Et si la Grande Mosquée de Paris s’appelait demain « Mosquée Marie mère de Jésus ? »

Les pouvoirs publics, dans notre pays, ont ouvert très aisément la porte à l’islam. Ces nouveaux arrivants venaient, ont-ils pensé, renforcer notre force de travail et il fallait donc les accueillir correctement. Dans un premier temps, pour rassurer la population, nos dirigeant ont voulu présenter l’islam comme une religion de paix : il n’y a nullement lieu, dirent- ils, de s’inquiéter. Marc Ayrault, par exemple, premier ministre, en visite à la mosquée de Paris à l’occasion de l’Aïd, déclara : « L’islam de paix et de concorde est partie prenante de notre pays et ses valeurs qui le fonde ». Et il y eut, bien sûr, l’inénarrable Jack Lang qui a été ministre de la Culture, puis de l’Éducation nationale : il se répandit urbi et orbi pour proclamer avec la fougue qu’on lui connait : « L’islam est une religion de paix et de lumière ». Puis, ce discours lénifiant n’étant plus crédible avec la multiplication des attentats perpétrés au nom d’« Allah Akbar », en particulier celui du Bataclan qui fit, en novembre 2015, 130 morts et plus de 400 blessés, nos dirigeants, dans un second temps, durent changer de discours. Ils entreprirent d’expliquer que ces attentats étaient le fait de personnes qui déforment l’islam. L’islam, ce n’et pas ça : Ils se firent théologiens, développant la thèse que l’islamisme est un dévoiement fait par des individus qui veulent mener un combat politique contre notre pays. On mit donc au ban de la nation les « salafistes » en oubliant que dans l’islam on dénomme « salafs » les premiers compagnons du Prophète.

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La récente polémique entre l’écrivain Michel Houellebecq et le recteur de la Grande Mosquée de Paris Chems Eddine Hafiz a défrayé la chronique. Le grand écrivain français, auteur notamment des « Particules élémentaires » et de « Soumission », des ouvrages qui ont eu un énorme succès, dans un entretien avec Michel Onfray dans la revue Front Populaire, en novembre dernier, avait déclaré qu’il craignait des « Bataclan à l’envers », expliquant que les Français « de souche » pourraient, un jour, se révolter contre les musulmans installés dans le pays. Il s’était exprimé d’une manière abrupte, disant : « Le souhait de la population française de souche n’est pas que les musulmans s’assimilent, mais qu’ils cessent de les voler et de les agresser, ou bien qu’ils s’en aillent». Aussitôt, le recteur de la mosquée de Paris, un avocat de profession, a porté plainte pour « provocation à la haine contre les musulmans ».Finalement on en est arrivé à une accalmie :le recteur de la mosquée de Paris a retiré sa plainte, Michel Houellebecq ayant quelque peu modifié ses propos et déclaré qu’il était seulement un « islamophobe à temps partiel ».



 



Le développement de l’islam en France :



Il faut donc en venir à l’essentiel : depuis la fin de la période coloniale beaucoup de migrants en provenance de nos anciennes colonies, et tout particulièrement des trois pays du Maghreb, sont venus s’installer dans notre pays. Ils sont musulmans, et l’islam, comme toutes les religions, est une idéologie : elle veut que tous les hommes sur notre planète vivent sous le regard du créateur en se conformant à ses lois. Et celles-ci ont été dictées au prophète Mahomet dans le coran, le livre qui est pour les musulmans la parole de Dieu, la preuve de sa véracité étant qu’il est écrit dans un style inimitable. La plupart de ces migrants musulmans s’adaptent à notre mode de vie tout en conservant leur identité : on dit qu’ils « s’intègrent » ; mais beaucoup ne font que s’inclure, c’est-à-dire conservent à la fois leur identité et les modes de vie de leur pays d’origine. L’assimilation, en effet, fonctionne très mal car elle suppose que le nouvel arrivant abandonne son identité pour adopter la nôtre, et cela est une démarche extrêmement difficile pour un musulman compte tenu de l’opposition séculaire existant entre notre civilisation et la sienne: on a d’un côté une civilisation fondée sur le judéo-christianisme, et, de l’autre, une civilisation fondée sur l’islam, et ces deux civilisations s’opposent et se combattent depuis des siècles. Elles n’ont pas cessé de s’affronter non seulement pour des raisons doctrinales mais aussi pour des possessions de territoires. On ne peut, ici , faire l’historique de toutes ces confrontations mais il faut néanmoins rappeler qu’elles durent depuis des siècles, depuis l’apparition de l’islam au VIIe siècle de notre ère, en Arabie. Le Prophète Mahomet a fait savoir aux musulmans qu’il avait eu le privilège insigne d’avoir directement le vrai message de Dieu. En conséquence, les messages délivrés précédemment par les prophètes Moïse et Jésus sont à abandonner car incomplets, imparfaits. Nous avons enfin le vrai message de Dieu, disent les musulmans, et les juifs et les chrétiens doivent s’y rallier, cessant d’être dans l’erreur. Le coran incite donc les croyants à combattre pour que le monde vive selon les lois de Dieu telles que les a reçues le prophète Mahomet à la Mecque, d’abord, puis à Médine, ensuite, et que sur la terre advienne, enfin, le règne de Dieu.



Ainsi notre société est-elle devenue, peu à peu, hétérogène au plan ethnoculturel, et Jérôme Fourquet nous dit, dans « L’archipel français » : « En quelques décennies tout a changé. Depuis 50 ans les principaux ciments qui assuraient la cohésion de la société française se sont désintégrés ». Il explique que le soubassement philosophique constitué par le christianisme s’est effondré et que le pays est, désormais, « un  archipel constitué de groupes ayant leur propre mode de vie, leurs propres mœurs, et leur propre vision du monde ». Et ce phénomène de fragmentation de la société s’est doublé d’un accroissement de la violence. Il y a eu en France, au cours de ces sept ou huit dernières années, 235 morts, plus de très nombreux blessés ,avec, notamment, les horribles attentats du stade de France et du Bataclan.



 



Les dispositions prises par la France pour ouvrir la porte à l’islam :



 



Les pouvoirs publics, dans notre pays, ont ouvert très aisément la porte à l’islam. Ces nouveaux arrivants venaient, ont-ils pensé, renforcer notre force de travail et il fallait donc les accueillir correctement. Dans un premier temps, pour rassurer la population, nos dirigeant ont voulu présenter l’islam comme une religion de paix : il n’y a nullement lieu, dirent- ils, de s’inquiéter. Marc Ayrault, par exemple, premier ministre, en visite à la mosquée de Paris à l’occasion de l’Aïd,  déclara : « L’islam de paix et de concorde est partie prenante de notre pays et ses valeurs qui le fonde ». Et il y eut, bien sûr, l’inénarrable Jack Lang qui a été ministre de la Culture, puis de l’Education nationale : il se répandit urbi et orbi pour proclamer avec la fougue qu’on lui connait : « L’islam est une religion de paix et de lumière ». Puis, ce discours lénifiant n’étant plus crédible avec la multiplication des attentats perpétrés au nom d’« Allah Akbar », en particulier celui du Bataclan qui fit, en novembre 2015, 130 morts et plus de 400 blessés, nos dirigeants, dans un second temps, durent changer de discours. Ils entreprirent d’expliquer que ces attentats étaient le fait de personnes qui déforment l’islam. L’islam, ce n’et pas ça : Ils se firent théologiens, développant la thèse que l’islamisme est un dévoiement fait par des individus qui veulent mener un combat politique contre notre pays. On mit donc au ban de la nation les « salafistes » en oubliant que dans l’islam on dénomme « salafs » les premiers compagnons du Prophète. Finalement, on en arriva à une troisième phase : nos dirigeants finirent par reconnaitre qu’effectivement l’islam pose bien des problèmes à notre société. On fit une loi contre le séparatisme islamique et on déclara que l’on allait s’employer à faire naitre un « islam de France », c’est-à-dire un islam compatible avec nos valeurs et nos principes démocratiques. C’était bien, là, reconnaitre, finalement, que les discours tenus précédemment étaient rien de moins que trompeurs. On en est donc là, à présent, et le Conseil français du culte musulman ( CFCM ) s’est attelé à la tâche. Mais aussitôt a-t-il commencé à avancer dans cette voie qu’il a explosé : on n’a donc plus de CFCM, et l’islam de France reste à inventer.



Et c’est là qu’il faut en venir au rôle très important dévolu dans notre société, au recteur de la Grande Mosquée de Paris, qui est rien moins que cet avocat qui a eu ce différend avec Michel Houellebecq dont nous avons parlé plus haut : Chems Eddine Hafiz. Il a succédé, en janvier 2020, à Dalil Boubakeur : c’est une personnalité très connue qui a été, de 2008 à 2021, un membre actif du bureau du CFCM. C’est un grand avocat : il est membre de la Commission consultative des droits de l’homme, et, en 2017, il a soutenu Emmanuel Macron dans sa campagne électorale, appelant tous les musulmans à voter pour lui.



En tant que recteur de la mosquée de Paris, Chems Eddine Hafiz joue un rôle important dans le projet d’élaboration d’un islam de France, et il a été l’un des rédacteurs de la « Charte des principes de l’islam de France », une charte que tous les imams auraient à signer pour pouvoir exercer leur mandat dans notre pays. Par cette charte ils s’engageraient à respecter dans leurs prêches toutes nos valeurs ainsi que les modes de fonctionnement de notre société qui est une démocratie. Cette charte a été acceptée par quatre des sept fédérations qui composent le CFCM, mais elle s’est trouvée rejetée parles trois fédérations turques, dont le CIMG (Milli Görus) : le président turc Recyp Tayyip Erdogan est, comme on le sait, très proche des Frères musulmans.



Chems Eddine Hafiz a été promu, en octobre 2022, au grade d’officier de la légion d’honneur, et la cérémonie a eu lieu à la Grande Mosquée de Paris où notre Président a eu l’amabilité de se déplacer pour procéder à cette promotion. Il est extrêmement actif et il se démène pour que l’islam, se modernisant, soit accepté par nos concitoyens. Il a été membre de la commission de réflexion juridique sur les relations des cultes avec les pouvoirs publics, il a publié plusieurs ouvrages dont tout récemment : « N’en déplaise à certains, nous sommes les enfants de la République » ; et, en septembre dernier, il a organisé une université d’été à l’Institut du monde arabe, à Paris, pour donner le signe à « un islam tolérant ».



Il est donc le personnage actuellement le mieux placé pour faire un geste marquant de conciliation entre l’islam et notre société, et il pourrait pour cela prendre l’initiative de débaptiser la Grande Mosquée de Paris pour l’appeler, dorénavant, comme cela a été fait d’une manière surprenante à Abou Dhabi, « Mosquée Marie mère de Jésus ». Ce serait une révolution qui marquerait très fort les esprits, tant chez les musulmans que chez le non-musulmans : elle serait le signe faisant comprendre à nos concitoyens que les musulmans français ont véritablement la volonté de se fondre dans notre société.



Une telle initiative a été prise, en effet, en 2017, par le prince Mohamad ben Zayed al Nayan (MBZ), aux Emirats arabes Unis (EAU), à Abou Dhabi, un Etat musulman qui est régi par la loi islamique. Le prince Mohamad al Nayan dirige l’ensemble des Emirats Arabes Unis, et il est actuellement l’homme politique le plus éminent dans le monde arabe. Il a débaptisé l’une des plus grandes mosquées de sa capitale pour l’appeler « Maryam Um Eissa » ( Marie mère de Jésus) pour envoyer, a t il dit, un message « de paix et de compréhension mutuelle entre les communautés » . Dans ce petit émirat de 2,8 millions d’habitants les chrétiens, bien qu’il y ait une communauté philippine importante, ne représentent que 5 % de la population



 



Pourquoi la vierge Marie peut elle être un trait d’union entre l’islam et notre société ?



La vierge Marie, Maryam en arabe, est un personnage très vénéré par les musulmans. Son nom est cité 34 fois dans le coran, et le livre sacré de l’islam nous dit que c’est l’unique femme consacrée à Dieu dès avant sa naissance. Elle a été glorifiée par les anges, et, comme pour les chrétiens, la conception de Jésus a été miraculeuse. Un verset du coran dit : « Ô Marie, Dieu t’a choisie. Il t’a rendue exempte de toute souillure. Il t’a choisie parmi toutes les femmes de l’univers » (3,42-43).Elle est bien la mère de Jésus qui est, pour les musulmans, un prophète, c'est-à-dire un homme inspiré par Dieu, mais pas, comme c’est la croyance des chrétiens, le « fils de Dieu ». Pour les musulmans c’est insulter Dieu que de vouloir lui attribuer un fils qui serait un humain : Dieu est unique.



Débaptiser la Grande Mosquée de Paris pour l’appeler« Mosquée Marie mère de Jésus » serait un événement considérable, une initiative marquant plus que toute autre la volonté de l’islam de France de se montrer apte à se fondre dans notre société, une société qui est issue du judéo-christianisme. Ce serait afficher, en somme, la naissance de cet « islam de France » tant désiré par les autorités françaises.



On ne voit donc pas pourquoi ce qui a été fait dans un Etat arabe régi par la loi islamique, où les chrétiens ne représentent que 5 % de la population, ne pourrait pas se faire dans notre pays qui est régi, lui, par des lois démocratiques, des lois bien plus tolérantes que la charia ? Ce serait un pas important en direction de l’éclosion de ce que le célèbre islamologue Malek Chebel, décédé récemment, avait appelé un « islam des Lumières ». Ce serait un signe marquant l’apparentée de l’islam à notre société, donc un signe manifeste d’union et d’harmonisation.



 



Claude Sicard, auteur de « Le face à face islam chrétienté : quel destin pour l’ Europe ?», et « L’islam au risque de la démocratie »,préface de Malek Chebel (Ed. François Xavier de Guibert).



.De Claude Sicard lire aussi :



" Pourquoi les djihadistes s'attaquent t-ils à nos sociétés "



"Conseil de l'Europe et islam, la France doit-elle s'incliner "



 



 



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