Civilisation : le grand bond en arrière

L’Europe, créatrice grâce à la révolution industrielle, d’une prospérité inconnue jusqu’alors, extraordinaire et inespérée, est en train de se saborder. Elle débute un grand bon en arrière qui, s’il se poursuit, effacera en partie (en totalité?) sur son territoire deux siècles d’amélioration de la condition humaine. L’Europe redeviendra un territoire de misère et de disette. En vérité, l’Europe ne se saborde pas. Elle est assassinée par ses politiciens, « démocratiquement » élus.

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La recherche du progrès 

Depuis l’aube des temps les Hommes se sont ingéniés à sortir de la misère liée à leur état naturel. Ils ont toujours cherché l’amélioration de leurs conditions de vie.  Le génie créateur de l’être humain a, à force d’efforts, d’innovations, de découvertes, permis des progrès significatifs mais très lents. Grâce à l’échange, ces progrès ont diffusé tout autour de la planète.  « Pour l'homme, l'isolement c'est la mort. Or, si, hors de la société, il ne peut vivre, la conclusion rigoureuse, c'est que son état de nature c'est l'état social. (…) Besoin, effort, satisfaction: voilà l'homme, au point de vue économique. (…) C'est donc l'Effort qui s'échange, (...) nous pouvons nous entr'aider, travailler les uns pour les autres, nous rendre des services réciproques, mettre nos facultés, ou ce qui en provient, au service d'autrui, à charge de revanche. C'est la société. (…) Dans l'isolement, nos besoins dépassent nos facultés. Dans l'état social, nos facultés dépassent nos besoins. (…) Or, s'il est vrai que les forces naturelles diffèrent sur les divers points du globe, et si, d'un autre côté, les hommes sont d'autant plus riches qu'ils s'en font plus aider, il s'ensuit que la faculté d'échanger augmente, dans une proportion incommensurable, l'utile concours de ces forces ». Harmonies économiques, chapitre IV, Échange (1850) Au XIXème siècle l’apparition d’une énergie fiable, abondante et bon marché a donné une puissance et une capacité d’expansion inégalée à ce progrès. La vitesse d’amélioration de la condition humaine est alors devenue faramineuse. Cette conjonction synergique d’innovations technologiques échangées, de capitaux, et d’énergie largement disponible pour un coût réduit, a réussi à sortir une grande partie de l’Humanité de la misère. Cette révolution a eu lieu en Europe. 

Changement de paradigme

Au long de l’Histoire la recherche de l’amélioration de la condition humaine pouvait avoir des effets destructeurs. Il suffit de regarder les fruits du communisme. Mais, cette fois, les fruits recherchés par les politiciens sont délibérément mauvais.  En Europe, pour la première fois dans l’histoire de l’Humanité, les gouvernements ne recherchent pas le progrès et la prospérité pour leur population, mais la « décroissance », donc la régression et le dénuement.  Soit au travers de la politique désastreuse de destruction de l’économie européenne poursuivie au prétexte de la guerre en Ukraine. Ces gens-là nous ont engagés, économiquement et militairement, dans une guerre qui ne nous concerne pas, où nous n’avons aucun intérêt à défendre, mais tout à perdre.  Soit au travers du Pacte vert européen qui lui même vient de plus loin Bien sûr le prétexte est toujours protéger les populations, combattre pour la liberté, parvenir à une économie décarbonée pour lutter contre le dit « dérèglement climatique ».  Inventer une « nouvelle économie », bâtir une « croissance verte » sont un habile camouflage à la décroissance et à la fin de l’abondance qui sont les véritables objectifs.    L’Europe, créatrice grâce à la révolution industrielle, d’une prospérité inconnue jusqu’alors, extraordinaire et inespérée, est en train de se saborder. Elle débute un grand bon en arrière qui, s’il se poursuit, effacera en partie (en totalité?) sur son territoire deux siècles d’amélioration de la condition humaine. L’Europe redeviendra un territoire de misère et de disette.  En vérité, l’Europe ne se saborde pas. Elle est assassinée par ses politiciens, « démocratiquement » élus.  Il est évident qu’avec des chefs de gouvernements, ou des responsables communautaires pareils, l’Europe n’a pas besoin d’ennemis, le désastre sera pire qu’une défaite militaire. Il est probable d’ailleurs qu’il s’accompagne d’une défaite militaire. 

Mensonges d’État

Relativement à la France le gouvernement s’échine à occulter sa responsabilité pleine et entière dans la catastrophe qui vient à peine de commencer.  Il s’évertue à minimiser les effets de sa politique, soumise à des intérêts étrangers, (Union Européenne qui sort de son domaine de compétence, États-Unis producteurs de pétrole et de gaz Algérie, Qatar et Azerbaïdjan, créanciers …), absurde et dangereuse pour la France.  Il présente les conséquences dramatiques de la crise énergétique, qu’il a provoquée, (Tout seul il faut insister là dessus, en décidant des sanctions économiques contre sa propre population au prétexte de « provoquer l’effondrement de l’économie russe » ( alors qu’existaient d’autres possibilité dont « bons offices » ) comme un élément sous contrôle. D’où le slogan dérisoire et abracadabrantesque, issu du cerveau d’un technocrate protégé des misères du monde, déconnecté du réel : « Je baisse, j’éteins, je décale ». Agnès Pannier-Runnacher n’était pas très à l’aise dans ses explications. Nous allons traduire. « Je baisse » : c’est sûr les politiciens sont tombés bien bas. « J’éteins » : les lumières de l’intelligence probablement. « Je décale » : absolument, le gouvernement est à côté de la plaque.  En vérité ce mot d’ordre ne veut strictement rien dire, mais est en concordance avec les objectifs d’un gouvernement résolument néfaste, qui n’a plus rien à dire aux Français.  Ni rien à leur proposer, à part du sang, de la souffrance et des larmes, même s’il n’ose pas le dire aussi crûment. Le gouvernement reste arc-bouté sur sa politique, la situation est sans espoir d’amélioration, sans espoir que cela serve à quelque chose.  Du sang oui, soit celui de la répression des éventuelles révoltes populaires, soit celui de la guerre en Ukraine pour laquelle nous faisons tout pour qu’elle dure, et que le sang coule et continue de couler.  De la souffrance oui, engendrée par les pénuries de toutes sortes, l’effondrement de l’économie, le rationnement, et la coercition sociale pour maintenir le tout.  Des larmes oui, de désespoir face au malheur, à la misère qui ont commencé à s’abattre sur notre malheureux pays.  Pas de sueur, elle impliquerait des efforts et du travail. Or il n’y a, et il n’y aura plus beaucoup de travail dans la société en ruine que bâtit Macron.  Arguer que les Ukrainiens se battent pour notre liberté, pour faire accepter aux Français d’avoir un peu froid cet hiver pour les aider, est une tromperie. Les Ukrainiens ne se battent pas pour notre liberté. Les conséquences désastreuses de la politique « va-t-en guerre jusqu’au-boutiste » ne se limiteront pas à baisser le chauffage, mais mettront la France à terre, et l’Europe avec.  Faire croire qu’éteindre le Wifi, porter un col roulé et autres absurdités, permettront aux Français de ne pas subir les effets délétères de la crise énergétique, provoquée par une politique énergétique délibérément nuisible, et déjà ancienne des gouvernements successifs, aggravée par le gouvernement actuel, est une insulte à l’intelligence.  Vouloir faire croire à coup de décrets et de lois, que les familles et les entreprises peuvent baisser leur consommation d’énergie de quelques pourcents, grâce aux conseils gouvernementaux, et que cela sauvera le pays est une insulte au bon sens. civilisation  Les Français et les entreprises n’ont pas l’habitude de jeter l’argent par les fenêtres. Contrairement aux gouvernements. Il est vrai que pour les premiers cet argent est le leur, tandis que pour les seconds l’argent est le fruits de leurs rapines, que Bastiat appelle « spoliation légale ». N’en déplaise à celui qui « confond le gouvernement et la société », c’est à dire qui croit que si le gouvernement ne fait pas, rien ne se fait ni ne se fera, les gens n’ont pas attendu les consignes gouvernementales pour faire des économies.  Il est permis de se demander dans quel monde vivent les politiciens. À les écouter tout va bien, tout est maîtrisé. La France est même exportatrice de gaz. La catastrophe dans laquelle ils précipitent l’Europe est occultée... mais il ne faut pas oublier de faire un sort aux colporteurs de désinformation.  En français la « sobriété énergétique » s’appelle du rationnement. 

L’homme malade de l’Europe.

La France n’avait pas besoin du nouveau coup dur que lui porte son gouvernement. la France est l’homme malade, au sein d’une Union Européenne plus très fraîche, complètement détournée de ses objectifs initiaux officiels, (assurer la paix en Europe grâce au libre échange),  Avant cette crise dite énergétique, la France était déjà mal en point. À cause de décennies de politiques « socialistes » la pauvreté y a repris du terrain. La France a : les pauvres, les nouveaux pauvres, les travailleurs pauvres, les mal logés, les sans logis les SDF, la pénurie de soins, les déserts médicaux, les chômeurs de longue durée, les personnes qui, sans les œuvres caritatives, ne mangeraient pas à leur faim, auraient du mal à s’habiller ou à se chauffer. Nous n’oublieront pas la dette, visible et occulte, la fin de la liberté d’expression, le recul des libertés publiques, l’insécurité.  Ce n’est pas fini, la loi Climat et Résilience monte en puissance. Ceux qui pensaient pouvoir s’en sortir tant bien que mal malgré la hausse faramineuse des coûts de l’énergie, en particulier pouvoir continuer à se déplacer et à travailler, ne doivent pas se faire d’illusion. 2023 verra la mise en place effective des ZFE  ce qui ne manquera pas de porter un nouveau coup à l’économie française. L’immobilier sera lui aussi mis à mal avec l’interdiction à la location « des logements avec une très forte consommation d’énergie » Le gouvernement tire une balle dans le pied du pays.   Cette synergie de mesures n’est pas fortuite. L’objectif est de la décroissance ce qui veut dire grand bon en arrière et misère.  Ajoutons que la France se cherche, ne sait plus qui elle est, perdue entre acculturation et repentance, et l’avenir paraîtra très sombre.  Compte tenu de ces circonstances, une politique indépendante, résolument tournée vers l’intérêt de ses habitants est très compromise. Il en est ainsi au sujet de l’Ukraine, tous les gouvernements occidentaux, la France en tête, hurlent avec les loups. 

Sortir de la spirale infernale

Il faut donc sortir de la spirale infernale dont personne ne connaît l’issue. civilisation  Le véritable courage consiste à ne pas suivre le troupeau, même si c’est plus confortable. Le véritable courage consiste à calmer tout le monde et à discuter. Le véritable courage consiste a savoir dire « non » à ses « amis » et « alliés », quand ils font fausse route, quitte à affronter leur contrariété. Il faut rappeler que les nations n’ont pas d’« amis » ( Exemple : notre amie l’Allemagne a tout fait pour torpiller notre énergie nucléaire), mais des intérêts. Les personnes peuvent avoir des amis. Le véritable courage consiste ne pas mettre son destin entre les mains de puissances étrangères. Par exemple cette manie de ne prendre aucune décision de manière indépendante, de chercher des solutions sur des bases supranationales, de toujours s’en remettre à l’Europe, en particulier à la Commission Européenne, en se soumettant pas avance à ces décisions.  Le véritable courage consiste à défendre les intérêts et l’indépendance de la Patrie.  Il ne peut y avoir de croissance, ni d’abondance sans liberté économique, sans respect des incitations productives, sans énergie fiable abondante et bon marché, sans échanges libres, sans riches liens sociaux, sans liberté d’expression, sans État contenu dans ses fonctions régaliennes (sécurité intérieure et extérieure, justice). « L’homme a d’autant plus de chances de prospérer qu’il est dans un milieu plus prospère » Frédéric Bastiat, Échange (1850) Cela vaut pour les individus au sein d’une société, et pour les nations dans « le concert des nations ». Aucune nation n’a intérêt à la ruine de son voisin, quoi qu’on en pense.  Concept de « nation » auquel Bastiat fait référence : « Nous aussi nous désirons voir les individus, les familles, les nations s'associer, s'entraider, s'entre-secourir dans le pénible voyage de la vie mortelle. » Justice et fraternité (1848) « La paix des nations fondée sur l'entrelacement de leurs intérêts. » Profession de foi électorale 1846, grâce au libre échange .  Relisons cet appel de Frédéric Bastiat « Ouvriers, travailleurs, prolétaires, classes dénuées et souffrantes, voulez-vous améliorer votre sort ? Vous n’y réussirez pas par la lutte, l’insurrection, la haine et l’erreur. Mais il y a trois choses qui ne peuvent perfectionner la communauté tout entière sans étendre sur vous leurs bienfaits, ces trois choses sont : Paix, Liberté et Sécurité. » Capital et rente (1849) La France en est loin et n’en prend pas le chemin. Il y règne la guerre, l’oppression et l’insécurité. « Ainsi, il n'y a pas une douleur dans la nation dont le gouvernement ne se soit volontairement rendu responsable. Faut-il s'étonner que chaque souffrance soit une cause de révolution? » La Loi (1850) « Le droit de celui dont on attaque la liberté, ou, ce qui revient au même, la propriété, les facultés, le travail, est de les défendre même par la force; et c'est ce que font tous les hommes, partout et toujours quand ils le peuvent. » Services privés service public (1850) Dit autrement : « Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines? Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne? Ohé, partisans, ouvriers et paysans, c'est l'alarme (...) Montez de la mine, descendez des collines, camarades Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades (...) C'est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère » Extraits du Chant des Partisans. Autant éviter d’en arriver là. civilisation Article paru dans Le Courrier des Stratèges
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