« France, mère des arts, des armes et des lois ?»

« France, mère des arts, des armes et des lois », Recueil : "Les Regrets" sonnet 9, Joachim Du Bellay. De ce vers de Du Bellay à la réalité il y a aujourd'hui un abîme : La loi est pervertie ; « La loi pervertie! La loi — et à sa suite toutes les forces collectives de la nation, — la Loi, dis-je, non seulement détournée de son but, mais appliquée à poursuivre un but directement contraire! La Loi devenue l'instrument de toutes les cupidités, au lieu d'en être le frein! La Loi accomplissant elle-même l'iniquité qu'elle avait pour mission de punir! » Frédéric Bastiat La Loi. (1850). Les armes sont bien mal en point : « l'armée française se trouve aujourd'hui en véritable surchauffe, devant mener à bien tant de missions avec des moyens limités». (Litote !) Servir Pierre de Villiers. Restent les arts, la culture. Lors de sa conférence, dont vous trouverez le résumé dans ce bulletin, Bertrand Allamel nous a parlé de la culture. Il nous a montré qu'en France c’est la culture étatisée qui domine. Les politiciens sont matérialistes. Pour eux, seuls comptent le montant du budget consacré à la « culture » (Ils témoignent du « volontarisme » et de « l'intérêt » pour la culture), les effets d'annonce et les intentions (toujours bonnes). Le résultat importe peu, les gens ne comptent pas. Ils ne sont que des pièces interchangeables de la mécanique sociale. La confiscation de la culture (comme de l'éducation) par l’État lui permet de contrôler psychologiquement les populations. Les règlements multiples, intrusifs et les prélèvements obligatoires massifs lui permettent de la contrôler matériellement. Le tout constitue l'instrument du totalitarisme. La culture c'est aussi une connaissance dans un domaine précis. Il est admis que la culture économique des Français est insuffisante, voire erronée. Elle est enseignée par l’État. Cela lui permet de manipuler des foules sans repères. Mais en économie, aussi attrayante soit la théorie, la réalité est sans pitié. Les erreurs se payent comptant (chômage, travailleurs pauvres, mal logés, SDF, dettes abyssales, déficits récurrents, délitement du lien social et lutte de tous contre tous etc.) Tandis qu'au niveau culturel, au sens « Ministère de la culture » et « politique culturelle » elles sont quasiment indolores. Les Français sont touchés au portefeuille mais ne s'en rendent pas compte. Ils ne savent pas ce qu'ils paient. Par contre la « politique culturelle », bien médiatisée, peut être très vendeuse. C'est bien intéressant pour un politicien en mal de reconnaissance et soucieux de sa réélection. Cela dit, les fautes culturelles ne sont pas sans conséquences. Certaines peuvent être dramatiques. « La culture est l'ensemble des connaissances, des savoir-faire, des traditions, des coutumes propres à un groupe humain, à une civilisation. Elle se transmet socialement, de génération en génération et non par l'héritage génétique, et conditionne en grande partie les comportements individuels. » Or depuis des années nos hommes politiques travaillent à la mise à mort de la culture générale et à la disparition de la culture française. Au bout du compte peu de personnes auront le bagage intellectuel nécessaire pour contrecarrer la route de la servitude. Bien des gens goberont n'importe quoi sur l'islam, la colonisation, l’histoire de France, les racines de notre pays, le libéralisme etc. Le Cercle Frédéric Bastiat est une association culturelle dont le but est de promouvoir la pensée de Frédéric Bastiat. Bastiat est un économiste libéral classique français du XIXème siècle. Pour un libéral, tout Homme est une personne, propriétaire de la valeur qu'il crée par son travail, libre, personnellement responsable et créateur... vu sous cet angle, c'est un fait, la culture libérale est quasiment absente dans notre pays. Or plus l’État est totalitaire, plus la culture se porte mal. (Et vice versa). Elle peut totalement disparaître : plus de poésie, de création, d'innovation. Un monde devenu stérile. L'Histoire montre que cette évolution est, hélas, une réalité dans plusieurs pays. A l'inverse, la culture libre est un instrument de libération et d'épanouissement. Le Cercle a beaucoup de pain sur la planche ! Patrick de Casanove Président du Cercle Frédéric Bastiat Pour le plaisir et pour la culture générale voici le poème complet : France, mère des arts, des armes et des lois France, mère des arts, des armes et des lois, Tu m'as nourri longtemps du lait de ta mamelle : Ores, comme un agneau qui sa nourrice appelle, Je remplis de ton nom les antres et les bois. Si tu m'as pour enfant avoué quelquefois, Que ne me réponds-tu maintenant, ô cruelle ? France, France, réponds à ma triste querelle. Mais nul, sinon Écho, ne répond à ma voix. Entre les loups cruels j'erre parmi la plaine, Je sens venir l'hiver, de qui la froide haleine D'une tremblante horreur fait hérisser ma peau. Las, tes autres agneaux n'ont faute de pâture, Ils ne craignent le loup, le vent ni la froidure : Si ne suis-je pourtant le pire du troupeau.



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