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Opinions

Témoignage : le martyre des Harkis

Le martyre de la famille de Cheikh ben Sassi.

“Dans le cadre d’un déplacement à l’étranger pour aborder les questions d’immigration et de sécurité avec plusieurs de ses homologues, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, s’est rendu en Tunisie et en Algérie dimanche 8 novembre. À Alger, le ministre en a profité pour rendre hommage aux «martyrs» du FLN – front de libération nationale créé en 1954 pour obtenir de la France l’indépendance de l’Algérie, en déposant une gerbe tricolore devant le mémorial.

«Hommage aux martyrs de la guerre», peut-on lire sur le compte Twitter du ministre de l’Intérieur, où ce dernier a lui-même publié, dimanche, une vidéo de lui devant le Mémorial du Martyr d’Alger.” Pour voir la vidéo (cliquez Darmanin, hommage aux martyrs)

Paroles (3ème strophe) de l’hymne algérien :

“Ô France ! le temps des palabres est révolu. Nous l’avons clos comme on ferme un livre. Ô France ! voici venu le jour où il te faut rendre des comptes.  Prépare toi ! voici notre réponse. Le verdict, Notre révolution le rendra.”

Photo prise à Ouargla il y a 60 ans. Dans mon bureau depuis.

De gauche à droite :
– l’Adjudant Henchi, chef pisteur de ma Compagnie, officier de la légion d’Honneur, 5 citations, évacué en France en dernière minute par avion militaire en mars 1962, laissant toute sa famille au Sahara. Jamais revenu au pays, resté en Allemagne sous la protection de notre capitaine de Compagnie puis de moi, en France, jusqu’à sa mort à Bordeaux en décembre 2019
– le sergent Benchelem, chef de groupe dans mon commando de chasse. Arrêté par le FLN en avril 1962, enfoui dans un trou dans le désert. La tête seule sortant du sable dévorée par les scorpions, les guêpes, les chacals et les vautours.
– Cheikh ben Sassi, père d’Henchi et de Brahim (dont on ne voit que le bras à l’extrême droite), grand père de Benchelem dont je viens de parler et du caporal Hamou, à sa gauche que je vais évoquer. Cheikh ben Sassi avait été le guide du général Laperrine. Il m’avait confié son dernier fils âgé de 18 ans, Amar, que j’ai eu l’inconscience d’engager en janvier 1962, trois mois avant la débâcle ! Sur la photo ne figure pas un autre fils de Cheikh ben Sassi, le sergent-chef, Sassi ben Cheikh. Chef pisteur à la Compagnie Saharienne d’El Oued, il fut lapidé sur la place publique d’El Oued, scié vivant à la scie égoïne et les morceaux jetés au chien.
La dernière fois que j’ai vu Cheikh ben Sassi, c’était la nuit, les drapeaux verts du FLN flottaient, sauf chez lui, sur tous les toits de son quartier. Je le voyais pour essayer de sauver les siens. Il a gratté le sol du sable devant sa maison. Il en a sorti une boite où étaient enfouies ses décorations “le sang de mes enfants et de mes petits-enfants retombera sur la tête de de Gaulle et de ses successeurs” furent ses derniers mots.
– le sergent Hamou, petit-fils de Cheikh ben Sassi, chef pisteur de mon commando de chasse, a été arrêté, probablement torturé et exécuté publiquement sur  la place publique de Beriane ville dont, grâce à lui, nous avions démantelé quelques mois plus tôt l’Organisation Politico Administrative du FLN
– moi, chef du commando de chasse
– mon camarade Laguens, commandant le 3ème peloton de la compagnie,
– le bras de Brahim, fils de Cheikh ben Sassi, pisteur dans le commando. Il a réussi à se cacher pendant quelques années avant de me rejoindre à Jarnac dont je dirigeais l’agence du Crédit Lyonnais. Il arriva accompagné de son cousin Cheikh, méhariste dans la harka de la Compagnie, petit-fils aussi de Cheik ben Sassi. Depuis 50 ans, je suis toujours le “Lieutenant” pour tous les deux, pour leurs femmes , leur enfants et leurs petits enfants.
C’est en pensant à eux et en pleurant de honte que je vous adresse cette photo.
Elle dispense de tout commentaire.
La malédiction de Cheikh ben Sassi pèse aujourd’hui sur le politicien indigne  présidant à notre République dont j’espère ne plus avoir jamais à prononcer le nom.

René de Laportalière

“Le Lieutenant”

Lire aussi ” Histoire des Harkis”   par Jean Monneret


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