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Opinions

Libéralisme et inversion du sens des mots et des valeurs

Libéralisme et inversion du sens des mots et des valeurs

« L’inversion du sens des mots et des valeurs », c’est une perversion qu’avait dénoncé Mathieu Bock-Coté dans un de ses articles au Figaro.

Cela s’applique parfaitement au détournement, en France, du sens du mot libéralisme.

LA FRANCE SERAIT UN PAYS LIBÉRAL !

Définition du dictionnaire :

Libéralisme : « Attitude de ceux qui s’attachent à la défense des libertés individuelles des citoyens, doctrine hostile à l’intervention de l’Etat dans la vie économique et respect de la liberté d’autrui, tolérance «.

C’est-à-dire l’inverse de ce que fait notre Pays !

Citation du Président Giscard d’Estaing : Au-delà de 40% de prélèvements obligatoires, un Pays devient socialiste !

Avec 46% en 2018, le taux de prélèvements obligatoires nous ne pouvons pas nous considérer en économie libérale, c’est 7 points au-dessus de l’Allemagne, et si on se compare à la Suisse, un Pays reconnu libéral, avec 28,5% de prélèvements obligatoires c’est 17,5 point d’écart !

Nos dépenses publiques sont là encore en totale contradiction avec notre hostilité à l’intervention de l’Etat : Avec 56% du PIB (64,3% en 2020 à cause du Covid) la France est championne du monde (OCDE) des dépenses publiques, l’Allemagne est à 43,9% la Suisse 32%.

Dans un Pays libéral, le budget serait en équilibre, les impôts seraient bas et les dépenses publiques ainsi que la dette seraient faibles.

C’est donc une utilisation abusive du mot libéral pour définir la France, j’irais même plus loin lorsque que cette affirmation est utilisée à tort dans une campagne électorale ça devient une malhonnêteté !

UNE URGENCE : REDONNER SON VRAI SENS AU MOT LIBÉRAL !

Vaste programme, comme aurait dit le général De Gaulle, répondant à un ministre qui voulait « s’occuper des cons », en effet on peut discuter des heures, arguments à l’appui, une majorité de Français pensent toujours que nous sommes un Pays libéral voir ultralibéral.

Avec raison, Albert Camus a écrit : « Mal nommer les choses c’est ajouter au malheur du monde », en l’occurrence ici c’est le malheur de la France.

Une majorité de nos enseignants se déclarent de gauche et sont assez souvent d’extrême gauche (j’ai pu le constater lors de mes études), ils ont donc une grande responsabilité dans la confusion plus ou moins orchestrée du dénigrement du libéralisme.

Il est donc impératif que l’éducation nationale prenne le sujet à corps et revoie la manière dont le libéralisme est enseigné.

« Le plus pressé, ce n’est pas que l’Etat enseigne, mais qu’il laisse enseigner » c’est une citation de Frédéric Bastiat que nous ferions bien de ne pas oublier.

En attendant il nous faut réagir vite.

DÉNONCER LA MALHONNÊTETÉ INTELLECTUELLE DE NOS RESPONSABLES POLITIQUES

Lorsqu’un dysfonctionnement flagrant surgit, il est facile pour nos hommes politiques de mettre la fautes sur un autre, par exemple sur l’Europe en se dédouanant de toute responsabilité.

En France s’y rajoute le libéralisme dont on l’accuse de tous les maux, c’est devenu une forme de dédouanement de ses propres erreurs : Pour la gauche, le centre mais malheureusement aussi trop souvent la droite, le libéralisme est le « putching ball » qui leur sert de défouloir bien pratique et ne parlons pas de l’extrême droite qui en fait son tabou absolu.

La France est un Pays Étatique, à l’opposé du libéralisme, et nous devons rappeler régulièrement et le dénoncer comme l’affirmait Frédéric Bastiat : « L’état c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre au dépend de tout le monde ».

La France est un pays socialiste et même communiste par certains côtés, tout le mal vient de là et nous somme un des rares pays à ne pas l’avoir admis en s’enfermant dans cette fausse « certitude » que notre malheur viendrait d’ailleurs. Là encore une citation de Frédéric Bastiat parlant des hommes politiques : »Puissent-ils se préserver longtemps de cette peste du socialisme ». C’était il y a bientôt 200 ans, pourquoi ne l’avons-nous pas écouté !

Il faut crier haut et fort, ce n’est pas le libéralisme qui mettra la France en faillite mais bien le socialisme.

LA FRANCE VUE DE L’ÉTRANGER.

Je ne donnerai qu’un témoignage qui résume bien nos contradictions, il s’agit d’un article du journaliste suisse Fathi Derder rédacteur en chef du quotidien économique romand l’Agefi.

« D’accord, d’accord….

Nos amis français sont venus lundi à Bern. Une délégation du Sénat en visite, on s’attendait à du lourd : On a été servi, la totale. Ce ton, ce style inimitable : Ne jamais parler, toujours expliquer.

Au repas déjà, chez l’ambassadeur, une sénatrice explique à ma table que « la France est un pays ultralibéral ». Oui, Madame nous raconte les us et coutumes des habitants de cette terre lointaine, inconnue. Je lui fais remarquer que, si la France est un pays « ultralibérale «, la Suisse est alors un club d’échangistes sous ecsta.

Quelques minutes plus tard, en séance, un sénateur nous explique que nous ne connaissons pas la France et sa fiscalité. Il faut savoir que, pour un élu français en tournée en province, si on n’est pas d’accord c’est qu’on ne l’a pas compris. Alors il réexplique plus lentement, il articule. C’est inintéressant mais joli à entendre.

Puis devant notre lenteur toute helvétique, une sénatrice admet alors que, dans le fond, nous ne pouvons pas comprendre la question fiscale française, car la Suisse est ; je cite, en retard en matière de dépense publique. La preuve : Les crèches. Je n’invente rien.

Désarmante France, quarante ans de déficit, une dette abyssale, mais qui fait la leçon. Elle donne un cours de gestion de faillite au pays le plus riche du monde, le cancre fait la nique au premier de classe. Le panache laisse coi, admirable encore.

Moralité, la crise française est plus grave que prévu. On se trompe complètement sur sa cause. La France ne souffre ni de son chômage ni de sa dette : Elle est malade de son aveuglement, incapable de remettre en question le fameux « déni » : L’Allemagne a tort, la Suisse a tort, tout le monde a tort.

Et la France, elle, a raison, d’accord, d’accord et pendant ce temps elle coule, encore et encore, c’est que le début d’accord, d’accord… »

Tout est dit !

CONCLUSION :

Cet article a été écrit il y a deux ans et la France elle coule, encore et encore.

Allons-nous attendre le naufrage les yeux fermés ou allons-nous nous réveiller et enfin faire les réformes indispensables connues de nos gouvernants.

La France devra devenir rapidement libérale ou la France ne sera plus !

C. GOUDRON


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