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Opinions

Comprendre le non-enjeu du climat

Photo de Max Falque

Ce texte développe l’exposé présenté à la conférence organisée par l’Institut Libéral, le 29 avril 2019 à l’Université de Genève, sur l’idéologie du réchauffisme et le débat sur le réchauffement climatique. Sont intervenus Pierre Bessard, Jean-Pierre Chamoux et Max Falque.

Quand nous allons vers le débordement nul n’y semble y aller. Celui qui s’arrête fait remarquer l’emportement des autres.

– Blaise Pascal, Pensées[1]*

 L’alarmisme transforme les problèmes en urgence. Face à l’urgence nous nous préparons à obéir aux ordres et à suivre les dirigeants. Les partisans d’une politique centralisée et de contrôle social considèrent l’urgence comme utile.

– Roger Scruton in “Green Philosophy”, 2012

Je n’ai aucune connaissance scientifique, mais l’organisation au titre de l’ICREI  de  la 7ème Conférence Internationale Droits de propriété, Economie et Environnement sur le thème « Changement Climatique et Pollution de l’air »[2] à Aix en Provence en juin 2008 m’avait conduit à lire des milliers de pages sur l’histoire du climat de la planète et notamment le maitre ouvrage d’Emmanuel  Le Roy Ladurie« Histoire humaine et comparée du climat »[3]

De toute évidence l’espèce humaine a connu des variations de température considérables dont certaines brutales, notre climat actuel, qui succède depuis le milieu du 19ème siècle au « Petit âge glaciaire » qui apparait au milieu du 14ème siècle, n’étant qu’une parenthèse agréable, mais en  aucun cas une donnée immuable que l‘on peut maitriser.

L’intervention de Paul Reiter, entomologiste à l’Institut Pasteur et membre du GIEC, dénonçant ses démêlés avec cette organisation qui s’efforçait de falsifier ses rapports m’ont conduit à réviser ma vision du changement climatique[4] prônant l’adaptation plutôt que l’atténuation (mitigation) pour faire face à une modeste augmentation de la température, largement indépendante des émissions de CO2 : gaz innocent, mais responsable de l’extraordinaire expansion du couvert végétal[5].

L’idée que les activités humaines soient responsables des dérèglements climatiques est ancienne : « Il ya deux ou trois siècle déjà  théologiens et naturalistes, redoutaient que l’homme par ses innombrables péchés fasse de la terre un enfer »[6]

Les manipulations  de l’opinion pour  lutter contre un danger imaginaire et d’ailleurs hors de portée de l’action des hommes, doivent être dénoncées et combattues tant il est vrai que les milliards d’€  ou $ consacrés à combattre, tel Don Quichotte les moulins à vent, ne seront pas disponibles pour d’autres causes réelles et urgentes pour le bien être de l’humanité et notamment des plus pauvres.

Il convient maintenant de poursuivre le débat sur cinq thèmes :

  • Scientifique, tant il est vrai que l’on peut se demander si l’on n’a pas affaire à une nouvelle escroquerie analogue à celle diffusée par Lyssenko,
  • Idéologique, le climat étant le faux nez des orphelins du socialisme qui n’ont pas renoncé à changer la société libérale, fusse au prix de la décroissance, de la pauvreté, de la contrainte et, in fine, de la dictature,
  • Médiatique, il n’est pas de jour où, notamment en France, les media expliquent que le réchauffement anthropique de la planète est responsable de tous les maux de la planète et conduit l’humanité à sa perte,
  • Juridique, puissance publique et spécialistes du droit public trouvent un nouveau champ d’action pour justifier de nouvelles règlementations liberticides et même pour imaginer des tribunaux pour juger les climato sceptiques,
  • Politique, tant il est vrai que les gouvernements promettent aux électeurs de régler un problème insoluble afin de détourner leur attention des vraies questions environnementales et sociales.

Débat scientifique sur le réchauffement climatique

Le réchauffement climatique est une réalité, mais il s’avère modéré (moins de 1,5° Celsius en un siècle) et s’inscrit dans la longue histoire du climat de la planète. Les prévisions modélisées concernant l’augmentation des températures depuis une cinquantaine d’années ne se sont pas avérés conformes à la réalité observée.

Ce phénomène n’est en aucun cas catastrophique ; bien au contraire il est même considéré comme bénéfique :

  • l’augmentation de la teneur en CO2 a permis depuis un siècle un accroissement remarquable des superficies forestières de la planète,
  • le CO2 n’est en aucun cas un polluant ou un gaz toxique,
  • ce gaz à effet de serre n’a eu que peu d’incidence sur le réchauffement au cours de l’histoire de la terre car les teneurs en CO2 n’ont pas été corrélées avec les modifications de température. Bien au contraire, c’est l’augmentation des températures qui a précédé l’accroissement de la teneur en CO2
  • les mêmes climatologues qui avaient annoncé un refroidissement à la fin des années 60 prédisent aujourd’hui un réchauffement catastrophique,[7]
  • Le prétendu consensus scientifique n’est en aucun cas une preuve[8],
  • Bjorn Lomborg place le réchauffement climatique au dernier rang des urgences environnementales[9] d’autant plus que ce phénomène diminue la mortalité. Il rejoint ainsi la constatation d’Emmanuel Leroy Ladurie, à savoir que les périodes froides sont synonymes de pauvreté et de famine
  • le climat actuel tempéré ne serait donc qu’une parenthèse dans l’histoire du climat et, de tout temps, les hommes ont été confrontés à de spectaculaires alternances, parfois soudaines, du climat. Ainsi la grotte Cosquer[10] dans les calanques de Marseille découverte à 50 m sous le niveau actuel de la mer témoigne des variations considérables qui rendent ridicule notre panique face à la montée des océans de quelques millimètres par an.

Nos ancêtres les gaulois craignaient que le ciel leur tombe sur la tête et nous avons cru, il y a quelques années, à la mort des forêts, aux pluies acides, à la disparition de la couche d’ozone[11]

Soyons vigilants mais pas candides : la science n’a pas à suivre les injonctions politiques et médiatiques.

Débat idéologique sur le réchauffement climatique

Le socialisme a survécu à ses échecs et il est encore présent. Dans un pays comme la France il rejoint l’étatisme, la bureaucratie et imprègne l’enseignement. L’idéologie du réchauffement trouve ainsi un terrain favorable pour prospérer.

Pourtant si la mise en œuvre des idées socialistes échoue invariablement, elles restent populaires. Le capitalisme conduit à la prospérité et au progrès… mais bien peu de gens éprouve de la sympathie à son égard !

La formidable propagande pour le réchauffisme n’est que le sous-produit d’une culture socialiste qui refuse de disparaitre et de s’adapter à la nouvelle situation et à la réalité. Nouvelle religion, elle ouvre aussi la voie à une nouvelle idéologie, par exemple une théorie particulièrement pessimiste récemment apparue sous le nom de « collapsologie »[12] selon laquelle notre civilisation est en voie d’effondrement. Le grand « collapse » (en français effondrement) a remplacé le grand soir ! Ce qu’il y a de particulièrement extrême dans cette théorie est que ce « collapse » serait le seul remède, un passage obligé  pour reconstruire mieux qu’avant : ses partisans disent même qu’il ne faut surtout pas essayer d’améliorer quoi que ce soit car ce serait prolonger le mal ! Cette théorie qui était restée un peu confinée pour les initiés sur Internet a maintenant droit de cité et est présentée par les media.[13].

Ses apôtres et ses inquisiteurs parcourent le monde et les mesures proposées et  exigées sont d’une rigueur extrême : réduire drastiquement la consommation d’énergie, donc freiner ou stopper tout développement, pourtant si nécessaire et urgent dans les pays pauvres. Rien ne doit s’opposer à ses injonctions,  rien n’a plus de valeur et d’urgence que la stabilisation du climat : c’est absurde, futile et impossible. Apprenant à vivre avec leurs contradictions, ces missionnaires d’une nouvelle religion  parcourent le monde et communiquent en utilisant les toutes dernières technologies pourtant  polluantes à leurs yeux. Ils s’achètent (et surtout font acheter !) des indulgences sous forme de certificat carbone ou taxe de compensation.  On a tous les droits (y compris celui d’escroquer !) quand on a raison et qu’il s’agit de « sauver la planète »!

 Rappelons à ce sujet l’affaire Lyssenko : le célèbre promoteur de la  non science biologique s’efforça de démontrer dans les années 1930 que le communisme soviétique était capable de supplanter la science capitaliste.  Comme pour le réchauffisme les opposants étaient victimes de l’opprobre et des attaques personnelles, voire de poursuites judiciaires. Certes il s’agissait de la Russie soviétique, mais même en France la peine de mort avait été souhaitée par certains membres de l’Académie des Sciences pour le plus célèbre opposant à la thèse réchauffiste, Claude Allègre[14], scientifique reconnu au niveau international et ancien ministre socialiste de la recherche. Bien entendu, cette demande ridicule mais symbolique de condamnation est restée sans effet, mais elle a été renouvelée par une ancienne ministre de l’environnement, qui proposa naguère d’instituer un tribunal international pour condamner les rebelles à la nouvelle religion séculière.[15]

Pour une critique radicale nous citerons Michel de Rougemont[16], philosophe et scientifique suisse, qui affirme que le bombardement idéologique constant sur le thème « il faut sauver la terre de son climat » (ou l’inverse !) est malfaisant. En tout cas, des chancelleries aux amphithéâtres universitaires et aux cours d’écoles, la « causa climatica » constitue un sommet de propagande jamais atteint dans l’histoire, sinon par les Etats totalitaires. «  Il s’agit d’une proposition criminelle que d’imposer par tous les moyens de la propagande le rationnement et la contrainte ». Des scénarios irréalistes et catastrophiques expliquent que l’Apocalypse est pour demain et Michel de Rougemont s’interroge sur à qui profite le crime ?[17] Certainement pas à la Nature qui évolue inexorablement à son rythme[18]  sans se préoccuper des hommes ni aux populations pauvres mais surtout à tous ceux avides de pouvoir : idéologues toujours partisans de l’extrémisme, même si l’histoire les contredit….Et dans ce cas il convient de changer l’histoire ! Rougemont mentionne  aussi les milliers de chercheurs mobilisés par les Etats et les Nations Unies qui naturellement sont attachés à conserver leurs postes et leurs prébendes  moyennant une légère ou importante dérive par rapport à la réalité et à la doxa du moment.

Il est bien entendu difficile de modifier l’idéologie : cela prend du temps, de la conviction, de l’énergie et des ressources intellectuelles et matérielles… difficiles à  mobiliser.

Rougemont remarque  que toute cette agitation n’est qu’une nouvelle manifestation de l’hubris humain, cet orgueil de l’homme qui veut être Dieu,  une volonté de puissance que le marxisme avait exprimée et dont  l’écologie étatique est une résurgence. Pire encore, à moins que cela ne revienne au même,  ces écolos de l’extrême n’adorent peut-être la planète que pour éviter d’aimer leur prochain. Jean-Jacques Rousseau notait  que certains philosophes aiment les tartares pour être dispensés d’aimer leurs  voisins !

Guillaume Sainteny[19] fait justement remarquer que « si des milliers d’études scientifiques ont mis en évidence un phénomène de changement climatique, cette question a pris, depuis les années 1990, une importance telle qu’elle en vient non seulement à dominer les politiques environnementales, mais aussi à les escamoter, voire à leur nuire. Or, si le changement climatique constitue incontestablement un enjeu environnemental majeur, il n’apparaît pas plus important que la pollution de l’air, la pollution de l’eau, l’érosion de la biodiversité, la dégradation des sols… »[20]

Le débat médiatique sur le réchauffement climatique

Chacun sait qu’un train qui arrive à l’heure n’est pas une information, or les médias ont trouvé dans le réchauffisme une source inépuisable d’inspiration[21] d’autant plus que l’on peut décliner ce phénomène sans limite : il suffit d’affirmer que le réchauffement climatique est rendu responsable de la pauvreté, de l’émigration, des tempêtes, des inondations, du chaud et du froid, de la sécheresse, de l’injustice sociale, des épidémies, de la perte de biodiversité, de la guerre… Seuls les tremblements de terre et les éruptions volcaniques semblent encore échapper à cette malédiction à laquelle il convient d’urgence de mettre un terme.[22]

Depuis Al Gore et son film « Une vérité qui dérange » de nombreuses productions larmoyantes connaissent  un grand succès dont Yann Arthus Bertrand et Nicolas Hulot sont les grands organisateurs. Toutes ces manifestations médiatiques visent à faire peur, or la peur est un outil formidable pour quiconque veut imposer ses idées car elle paralyse toute réflexion. De toutes les passions elle est celle qui affaiblit le plus le jugement.

Comment les médias en sont-ils arrivés à ce degré de soumission à une idéologie mortifère ? Mais parce qu’eux aussi ont peur[23]  et n’osent pas dévier de la Doxa officielle !

Ainsi Philippe Verdier journaliste scientifique à la chaîne publique Antenne 2 avait publié un livre « Climat investigation » que les climatologues patentés ont mis au pilori car il mettait en doute non pas la réalité du réchauffement climatique mais seulement son rythme d’accroissement. À quelques semaines de la COP 21de Paris(2015),  il s’agissait de faire un exemple. Mission accomplie : viré et placardisé à jamais ![24]

 On connaissait les lois qui définissent, poursuivent et répriment le négationnisme en matière d’histoire, loi appliquée (contrairement à tant d’autres)   qui frappe d’interdit professionnel et d’exclusion sociale ceux qui les bravent ou les violent ? Philippe Verdier a étrenné à ses dépens un nouveau code social qui assimile au négationnisme l’examen critique de la politique climatique. L’espace du débat et du même coup celui de nos libertés ne cesse de rétrécir dans notre pays et l’on pourra bientôt reprendre la fameuse tirade de Figaro sur la censure. Il y a encore quelques années on aurait peut-être critiqué, éreinté, démonté, démoli, raillé, brocardé, réfuté, ridiculisé la thèse de l’auteur de « Climat investigations », aujourd’hui on jette l’auteur à la rue, demain en brûlera le livre !

D’autres, avant Philippe Verdier, avaient subi un sort identique, ainsi Claude Allègre (déjà mentionné)  traîné dans la boue par certains de ses collègues et ses amis politiques  Enfin, notons l’extrême difficulté pour les climatoréalistes  d’accéder aux médias, ce qui s’apparente à une censure de fait. À l’étranger de grands journalistes peuvent s’exprimer librement tel John Stoessel, Matt Ridley[25], Michael Crichton…!

Si les prophètes de malheur sont souvent cités, voire  décorés ou récompensés, ils sont rarement confrontés à leurs erreurs passées[26]. La dernière trouvaille des médias et des partisans du réchauffisme est la promotion de Greta Thumberg, ridicule adolescente  qualifiée par le Canard Enchaîné « d’autiste dramaclimatique, idole de Davos et même tête de gondole »[27]. Il est difficile de faire plus benêt  pour promouvoir une idéologie ! On peut espérer que la folie réchauffiste aura du mal à s’en remettre et que le prix Nobel sera rétrospectivement décerné à Vaclav Klaus , ancien Président de la République Tchèque.[28]

Les media ne parlent jamais des effets positifs du réchauffement qui rendront par exemple à nouveau possible l’agriculture au Groenland et la viticulture en Grande Bretagne.

Le combat juridique

Les juristes sont bien entendu parties prenantes au débat et il convient de les observer avec un œil critique.

Le droit de l’environnement, en France notamment,  est à 80 % du droit public, ce qui confère à la réglementation et donc à la puissance publique un quasi-monopole.

Dans le cadre du colloque « Le réchauffement climatique et les juges : une révolution judiciaire mondiale » Christian Huglo[29] affirme que « justice environnementale, justice climatique (inscrite dans l’Accord de Paris) et protection des biens communs sont autant de nouvelles facettes du concept de justice, spécifiques à notre temps».….vaste programme, car on ne voit pas comment ce nouveau sujet de droit pourra faire valoir ses droits ![30]

Autre interrogation de certains juristes : «  Quel droit pour sauver le climat ? »[31] titre d’un livret de 23 pages qui rend compte des recherches conduites par l’université Jean Moulin de Lyon.  Parmi les quelques 20 contributions notons celle de Philippe Billet, professeur de droit public. Traduit-elle l’idéologie des juristes participants ? Je le crains

Question du journaliste

Dans le projet « Impulsion », en tant que spécialiste du droit de l’environnement et de droit public, vous vous êtes intéressés à la responsabilisation des administrations. Quels sont vos premiers résultats ?

Réponse

Le sujet interroge le régime de la responsabilité de la personne publique (État, collectivités territoriales) mobilisée au titre de son pouvoir de gestion du territoire et de la police des comportements et des activités, avec des incidences sur les droits individuels (immixtion dans la liberté d’aller et de venir). Quant aux modalités de son exercice : à la collectivisation des transports en commun et au recours obligé à leur utilisation s’ajoute la collectivisation des déplacements dans les véhicules personnels, par incitation au covoiturage, voire à la contrainte, par définition de zones de déplacement contrôlé, : pénétration dans l’espace intime du logement pour en imposer la conception et l’isolation avec remise en cause de la structure de fonctionnement de la copropriété et du régime des espaces privatifs. Ce qui se traduit par un  passage de l’individualisme à la solidarité obligée en garantissant un équilibre entre droits individuels et enjeux collectifs. Elle appelle également à réfléchir sur la façon de gérer un phénomène dynamique comme celui de la pollution de l’air et du changement climatique en dépassant les outils traditionnels.

A mon sens, ce texte est terrifiant et Orwellien ! Il justifie par avance la dictature.

 Les autres contributions sont de la même eau et, en fait, au lieu de proposer une évolution du droit notamment celui de la propriété, on rêve d’une réglementation implacable et mondiale. Bref la vieille rengaine des «  lendemains qui chantent » !

Il existe pourtant des raisons d’espérer grâce au renouveau du droit privé pour la gestion environnementale ainsi définie par Terry Anderson, un des promoteurs du libéralisme environnemental :

Avant de s’engager dans des politiques réglementaire,s nous devons savoir si le remède n’est pas pire que le mal. La réglementation des biens communs dans le climat peut générer des coûts plus importants que les bénéfices. Réduire les émissions de gaz à effet de serre pourrait entraîner une augmentation de la mortalité et en tout cas réduire le couvert végétal qui dépend de la concentration en CO2.

Autre piste : la contractualisation relève du droit privé et dans une certaine mesure peut se substituer à la réglementation publique. Les personnes et  les entreprises peuvent ainsi participer librement à la protection et à la gestion des ressources environnementales. A cet égard, notons l’apparition et la production de jeunes juristes qui se sont attelés à cette tâche difficile mais prometteuse[32] : la propriété peut-elle s’harmoniser avec le droit de l’environnement ?

La perspective paraît habituellement impossible voire scandaleuse, mais une riche réflexion se propose de dépasser cette aporie par la mise en exergue d’une fonction proprement environnementale du droit de propriété dans ses expressions modernes en matière foncière, fonction qui dérive  de l’utilisation du mécanisme propriétariste comme instrument de politique écologique[33]. Cette vision  est implicitement au cœur de  la thèse magistrale de Vanessa Monteillet, qui explore la contractualisation du droit de l’environnement.[34]

Débat politique sur le réchauffement climatique

Il est d’autant plus difficile à mener que, au moins en France, tous les partis politiques sont à des degrés divers favorables aux thèses du réchauffisme et à la responsabilité de l’homme par l’émission du CO2. La « droite » a non seulement abdiqué toute réflexion sur ce thème, mais a même favorisé la « gauche »par exemple via l’organisation du Grenelle de l’environnement (notamment J.L Borloo et N. Kosciusko Morizet, ministres)[35].[36] En fin de compte il existe un consensus pour étatiser la société, quitte à participer à la servitude volontaire qu’avait dénoncée au XVIème siècle Etienne de La Boétie.

Un homme politique  osera dénoncer l’imposture. Pas en France, mais au Québec : il s’agit de Pierre Brassard. Homme politique important, plusieurs fois ministre, il a refusé publiquement de servir de caution à un groupe de juristes soutenant une proposition de loi sur le climat. Écoutons-le :

Je vous le dis sans détour : ne comptez pas sur moi. Assujettir l’État à des obligations coûteuses visant à combattre le réchauffement climatique d’origine anthropique, c’est pour moi : non merci ! Je suis ce qu’on appelle un climato sceptique.

Ce qui signifie que je n’adhère pas à la thèse ou à la théorie selon laquelle l’humanité serait responsable du réchauffement climatique. D’autant plus qu’elle a muté pour devenir une vérité indiscutable et un dogme incontestable. ……Une religion, un catéchisme qui est martelé sans arrêt pour contraindre le peuple à y adhérer sans réserve. Les politiciens quant à eux se sont empressés de revêtir la défroque de sauveur de la planète et peuvent ainsi se permettre sans vergogne de vider les poches des contribuables, tout ça pour de nobles motifs : taxe carbone, parc éolien, subventions pour l’achat de voitures électriques, diabolisation des énergies fossiles etc.

Si par malheur un politicien hésite ou rechigne à se soumettre à la sainte doctrine il risque d’être cloué au pilori. Car pour cette nouvelle religion le mécréant risque non pas le goulag, bien sûr, mais l’effacement. Son droit de parole est anéanti.… Savez-vous ce qui me dégoûte dans cette nouvelle religion ! C’est le comportement d’automates de ses fidèles qui ne font que rabâcher le credo sans la plus petite lueur de réflexion qui pourrait conduire à confronter l’idéologie aux faits.

Ce texte pourrait servir de trame au discours d’un homme politique français courageux et lucide qui briserait le tabou de la préférence politique et médiatique pour les énergies renouvelables ![37]

Vaklav Klaus, déjà cité, avait offert son petit livre au  premier ministre d’un pays européen (non précisé). Après lecture, ce ministre lui donne entièrement raison, mais se refuse à en faire état  publiquement : « J’ai des élections dans six mois et je n’ai pas le goût du suicide » [38].

Ce terrorisme intellectuel n’est pas durable à terme, mais il ne cessera qu’à partir du moment où la situation économique et politique ne permettra plus de dépenser des milliards pour acheter l’opinion, les électeurs et tous les profiteurs du système de subventions. Le combat politique n’est pas celui de la gauche contre  la droite mais celui des utopistes contre les réalistes.

Conclusion : « Contre la religion du climat : pour la raison »[39]

Que faire ? Face à l’extraordinaire mobilisation de la jeunesse pour « Sauver la planète » via l’objectif de neutralité Carbonne en 2050 (impossible à atteindre, sauf au prix de la dictature[40]) il convient de proposer une stratégie de compromis avec tous ceux, individus et institutions, qui, au-delà de l’aveuglement idéologique de la collapsologie, voudront bien regarder en face les faits et trouver des solutions susceptibles d’être mise en œuvre[41].

Le présent article  conteste moins la réalité du réchauffement climatique que son origine et son utilisation à des fins de changement social et politique vers la décroissance.[42]  La conjonction de l’écologie et de la santé va contraindre à rechercher de nouvelles solutions consensuelles  afin de réconcilier l’homme et la nature au-delà des extrémismes progressistes et conservateurs..

Imaginer un « Centre vert » est la tâche à laquelle doivent s’attacher les hommes de bonne volonté, privilégiant le réel et la raison afin de définir de nouvelles institutions.

Certes il faut reconnaitre les différences et les oppositions entre les deux camps , telles que :

  • La structure et le rôle de la puissance publique
  • L’équilibre entre réglementation et liberté économique
  • Le rôle des droits de propriété (privés, en commun, publics) pour la gestion environnementale
  • L’importance respective du droit public et du droit privé
  • La protection constitutionnelle des libertés individuelles
  • Les possibilités de charge démographique de la planète
  • La reconnaissance des animaux et de la nature comme objet de droit
  • Le rôle de la science au regard de l’idéologie
  • Le rôle des associations locales[43]….

 

C’est à l’écologie militante de prendre l’initiative d’une telle démarche, car ses positions extrêmes, voire certaines  déclarations  défiant le bon sens au risque du ridicule, l’ont progressivement disqualifiée dans l’opinion au point d’oublier ses légitimes propositions[44].

Les conservateurs, de leur côté, ont tout intérêt à proposer un approfondissement et une mise à jour des institutions qu’ils ont mises en œuvre[45],  à imaginer une nouvelle justice sociale et se rallier à certains des idéaux du premier Jour de la Terre (1970)

Faisons donc un rêve : la réunion d’hommes et de femmes de bonne volonté recherchant, hors  partis politiques,  les institutions les plus efficaces pour gérer au mieux la nature tout en protégeant la liberté et la prospérité des hommes.

 


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Sources et références 

Brunel S. 2019, Toutes ces idées qui nous gâchent la vie, 252 p. JCLattès

Durieux B. 2019, Contre l’écologisme: pour une croissance au service de l’environnement; Editions de Fallois, 263 p.

Falque/Lamotte (sous la direction de) 2010  Changement climatique et pollution de l’air , 406 p. Bruylant

Gérondeau C., 2012, Ecologie,  La fin des illusions, Editions du Toucan, 300 p.

Horner  C. 2005 The Politically incorrect guide to global warming and environmentalism,  357 p.

Horner C. 2008 Red hot lies: how global warming alarmists use threat, fraud and deception to keep you misinformed, Regnery Publishing 407 p.

Klaus V. 2007, Planète bleue en péril vert, IREF, 116 p.

Monteillet V. 2017 La contractualisation du droit de l’environnement, Dalloz, 730 p.

Prud’homme R. 2015 L’idéologie du réchauffement, Editions du Toucan, 400 p.

Regnery Publishing .

Sainteny G. 2015 Le climat qui cache la forêt : comment la question climatique occulte les problèmes d’environnement, 267 p. Rue de l’échiquier

Scruton R. 2012 Green philosophy, 457 p. Atlantic Book

Tertrais B., 2011 L’apocalypse n’est pas pour demain, pour en finir avec le catastrophisme, Denoël, 277 p.

Voir aussi les dossiers publiés par :Valeurs actuelles, 27 juin 2019, 32 p. et Causeur, mars 2019 98 p.

 

 

[1] Devise citée par la revue « Commentaire »

[2] Falque/Lamotte, eds, Bruylant, 2010, 406 p.

[3]Fayard, 2004,740 p.

[4]Je publiais dès novembre 2008 un article dans « Les Echos » « Réchauffement climatique ou échauffement des esprits?» dont  le contenu demeure hélas actuel.

[5]« L’accroissement de la végétation représente, si on la mettait à plat, l’équivalent d’un continent vert de deux fois la taille des Etats-Unis (18 millions de km2). Aujourd’hui, les plantes couvrent près d’un tiers (32 %) de la superficie totale de la planète, occupant environ 85 % de toutes les terres libres de glace » (Le Monde, 27 avril 2016)

[6]7 . J. Lanshester“Nature’s Mutiny: How the Little Ice Age of the Long Seventeenth Century Transformed the West and Shaped the Present”2020, 352 p.

[7]In a narrative, Crichton (2004) put it this way: »Just think how far we have come! » Henley said. « Back inthe 1970s, all the climate scientists believed an ice age wascoming. They thought the world was getting colder. But oncethe notion of global warming was raised, they immediatelyrecognized the advantages. Global warming creates a crisis,a call to action. A crisis needs to be studied, it needs to be

funded…. »

[8]CfClimtel, 12/02/2020 « Thereis not climate emergency” more than 700 scientists worldwide  among them 78 French

[9]Max Falque « Le consensus de Copenhague. Une autre vision du développement durable selon Bjørn Lomborg »Futuribles, 2005

[10]Habitée par nos ancêtres27 000 ans, av. JC.,au paléolithique glaciaire

[11] Le protocole de Montréal a probablement contribué à résoudre ces problèmes.

[12]«  Cette science du désastre fait recette. Elle n’a qu’un seul effet, démobiliser : à quoi bon agir si tout est foutu ?…L’ère des désastrologues, comme les appelait déjà Rabelais, ne peut qu’engendrer un vaste retour en arrière » S. Brunel, 2019.Affirmation déjà avancée  par le Club de Rome en 1970 « La terre est un cancer, et ce cancer c’est l’homme » 

[13] On notera aussi que le féminisme militant épouse désormais la « causa climatica ». L’écoféminisme rejoint ainsi la lutte contre l’ennemi commun  le « capitalisme patriarcal »

[14] « Imposture climatique ou la fausse écologie » Plon, 2010, 300 p.

[15] « Je défends la liberté d’expression mais il faut quand même un registre très précis de tous les climato sceptiques pour qu’ils portent leur responsabilité dans quelques années » France Inter 2015. C. Lepage a-t-elle pensé qu’une telle mesure pourrait également concerner tous ceux qui ont gaspillé des milliards à combattre un ennemi imaginaire ? Rendez-vous … dans quelques années !

[16]« Réarmer la raison: De l’écologie raisonnée à la politique raisonnable »  2017

[17] Voir notre article “Ecolos, grand capital, même combat » Revue des Deux Mondes, février 2020 qui dénonce la complicité financière et politique d’acteurs apparemment opposés.

[18]19« Stationarity was never a sound premise for ecological management. Ecologists have long recognized the dynamic nature of environmental systems, but their counsel had not been heeded. If the need for more adaptive and resilient approaches to environmental management has become urgent, it is perhaps because the need was ignored for so long. If stationarity is dead, perhaps it never existed »J. Adler, 2015, “Dynamic environmentalism and adaptative management”

“Les géologues ont démontré depuis longtemps que la biodiversité est un état éminemment provisoire, instable, précaire et changeant” B. Durieux, 2019.

[19] « Le climat qui cache la forêt, comment la question climatique occulte les problèmes d’environnement » L’Echiquier, 2018

[20] Confirmant ainsi l’hypothèse de Lomborg supra note 7

[21]« Le pessimisme fait vendre ; le catastrophisme apporte la renommée. Pas de problème ? Pas de financement » (Bruno Tertrais)

[22]Il est d’ailleurs curieux de constater que la pandémie  due au Corona virus ne soit pas encore explicitement mentionnée comme responsable

[23] « Qu’il est facile de chasser une proie lorsqu’on est en meute ! Les attaques répétées contre notre consœur Emmanuelle Ducros — sur Twitter essentiellement — montrent à quel point le journalisme, en France, se réduit à la course permanente contre les faits. L’attaque ad hominem est devenue la règle, dans ce milieu confiné où barbotent les pratiques d’antan, parmi lesquelles dominent l’entre-soi et la course aux subventions. Sur le fond, rien de neuf. Les journaux se complaisent dans l’apologie du charlatanisme : en matière d’OGM, d’homéopathie, de climat, de glyphosate, l’information délivrée au lectorat d’une presse en crise se veut alarmiste et détachée des recommandations de la science. Tout cela est financé par l’argent des Français. Et lorsqu’une, ou deux, ou trois voix osent s’élever contre le consensus médiatique, la bronca gronde…. »  Contrepoint 3/07/19

[24]Deux mois avant la COP 21, Philippe Verdier osait publier une enquête édifiante sur le climat sans remettre en cause le réchauffement. Ses révélations insoutenables s’opposaient à l’emballement autour de la conférence climatique. À la parution de Climat Investigation, l’auteur interpellait courageusement le chef de l’État dans une lettre ouverte. 
Une semaine plus tard, France 2 l’interdit d’antenne. Un mois après, il était licencié. Délit d’opinion ? Élimination politique ? La justice a donné raison à France Télévisions …..et à Lafontaine « selon que vous serez puissant ou misérable… ». 
En supplément de l’enquête originale, dont la validité est démontrée par les événements, Philippe Verdier dévoila les coulisses de ce scandale planétaire. Malgré une puissante vague de soutiens, une partie de la sphère politique et médiatique se livra à un lynchage féroce. Alors que les valeurs démocratiques étaient malmenées, François Hollande, Laurent Fabius et Ségolène Royal niaient la portée du livre qui passionna l’opinion et désacralisa la COP 21. 
Philippe Verdier, ex-chef du service météo de France Télévisions, est journaliste et écrivain, dirigeant de force 8 conseils. (Source : Amazon)

[25] Inventeur du terme  « Apoalcoolique » qui combine apocalypse et alcoolisme 

[26] Ainsi en 2015 Al Gore (aliasGoracle !) déclarait « La calotte glaciaire du nord disparaitra en entier d’ici cinq ans » ! Déjà en 2007, 2008 et 2009, Gore prévenait publiquement, , qu’« il n’y aurait plus de glace » au pôle Nord d’ici 2013 environ en raison du « réchauffement climatique d’origine humaine ».

[27]« Il faut sauver le soldat Greta Thunberg, marionnette des affairistes du climat ? Derrière la mobilisation de la jeune Suédoise se révèlent des intérêts financiers bien connus » Michel Gay,      Contrepoint, 19 mars 2019.

[28] Auteur de « Planète bleue en péril vert : qu’est-ce qui est en danger aujourd’hui : le climat ou la liberté ? » IREF, 116 p., traduit en 12 langues. Cette personnalité est de facto  interdite de media en France !

[29]Prononcée dans le cadre du colloque international  « Agir en justice au nom des générations futures » (2017) 

[30] Sauf à embrasser la thèse de C. Stone sur le droit des arbres à ester en justice !

[31] QUEL DROIT POUR SAUVER LE CLIMAT? Projet de recherche dirigé par Mathilde HAUTEREAU-BOUTONNET et coordonné par Sophie GAMBARDELLA

[32]Ainsi les articles de Benoît Grimonprez sur la fonction environnementale de la propriété et le droit de propriété à l’ère du changement climatique ou encore des professeurs G.Trébulle et L. Fombaustier

[33]Cf Falque/Massenet (sous la direction de) Droits de propriété et environnement, Dalloz, 372 p.

[34] Dalloz, 732 p. 2017

[35]

[36]

[37] Une lueur d’espoir : le député Julien Aubert nommé rapporteur spécial de la Commission parlementaire considère que « la politique de soutien financier apporté par l’État aux éoliennes est onéreuse, déséquilibrée, alimente des sur-rentabilités indues, présente un bilan économique et industriel peu satisfaisant et échappe partiellement au contrôle budgétaire du Parlement. Il recommande d’interrompre tout soutien à l’éolien terrestre ou, à défaut, d’en  réviser fortement les conditions… »

Il vient d’élargir sa réflexion en publiant « Le livret vert » (Oser la France, 120 p., 2020)

[38] Cité par C. Gérondeau (2012)

[39] Titre du mensuel « Causeur » mars 2019

[40] L’urgence climatique ne serait-elle pas le couteau suisse de l’écologisme politique, annonciateur d’une nouvelle forme de totalitarisme d’autant plus redoutable « qu’à l’instar du socialisme, il se présente sous le masque d’une doctrine généreuse, humanitaire , inspirée par un souci d’équité en faveur des faibles, de pureté contre la corruption et la pollution, de liberté contre la subordination et l’exclusion. Les utopies sont des séductrices rusées qui proposent le contraire de ce qu’elles visent en réalité » ?J.F. Revel

[41]Voir les reflexions de Frederic Rich « Getting to Green, Saving Nature: a bipartisan solution” Norton & Co, 2016, 361 p.

[42]La crise sanitaire actuelle du COVID 19 peut servir de banc d’essai aux contraintes qu’impliquerait la mise en œuvre de l’idéologie collapsologique.

[43] Le concept de « little platoons » proposé par Burke et repris par Scruton s’inscrit dans le principe de subsidiarité.

[44] A la différence de l’Allemagne les associations écologistes françaises, en raison de leur extrémisme, ne pourrons pas arriver au pouvoir alors que nombre de leurs propositions sont légitimes dont la dépendance aux énergies fossiles, la limitation des déchets, les circulations douces, la protection de la biodiversité…..

[45] Notamment les évaluations environnementales et études d’impact  (Nixon 1970 et Giscard d’Estaing, 1976)

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