettent leurs enfants dans l’école de leur choix, ce qui crée la concurrence entre les écoles. Il y a aussi beaucoup de flexibilité au sein de l’école suédoise. Aujourd’hui, 6 écoles sur 10 sont gérées comme des entreprises privées. Quant à l’école britannique, il existe plusieurs types d’académies : les écoles de sponsors, financés par des entreprises, des universités, des fondations, et les free schools, fondées par des associations caritatives ou des personnes.

En conclusion, et pour reprendre le texte de Bastiat Baccalauréat et socialisme, « une nation qui ne veut pas être la proie des partis doit se hâter de supprimer l’éducation publique, c’est-à-dire par l’État, et de proclamer la liberté de l’enseignement. ». Liberté et propriété pour l’école vont de pair. Il faut donner la liberté de choisir son école mais aussi de créer des écoles privées selon les demandes des familles. Autonomie, liberté et concurrence, c’est l’objectif proposé par l’IREF pour réformer l’Éducation nationale.

Regardez la vidéo de cette conférence de Nicolas Lecaussin

 

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