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Conférences

Urgence Climatique et énergétique?

 

Urgence Climatique et énergétique?

 

A l’heure actuelle, près de 90 % de l’énergie qui est consommée sur Terre provient des ressources fossiles (pétrole, gaz et charbon), auxquelles s’ajoutent le nucléaire, les renouvelables intermittents et l’hydroélectricité. Depuis 1945, on constate une accélération de la consommation des combustibles fossiles. Si on prend l’exemple du charbon, dans 50 pays qui ont ratifié l’Accord de Paris COP21, on constate la construction de centrales au charbon, en particulier en Inde et en Chine. Ce combustible est bon marché et abondant, on estime à 2 siècles les ressources encore à disposition.

Si l’énergie utilisée dans le monde n’est pas fossile, alors elle est électrique, même en ce qui concerne l’hydrogène puisque la motorisation est assurée par une pile à combustible.

Qui émet du CO2 ? Réponse simple : tout le monde. La Chine est le premier émetteur (10 milliards de tonnes par an en 2019), suivie des États-Unis (5,3 milliards) et de l’Inde (2,6 milliards). Si on fait le classement par habitants, les États-Unis se retrouvent en tête. La France est loin derrière, avec une émission très faible. Les États-Unis ont tendance à réduire les émissions depuis une quinzaine d’années, l’Europe également, tous les autres augmentent.

Le climat est défini comme la température moyenne de la Terre sur 30 ans. Elle est d’environ 15°C actuellement. Le principal gaz de l’air est l’azote (78 %) et le principal gaz dit « à effet de serre » est la vapeur d’eau (plus de 1 %). La proportion de CO2 dans l’atmosphère n’est quant à elle que de 0,04 %, avec une augmentation annuelle de 0,0002 %. La concentration de CO2 en un siècle a augmenté, elle est passée de 0,03 à 0,04 %. Les autres gaz à effet de serre sont le méthane (0,00018 %) et le protoxyde d’azote (0,00003%). En tonnage, la quantité de CO2 dans l’atmosphère est égale à 3200 milliards de tonnes. En 2019, les émissions annuelles mondiales s’élevaient à 36 milliards de tonnes mais le GIEC indique qu’il n’en reste que 44 % dans l’atmosphère. 16 milliards de CO2 s’ajoutent donc au 3200 milliards et donc en 2019 l’augmentation a été de 0,5 %.

En reprenant la sensibilité climatique transitoire du GIEC, le réchauffement représente 1 picodegré C par tonne de carbone (1 picodegré = 1 millième de milliardième de degré). L’empreinte carbone de la France représente ainsi 1 dix-millième de degré par an selon les chiffres du GIEC. Concernant le confinement en 2020, on ne constate pas d’impact particulier sur l’évolution du taux de CO2 dans l’air.

Le CO2 a quelques bienfaits. 33 % des émissions sont un supplément de nourriture pour la végétation et les récoltes. Une évaluation a été menée entre 1961 et 2013 sur 45 plantes nutritives représentant 95 % des céréales, fruits et légumes consommés dans le monde. Une concentration accrue de CO2 représente un bénéfice de 3000 milliards d’euros sur cette période. Le CO2 est donc indispensable mais aussi irremplaçable. Depuis plusieurs millions d’années, le CO2 a tendance à baisser dans l’atmosphère. A l’heure actuelle, nous ne sommes pas très loin du seuil critique en-dessous duquel la vie des plantes est remise en cause. Émettre du CO2 peut être vu comme une sécurité que l’humanité se donne par rapport au fait que la concentration de CO2 dans l’atmosphère baissait.

Un mot sur le « business climatique ». La Banque mondiale a prévu de lever une somme de 89 000 milliards de dollars d’ici 2030. Les grandes initiatives et conférences mondiales (GIEC, protocole de Kyoto, COP21) n’ont pas eu une incidence flagrante sur l’évolution du taux de CO2 dans l’atmosphère, même si toutes étaient considérées comme la réunion de la dernière chance.

Supposons que tout le monde se mette d’accord pour arrêter d’émettre du CO2 d’ici 2050. En 2019, on consommait 11 000 millions de tonnes équivalent pétrole. 11 000 jours nous séparent de 2050. Il faudrait donc que chaque jour, on remplace 1 million de tonnes équivalent pétrole par d’autres sources d’énergie, qui sont électriques. Par exemple, construire une centrale nucléaire chaque jour, ou implanter 1500 éoliennes chaque jour. Ce n’est qu’à cette condition que les énergies fossiles pourraient être remplacées d’ici 2050.

L’augmentation du CO2 dans l’atmosphère est irrégulière, certaines années elle est très faible, d’autres très élevée. Ce dernier cas arrive quand il y a un pic de température El Niño. Les pics de CO2 suivent les pics de température. L’explication est controversée : il y a 60 fois plus de CO2 dans les océans que dans l’air et il est d’autant plus soluble que la température est plus fraîche. Les années chaudes, les océans émettent davantage de CO2.

Récemment, les députés ont voté une loi qui dit que « la République garantit la lutte contre le dérèglement climatique ». Ce qui implique que s’il y a dérèglement, c’est qu’il y avait « règlement » initialement. Or, si on regarde l’évolution depuis presque quatre siècles de la température donnée par le plus ancien thermomètre du monde, on voit des fluctuations de nos jours comme il y en avait il y a presque 400 ans. Il est vrai que la tendance est à une hausse de la température moyenne, mais elle a commencé il y longtemps, après ce qu’on appelle le minimum de Maunder (entre 1645 et 1715), période pendant laquelle le Soleil avait moins de taches solaires, ce qui a entraîné une période froide. Depuis, la Terre se réchauffe lentement.

L’urgence climatique en 1975 n’était pas celle dont on parle aujourd’hui. En 1945, la température a commencé par baisser jusqu’en 1975 alors que les émissions de CO2 accéléraient. Que se passe-t-il ? On a l’impression qu’il y a une variabilité naturelle du climat, donc un cycle, que l’ont peut constater en observant 3 sources : l’oscillation multidécennale Atlantique, la superficie de la banquise Arctique au minimum estival et la hausse du niveau des océans. Si on dit que les émissions de CO2 font fondre les glaciers, la première chose à vérifier c’est si le plus grand glacier du monde, à savoir l’Antarctique, fond. Si on constate des fluctuations au niveau de sa température, il n’y a pas l’impression d’une augmentation. En revanche, la superficie moyenne de banquise antarctique augmente depuis le début des mesures il y a 42 ans de 11 300 km² par an.

L’alarmisme actuel est basé non pas sur les observations mais sur des modèles de climat. Première remarque : les modèles ne sont pas d’accord entre eux. Tous les modèles chauffent davantage que les observations. En revanche, 109 travaux publiés dans diverses revues indiquent des sensibilités climatiques inférieures à 1°. Le GIEC ne les reprend pas.

De quoi s’agit-il dans ce fameux effet de serre du CO2 ? Le spectre infrarouge de l’atmosphère est la continuation de l’arc-en-ciel vers les grandes longueurs d’onde au-delà du rouge. On y observe essentiellement les pics d’absorption de la vapeur d’eau, principal gaz à effet de serre, et heureusement sinon la Terre serait trop froide pour être habitable. S’y ajoute deux vibrations pour le CO2 à 70 et 20 térahertz (1 térahertz = 1000 milliards d’oscillations par seconde). C’est cette dernière vibration qui nous intéresse le plus car elle correspond en mode émission thermique à contribuer à réémettre la chaleur reçue du soleil vers l’espace. Les deux courbes, une pour un taux de CO2 double de l’autre, sont superposées à la fréquence de vibration. C’est seulement loin de cette vibration que de petits écarts apparaissent, correspondant à une sensibilité climatique inférieure à 1°C, ce qui nous permet de dire que le CO2 serait responsable d’un réchauffement de 0,3°C depuis 1945, début de l’accélération des émissions. De 1910 à 1945, les mesures du Hadley Center britannique indiquent un échauffement de 0,6°C. S’y ajoute depuis 1945 0,4°C, en tout 1°C depuis 1910. 0,4°C depuis 1945 est cohérent avec 0,3°C issu du spectre infrarouge.

Derrière la notion de « dérèglement climatique » se cache la confusion entre le climat et la météo, ou entre baromètre et thermomètre. Le baromètre a été inventé il y plus de trois siècles par Torricelli. Les phénomènes météorologiques sont intrinsèquement chaotiques, il est difficile de les prévoir avec 20 jours d’avance par exemple. Autre amalgame fréquent : CO2 et pollution. Pour faire face à la pollution, les gens portent un masque. Or, le masque concentre le CO2 expiré, qui est ensuite ré inspiré. Heureusement donc que le CO2 n’est pas un polluant.

Cela ne veut pas dire qu’il ne faut rien faire face à la prétendue urgence climatique. Une chose que la recherche doit continuer de développer c’est l’efficacité énergétique, c’est-à-dire dépenser moins d’énergie pour faire aussi bien. C’est un enjeu vraiment important. L’autre enjeu serait de trouver des énergies renouvelables non intermittentes car l’intermittence pose énormément de problèmes.

La Terre reverdit, l’alarmisme des modèles de climat resterait à démontrer compte-tenu des incertitudes qui restent considérables et du fait que le GIEC a fait un tri sélectif en ne choisissant que les études alarmistes. Évidemment qu’il faut économiser les ressources fossiles, mais utiliser la prétendue urgence climatique comme prétexte pour justifier d’une urgence énergétique est infondé.

François Gervais

Visionner la conférence webinaire du Cercle Frédéric Bastiat du 6 mai  » Urgence climatique et énergétique «  par François Gervais

Lire de François Gervais   » Merci au CO2 « 

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