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Opinions

Questions directes, Surprises surprises.

Invité de Questions Directes sur France 2

Mercredi dernier, 18 avril 2018, à 22h30, j’étais invité à l’émission Questions directes, animée par Julian Bugier. Je dois cette invitation à un article publié sur ce blog le 11 octobre 2014: Confession d’un riche appauvri.

Cet article était ma contribution à un concours organisé par l’Institut Molinari à l’occasion de la 4e édition de son Université d’automne en économie autrichienne, concours dont le thème était La pauvreté (en participant j’avais précisé que je ne souhaitais pas remporter ce concours, qui devait récompenser une jeune plume plutôt que la mienne).

Cet article a été reproduit par le site Contrepoints deux jours après que je l’ai publié sur mon blog. Et ses effets se font donc sentir encore aujourd’hui… Car une journaliste de Maximal Productions, après l’avoir lu, a souhaité me rencontrer dans le cadre d’une nouvelle émission hebdomadaire, Questions directes, que France 2 était en train de créer pour traiter de sujets de société.

Submergé par mon travail je n’ai pas répondu à ce message qui m’avait été adressé, via le contact de mon blog, le 23 février 2018. Mais cette journaliste n’est pas du genre à se laisser décourager. Alors elle a pris contact avec Jean-Philippe Delsol, qui me connaît et qui, au cours d’une conversation téléphonique, m’a demandé de participer à cette émission à ses côtés.

Devant tant d’insistance j’ai donc d’abord accepté de m’entretenir avec cette journaliste sur le sujet de l’émission qui était: Limite de l’État-providence et des aides sociales, puis de participer à l’émission, malgré que j’en aie.

En effet m’exprimer en public n’est pas mon fort: je suis bien meilleur à l’écrit qu’à l’oral. Sans doute parce que j’ai horreur de dire des bêtises et que l’écrit me permet de bien mieux peser les mots…

L’émission devait avoir lieu le 4 avril 2018, mais elle a été repoussée, à cause des grèves, au 11 avril 2018 dans un premier temps, repoussée encore au 18 avril 2018, dans un deuxième, pour une question de thématique inadéquate, tombant malencontreusement ce jour-là en début de soirée.

Ce n’est que le jour même de l’émission que j’ai appris quels étaient les invités du plateau:
de mon côté, à ma gauche, il y avait, sans surprise, Jean-Philippe Delsol, puis Eric Brunet, enfin Robin Rivaton
de l’autre côté, de gauche à droite: Jean-Marc Mormeck, Isabelle Maurer, Olivier Besancenot (remplacé tout à droite par Michel après une demi-heure), Monique Pinçon-Charlot

Enfin ce n’est que sur place que j’ai appris que le thème était devenu: Inégalités: qui sont vraiment les privilégiés?

A un moment de l’émission, dernière surprise, et de taille, Julian Bugier m’a présenté comme un riche exilé fiscal, qui plus est en Suisse: bref le méchant Français qui n’a aucune reconnaissance pour tout ce que la France a fait pour lui…

Riche, je le suis peut-être, quoique avec modération; exilé, certainement; exilé fiscal, pas du tout: comme des centaines de milliers de Français j’ai pris la route de l’exil parce que je ne me sentais plus bien en France (voir mon article sur Les Français exilés publié dans Libres!! et reproduit dans Contrepoints du 29 décembre 2014).

De par ma formation – je suis ingénieur diplômé de l’École Polytechnique de Lausanne -, la Suisse ne pouvait m’être qu’une terre d’accueil selon mon coeur et ma raison…

Tout cela je l’ai dit à la journaliste qui m’a interviewé au téléphone par deux fois. Et je l’ai répété à une autre journaliste venue m’interviewer chez moi à Lausanne. Peine perdue, semble-t-il…

On s’est beaucoup intéressé à ma petite personne au début de l’émission – c’était trop d’honneur – et j’ai dû, revers de la médaille, me défendre contre des attaques infondées. Après l’émission, au moment de se quitter, Jean-Philippe Delsol s’est excusé de m’avoir attiré dans ce traquenard: il est évident que je ne suis pas près de renouveler l’expérience…

Je le suis d’autant moins qu’il n’a pas été beaucoup question du sujet initial, qui était évidemment moins sexy que celui adopté finalement: inégalités est aujourd’hui un mot-clé incontournable.

Déstabilisé par tous ces changements, je n’ai pas pu, ou pas su, développer ce pourquoi j’avais accepté de venir.

S’il m’avait été donné l’occasion de le faire, j’aurais en effet expliqué pourquoi, quel que soit le nom qu’on lui donne, État-providence, redistribution ou prétendue solidarité nationale, ce système de prédation (et de corruption) est une machine à fabriquer des pauvres, à appauvrir tout le monde, et que cela n’est ni moral, ni efficace.

Quand Brice Teinturier a donné les résultats du sondage réalisé par Ipsos pour l’émission, j’ai compris que je n’aurais de toute façon pas été entendu, a fortiori avec l’étiquette qu’on voulait me coller de riche exilé fiscal, que je crois avoir tout de même réussi à décoller.

D’après ce sondage, en effet, les Français pensent majoritairement que leur système social fonctionne bien. S’ils regrettent, à une faible majorité, qu’il évolue vers trop d’assistanat, ils désignent des coupables: les riches ne participent pas suffisamment à la solidarité nationale. Enfin ils sont choqués par l’exil fiscal (dû pourtant à une fiscalité confiscatoire).

C’est cette mentalité des Français qui me chagrine (et le mot est faible): tant qu’ils n’auront pas compris que c’est leur modèle social qui est le problème, et non pas les inégalités qu’ils trouvent excessives, ils continueront de régresser et de s’appauvrir, de poursuivre leur route vers un avenir aussi radieux que celui que connaît la Grèce aujourd’hui…

Francis Richard

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