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Billet du président

EHPAD, halte aux idées reçues

Maltraitance en EHPAD 1

L’État a donc décidé de saisir la justice contre le groupe ORPEA. 

La polémique concernant la maltraitance en EHPAD, apparue suite à la publication du livre Les Fossoyeurs, de Victor Castanet, pourrait faire croire que les EHPAD n’ont pas été crées avec un autre but que de satisfaire, à bas coût, l’égoïsme et le goût du lucre des entreprises privées en particulier, et des sociétés occidentales en général.

Les mêmes vont verser des larmes de crocodile en plaidant « qu’une société se juge à la manière dont elle traite les plus faibles », sans rien trouver à redire sur l’euthanasie, l’avortement, l’eugénisme. Comme quoi tous les faibles ne sont pas politiquement égaux. Certains mériteraient de la pitié et d’autres non.

Il faut tordre le cou à la légende qui veut que les Français se « débarrassent » de leurs vieux, contrairement :

– à ce qui se passait « autrefois », époque magnifiée où les gens étaient naturellement bons et altruistes.

– à ce qui se passe encore aujourd’hui dans des pays moins développés, où les familles s’occupent de leurs vieux. Pays qui auraient donc des leçons de civilisation et d’humanité à nous donner. Ce qui n’est pas forcément faux, mais bien plus complexe.

Les Français n’abandonnent pas leurs parents.

« La vie à domicile demeure le mode de vie majoritaire des seniors (96 % des hommes et 93 % des femmes en 2016), y compris parmi les nonagénaires (…) L’âge à l’entrée en institution est en moyenne de 85 ans et 2 mois en 2015. » Source 

Les personnes rentrent en institution à un âge supérieur à celui de leur espérance de vie à la naissance. Parce que les familles souhaitent garder leurs parents à la maison aussi longtemps que possible, certaines personnes y arrivent « trop tard », dans un état parfois très dégradé, ou quand l’« aidant » est épuisé. Auquel cas il y a deux personnes à prendre en soins. Il faut avoir conscience que la prise en charge à domicile est parfois de très mauvaise qualité. L’EHPAD est alors un havre de paix, de soins adaptés, et de vie sociale.

Certes, en EHPAD, l’espérance de vie à âge égal, est inférieure à celle de la population générale et hors EHPAD. Cela n’est pas lié aux mauvaises conditions de vie dans ces établissements. Les personnes qui y vivent ont une santé plus altérée que celles du même âge vivant à l’extérieur.

Le vieillissement, qui est lié à la vie, fait que l’état de santé des résidents en EHPAD continue à se dégrader. Les personnes qui rentrent en EHPAD sont de plus en plus dépendantes. La charge de travail augmente. Parmi les éléments de cette dégradation, les troubles cognitifs et les troubles du comportement, certains importants, sont particulièrement épuisants pour les personnels. La charge de travail a été majorée durant la COVID. La gestion politique coercitive a épuisé, démotivé bien des gens. Beaucoup de familles ou de médecins traitants se reposent, plus qu’avant, sur le personnel. La conséquence sur les équipes est un épuisement physique et psychologique, une « usure » jusqu’au « burn-out ».

C’est alors que le rôle aidant, ou nocif de la famille prend toute sa place. La bientraitance est affaire de collaboration et de confiance. Si des familles se plaignent des EHPAD maltraitants, la maltraitance de certaines familles existe aussi. Quelques unes, dans le déni, très revendicatrices, voire agressives, sont très délétères (maltraitantes) pour leur parent et …le personnel. Elles semblent exorciser leur culpabilité en s’en prenant à lui. Ce dernier vit mal la perte de confiance et les accusations, alors qu’il fait de son mieux compte tenu des circonstances. Une seule famille très toxique suffit pour faire beaucoup de dégâts.

Un peu d’histoire

Avant la révolution industrielle

Depuis l’aube des temps la « vieillesse » ce n’était pas l’âge. C’était l’usure, souvent prématurée, entraînée par les conditions de vie très dures, les maladies, l’apport alimentaire insuffisant etc. Elle survenait lorsque la personne ne pouvait plus aider, rendre service à la famille ou à la communauté, subvenir à ses besoins. Elle devenait alors une bouche inutile et ses jours étaient comptés. Le problème de la prise en charge ne se posait pas, parce que, parfois en aidant un peu la nature, il n’y avait rapidement personne à prendre en charge.

Au XIXème siècle s’est produit un événement nouveau dans l’Histoire de l’Humanité. L’Europe a connu une extraordinaire transformation des sociétés liée à la « Révolution industrielle ». Il serait plus exact de l’appeler « révolution capitaliste » ou « révolution libérale ». Le capitalisme a sorti l’Europe de la misère. Il a nourri, vêtu, logé des centaines de millions de gens. Il a amélioré leur vie et leurs conditions de travail. Il leur a donné du temps libre, des loisirs. Une immense quantité de personnes a eu accès à l’instruction, puis aux études. Des millions de personnes quittaient la campagne pour aller travailler à l’usine parce que les conditions de travail, certes très pénibles dans l’industrie, étaient meilleurs que celles de la campagne. Les gains et les perspectives d’avenir, la possibilité de changer de condition, d’améliorer son sort et l’espoir que ses enfants auraient une situation meilleure jouaient à plein.

Un cercle vertueux était né avec une merveilleuse série d’innovations technologiques, une formidable croissance économique, une extraordinaire prospérité.

L’Europe est ainsi passée d’une société de disette à une société d’abondance. C’est celle que nous connaissons encore aujourd’hui. Elle est appelée péjorativement « société de consommation ». Or la consommation c’est la vie. Un organisme qui ne consomme pas meurt. Quant il n’y a rien a consommer c’est la misère et la mort.

Depuis la révolution industrielle

Source Institut National d’Étude Démographique

Quand on regarde le graphique ci-dessus on se rend compte que ce n’est que fin du XIXème siècle, début du XXème, que l’espérance de vie décolle vraiment. Ce n’est pas un hasard si les « Hospices », ancêtres de toutes les structures d’accueil pour personnes âgées, sont apparues à cette période. La révolution capitaliste a donc transformé une société rurale où le problème de la vieillesse n’existait pas, et celui de la dépendance encore moins, en une société ou l’espérance de vie augmentant la personne âgée devint « existante » et la personne dépendante aussi.

Avant les « trente glorieuses » la population âgée était numériquement peu importante. Quand retraite il y eut, l’âge de la retraite correspondait à peu de choses près à celui de l’espérance de vie à la naissance. L’espérance de vie en bonne santé se confondait souvent avec l’espérance de vie tout court. Le vieux était pris en charge par sa famille à défaut par la communauté. Il n’y avait pas d’autre possibilité. Malheureusement on ne restait toujours pas vieux longtemps. La prise en charge était souvent brève. Les moyens médicaux étaient rares, la survie à la maladie difficile et limitée. Les moyens matériels de soins étaient rudimentaires. Ils ne nécessitaient aucunement un personnel spécialisé pour être mis en œuvre. La famille pouvait s’en charger.

En résumé, dans les pays occidentaux, le contexte historique, les conditions de vie et de travail, les évolutions sociales ont entraîné peu à peu l’apparition durable de personnes âgées dépendantes, de plus en plus nombreuses, et par là même, grâce à la prospérité, de structures d’accueil spécialisées.

 

Article paru dans Contrepoints sous le titre  » Halte aux clichés sur les EHPAD « 

Lire la suite  » EHPAD, la mise au point « 


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