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Étiquette : Prélèvements

Comprendre l’Économie française

Les gouvernants, depuis des décennies et des décennies, se sont laissés déborder, cédant à la facilité par démagogie comme c’est souvent le cas avec les régimes démocratiques, ou capitulant devant des mouvements populaires violents. Ils ont donné aux Français par trop l’habitude de vivre au dessus de leurs moyens. C’est un peuple indiscipliné, prompt à la révolte, qui n’admet pas les inégalités. Les Français dans les couches populaires jalousent volontiers les riches, et ils réclament donc de leurs dirigeants « toujours plus». C’est précisément le titre qu’avait choisi François de Closets en 1973 pour l’un de ses livres, un ouvrage très pertinent dénonçant ce travers français qui conduit le pays dans l’impasse. Cet ouvrage eut un énorme succès, puisqu’il se vendit à un peu plus d’un million d’exemplaires. Malheureusement les avertissements lancés par ce talentueux essayiste n’eurent pas la vertu d’éclairer la population, et le train des revendications ne s’est donc pas ralenti. Les Français ont continué à demander toujours plus, plus d’avantages et plus de pouvoir d’achat

Fraude fiscale et libéralisme

L’importance des prélèvements obligatoires est connue de tous. Tous les secteurs économiques sont concernés. C’est la conséquence de l’emprise de l’État providence sur la vie des individus et du dirigisme économique qui prévaut particulièrement en France.
Ces prélèvements sont de moins en moins acceptés par les contribuables et les entreprises, génèrent une fraude coûteuse, et l’État est amené à accentuer la lutte contre la fraude fiscale au fur et à mesure que ses besoins financiers augmentent et que les capitaux qui lui échappent sont importants. On assiste donc à la mise en place de services fiscaux dédiés à la lutte contre la fraude, à un renforcement de leurs pouvoirs et à un durcissement des sanctions encourues.

Dettes et déficits : faire payer les autres.

La conséquence est que ce sont nos enfants et petits enfants qui paieront les dettes parce que les Hommes de l’État n’ont pas eu le courage d’assumer leurs actes. Ils ont augmenté les domaines d’intervention de l’État et augmenté les dépenses publiques. Certes ils ont augmenté massivement les prélèvements obligatoires ( au point de les rendre « insupportables » …mais toujours supportés! ). Mais ils ne les ont pas augmentés autant qu’ils auraient dû pour équilibrer leurs dépenses inconsidérées. Ils ont choisi d’endetter la France.

Marché politique et niches fiscales

On assiste donc, par le jeu des niches, à une dégradation en profondeur du système fiscal pour des avantages économiques pourtant douteux. Les contribuables sont en effet incités à développer des activités qu’ils n’auraient pas spontanément choisie. Le pouvoir d’achat des consommateurs est drainé quelques temps vers tel ou tel secteur au détriment de tel ou tel autre, sans la moindre explication rationnelle, sinon l’influence de ses représentants. Complexité, dysfonctionnements, irrationalité, incohérences, gestion de plus en plus lourde, rupture d’égalité, quasi-irresponsabilité : le scepticisme sur les vertus de l’interventionnisme fiscal a de multiples fondements. Et pourtant, le fait est là. Les niches fiscales sont tellement intégrées dans la pratique des gouvernants du moment qu’il serait illusoire d’imaginer les éradiquer en totalité. Il faudrait à la France un nouveau Vauban ou un nouveau Boisguilbert, qui ait à la fois le courage et les convictions de réformer de fond en comble la fiscalité française.

Enfer et paradis fiscal. Peut-on sortir de l ‘Enfer ?

Beaucoup d’entre nous ont l’impression de payer toujours plus d’impôts, de taxes, de cotisations, et j’en passe. Malheureusement, ce n’est pas qu’une désagréable impression : c’est aussi une triste réalité confirmée par les statistiques. Pour calculer le poids des prélèvements obligatoires, on se réfère traditionnellement au PIB (produit intérieur brut), qui est un indicateur économique international mettant en évidence la richesse produite chaque année dans un pays. Confronter le montant des prélèvements obligatoires au PIB permet ainsi de savoir quelle est la part de la richesse nationale prélevée chaque année par l’Etat pour accomplir les différentes missions qu’il s’est fixé (services publics, redistribution, etc.). Malheureusement, cette part tend en France à grossir indéfiniment.

Révoltes fiscales et Jacqueries

Pendant très longtemps, l’impôt n’est jamais qu’un tribut imposé aux vaincus. Au XIVe-XVe siècles cependant, les besoins des États augmentent considérablement. Ils s’aperçoivent alors qu’ils sont dans l’incapacité de se contenter de rançonner les vaincus et qu’ils vont être obligés de se tourner vers une partie de leur population. Sous Charles VI, en 1382, a lieu la révolte des Maillotins, qui tire son nom des maillets dont les révoltés se sont emparés en pillant l’Hôtel de ville. Ils se rebellent contre l’instauration de nouvelles taxes. Les Maillotins seront par la suite massacrés par l’armée royale. La vie quotidienne des Français va être rythmée par ces révoltes, qui vont devenir de plus en plus fréquentes et de plus en plus populaires.
A partir de ce moment-là, l’impôt va obéir à deux logiques : une logique de la contrainte et une logique de l’assentiment….

Participons au Grand Débat, Fiscalité et dépenses : Les propositions de l’IREF

Il faut sans doute se méfier de ce Grand Débat qui risque de créer de grandes frustrations chez ceux, la très grande majorité sans doute, qui sentiront qu’ils n’ont pas été entendus. On sait quand commence le débat, mais nul ne sait où, quand et comment il se termine car il peut être entraîné comme un tourbillon dans une course folle aux idées irréalistes autant que dangereuses. Le gouvernement en était bien conscient probablement, pour avoir essayé d’encadrer ce déballage dans des questionnaires étriqués et partiaux et sur la base de données livrées par les administrations elles-mêmes. Tout est fait pour suggérer des réponses numériques à des questions concises et limitées ou organiser des réunions soumises à une charte stricte. Ce cadre est d’ailleurs très orienté en faveur du renforcement de l’administration et de l’accroissement des charges publiques ! Mais personne ne sait ce qui en sortira, et peut-être le pire. Déjà, M. Macron laissait entendre, le 31 janvier, que l’agit-prop entretenue par des poignées de gilets jaunes pourrait devenir un moyen permanent d’expression à défaut de savoir y mettre fin ! Prenant acte de la réalité d’une société « du commentaire permanent », raconte Le Figaro après l’entretien du Président avec des journalistes, il veut instaurer, selon ses propres mots, une société « du débat permanent, de la « délibération permanente ». Quel aveu d’impuissance ! Le rôle du gouvernement n’est-il pas d’assurer la paix civile plutôt que de transformer la France en cour de manifestation sans même savoir comment en maîtriser les violences ?