Loading...

Le Cercle

Il m’est tout à fait impossible de séparer le mot fraternité du mot volontaire. Il m’est tout à fait impossible de concevoir la Fraternité légalement forcée sans que la liberté soit légalement détruite, et la Justice légalement foulée aux pieds.

Frédéric Bastiat, La Loi

L’objet du Cercle Frédéric Bastiat est de faire connaître cet économiste français et de propager sa philosophie de liberté, d’initiative et de responsabilité individuelles face à l’État cette « grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre au dépens de tout le monde ». Il promeut le libre-échange, la liberté économique et défend les Droits Naturels individuels universels qui sont la Propriété, la Liberté et la Personnalité. L’État comme les individus sont tenus de les respecter. Son objectif est de mettre fin à la spoliation légale. C’est Juste et cela va bien au-delà de l’économie. Pour préserver son indépendance et sa liberté il ne reçoit aucune subvention.

Le Cercle Frédéric Bastiat est en expansion. Il a besoin de renforts pour accompagner sa croissance. Il recherche des bénévoles actifs et disponibles pour le représenter auprès des différents interlocuteurs, participer à sa promotion, s’investir dans l’organisation événements. Que tous ceux qui veulent promouvoir la pensée de Bastiat, défendre les Droits Naturels : Propriété, Liberté, Personne, défendre les libertés individuelles, la responsabilité individuelle, le contrat plutôt que la loi, n’hésitent pas à proposer leurs services auprès de M. Patrick de Casanove, Président du Cercle, cercle.bastiat chez gmail.com

Histoire du Cercle

J’ai découvert Frédéric Bastiat en 1983, lors d »une rencontre avec des américains au sein de l’ALEPS (Association pour la Liberté Économique et le Progrès Social). L’enthousiasme qu’ils avaient pour lui, plus le fait qu’il était Landais attirèrent ma curiosité. J’ai donc cherché à mieux le connaître, ce qui ne fut pas si facile, car dans notre pays, son œuvre était épuisée et il était tombé dans l’oubli. En 1989, devant la statue de Bastiat à Mugron, je demandai aux dix premiers passants qui était le personnage de la statue, et quatre seulement purent me répondre !

Alors en 1990, avec l’aide d’Aline Lalanne, aujourd’hui maire de Saint-Loubouer, j’ai fondé le Cercle Frédéric Bastiat, afin de « perpétuer la mémoire de Frédéric Bastiat, et de propager sa philosophie de liberté, d’initiative, et de responsabilité individuelles » (article 2 des statuts).

Pour satisfaire le premier objectif, j’ai écrit de très nombreux articles, notamment dans Sud-Ouest (feuilleton de 12 articles), Clarté, la revue du diocèse (4 articles sur Bastiat et la religion), Gascogne (2 articles) , le bulletin de la Société de Borda (société historique des Landes), les annales de la Société des Sciences, Arts et Lettres de Bayonne, mais aussi La Jaune et la Rouge (revue des anciens élèves de l’École Polytechnique), Le Rotarien, « Liberté Économique et Progrès Social » et Le Journal des Economistes ; j’ai fait de très nombreuses conférences, notamment à Bayonne (deux fois), à Dax (deux fois), à Saint-Sever, Aire sur l’Adour, Mugron (deux fois), mais aussi à Paris, en Tchécoslovaquie, en Angleterre, aux Etats-Unis et au Canada. En 1999, avec l’aide de François-René Rideau, le Cercle a créé un site sur internet www.bastiat.net qui a vocation à devenir une véritable encyclopédie sur Bastiat.

Le premier objectif a été atteint : il n’y a presque plus personne, aujourd’hui, dans les Landes, qui ne sache qui était Frédéric Bastiat.

Pour satisfaire le deuxième objectif, le Cercle Frédéric Bastiat a organisé jusqu’ici 7 forums à Mont-de-Marsan, mais surtout 70 dîners-débats sur des sujets de société, d’abord à Saint-Sever, animés par des conférenciers de classe internationale. Environ 300 personnes au total sont venues une ou plusieurs fois à ces manifestations, dont la presse locale a chaque fois parlé.

En 2001, pour le bicentenaire de la naissance de Bastiat, le Cercle a organisé un colloque de cinq jours qui a attiré 200 personnes en provenance de 30 pays. Le congrès a été ouvert à Mugron par M. Emmanuelli, président du Conseil Général, conseiller général de Mugron, et d’une certaine façon successeur de Bastiat à l’Assemblée Nationale. Le dîner de clôture était présidé par Alain Madelin, un grand connaisseur de Frédéric Bastiat. Ce fut la seule fois où des hommes de pouvoir assistèrent à une manifestation du Cercle.

Le Cercle est entièrement indépendant des partis et du pouvoir. Il se flatte de ne recevoir aucune subvention. Il ne critique ni ne loue aucun parti ni aucun homme politique en particulier. Mais comme ses dîners-débats permettent de s’informer sur tous les sujets importants de société, avec les meilleurs spécialistes, et sans y consacrer beaucoup de temps, nous pensions naïvement qu’ils constitueraient une mine d’or pour les hommes politiques surmenés et avides de savoir. Nous en avons invité beaucoup, de toutes tendances. Ils ne sont jamais venus ! En revanche le Cercle a accueilli plus d’une fois des personnes de la société civile qui ne partageaient pas sa philosophie libérale. Ils semblent avoir pris plaisir à la soirée.

Jacques de Guénin

Le conseil d’administration

Président :
Patrick de Casanove

Vice-Président :
Philippe Couture

Trésorière :
Françoise Couture

Secrétaire Général :

Gérard Dupuy

Administrateurs :
Diana Dupuy
Alain Mathieu Philippe de Berne-Lagarde
Vincent Ginocchio

Statuts (en vigueur depuis 2011)

Article 1. Il est fondé entre les adhérents aux présents statuts une association régie par la loi du 1er juillet 1901 dénommée « Cercle Frédéric Bastiat ».

Article 2. L’objet de cette association est de perpétuer la mémoire de Frédéric Bastiat et de propager sa philosophie de liberté, d’initiative et de responsabilité individuelles, face à l’Etat, « cette grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre au dépens de tout le monde ».

Article 3. Son siège est à Ondres (Landes)

Article 4. Pour être membre du Cercle, il faut adhérer à son objet et acquitter une cotisation annuelle fixée en Assemblée Générale. Les demandes d’adhésion au Cercle sont acceptées par le conseil d’administration.

Article 5. Le Cercle est dirigé par un Conseil d’Administration d’au moins trois membres : un président, un secrétaire, un trésorier. Chaque membre est élu annuellement dans sa fonction par l’Assemblée Générale. En cas de vacance de l’un des membres, le Conseil d’Administration pourvoit à son remplacement provisoire jusqu’à la prochaine Assemblée Générale.

Article 6. Le Conseil d’Administration se réunit sur convocation du président ou à la demande de l’un des membres. Les décisions sont prises à la majorité. En cas de partage, la voix du président est prépondérante.

Article 7. L’Assemblée Générale comprend tous les membres du Cercle. Elle est réunie une fois par an à la diligence du président. La convocation se fait par courrier ordinaire envoyé au moins quinze jours à l’avance. Les décisions sont prises à la majorité des présents. Les votes se font à main levée, sauf si la majorité se prononce pour un vote à bulletins secrets sur un sujet particulier.

Article 8. Une Assemblée Générale Extraordinaire peut être convoquée à tout moment à l’initiative du conseil, ou à la demande de plus de la moitié des membres. Les procédures de convocation et de vote sont les mêmes que pour l’Assemblée Générale Ordinaire.

Article 9. La qualité de membre se perd par démission, ou exclusion prononcée par le Conseil d’Administration pour motif grave, après avoir entendu l’intéressé. La démission n’entraîne pas le remboursement de la cotisation annuelle. L’exclusion l’entraîne.

Adhésion

Pour adhérer au Cercle, vous voudrez bien renvoyer le bulletin figurant en pièce jointe accompagné du règlement de votre cotisation par chèque.

Adhésion Cercle Frédéric Bastiat 2018

Activités passées

Vous trouverez en cliquant sur les liens ci-dessous vers le site des archives, des informations sur certaines activités passées importantes du Cercle :

Le compte rendu du Week-end de la Liberté de 2010 avec les photos et les vidéos : http://www.archivesbastiat.net/fr/WL/WL2010/CRWL2010.html

Vidéos et bandes sonores du Week-end de la liberté de 2009 :
http://www.archivesbastiat.net/wel2009/wel2009.html

Le Congrès du Bicentenaire de juillet 2001 :
http://www.archivesbastiat.net/fr/Bastiat2001/index.html

Description du Cercle Frédéric Bastiat

Une association idéale
pour qui veut comprendre la Société contemporaine
sans pouvoir y consacrer beaucoup de temps.

L’objet du Cercle est de perpétuer la mémoire de Frédéric Bastiat et de propager sa philosophie de liberté, d’initiative et de responsabilité individuelles Il le fait au moyen de conférences, de dîners-débats trimestriels et d’un « Week-end de la liberté » annuel. Ces rencontres portent sur tous les sujets de la vie en société. Elles font appel à l’intelligence, la réflexion et l’expérience, et non aux dogmes ou aux idées toutes faites. Bien que le Cercle aborde les sujets les plus complexes, son credo est simple : il est favorable à tout ce qui tend à responsabiliser l’individu.

Les rencontres sont animées par les meilleurs spécialistes des sujets traités, français ou étranger : professeurs d’université, cadres dirigeants d’entreprise, écrivains. Nous ne faisons venir que des conférenciers d’une clarté et d’une compétence exceptionnelles. Un bulletin synthétise ensuite les principales idées émises au cours de la soirée et annonce la rencontre suivante.
On peut se faire une idée des orateurs et des sujets traités jusqu’ici en consultant le site www.bastiat.net.

Le Cercle à une vocation pédagogique et non polémique. Il est indépendant de tout parti politique. Il ne reçoit aucune subvention. Il ne vit que des cotisations de ses adhérents et de dons. La cotisation est de 30 Euros par famille et par an. Elle permet de recevoir le bulletin. Pour adhérer, il suffit d’envoyer ses coordonnées à l’adresse du cercle, 146 Rue des Hauts Lacs, 40440 Ondres, accompagnées d’un chèque à l’ordre du cercle.

Le cercle est très ouvert. On constate que ses membres, malgré la très grande diversité de leurs métiers et de leurs formations, présentent deux caractéristiques communes : le sens des responsabilités, et une grande curiosité intellectuelle. Il n’y a aucune condition autre que payer sa cotisation pour en faire partie.

Pour toute information complémentaire, écrire à l’adresse du cercle ci-dessus ou envoyer un courriel à cercle.bastiat chez gmail.com

Hommage à Jacques de Guénin (association intermines)

Jacques de Guenin vient de nous quitter.
Au sein des Groupes Esso et Peugeot, il a laissé le souvenir d’un manager de haut vol.
Je voudrais, par un exemple concret, illustrer combien il était un innovateur et un réalisateur de talent.

Au début des années 1960, la programmation linéaire avait démontré son efficacité pour l’optimisation des opérations de raffinage et de distribution des ^produits pétroliers. Mais un modèle comportait des centaines d’équations et inéquations, ce qui impliquait des milliers de coefficients qu’il fallait calculer et entrer à la main. La construction et la mise à jour d’un modèle étaient des opérations terriblement lourdes.

En 1966 jacques de Guenin conçut et mit au point, seul, un outil destiné à automatiser la confection et la mise à jour de modèles linéaires. On enregistrait dans des modules annexes les données de base : caractéristiques de distillation des bruts, rendements et qualité des produits des unités de conversion, etc.
A partir de ces données, des programmes calculaient et généraient automatiquement les coefficients du modèle linéaire. Les mises à jour devenaient un jeu d’enfant, ce qui permettait de multiplier les cas à traiter, d’étudier des variantes, de simuler l’impact d’une nouvelle unité de craquage ou de désulfuration, etc.
Jacques de Guenin baptisa son outil PRAGMATIQUE : PRogramme Automatique de Génération de MATrices Irrégulières QUElconques.

Grâce à Jacques de Guenin, Esso-France disposait d’un avantage compétitif sur ses concurrents français, et devenait leader au sein du Groupe Esso dans le domaine de la programmation linéaire.

Les Américains d’Esso Research & Engineering étaient assez vexés d’avoir été doublés par une filiale, française de surcroît. Ils constituèrent une équipe d’experts musclés, et profitant de l’expérience de PRAGMATIQUE, ils réalisèrent un outil plus complet et plus convivial : PLATOFORM.

Sous la pression discrète de la Société-mère, les diverses filiales du Groupe Esso adoptèrent progressivement PLATOFORM.
Esso-France continua d’utiliser PRAGMATIQUE, mais cela nuisait aux échanges d’informations avec Esso-Europe, l’organisme chargé de coordonner les opérations de raffinage Esso sur le continent.
En 1975 le Direction d’Esso-France décida de franchir le pas et d’adopter PLATOFORM.

Le « saut technologique » dans l’élaboration automatique de modèles linéaires de raffinage a été l’oeuvre de Jacques de Guenin.

Raymond Croella (E54)

Hommage à Jacques de Guénin (Cercle Frédéric Bastiat)

Le 24 octobre, Jacques de Guénin, fondateur du Cercle Frédéric Bastiat et son président pendant 20 ans nous quittait.

Jacques de Guenin et le Cercle Frédéric Bastiat

Pour ses amis du Cercle, nous savions que Jacques était ingénieur de l’Ecole des Mines de Paris et Master of Sciences de l’Université de Berkeley ; que sa carrière s’était déroulée chez Exxon Mobil et PSA Peugeot Citroën. Mais ce qui nous concernait au premier chef, c’était qu’il nous avait fait connaitre Bastiat. Lui-même l’avait découvert à travers l’Association pour la liberté économique et le progrès social (ALEPS). Au cours d’un colloque de l’ALEPS en 1983 consacré à Bastiat, il s’aperçut que cet auteur, qu’il ne connaissait pas, était familier aux Américains présents. Ceux-ci s’étaient étonnés que Jacques n’ait pas entendu parler de ce penseur et économiste français du XIXe siècle, apprécié et étudié chez eux. Ses écrits avaient beaucoup influencé les débats autour des tarifs douaniers américains au XIXe siècle. Plus près de nous, Bastiat fut un des auteurs préférés de Ronald Reagan qui s’en inspirait clairement dans ses discours.
Curieux de connaître cet auteur tant apprécié outre-Atlantique, Jacques découvrit que Bastiat était landais, son proche voisin, habitant Mugron, à une trentaine de kilomètres de son village familial de St-Loubouer. La lecture de ses œuvres, leur clarté, leur modernité l’enthousiasma et il devint un promoteur de cette pensée porteuse de liberté.
A sa retraite à St Loubouer, il commença à faire des conférences sur Bastiat et sur le libéralisme. Très rapidement il créa en Juillet 1990 le Cercle Frédéric Bastiat dédié à la diffusion de la pensée de cet économiste. Peu à peu, les amis du Cercle se firent plus nombreux autour de Jacques, attirés par sa démarche et sa personnalité. Il organisa des diners-débats trimestriels à St Sever puis à Dax, où les plus brillants connaisseurs de la pensée libérale se déplaçaient volontiers sur son invitation. A partir de 2009, il organisa chaque année un Week-End de la Liberté où, pendant 48 heures, tout ce qui compte comme partisans de la liberté et du libéralisme apportaient leur expérience et leurs travaux.
A travers ces 2 types de manifestations, diner-débat et Week-End, le Cercle Frédéric Bastiat reçut 90 orateurs au cours de 140 conférences. Les intervenants étaient français bien entendu, mais aussi anglais, allemands, suisses, belges, africains.
A l’occasion du bicentenaire de la naissance de Frédéric Bastiat, en 2001,
Vince Miller, le Président de l’International Society for Individual Liberty, sur la suggestion de Jacques, demanda au Cercle de l ‘aider à organiser son congrès annuel. Il souhaitait en effet dédier ce congrès à Frédéric Bastiat. C’est ainsi qu’un groupe de 200 personnes rejoignit le Cercle pour dévoiler une plaque sur la maison natale de Bastiat à Bayonne, visiter sa propriété de Mugron, et entendre une vingtaine de communications sur Bastiat et le libéralisme. Ce fut vraiment un congrès international car une trentaine de nationalités était présente, où se trouvaient des fans de Bastiat éminents. Ainsi le Président de la Banque de la Réserve Fédérale du Texas, Bob Mc Teer fit une conférence intitulée ’’Pourquoi Bastiat est mon héros’’.
C’est à cette occasion que Jacques se mit d’accord avec des membres du Conseil d’administration du Liberty Fund, une fondation destinée à diffuser les œuvres dédiées à la défense des libertés. Ils décidèrent de démarrer une édition complète des œuvres de Frédéric Bastiat en anglais. En effet, il n’en existait pas aux USA où il n’y avait que des traductions d’œuvres maitresses isolées. Jacques devint le maitre d’œuvre de cette édition américaine dont la traduction anglaise fut faite en France.
Enfin Jacques suscita la publication des Œuvres complètes de Bastiat en France par les Editions Charles Coquelin. Jusque-là, les seules éditions françaises dataient de 1855, republiées à plusieurs reprises par les Editions Guillaumin.
Les nouvelles éditions française et américaine intègrent des lettres inédites de Bastiat à la famille Cheuvreux, et d’autres lettres et articles découverts par Jean-Claude Paul-Dejean, historien et érudit Bayonnais. L’édition française contient une introduction de Jacques de Guenin décrivant précisément la vie et l’œuvre de Frédéric Bastiat. M. Paul-Dejean a ajouté une chronologie détaillée avec en regard les principaux évènements historiques et économiques de chaque période.
Entre temps, Jacques publia plusieurs ouvrages dont « Logique du libéralisme » et divers pamphlets.
En 2011, Jacques voulant se consacrer aux éditions complètes, passa la Présidence à Patrick de Casanove. Bien entendu sa connaissance de Bastiat et des réseaux libéraux, sa présence dans les débats, ses interventions, ses conférences toujours attendues, le rendaient toujours présent.
Son départ est un coup cruel pour le Cercle. Il l’avait créé et développé en un lieu privilégié de rencontres et d’échanges des libéraux français et étrangers.
Jacques de Guenin restera dans notre cœur et continuera à nous inspirer.

Gérard Dupuy pour le Cercle Frédéric Bastiat.

Tribute to Jacques de Guénin (hommage de David Hart du Liberty Fund)

L’Editeur en Chef des Œuvres Complètes de Frédéric Bastiat publiées par le Liberty Fund, l’homme d’affaires français Jacques de Guenin (1931-2015), nous a quittées ce weekend dernier. David Hart, éditeur de la Bibliothèque de la Liberté en-ligne (OLL) réfléchit à la contribution de Jacques à la redécouverte de la liberté des deux côtés de l’Atlantique :

« J’ai rencontré Jacques pour la première fois en 2004, lorsqu’il est venu au Liberty Fund pour discuter du projet de traduction que nous avions entrepris suite à son inspiration et sous sa direction éditoriale. J’ai fait la connaissance d’un homme charmant, au doux parler, manifestement très attaché à Bastiat, au principe de la liberté individuelle, et au projet de traduction. Et son amour pour Bastiat a déteint sur nous.

Je ne sais pas très bien quand Jacques découvrit pour la première fois l’œuvre de Frédéric Bastiat, mais je crois que c’était vers la fin des années ’80, quand il avait pris sa retraite et avait davantage de temps à consacrer à d’autres activités. Il tomba sur les traductions américaines de certaines œuvres de Bastiat que la FEE (Fondation pour l’Education Economique) avait publié en 1964 et découvrit avec grand plaisir que Bastiat était landais. Poussant plus loin ses recherches, il trouva des copies de livres de Bastiat depuis longtemps oubliés chez des bouquinistes français, puis découvrit le buste de Bastiat dans le village de Mugron, à peu de distance d’où lui-même habitait. Quelle coïncidence extraordinaire ! Jacques décida alors de créer le Cercle Bastiat en 1990, ce qui initia la renaissance de Bastiat en France, renaissance qui se poursuit aujourd’hui, grâce entre autres à la réédition sous la direction de Jacques des Œuvres Complètes, la première depuis plus de 140 ans.

Mais Jacques ne se contentait pas de faire redécouvrir aux Français les œuvres de Bastiat. Il avait bien plus d’ambition que cela. Il voulait porter à l’attention du monde anglophone tout le corpus de l’œuvre de Bastiat, et pas seulement le tiers qu’avait publié la FEE 40 ans plus tôt. En homme amoureux de la liberté, il avait une vision ; et en homme d’affaires, Jacques avait les qualités d’entrepreneur qui lui permirent de persuader certains membres du conseil d’administration du Liberty Fund, qui se trouvaient à Mugron en 2001 pour le bicentenaire de la naissance de Frédéric Bastiat, de se lancer dans le projet gigantesque et couteux de traduire toute l’œuvre de Bastiat en anglais. Quinze ans plus tard, deux très gros volumes sont imprimés, deux autres sont à un stade avancé de production, et il en reste deux à venir. Lorsque nous aurons terminé, nous aurons l’édition la plus complète et la plus érudite des œuvres de Bastiat, édition qui, je le crois, conduira à une véritable renaissance dans l’étude et l’appréciation de ce grand défenseur de la liberté individuelle. Ceci est entièrement imputable au travail et au dévouement de Jacques de Guenin.

Jacques personnifie également le rapport étroit qui existe depuis plus de 250 ans entre les amoureux de la liberté en France et en Amérique. Le lien entre Bastiat et Jacques illustre parfaitement cette relation. Les idées de Bastiat sont arrivées en Amérique ; Jacques a découvert Bastiat en lisant des éditions américaines de ses œuvres ; ensuite Jacques a réintroduit les idées de Bastiat en France, puis de nouveau en Amérique avec le projet de traduction du Liberty Fund. Ainsi la diffusion des idées libérales françaises a fait plus qu’un cercle complet, avec Jacques à l’épicentre.

J’aimerais conclure sur une note plus personnelle. Le Liberty Fund m’a demandé d’aider Jacques à préparer la traduction pour la publication, puisque j’avais travaillé auparavant sur la pensée libérale française du 19ème siècle, en particulier sur l’œuvre de Charles Comte, Charles Dunoyer et Gustave de Molinari. Je connaissais l’œuvre de Bastiat, mais l’avais écarté comme étant « simplement » un très bon journaliste économique, ce qui était le point de vue classique des universitaires et qui provenait du jugement très négatif émis par Schumpeter dans les années 1950. Jacques a eu le courage de refuser ce rejet et de soutenir que Bastiat était beaucoup, beaucoup plus que cela. Ses efforts pour rééduquer le monde au sujet de Bastiat commencent à porter leurs fruits et continueront à le faire bien après son décès. A cause de l’attachement de Jacques à Bastiat et à ses idées, j’ai été obligé de réévaluer l’œuvre de Bastiat comme celle d’un théoricien économique et politique original et d’un défenseur dévoué à la cause de la liberté. Je veux remercier Jacques de tout cœur d’avoir réussi cela et je pense que je ne serai pas le dernier à le faire.

Comme Bastiat, Jacques était un homme voué à la mise à nu du mensonge économique et un véritable ami de la liberté. Je regrette sa disparition et je salue sa contribution à la redécouverte de la liberté des deux côtés de l’Atlantique.

David M. Hart, 25 octobre 2015