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Opinions

Fin du nucléaire?

Fin du nucléaire?

En 2022 : achetez des bougies !

Depuis fort longtemps, les écologistes se servent du spectre des bombardements américains sur Hiroshima le 6 août 1945 et Nagasaki le 8 août par des engins atomiques, pour diaboliser l’usage de l’énergie nucléaire à des fins civiles.

En URSS, la fusion de l’atome d’hydrogène fut réalisée le 30 octobre 1961 avec la bombe H, quatre fois plus puissante que celle d’Hiroshima qui, elle, utilisait la fission des particules d’uranium 235.

Cette frousse de l’énergie atomique a encore été amplifiée par les mouvements anti-nucléaires, suite aux accidents dans la centrale de Three Mile Island en 1979, Tchernobyl le 26 avril 1986 et Fukushima en 2011, où on avait compté 1 seul mort et 5 malades associés aux rayonnements.

L’émotion provoquée par ces accidents nucléaires et le nombre de décès attribués par les instances neutres et indépendantes (qui s’élèvent entre 50 et 5.000 pour les Etats-Unis et la Russie) ont été outrageusement exploités par les organisations anti-nucléaires du monde entier, dont les arguments fallacieux ont été largement relayés par les médias et le lobby du gaz naturel, pour discréditer le rôle, la construction et le développement des centrales nucléaires à usage civil.

Quand je résidais dans la banlieue lyonnaise, j’ai pu assister à quelques-unes des très nombreuses manifestations contre la construction et la mise en service du Surgénérateur Phénix à Creys-Malville (jumeau de la centrale de Kalkar en Allemagne). Lors d’une manifestation violente, 31 juillet 1977, le militant écologiste Vital Michalon fut tué par une grenade offensive tirée par les Forces de l’Ordre. Phénix a été mis en production en 1985 et définitivement arrêté le 28 février 1997, bien longtemps après l’abandon du projet Kalkar qui, lui, n’a jamais pu être exploité, sous la pression des Grünen allemands.

Cette trouille et la lâcheté politique ont conduit plusieurs gouvernements européens à restreindre la recherche de nouvelles techniques nucléaires et à même abandonner la filière atomique et fermer des réacteurs existants.

Arrêt de l’utilisation de l’énergie nucléaire pour la production d’électricité.

L’Autriche a interdit le nucléaire depuis un référendum en 1978 et inscrit cette interdiction dans sa constitution en 1999. En Espagne, en Suisse, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Belgique, en Italie et en France, depuis des décennies les militants des mouvements anti- nucléaires exercent un chantage à l’insécurité de la filière atomique, dont la conséquence a été la sortie du nucléaire à usage civil.

Angela Merkel avait proclamé l’arrêt définitif de la totalité des centrales nucléaires allemandes pour la fin de 2022.

En Belgique, l’arrêt de 7 réacteurs est prévu pour la fin 2025.

En Italie les 4 centrales nucléaires en activité ont toutes été arrêtées en 1990. Par référendum du 13 juin 2011 (après Fukushima) 90% des voix exprimées se sont opposées à la reprise du programme nucléaire.

En Suisse, dont 30% de l’électricité est produite par 5 réacteurs, la sortie est fixée en 2035.

L’Espagne renonce aussi à la production d’électricité d’origine nucléaire, sous pression de l’opinion publique.

Pour évaluer la dangerosité des énergies, on peut comparer le nombre de décès provoqué par la production d’une quantité d’électricité (le térawatt-heure). Selon une étude de 2014 basée sur les données de l’organisation Mondiale de la Santé (O.M.S) la comparaison est la suivante :

ENERGIE DECES PAR Twh PRODUIT

Charbon 100

Pétrole 36

Biomasse et biocarburant 24

Gaz 4

Hydroélectricité 1,4

Solaire 0,44

Eolien 0,15

Nucléaire 0,04

On constate ici que le charbon est 2.500 fois plus dangereux que le nucléaire, le gaz 100 fois et le solaire 11 fois.

Malgré tout, en 2021 la France démantèle 9 réacteurs de technologies différentes :

Creys-Malville, Chooz A, Bugey 1, Chinon A1, A2 et A3, Saint-Laurent A1 et A2 et Brenilis.

Chaque destruction d’un réacteur est estimée à 400 millions d’euros.

A quels dangers les déchets nucléaires nous exposent-ils ?

Depuis quelques années déjà, les progrès techniques et scientifiques permettent un stockage absolument sécurisé. En outre, avec la dernière génération des réacteurs à « fusion nucléaire » sur le modèle Tokamak en service à Cadarache, les déchets des centrales des premières générations pourront être recyclés et utilisés comme combustible, ce qui procurera une auto-suffisance pour plusieurs siècles et assurera une indépendance énergétique. Il est donc primordial pour l’Europe de lancer d’urgence de nouveaux projets de centrales.

Face à la pénurie d’électricité, certains pays investissent dans la production d’énergie nucléaire.

C’est le cas d’Abu Dhabi, de l’Arabie Saoudite, de l’argentine, du Brésil, de l’Algérie, de la Chine, de l’Iran, de la Pologne, de la Turquie, de la Finlande, de l’Inde, de la Grande-Bretagne, de l’Egypte ou encore de la Russie.

En effet, la hausse constante de l’économie mondiale demande une production d’électricité chaque année plus importante.

Et les enjeux écologiques monopolisent les médias audio-visuels, harcelés par les ayatollahs du « réchauffement climatique ». L’horrible troll scandinave- Greta Thunberg- avait martelé à la tribune de l’ONU : « Comment osez-vous ? » En effet, QUI émet le plus de CO2 dans le monde ?

Selon les données (pour 144 états) en provenance de l’Organisation des Nations Unies (ONU), de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) et de l’Organisation du Commerce et de Développement Economique (OCDE) on constate que les plus gros pollueurs ne sont pas toujours ceux qui sont montrés du doigt.

Par pays et par tonnes de CO2 émis par chaque habitant en 2017 :

Le Qatar avec 30 tonnes/habitant

Le Curaçao avec 23 tonnes/habitant,

Le Koweït avec 21 tonnes,

Les Emirats Arabes Unis 20 tonnes,

Gibraltar 20 t,

Bahreïn 19 t

L’Arabie Saoudite16 t

L’Australie, le Canada, le Luxembourg, Oman et les USA avec 15 et 14 t/habitant

Les Pays-Bas, la Tchéquie la Russie et Taïwan polluent entre 9 et 11 t

Le Japon, l’Allemagne et Singapour 8 tonnes /habitant,

La Belgique, la Pologne, la Finlande, Chypre, l’Irlande, l’Afrique du sud, l’Autriche et Israël 7 tonnes/habitant La Chine, la Malaisie, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, la Lybie, l’Islande et la Bulgarie avec 6 tonnes 

Plus bas dans le classement se trouvent le Portugal, la Turquie, la Hongrie, le Chili, la France, le Kosovo, le Liban, la Suisse et l’Argentine chaque pays émettant 4 tonnes de CO2 par habitant et par an.

Et à la fin du tableau, ceux qui émettent moins d’une tonne de CO2 par an et par habitant, par exemple le Guatemala, le Pakistan, la Corée du Nord, le Cambodge, l’Angola la Birmanie, le Nigéria, Haïti, le Cameroun.

Les 6 derniers qui polluent avec moins de 200 kilos de CO 2 par habitant/ an comme la Tanzanie, l’Erythrée, le Soudan du sud, l’Ethiopie, le Niger ou la République Démocratique du Congo (0,04 tonne/an par habitant !).

Combien de manifestations de « Fridays For Future » à Riyad, Manama, Abou Dhabi, Moscou ou à Taïpei ?

D’après un sondage IPSOS publié en 2017, 44% des gens interrogés pensaient que l’énergie nucléaire émettait « beaucoup de CO2 » et 34% « un peu ».

Alors que deux ans plus tard, un rapport du GIEC du 6 juin 2019 intitulé « Résumé pour les décideurs » indiquait que le nucléaire faisait partie de la solution pour limiter le « réchauffement climatique ». Après de 45 ans de croyance sectaire et de désinformation, les associations anti-nucléaires devraient avouer leurs erreurs !

En effet, le charbon produit 820 grammes de CO2 pour 1 KWh/h d’électricité produite, contre 490 pour le gaz, 48 pour le solaire, 11 pour l’éolien et 12 pour le nucléaire !

C’est pourquoi, entre autres arguments, 52 réacteurs nucléaires sont en construction dans le monde en 2020, pour une puissance totale de 54 Gigawatts. Pour sa part la Chine a lancé un programme de construction nucléaire de 200 GW avant fin 2035. Mais avant cette échéance, l’Empire du Milieu a relancé son industrie du charbon, l’énergie la plus polluante, en autorisant en août 2020 la reprise de l’exploitation de 53 mines, notamment au Xinjiang et en Mongolie-intérieure, pour plusieurs dizaines de millions de tonnes de minerai.

En 2020 le charbon constituait 63% de la production d’électricité en Chine, qui pourrait encore augmenter si son économie retrouvait une hausse de 5% à 10% tous les ans.

Prix comparé des différentes sources d’énergies en France.

Origine Coût moyen du Mégawatt/h % dans la production production 2020

Géothermie 43 euros infime négligeable

Eolien terrestre 58 euros 8% y compris 40 Térawatts

Eolien en mer 180 euros le maritime

Solaire 80 euros 3% 13 Térawatts

Hydrolien 250 euros infime négligeable

Gaz 180 euros 8% y compris 40 Térawatts

Charbon 100 euros le charbon

Nucléaire 50 euros 68% 335 Térawatts

Hydraulique 20 euros 13% 65 Térawatts

Le dernier barrage a été inauguré le 9 octobre 2020 à Romanche s/Gavet avec une puissance de 97 MGw.

Allons-nous subir des coupures de courant ?

C’est bien possible ou sinon probable dans les mois à venir. L’Europe a fermé de nombreuses centrales atomiques, sans compensation de production électrique équivalente par d’autres énergies ! Les éoliennes et les panneaux solaires dépendent des conditions climatiques incertaines et le charbon ou le gaz polluent !

Nous avons subi depuis des années une désinformation et une propagande mensongère concernant la destruction de la couche d’ozone. De plus, sous prétexte de « réchauffement climatique », les gouvernements interdisent l’usage des véhicules diesel ou à essence, en subventionnant les voitures électriques. On interdit les chaudières au charbon et au mazout, en développant le chauffage au gaz et à l’électricité.

En Europe, des dizaines de réacteurs nucléaires sont à l’arrêt actuellement, pour rechargement, pour des visites partielles et pour des entretiens décennaux, pendant plusieurs mois.

En périodes de grands froids (ou durant les canicules) et de tension sur les réseaux interconnectés, les importations françaises venant des pays voisins pourraient atteindre 8.000 Mégawatts.

Qui va pouvoir fournir ce manque évident d’électricité ?

Autant prévoir maintenant un investissement en bombonnes de gaz, en bougies et en piles électriques, pour le chauffage d’appoint, la cuisine et l’éclairage !

Pieter KERSTENS.


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