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Billet du président

Un an de libertés surveillées, triste anniversaire.

Un an de libertés surveillées, triste anniversaire.

Cela a fait un an le 16 mars que les Français sont passés, d’un système encore relativement libre à un système de liberté conditionnelle, de liberté surveillée, voire d’enfermement.

L’alibi de l’État pour la restriction des libertés son intrusion violente dans la vie privée est la COVID. C’est aussi grâce à elle qu’il a fait rentrer la peur dans le cerveau des gens.

Le résultat est que la population effrayée est sous son contrôle. Facilement manipulable, elle réclame sa soumission. Oubliant, grâce à la longueur de la crise, que l’État est le seul responsable des souffrances qu’elle endure. Elle oublie sa « main rude » qui l’opprime, elle ne voit plus que sa « main douce » qui la « protège » et la subventionne (Frédéric Bastiat, L’État (1848) pour, dit -il, faire passer le cap « de la COVID » en attendant, promet-il, des jours meilleurs. L’État a donc intérêt à la rendre, ou à la faire croire, plus grave qu’elle n’est et à la faire durer. Il a besoin de confusion.

La science c’est douter et chercher. Les débats entre scientifiques, entre médecins, sont monnaie courante. Au bout d’un certain temps, de la libre pratique et de l’expérience émerge sinon une vérité, du moins un consensus.

Dans le cadre de la COVID, les politiques s’en sont mêlés. Ils en ont tout de suite défini les dogmes : la maladie est grave, certains traitements sont « haram », la gestion doit être politique par un seul homme entouré d’un comité secret, la coercition sociale puis le vaccin sont les seules solutions, ceux qui pensent différemment sont des charlatans. Suite à quoi un certain nombre de « scientifiques », qui leur étaient utiles, se sont répandus dans les médias. À partir de là le débat était faussé. Émettre une idée ou une hypothèse, vous faisait classer dans le camps des « anti » ou des « pro », gouvernement, Raoult etc… La discussion tournait alors autour de cette étiquette et des personnes, mais pas sur l’hypothèse elle même. La concorde n’était plus possible.

Un dogme n’a rien de scientifique et ne peut être l’objet d’un débat, d’où l’anathème lancé contre les dissidents de la pensée unique, appelés « complotistes ».

La prise en charge dogmatique, irrationnelle, erratique et incohérente est voulue

– Pour le pouvoir qu’elle confère. Des mesures de bons sens n’ont pas besoin d’être imposées par une autorité. Elles s‘imposent d’elles même. Les mesures incohérentes doivent être imposées par la force d’un pouvoir légal. Ce dernier justifie ainsi son existence.

– Pour désorienter les gens et leur faire perdre leurs repaires. Cette pagaille donne l’impression que personne ne sait et que personne n’est d’accord. Surtout pas les « scientifiques » ou les « médecins » dont les passages multiples dans les médias laissent une impression de cacophonie. À cause de cela la majorité des gens ne sait plus reconnaître le vrai du faux, le bien du mal, le juste de l’injuste. Parce que l’Homme n’aime pas les incertitudes, qui sont insécurités, il peut renoncer à la réflexion pour se réfugier dans le dogme assené par le politique, la nomenklatura et les médias « mainstream ». C’est ce que font bien des Français qui abandonnent tout esprit critique. Ils renoncent à faire appel à leur bon sens, ils se soumettent directives étatiques.

– Pour faire croire que Macron cherche à tout prix à éviter la coercition sociale la plus dure, signifiant qu’il sait résister aux pressions pour « l’intérêt général ». Si la propagande montre que la COVID est hors contrôle c’est qu’il aura été « trop gentil ». C’est ballot. Il sera alors « obligé » d’être très sévère avec ces gamins de Français qui n’ont pas suivi les consignes. Ceux-ci lui seront gré d’avoir essayé de les épargner, et seront reconnaissants pour un châtiment que beaucoup finissaient par réclamer. Ils auront quitté l’incertitude des hésitations savamment orchestrées, pour la certitude de la coercition dure. Ils auront trouvé un vrai chef pour 2022...si les présidentielles ont lieu.

« Y a t-il un pilote à l’Élysée » s’interroge Valeurs Actuelles dans son numéro 4400 du 25 au 31 mars 2021. La première réponse qui vient à l’esprit, devant l’effondrement du pays et la pagaille qui règne en France, est « non. » Mais elle pourrait bien être « oui il y a un pilote »… et machiavélique ! “Je n’ai aucun mea culpa à faire” (…) “Sans doute que dans les prochains jours et les prochaines semaines nous aurons des nouvelles mesures à prendre”(Source)

Ces souffrances prolongées finissent par peser d’un tel poids que les gens sont prêts à tout et n’importe quoi pour que ça cesse. Pour revenir à la vie « normale » (accéder aux restaurants, salles de sport, de spectacle…), ils sont prêts à accepter, et à imposer aux autres,

– le maintien d’une oppression quotidienne (par exemples des jauges, des masques en permanence ou presque, des amendes…),

– les règlements de plus en plus intrusifs dans leur vie privée avec le flicage numérique de chaque instant (par exemple le pass-sanitaire »).

Ils oublient qu’une vie dans ces conditions n’a rien de « normal ». Ils oublient qu’en acceptant de renoncer à leur Liberté, ils acceptent de renoncer à leur Humanité.

Ces mesures de coercition sociale sont plus qu’infantilisantes. Elles réifient les personnes.

« Personnalité, Liberté, Propriété, — voilà l’homme.

C’est de ces trois choses qu’on peut dire, en dehors de toute subtilité démagogique, qu’elles sont antérieures et supérieures à toute législation humaine. (…)

Chacun de nous tient certainement de la nature, de Dieu, le droit de défendre sa Personne, sa Liberté, sa Propriété, puisque ce sont les trois éléments constitutifs ou conservateurs de la Vie, éléments qui se complètent l’un par l’autre et ne se peuvent comprendre l’un sans l’autre. » Frédéric Bastiat, La Loi (1850)

Personne ne connaît vraiment la cinétique de la COVID, ni ce qui arrêtera le virus, ni s’il arrêtera un jour de circuler. Aujourd’hui, pour ce qui concerne ce coronavirus, croire que l’on peut parvenir, par volontarisme, au « zéro virus » est une vue de l’esprit. Donc il faut vivre avec. Le retour à la vie normale ne dépend pas du virus mais de la politique. Il faut rappeler sans cesse que le basculement totalitaire de la France est dû à une décision purement politique. Une autre décision politique pourrait y mettre fin immédiatement. Ce qui signifierait ne plus avoir peur, faire appel au bon sens, à la responsabilité personnelle, prendre en charge médicalement la COVID.

Malheureusement l’État a la propension de s’étendre sans cesse et de ne jamais revenir en arrière. « Le pouvoir, vaste corps organisé et vivant, tend naturellement à s’agrandir. Il se trouve à l’étroit dans sa mission de surveillance. Or, il n’y a pas pour lui d’agrandissement possibles en dehors d’empiétements successifs sur le domaine des facultés individuelles. » Frédéric Bastiat — À Messieurs les électeurs de l’arrondissement de Saint Sever (1846). Avec les mesures de coercition sociale et le flicage numérique qui la complète, une dystopie est devenue réalité. La France est bien entrée dans une ère nouvelle… mais totalitaire. Il est à craindre qu’elle se pérennise.

Article paru sur Contrepoints.

Lire aussi : Bastiat 2022 : idées libres de droits”


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