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Conférences

Présidentielle 2017 : dernière chance avant la révolution ?

Présidentielle 2017 : dernière chance avant la révolution ?

L’exemple Turgot, l’espoir Bastiat

 

1 Introduction :

Pour accomplir de grandes actions, il est dit qu’un homme politique nouvellement élu doit agir promptement. Sinon il risque de voir le soutien populaire, indispensable pour faire passer des mesures difficiles, l’abandonner. Passée la période de la « lune de miel », qui traditionnellement correspond aux 100 premiers jours, l’enthousiasme s’estompe, la puissance de l’élan réformateur faiblit, les résistances au changement s’organisent et deviennent de plus en plus fortes.
Lors de chaque élection présidentielle le nouveau président suscite un immense espoir dans le pays. L’élection d’Emmanuel Macron n’a pas fait pas exception à la règle. On peut dire que l’impression de renouveau et de page tournée a été bien plus importante que pour les précédentes présidentielles. Même la presse étrangère s’est laissée emporter par le vent de l’enthousiasme. Peut être parce qu’Emmanuel Macron a su se faire passer pour un homme neuf. Peut être parce que la majorité des Français est épuisée par une crise qui n’en finit pas. Crise qui, parmi les pays développés, reste presque une exception française. Beaucoup de Français sentent bien que le système est à bout de souffle et qu’il n’est pas le modèle que les politiciens prétendent. Ils ont soif d’un véritable changement. Or, les décisions, présentées comme des « réformes », prises par le nouveau Président en ce début de mandat et qui concernent l’éducation, la fiscalité, le code du travail ne sont, sous le regard de Bastiat, que des changements de paramètres, des modifications de réglementation. Pourtant, si modestes soit-elles, elles entraînent des manifestations.
Bien que les circonstances soient très différentes on pourrait faire un parallèle avec l’espoir que suscita l’avènement de Louis XVI.

2 La France de Louis XVI

Le 10 mai 1774 Louis XV meurt. C’est connu, à la fin de son règne, le roi Louis XV n’est plus le « Bien aimé ». Sa mort entraîne des manifestations de joie. La montée sur le trône de Louis XVI, âgé de 20 ans, suscite un grand enthousiasme. Il est né le 23 août 1754. On le dit ami des réformes. C’est quelqu’un d’intelligent et cultivé. Il se passionne pour les sciences en particulier la botanique, la géographie, (surtout les sciences maritimes), les techniques et la mécanique. Il est lui même excellent serrurier. L’art de la serrurerie était bien considéré à cette époque.

Il hérite d’un royaume mal en point. La Guerre de Sept ans l’a saigné dans tous les sens du terme.  Les finances sont en ruine. La société française est figée dans un société d’ordres. Sans entrer dans les détails, l’économie de l’Ancien Régime n’est pas une économie libre. Les monopoles légaux sont nombreux. Les « lois privées », privilèges et régimes spéciaux, abondent. Le Royaume de France, à cette époque, a tout pour réjouir nos actuels écologistes politiques. Même si la France est le pays le plus riche d’Europe, ce n’est pas une société de consommation, ni d’abondance. C’est une société de rareté, pour ne pas dire de pénurie. La disette est récurrente. Beaucoup de Français vivent en « circuit court », voire en quasi autarcie. Tout ce qui peut l’être est « recyclé ». Il n’y a ni OGM, ni pesticides, ni glyphosate, ni vaccins ou antibiotiques qui « enrichissent les laboratoires parapharmaceutiques ». D’ailleurs il n’y a pas de laboratoires pharmaceutiques. 80% des décès sont liés à des causes infectieuses. La mortalité infantile est énorme ainsi que la mortalité des femmes à l’accouchement.

La monarchie n’est pas remise en cause mais il existe un besoin de réformes en profondeur. Une partie de la société, la plus dynamique, est travaillée par de puissants courants qui aspirent à plus de liberté et de pouvoir. La science prend son envol. La philosophie des Lumières contre « l’obscurantisme », la « superstition » et l’intolérance, promeut la raison, la science, la liberté, la tolérance, et l’égalité. Ce qui, à l’époque, tient lieu d’opinion publique y est sensible.
Pour remettre le pays à flot, le prédécesseur de Turgot, l’abbé Terray, préconisait « la banqueroute en termes très clairs : « La banqueroute est nécessaire, une fois tous les siècles, afin de mettre l’État au pair ; et le roi ne risque rien à emprunter parce qu’il est le maître de ne plus payer les anciennes rentes quand elles ont été servies assez longtemps. »

Il est intéressant de remarquer que, de temps en temps, « l’euthanasie des rentiers » par l’État refait surface dans notre XXIème siècle, comme solution aux difficultés de la France qui se noie dans la dette et les déficits. Il est aussi de notoriété publique qu’aujourd’hui, l’État endetté lorgne sur la cagnotte qu’est l’épargne des Français. Il ne lui manque que le prétexte pour se jeter dessus.

Louis XVI renvoie l’abbé Terray et le 24 août 1774 il nomme Turgot contrôleur général des finances. Ce dernier est habituellement présenté comme un physiocrate. Leur formule est « Laissez faire, laissez passer, le monde va de lui même » Laissez-faire les individus, laissez passer les marchandises. Cela n’a rien à voir avec un quelconque « laisser aller. » Frédéric Bastiat reprendra cette formule : « Je dis: Laissez faire, en d’autres termes, respectez la liberté, l’initiative humaine…. Responsabilité, solidarité; mystérieuses lois dont il est impossible, en dehors de la Révélation, d’apprécier la cause, mais dont il nous est donné d’apprécier les effets et l’action infaillible sur les progrès de la société. » Harmonies économiques, Chap XX, Responsabilité, (1850). Les physiocrates sont partisans de la liberté du commerce et de l’industrie mais ne remettent pas en cause la monarchie absolue. Turgot s’est très tôt intéressé à la science économique. À 22 ans il écrit une lettre sur le billet de banque réfutant le système de Law. L’une de ses œuvres les plus célèbres est « Réflexions sur la formation et la distribution des richesses. » Turgot a le soutien du Roi et il a de l’expérience. Pendant treize années il a été intendant de la Généralité de Limoges.
Turgot refuse la banqueroute. Dans sa lettre-programme il écrit : « Point de banqueroute, point d’augmentation d’impositions, point d’emprunts. » Son programme est fort logiquement de libérer le commerce, l’industrie et de faire des économies. « Si l’économie n’a précédé, aucune réforme n’est possible. » Il encourage donc le roi à poursuivre la réduction des dépenses, dont celles de la Cour. Diminuer les impôts et les dépenses ce sera aussi ce que préconisera Bastiat « Que faut-il donc, faire? Voici ma pensée. (…) Diminuer les impôts. — Diminuer les dépenses dans une proportion plus forte encore. Et, pour revêtir cette pensée financière de sa formule politique, j’ajoute:Liberté au dedans. — Paix au dehors. » Paix et liberté le budget républicain (1849) C’est toujours valable aujourd’hui.

4 Turgot se met à la tâche.

Parmi tout ce qu’il décida nous regarderons plus particulièrement :

4-1 La libération du commerce des grains :

« Sous l’Ancien régime, l’on était persuadé, et cela bien à tort, que la moyenne des récoltes de grains était suffisante à la consommation nationale. L’exportation des blés et farines était en général interdite, afin qu’une année pût compenser l’autre. L’administration des blés du roi, bureau qui date du règne de Louis XIV, était chargée, à l’intérieur et à l’étranger, de faire des achats publics, soit pour constituer des réserves, soit pour approvisionner l’armée et la marine : c’est par l’intermédiaire et sur les renseignements des intendants de province qu’avaient lieu ces opérations. Le commerce intérieur était sujet à mille entraves (octrois, péages, douanes provinciales, difficulté des communications (…) la Régie des blés du roi, qui prétendait suppléer au commerce et qui le détruisait (…) cependant les agents douteux qu’elle employait pouvaient faire par l’agiotage sur les subsistances les bénéfices les plus scandaleux. »
Nommé le 24 août Turgot agit dans les 100 jours. Dès le 13 septembre 1774 l’arrêt du Conseil du roi rendait la liberté du commerce des grains quasi complète. Malheureusement l’expérience tourna court, dans un contexte de mauvaises récoltes et de disette. Ce fut la « guerre des farines » d’avril à mai 1775. « L’ordre est rétabli par une double action du gouvernement :
répressive, par l’intervention de 25 000 soldats, 162 arrestations, et la pendaison de deux émeutiers (un perruquier de 28 ans et un compagnon gazier de 16 ans qui furent exécutés pour l’exemple en place de grève.) d’assistance aux populations par l’organisation d’un approvisionnement des provinces en difficulté ainsi que par obligations faites aux propriétaires de stocks de vendre leur produit aux prix imposés. Le roi multiplie les messages aux masses paysannes, en particulier par l’intermédiaire du clergé lors des prônes. »

Il est logique de conclure que la libération du commerce des grains fut un échec.

4-2 La suppression jurandes et maîtrises (des corporations) :

Nous sommes au delà des 100 jours avec ce décret qui date de février 1776. Il abolit les jurandes et les maîtrises, héritières des corporations. Ce faisant il détruit un système qui remonte à l’invasion romaine et qui a acquis sa forme définitive autour du XIIIème siècle. Les corporations structuraient chaque métier. Elles maintenaient un monopole légal, nuisait à l’innovation, au progrès technique et à la mobilité sociale. Leurs partisans prétendaient qu’elles protégeaient le consommateur, garantissait la qualité des produits et assuraient la solidarité des travailleurs. Arguments réutilisés aujourd’hui par les partisans des actuels monopoles légaux. La fin des corporations n’eut pas l’effet positif escompté. L’inventaire des biens des corporations, leur mise sous scellé et les ventes aux enchères qui suivirent ternissent la réforme et montrent que le réflexe spoliateur est consubstantiel de l’État.
Les corporations seront rétablies 6 mois après la révocation de Turgot qui eut lieu en mai 1776. Il faudra attendre le décret Allarde et la loi Le Chapelier du 14 juin 1791 pour voir les corporations abolies, sans retour en arrière cette fois. Cette loi Le Chapelier interdisait les syndicats ouvriers, qui ont fini par être autorisés par la loi Waldeck-Rousseau en 1884, alors que les clubs patronaux n’ont jamais cessé d’exister. Rien n’est parfait ! Pour mémoire Frédéric Bastiat a défendu le droit pour les ouvriers de s’unir et se défendre.
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89dit_de_Turgot_de_1776_supprimant_les_corporations
https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Le_Chapelier
https://fr.wikipedia.org/wiki/Anne_Robert_Jacques_Turgot
https://www.institutcoppet.org/2017/09/27/reformes-revolution-1776-exemple-turgot-benoit-malbranque

4-3 La suppression des corvées, l’égalité devant l’impôt.

En préambule il convient de souligner que l’égalité devant l’impôt n’existe toujours pas au XXIème siècle en France.

La corvée Royale ne devient effective que sous le règne de Louis XIV. La corvée est l’un des impôts les plus typiques de l’Ancien régime. Il s’agissait d’une charge fiscale en nature : qui était effectuée par les roturiers. Elle est donc arbitraire et très inégale selon les généralités, le Languedoc n’en connaît pas l’usage D’après une instruction de 1738, les nobles, les ecclésiastiques et leurs domestiques, les habitants des villes, les septuagénaires, les instituteurs, les bergers de grands troupeaux les propriétaires de terres nobles, de moulins nobles. en sont exemptés. Les ruraux corvéables doivent résider à moins de 2, 3 ou 4 lieues des chantiers, les plus éloignés sont dispensés. La durée varie de 6 à 30 jours. La Corvée royale entretien des voies et ouvrages publics. La Corvée seigneuriale sera abolie en 1789
Pour les physiocrates elle était néfaste à l’agriculture et très coûteuse. Lors des années de son intendance dans le Limousin, Turgot avait expérimenté, avec succès, le remplacement de la corvée par une taxe en argent. En février 1776 Turgot veut supprimer la corvée royale à l’échelle du pays entier, et de la remplacer par un impôt dont s’acquitteraient aussi les nobles et le clergé. Bien qu’imposée par un lit de justice le 12 mars cette conception de l’impôt, inhabituelle pour l’époque, entraîna d’énormes oppositions qui finirent par l’emporter. Turgot fut démis le 12 mai 1776, après vingt mois seulement au gouvernement.
Il écrivit au roi, qui n’avait encore que vingt-deux ans : «N’oubliez jamais, Sire, que c’est la faiblesse qui a mis la tête de Charles 1er sur le billot… Je souhaite que le temps ne me justifie pas.»
Le fait est, les réformes de Turgot n’ont pas réussi pour diverses raisons. Mauvaises récoltes qui en disent long sur la précarité et la fragilité chronique de la situation économique du pays. Économie sans résilience et qui chute au moindre « accident conjoncturel ». Opposition des « lobbies » comme ont dirait aujourd’hui, résistance des corps constitués, des catégories sociales touchées, des privilégiés. Sans oublier les « accapareurs », les « agioteurs » et les querelles d’ego. Comme quoi rien ne change. Eussent-elles été une réussite, auraient elles pu éviter la Révolution de 1789 ? Il n’est pas possible de réécrire l’Histoire. L’Histoire du XXIème siècle par contre n’est pas encore écrite.

5 La France de Macron :

Pour beaucoup de Français, en référence à 1789, une révolution est un « Changement brusque et violent dans la structure politique et sociale d’un État, qui se produit quand un groupe se révolte contre les autorités en place et prend le pouvoir. » Dictionnaire Larousse

Aujourd’hui, la discordance qui existe entre un tam-tam médiatico politique sur les dites réformes qui avancent (voire vont trop vite !?) et la réalité du terrain, (ce que vivent les gens), qui montre que rien ne bouge, voire que la situation s’aggrave, est un facteur majeur de fragilité politique et d’explosion sociale.
Aujourd’hui la France a une mauvaise situation économico sociale, couplée à une crise d’identité. C’est un pays divisé où le sentiment national s’effrite. C’est un pays où le poids des impôts visibles repose essentiellement sur une faible partie de la population. Cela devient du racket fiscal. C’est un pays où les lois privées, les régimes spéciaux, les exceptions et les niches, appelons les comme on veut, se multiplient. Pour couronner le tout, dans notre monarchie républicaine, les finances publiques sont en ruines et les politiciens sont discrédités. La France est arrivée à cette situation à cause des politiques uniformes décidées par les gouvernements successifs, quelle que soit leur étiquette officielle.
Aujourd’hui la France est un pays figé. C’est un pays de lutte des classes, au sens libéral, les spoliateurs contre les créateurs. Quand une catégorie sociale dynamique et créatrice est freinée, voire bloquée, dans son épanouissement par des structures politico sociale rigides et sclérosées elle finit par se révolter. La bourgeoisie a d’ailleurs été le moteur de la révolution de 1789. Aujourd’hui les éléments les plus dynamiques s’en vont. C’est une révolte différente. Ce sont nos « Boat People ! » Un échec d’Emmanuel Macron apporterait de l’eau au moulin de ceux qui pensent que la France est irréformable sans révolution, c’est à dire sans violence. Plusieurs ouvrages sont parus récemment sur la guerre civile qui menacerait la France. La France bloquée serait condamnée à connaître la fureur révolutionnaire. Cette révolution serait le premier pas vers la guerre civile et plus si affinités. Comme cela se produisit en 1789 où la Révolution entraîna la guerre civile et la guerre européenne.

Heureusement il n’est pas trop tard pour quitter « La route de la servitude » et retrouver la prospérité et la paix sociale. Pour y parvenir il faut éduquer les esprits avec pédagogie et ténacité, leur faire découvrir les bienfaits de laisser les personnes agir librement dans le respect des Droits naturels individuels universels et, en particulier, leur faire découvrir la pensée de Bastiat.
Suivre Bastiat conduirait à une révolution pacifique. Lisons le Larousse : une révolution c’est aussi un « Changement brusque, d’ordre économique, moral, culturel, qui se produit dans une société »

Préliminaires : Pour obtenir l’adhésion des gens il ne doit y avoir que des gagnants ou, au minimum, aucun perdant. C’est difficile à comprendre et à imaginer pour un Français imbibé par la spoliation légale et nourri à la lutte des classes marxiste. Pour ces gens là toute réforme ne peut avoir que des gagnants et des perdants ; tout enrichissement des uns ne peut qu’entraîner et découler d’un appauvrissement des autres. Bastiat a bien expliqué cela en une phrase : « L’État, c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde. » L’État. (1848) Si le changement doit être brusque 100 heures sont mieux que 100 jours, d’où la nécessité d’une excellente préparation en amont.

6 Demain la Révolution…avec Frédéric Bastiat ! Bastiat de 2017 à 2022.

Pas ou peu de citations dans cette partie, mais les références (liste non exhaustive) des œuvres de Bastiat d’où sont tirées ces propositions.

6-1 Principes :
La loi (1850), Services privés, service public (1850).
– Ils répondent à la question jamais tranchée en France : qui fait quoi ? Ils précisent ce qui appartient à l’État, et ce qui appartient aux gens.
– L’État ne se disperse pas. Il se concentre sur ses fonctions régaliennes. Il réprime les atteintes à la Liberté, à la Propriété, à la Personnalité.
Bastiat a révolutionné l’économie politique en la concevant du point de vu du consommateur. Pour parvenir à cet État limité à ses fonctions régaliennes il faut laisser la parole aux « consommateurs » des services publics. Chacun doit avoir le libre choix de solliciter la structure qui lui convient et dont il attend un service.

6-2 Les ressources des gens :
La loi (1850), Justice et Fraternité (1848), Paix et Liberté. Le budget républicain (1849).

Pour que les gens puissent choisir librement ils doivent rester maîtres de leur ressources. D’où :

– La libre disposition de l’intégralité des revenus pour tous.
Pour le salarié il s ‘agit du salaire complet. Pour le non salarié c’est le chiffre d’affaire diminué des frais nécessaires à l’exercice de la profession.

Une fiscalité simple, un seul impôt strictement proportionnel aux revenus.
Nous en avons plus de 360 aujourd’hui. Ainsi le montant de ses prélèvements obligatoires est parfaitement connu par chaque Français. De plus, débarrassés de toute taxe et impôt indirect à tous les échelons de la production, les prix redeviennent des prix vérité et des informations fiables. Par exemple l’essence se retrouve autour de cinquante centimes le litre. N’importe quel service, n’importe quel bien de consommation revient largement moins cher qu’aujourd’hui, puisqu’il ne supporte ni impôt ni taxe. La baisse des impôts est première.

C’est elle qui en augmentant le pouvoir d’achat, permet le libre choix, (services privés ou service public). L’augmentation du pouvoir d’achat est financière mais consiste aussi à un plus grand choix de services offerts à la libre décision de l’individu. C’est le « pouvoir d’acheter un service », par exemples retraites, santé… Ainsi l’impôt redevient connecté au service rendu. Ainsi « impôt » n’est plus synonyme de « spoliation ». Laisser les gens choisir entraînera la baisse des dépenses publiques que les politiciens ont toujours été incapables de réaliser.

6-3 La prévoyance, la solidarité :
Des salaires (1850), Justice et fraternité (1848).

– La prévoyance personnelle et défiscalisée pour permettre de s’assurer soi-même auprès de l’assurance de son choix contre la maladie et pour préparer sa retraite.
– Un filet de sécurité : une seule aide à la personne les remplaçant toutes. Le chèque assurance-santé pour les personnes démunies. Le chèque scolaire pour rendre aux parents la liberté de choisir l’éducation donnée à leurs enfants. Le chèque logement pour les personnes en difficultés etc. Grâce à cela les personnes pauvres conservent leur libre arbitre et leur dignité. Être pauvre n’est pas synonyme d’être incapable de décider et choisir.

6-4 La liberté économique et de la vie privée :
La loi (1850), Propriété et loi (1848), Association pour la liberté des échanges (1846) ,
L’échange (1850), À MM. Les électeurs de l’arrondissement de Saint-Sever (1846),

– L’autonomie des établissements d’enseignement.
– La non intervention de l’État dans la vie des entreprises et dans les échanges producteurs consommateurs.
– La liberté des relations propriétaires-locataires.
– L’autorisation de construire reposant sur le droit de Propriété, avec comme seul critère l’absence de nuisance au voisinage.
– La liberté religieuse dans le respect des Droits naturels individuels.
– La démocratie directe. Bastiat n’a pas été un partisan du suffrage dit « universel » et qui ne l’est jamais. Ni du scrutin majoritaire qui n’est que la loi d’une majorité, seulement électorale, aux détriments des minorités électorales qui peuvent constituer la majorité de la population. La véritable démocratie est celle qui résulte des choix libres, quotidiens, de chaque individu au travers de ses achats. Cela dit aujourd’hui l’adoption d’une réelle « démocratie directe » comme en Suisse ne peut être que positive pour réformer un pays aussi ossifié que la France.

6-5 La sécurité intérieure et extérieure, la Justice, la Paix :
La Loi (1850), l’État (1848), Le licenciement (1850), Le percepteur (1848),
Les armements en Angleterre (1848), Paix et liberté ou le budget républicain (1849, Services privés, service public (1850)

– L’amour de la France.
Cette notion mérite que l’on s’y attarde. La France est de nos jours calomniée et son histoire est réécrite dans un sens péjoratif. Cette histoire ne fait plus connaître, respecter, ni aimer la France. La repentance en résulte. L’effondrement des sociétés, des civilisations, quand on y réfléchit, a toujours des causes internes. Bastiat ne s’est pas étendu sur la question de l’amour du pays, ni dans un sens ni dans un autre. Parce que, à son époque, cette question ne se posait pas. (La question de l’islam ne se posait pas non plus.) L’idée de nation était forte. – « Assurément, dans le cercle des relations privées, le caractère français n’a pas de comparaison à redouter, en ce qui concerne l’indépendance et la fierté. À Dieu ne plaise que je diffame mon pays, encore moins que je le calomnie. » Paix et liberté ou le budget républicain (1849)
Certains libéraux toussent un peu quand on leur parle de l’amour du pays. Ils se sentent, disent-ils, « citoyens du monde » ou « citoyens Européens », ils n’acceptent pas les « frontières. » Libre à eux. « Mais je dis que l’association libre et volontaire appartient encore à l’activité privée, car c’est un des modes, et le plus puissant, de l’échange. Il n’altère pas l’équivalence des services, il n’affecte pas la libre appréciation des valeurs, il ne déplace pas les responsabilités, il n’anéantit pas le libre arbitre, il ne détruit ni la concurrence ni ses effets, en un mot, il n’a pas pour principe la contrainte. » Services privés, service public (1850). Cela veut dire qu’une communauté de propriétaires qui se regrouperait pour assurer, volontairement, la sécurité, la protection de la Propriété sur un territoire regroupant leurs propriétés serait libéral. Le territoire ainsi définit aurait des limites de propriété, des « frontières » pour la sécurité, mais qui n’empêcherait en rien le libre échange, ni l’amour du « terroir »..
La réalité culturelle du monde, aujourd’hui, force à constater que l’opinion « citoyen du monde » ne correspond pas à la réalité du terrain. Chaque société a ses « mèmes. » Un « mème » est un « élément culturel reconnaissable, répliqué et transmis par l’imitation du comportement d’un individu par d’autres individus. L’Oxford English Dictionary définit le mème comme « un élément d’une culture (prise ici au sens de civilisation) pouvant être considéré comme transmis par des moyens non génétiques, en particulier par l’imitation ».. Pour l’instant le mème « citoyen du monde » n’existe pas.
Le libéralisme n’est pas du tout incompatible avec l’idée de nation. Il l’est avec « l’étatisation du concept de nation ». « La nation, nous l’avons dit, résulte d’un sentiment d’appartenance à une communauté et c’est pourquoi l’État-nation est une aberration: on ne peut pas étatiser des sentiments. » (Chapitre 11 du livre Libéralisme de Pascal Salin (Odile Jacob, Paris, 2000)). Il n’est pas incompatible non plus avec le respect des autres nationalités. Tous les hommes naissent dotés de Droits naturels individuels universels : la Liberté, la Propriété, la Personnalité qui doivent être respectés et défendus. Droits dont découlent le libre échange et la responsabilité individuelle.

– Le libre échange et la paix : l’un étant la condition sine qua non de l’autre
– Les citoyens partie prenante de leur sécurité, la légitime défense redéfinie.
– L’armée : puissante, respectée, bien équipée, bien entraînée.
– La police et la Justice débarrassées des faux délits engendrés par les faux droits, concentrées sur la protection des biens et des personnes, impartiales, égalitaires, elles ont la confiance des Français. Elles bénéficient de moyens matériels, humains et législatifs suffisants.

6-6 Hors œuvre de Bastiat stricto sensu :
– La pardon : ce n’est pas un signe de faiblesse, ce n’est pas l’oubli. C’est un acte volontaire envers ceux qui ont mis en place et fait fonctionner la spoliation légale, ruinant ainsi le pays. C’est un acte volontaire envers ceux qui ont fuit cette spoliation légale d’une manière ou d’une autre. Il recrée l’harmonie sociale. Il ne sera pas possible de « rebâtir la France » en laissant croupir des haines recuites, de vielles rancœurs, des conflits mal éteints. La remise à zéro des compteurs permet de faire preuve de fermeté et de détermination.

7 Conclusion :
Écouter et suivre Bastiat est proprement révolutionnaire dans la France d’aujourd’hui. C’est une révolution aussi pacifique que radicale.

Pacifique parce que « La morale libérale est une morale altruiste : elle enseigne le respect de la liberté de l’autre. Vouloir qu’un individu soit libre, c’est s’interdire d’obtenir quoi que ce soit de lui par la tromperie, le vol ou la coercition. S’il veut rallier quelqu’un à ses idées, le libéral n’utilise pas d’autres moyens que l’exemple ou la discussion. S’il veut obtenir d’un autre un bien ou une prestation quelconque, il ne procède que par un échange librement consenti. » Jacques de Guenin. Logique du libéralisme.
Radicale parce que c’est un changement complet de paradigme avec la fin de la spoliation légale.

Pour cette révolution Bastiat il faut faire preuve de courage et de ferme détermination :
« Se conserver, se développer, c’est l’aspiration commune à tous les hommes, de telle sorte que si chacun jouissait du libre exercice de ses facultés et de la libre disposition de leurs produits, le progrès social serait incessant, ininterrompu, infaillible. » La Loi (1850)
« Chacun de nous tient certainement de la nature, de Dieu, le droit de défendre sa Personne, sa Liberté, sa Propriété, puisque ce sont les trois éléments constitutifs ou conservateurs de la Vie. (…) Si chaque homme a le droit de défendre, même par la force, sa Personne, sa Liberté, sa Propriété, plusieurs hommes ont le Droit de se concerter, de s’entendre, d’organiser une Force commune pour pourvoir régulièrement à cette défense. » La Loi (1850)
« Le droit de celui dont on attaque la liberté, ou, ce qui revient au même, la propriété, les facultés, le travail, est de les défendre même par la force; et c’est ce que font tous les hommes, partout et toujours quand ils le peuvent. » Services privés, service public (1850)

En avant Bastiat !

Patrick de Casanove

Conférence donnée lors du 8ème Weekend de la Liberté le 24 septembre 2017. La vidéo est sur notre chaîne YouTube.

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